30.04.2008

Fin de citation #3

L’herbe est parfois toujours plus rouge dans le champ du voisin.

 [Shinobu Ishihara]

01.04.2008

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29.04.2008
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Woord van de dag
 

O X Y  M  O R E 

 

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31.04.2008
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Inter faeces et urinam ch'sais plus quoi
 

La visite au funérarium remonte à deux jours et depuis plus que jamais demeure aussi vivace l’essence du lilium dans les trous d’nez de ma mémoire. Tout (absolument tout) fleure le lys à outrance. Lame horizontale ou criblée, membranes et bulbes olfactifs, c’est bien joli, poétique, scientifiquement correct même, mais merde, quoi que j’aille, où que je fasse, l’odeur est àl, intégrale, impérissable, impérialiste.

 

La photographie de l’octogénaire sourire aux lèvres et cigarillos vissé au dentier repose sur le couvercle en chêne de la bière belge dans laquelle son enveloppe charnelle entame la phase putride de son existence terrestre à bras le corps. Un cliché disons avantageux en regard de la dernière fois où au détour d’une balade je passai prendre des nouvelles de sa gueule. Cela remonte à la neige, il n’y avait déjà plus âme qui vive derrière la tête basse des volets de sa bicoque. Pas l’ombre d’un jappement. Plus fatale encore, celle juste avant, celle où le vî coyon semblait ignorer qui nom de nom je pouvais bien être. Debout, toujours plus dur de la feuille, il y causa essentiellement fosse septique. Un putain de monologue où par instant il gratifiait la petite-fille de feu son frère de prénoms discutables… documentation, devis, et facture à l’appui.

 

Le cancer de la vessie, il s’en fichait presque, c’était bien davantage la pose récente de sa station d’épuration qui le travaillait. Il ne l’a jamais utilisée. Le grand-oncle vidait le tout au fond de son petit jardin pour ne pas la salir.

 

Je serre à présent quelques mains des deux sexes (pour la plupart inconnues) et embrasse la fille du défunt pour la forme de mes sincères condoléances. L’ai-je déjà vue, cette cousine moustachue par alliance ? M’en souviens pas dis-donc.

 

L’insolente beauté plantée dans un coin de l’ambiance m’est quant à elle formellement inconnue. Wendy, vingt ans à tout casser, se contente de sourire de partout partout et vibre comme si en effet elle n’était pas seule responsable des vagues de chaleur que même en ces lieux elle parvient à provoquer. Mais pourquoi je raconte ça, moi ? Ah oui ! C’est que sans ces saloperies de gerbes j’aurais je pense gentiment bander dans ma bulle.

 

Des fleurs du mal à la vessie je disais le cancer, quoi. L’odeur du lys et de la pisse. L’antique pseudo caniche à l’article de la rubrique des chiens paralytiques, compagnon répugnant de l’infortune des derniers jours, de la dernière heure, filé en éclaireur. C’est qu'il faut s’imaginer le bonhomme partir à sa recherche en pyjama, des semaines après l’euthanasie. Une escapade de plusieurs bornes à travers bois !

 

Mais qu’entends-je, qu’ois-je, son couvre-chef fétiche (une casquette à visière américaine made in China) l’accompagne ? Grand bien fou lui fasse ! Qu’il repose en paix et remette mes salutations distinguées, des fois que...

 

 

*** 

 

 

Pour sa part, la dernière fille de Strychnine vit toujours.

 

Courageuse petite forte tête adorable et pleine de jeux. Parfois, le monstre sacré appelé Dieu l’exige en bleu, un bleu ch’sais pas quoi d’ailleurs. Gris bleuté ? pas une teinte qui schtroumpfe la joie de vivre en tout cas. Déjà, le bleu pour la peau d'une gamine de la moitié de moins de cent mois, avec ou sans traces de scie circulaire sur le sternum, cela n’est guère des plus seyant, pas des plus naturel non plus faut reconnaître. Moi je dis que c’est rose qu’elle devrait être. Ou noire presque de la tête aux pieds. Jaune devant brun derrière à la limite.

 

TOUT sauf bleue. Bleu c’est strictement réservé aux petits garçons qui respirent la santé.

 

 

*** 

 

 

Quand dans un premier temps, Mickey, douze ans, a apprit que déjà les chances de sauver sa jambe étaient nulles, il a dit pas grave en souriant à ses parents (d’autres espèces de cousins). C’est un peu plus tard qu’il a fait machine arrière, un peu plus tard que le Ciel est tombé dans sa tête. Dès l’instant où des spécialistes en la matière lui ont clairement fait comprendre qu’avec le traitement et les soins qu’ils allaient lui prodiguer, il perdrait jusqu’au dernier de ses cheveux. Cette réalité là, Mickey a eu beaucoup, beaucoup plus de mal à l’encaisser...

 

 

 
JUIN 2008
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Intermède musical #12
 
 
 
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Contre-Conspiration
 
Afin de comprendre les machinations occultes du Mensonge Paternel, il est essentiel de reconnaître les déguisements crypto-fascistes en jeu. Je propose le terme vecteur pour décrire comment de tels déguisements dirigent ou entraînent l'attention collective.

Entraînement : Techniquement, une synchronisation d'ondes cérébrales avec une fréquence déterminée par le biais d'une onde électronique, d'un signal acoustique, etc. Psychologiquement, le processus consistant à suivre un message ou un ordre subliminal ou occulte. Dans une transe post-hypnotique, le sujet « entraîné » par le commandement donné sous hypnose y obéit de façon automatique et aveugle.

Le vecteur et le déguisement sont la même chose – dans Gyn/Ecology, Daly les appelle des « incrustations subliminales » – mais le terme vecteur souligne la manière dont le déguisement fonctionne de façon directive sur les sujets ciblés pour un conditionnement idéologique, religieux ou social. La morale Chrétienne est, par exemple, un vecteur crypto-fasciste pour la collusion victime-perpétrateur. L'image du dieu-homme ou du surhomme, Jésus Christ, est un vecteur crypto-fasciste pour un culte extra-terrestre de domination. Ceux qui embrassent l'image comme l'idéal de l'humanité deviennent des complices involontaires dans un programme occulte... ce qui nous fait paraître basculer dans la thèse de la conspiration, bien sûr. Pour nous défendre des accusations selon lesquelles ces leçons de Mythbusting 101 nous rendent solidaires de la sphère familière de la théorie de la conspiration globale, je dois présenter des distinctions rigoureuses (en cinq paragraphes) :
 
1. La meilleure conspiration n'est pas imposée au peuple par des manipulations occultes : elle est volontairement adoptée par ceux qu'elle est supposée tromper et léser. Il n'existe pas de conspiration capable de contrôler le monde entier et de duper tous les peuples de la planète mais il existe un scénario basique de conspiration qui œuvre de telle sorte qu'un programme de conspiration globale, qui serait extrêmement compliqué à mettre en place, n'est pas nécessaire. Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas besoin de fomenter une conspiration dans le monde lorsque les individus acceptent d'être de connivence avec vos objectifs, totalement à leur insu, néanmoins.
 
2. Un bon exemple pour illustrer ce type de connivence est le film de 1974 A cause d'un assassinat dans lequel Warren Beatty jour le rôle d'un reporter qui tente de dévoiler une conspiration et qui finit par en devenir le bouc émissaire. La bande du film annonce ironiquement: « Il n'y a pas de conspiration, juste douze personnes mortes ». L'assassinat planifié que suspecte le personnage joué par Beatty fut mis en oeuvre par une intrigue mais c'est lui-même qui devient la cheville ouvrière de la conspiration. Il participe donc à la conspiration sans avoir été obligé de le faire.
 
3. Il existe un programme de conspiration à l'œuvre dans l'histoire mais pas une conspiration systématique et globale en soi. Une des finalités de ces leçons est de décrire ce programme. Cela n'est pas du tout de dévoiler une conspiration secrète ou présumée telle. En fait, l'approche que je développe ici pourrait être appelée une théorie de contre-conspiration. Elle diffère de la théorie de la conspiration dans la mesure où son propos n'est pas de dévoiler une conspiration spécifique en citant des noms ou des événements ; elle tente, plutôt, de montrer comment une collusion aveugle émerge automatiquement autour d'un scénario prédéterminé.
 
4. D'emblée cette distinction n'est sans doute pas claire et il peut être bénéfique de se démarquer des suppositions et des associations habituelles qui sont corrélées aux exposés de la théorie de la conspiration et d'introduire deux nouveaux termes pour rafraîchir la syntaxe, si l'on veut. Au lieu de conspiration, je vais me référer à la suprême arnaque (dans le sens où Daly évoque le « Maître Mythe »). Les arnaqueurs peuvent être appelés les Illuminatis mais ce terme est chargé d'associations et j'en propose donc un autre : les DC. Dans ce nouveau jargon, nous pouvons parler « de la suprême arnaque menée par les DC » afin de montrer que ce n'est pas une conspiration en soi mais un fantasme collectif qui permet à un noyau d'activités réellement maléfiques d'être perpétrées dans le monde entier. Comme la suprême arnaque est un fantasme de l'imagination collective, elle n'a pas besoin d'être mise en œuvre par un vaste effort conspirationnel. Elle s'invente et se nourrit d'elle-même tant que l'imagination collective n'est pas rendue attentive au scénario et guidée vers d'autres directions.
 
5. Et il existe un complot, un scénario, un programme caché mené par des personnes réelles, un groupe restreint d'individus que j'appelle les DC. Ces initiales signifient « divinement choisis », la croyance directrice des DC. Ces dominateurs, au nombre restreint, partagent tous la croyance selon laquelle ils sont les plus beaux et les plus forts. Des conspirations telles que le Nouvel Ordre Mondial sont des fantasmes collectifs qui voient le jour en raison de la tentative humaine d'imaginer ce que les DC sont en train de concocter et comment ils fonctionnent. Les DC tirent alors profit du processus de fantasme collectif et l'exploitent selon des voies extrêmement pernicieuses. Il est exclus, cependant, d'imaginer que les DC orchestrent un vaste programme de manipulation globale. Ils n'en ont pas besoin. Ils font confiance à l'humanité pour se leurrer elle-même, pour créer ses propres prisons et pour inventer les monstres qui la subjuguent. L'œuvre des DC est diaboliquement intelligente, une illusion qui s'auto-réalise comme un cauchemar Kafkaïen qui s'incarne grâce au comportement aveugle et compulsif de millions de personnes. Le génie des DC réside dans leur capacité de faire jouer l'imagination collective contre elle-même. Ils comptent sur l'humanité pour se faire entraîner par ses propres illusions, ou par des croyances attachées à ces illusions et « mythes trompeurs » comme Mary Daly les appelle – le mythe de la résurrection du corps physique après la mort, par exemple.
 
Les DC croient qu'ils sont les quelques élus de la divinité paternelle qui œuvre contre l'humanité. LUI, Yahvé, les récompensera de l'immortalité physique ou d'un statut clonal d'éternité, un simulacre de vie, préfiguré par le personnage sinistre de Melchizedek qui est « non engendré ». Ils peuvent faire abstraction de l'humanité et mettre en place toutes sortes de mesures pour faire en sorte qu'elle empoisonne son habitat et s'auto-détruise par la violence sectaire, le racisme, l'addiction aux drogues, et autres pathologies induites parce qu'ils se sont alliés avec la puissance plus qu'humaine d'un dieu paternel extra-terrestre. Pour autant que je sache, seuls les Gnostiques des Mystères Païens s'exprimèrent sur la place publique afin de défier ouvertement ce pacte anti-humain en dévoilant le Démiurge, le dieu dément qui œuvre contre l'humanité. Cela explique aisément pourquoi ils furent si brutalement exterminés.

 
[John Lamb Lash]



 
D'AOUT 2008
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CHIP'N'DALE IRL
 
(…) Réveillé par un putain de mal de tête au crâne, je rallumerai la fin du tarboule qui collera à mon bec et machinalement m’envolerai jusqu’à la cabine d’essuyage la plus proche. Le grand rouquin de souche européenne aux yeux noisette et son partenaire albinos sans-papiers né de parents inconnus des quartiers chics de Pyongyang* avec lesquels, hélaaas, j’aurai enfin passé la soirée ainsi qu’une bonne partie de la nuit défoncé tout là-haut à la cime du charme auront également profité de la situation de mon sommeil pour dès potron-jacquet disons fausser compagnie à ce quici-bas on appelle la vraie vie.
 
 
 
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The Egg Hunt
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Intermède musical #13
 
Billie Holiday & Duke Ellington : Blues (Big City Blues)
 
 

30.03.2008

Le néerlandais sans peine

LITTÉRATURE (PAGE 117)  

902764944.jpg« Bon, il faut que je retourne au travail, a dit Fred. La presse n’attend pas. Que vas-tu faire ?

Je crois que je vais aller écrire, travailler un peu à mon livre.

Dalí : Rêve causé par le vol d’une abeille

Ambitieux projet. Est-ce que le livre parle du temps, comme le prétend le maître d’école ?

Non, il n’y est pas question du temps.

Bien. Parce qu’un livre sur le temps, ça ne me dirait rien.

Tu as déjà lu un livre ? Non, a répondu Fred.

Mais je n’ai pas envie de commencer par un livre sur les nuages. »

 
Richard Brautigan


Hartelijk bedankt au jardinier secret du Comte Piotrard de Nervulve, lui-même il sait !

29.03.2008

Intermède musical #11

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AZ le JAZZ & STEPH le SWING sous LAUDANUM

28.03.2008

Comme un épouvantail dans un champ de concombres

(...) et sa plaie mortelle avait été guérie ; et la terre toute entière était dans l'admiration de la bête.

 
Révélation 13:3

27.03.2008

Planète bleue

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25.03.2008

Zeus, Apollon, au pied !

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23.03.2008

Koinrokkā Beibīzu

1200071796.2.jpg(…) La majorité des enfants ont été retrouvés à l’état de cadavres, la plupart ayant été déposés déjà morts, les autres étant morts à l’intérieur de la consigne, et on note seulement quelques cas exceptionnels de bébés qui respiraient encore au moment de leur découverte, et qui ont été emmenés à l’hôpital où ils sont morts à leur tour. Autrement dit, ces deux enfants sont les uniques survivants parmi de nombreux cas semblables. Les nouveau-nés n’ont naturellement pas de souvenirs conscients, on peut cependant penser que leurs circuits de mémoire gardent, quelque part dans le subconscient, une trace de l’état de terreur qu’ils ont vécu confrontés à l’imminence de la mort et de la lutte farouche qu’ils ont menée pour rester en vie, et qu’ils ont gagnée. Cette énergie extraordinaire qu’il leur a fallu pour simplement survivre a dû rester programmée quelque part dans leurs circuits, et à certains moments cette énergie échappe au contrôle de leur encéphale. Autrement dit, ils disposent d’une énergie trop forte pour la maîtriser eux-mêmes et il leur faudra sans doute de nombreuses années pour apprendre à la canaliser.

Mais que peut-on faire ? demandèrent les bonnes sœurs. Ces deux enfants vont bientôt aller à l’école, et ils seront peut-être adoptés. S’ils restent enfermés dans leur autisme, ils ne pourront pas grandir normalement.

Il y a une thérapie qui pourrait s’avérer efficace : on endort l’énergie pendant une période de temps donnée, elle reste enfouie dans les replis du cerveau jusqu’à ce que le patient soit capable d’en contrôler la force, autrement dit il s’agit de geler les structures du métabolisme et des cellules psychiques… Cette thérapie a été développée aux Etats-Unis où elle est utilisée dans les cas de schizophrénie aiguë liée à l’usage de stupéfiants. On fait retourner le patient dans le ventre maternel, ce qui lui procure un bien-être et un calme absolus. On lui fait entendre un son, un battement de cœur amplifié électriquement, le battement de cœur maternel que l’enfant entend dans l’utérus, n’est-ce pas. Le battement de cœur retentit avec une extrême amplitude dans le corps du fœtus parce qu’il n’est pas transmis par l’air mais à travers le liquide amniotique, ce n’est pas un simple son, n’est-ce pas, mais une vibration transmise par diverse organes, le sang, la lymphe, et il est donc ressenti par le fœtus comme une gamme de sons très complexe. Quand la reproduction de ce timbre et de cette gamme de sons a été publiée l’année dernière aux Etats-Unis à un congrès de psychiatrie, le professeur Michael Goldsmith de l’université de technologie du Massachusetts, un chercheur en chimie neurologique, a émis un avis intéressant. Ce monsieur, qui écrit des romans de science-fiction, n’est-ce pas, a fait remarquer une forte ressemblance entre ces battements de cœur et les signaux émis par un satellite artificiel lancé par le développement aéronautique dans le but d’établir un contact avec des extraterrestres, c’est sans doute un hasard, mais enfin j’ai moi-même fait l’expérience et écouté ce battement de cœur et vraiment, c’est extraordinaire. Quand on écoute ce son dans un état de semi-somnolence, on ressent une paix et une extase extraordinaires. Il est sans doute fort impoli de ma part de dire cela à des religieuses, mais les états d’extase que l’on croyait autrefois inspirés par le Christ n’ont probablement pas d’autre origine que ce souvenir intra-utérin, n’est-ce pas…

22.03.2008

Faux frères Lumière

Le soleil ne fut guère brillant cette nuit, si ce n'est par son absence. Disons que le jaune du ciel tirait davantage la couverture tissée de moments songe vers un gris clair et visqueux. Uniforme. Et dans le fond, cela tombait plutôt pas mal du tout. Le petit bonhomme de fo(l)ie causait rhizome quand les perroquets surgirent et bariolèrent l’atmosphère avec panache. De la terre ferme, j’en comptai une centaine au bas mot. Taille d’hélicoptère et vitesse de l’éclair. Parade amoureuse quasi militaire. Voûte céleste à présent haute en couleurs. Éventail détonant. Silence paradoxal assourdissant. L’un d’eux, au bout du compte à peine plus grand qu’un psittacidé à coudre vint s’empaler sur l’extrémité de mon index en souriant, tandis que pour sa part, celle qu’ici-bas nous appelons réalité, fidèle à sa réputation, se moquait de mon rêve comme de l’émission de sa première goutte de sang.

Dehors, il fait toujours aussi sombre que dans le rectum d’un cul-de-jatte, demeure exclusivement le noir et le blanc, s’est mise à chahuter la neige du printemps...

20.03.2008

L'étrange cas de Monsieur K

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- V i c t o r  B r a u n e r -

19.03.2008

ASUBAKATCHIN TCHIN

 
 
Souviens-toi, surf lascif à travers les plus positives de tes ondes jusqu'au bijou de chair luisante serti à l'enseigne de ta grotte enchantée. Ma psylle miraculeuse rien qu'à moi-je joujou de tout ton charme, vibrant bien plus encore qu'en temps normal et réel je t'offrais ma langue partout partout partout tandis qu'une bonne partie de l'extrémité de mon étrange anatomie, pour ne pas dire le bout de ma queue, occupait délicatement les anneaux anaux de ta turne. Ensuite, après le tonnerre à vif et les pluies battantes de l'orgasme clitoridien, tu as réintégré la beauté de ton plus simple appareil, extrêmement reconnaissante et dès lors on ne peut plus déterminée à gratifier cette forme d'existence inconnue sur Terre (et, comme de bien entendu, incarnée quelque part ici-même à merveille par mes soins)
 
 

CYRIEL VERSCHAEVE STRAAT

464463362.JPGOrdonné prêtre en 1897, Cyriel Verschaeve enseigne l’histoire et l’allemand,  participe à des cercles littéraires, écrit des poèmes, des essais, des pièces de théâtre et tente de fonder une congrégation pour la conversion des Boers d’Afrique du Sud au catholicisme. Au cours de la guerre 14-18, il participe au mouvement frontiste et se lie avec Joris Van Severen. En 1925, il déclare : « Pour moi, la Belgique n’existe pas et je ferai en sorte qu’après ma mort la Belgique me déteste ».

 

En 1931, il soutient chaleureusement la fondation du Verdinaso. Plusieurs fois invité en Allemagne nazie, il rédige dès le début  de l’Occupation "Het Uur van Vlaanderen", une apologie de la collaboration. Le 6 novembre 1940, il est proclamé président du Conseil culturel flamand, contrôlé par la Communauté de travail germano-flamande (DeVlag) et par la SS. Partisan du rattachement de la Flandre au Reich, Verschaeve tente de concilier christianisme et nazisme (notamment dans son essai "Europa und der neue Glaube").

 

Évacué  par la SS en Allemagne à la veille de la Libération, il tente d’y former un "gouvernement flamand" en exil. Lors de la défaite nazie et grâce à des complicités ecclésiastiques, il se cache en Autriche jusqu’à la fin de sa vie. Par arrêt du 11 décembre 1946, le Conseil de guerre de Bruges l’avait condamné à mort par contumace. Il reste à l’heure actuelle, l’une des références de la mouvance Vlaams Blok.

 

Cyriel Verschaeve a sa rue à Marke (commune de Courtrai, Flandre occidentale), Lanaken (Limbourg), Kapelle-op-den-Bos (Brabant flamand), Zoersel et Puurs (Anvers). Dans cette dernière commune, le poète SS est ainsi honoré en plein village de Breendonk, à quelques centaines de mètres du camp.

 

 Source : "RésistanceS", n° 6, printemps 1999, pp. 7-8

18.03.2008

Intermède musical #10

Wagon Christ : Shadows

16.03.2008

Les rameaux du dimanche

(…) Qu’avais-je donc à apprendre aux autres qu’ils ne sachent déjà ? Moi, écrivain ! Moi qui ne fais que bredouiller ! Pour écrire, il faut être hanté, malheureux, persécuté, ou alors heureux au point de croire sérieusement qu’on a Dieu pour coéquipier. Je ne suis rien de tout cela. Pour la première fois de ma vie, je bouffe régulièrement. Un repas fini, je sais que le suivant m’attend quelques heures plus tard. Que puis-je souhaiter de mieux ? Je voulais m’attaquer au monde, le soulever à bras-le-corps et le pendre à la potence. Je voulais ne faire qu’un avec la masse vivante, être à moi seul le sang et l’âme de tout ce qui respire sur notre terre. Et puis ? A quoi cela rime-t-il ? Dans moins de quarante ans, avant peut-être, je serai dans le trou à mon tour. La boîte en bois, un bout de prière, les cordes pour descendre et les deux terrassiers, pelles en main, qui discuteront du dernier tiercé ou de la fausse couche de la femme d’un de leurs copains. De profundis !

A quoi cela me servira-t-il d’avoir écrit une quinzaine de volumes ? C’est la vie du corps qui compte. Demandez à Nora ce qu’elle en pense. Jouisseuse. Egoïste. Ne se casse pas les méninges. Fière salope. Comme je lui suis reconnaissant de me rendre la vie facile, c’est-à-dire invivable !
Elle s’est insinuée en moi comme une maladie. Un cancer. Il ne reste plus de moi qu’une apparence. Je ne crois plus aux fariboles de l’art ni à toutes ces conneries de crève-la-faim. Je ne comprends plus le langage de mes anciens amis. Que veulent-ils dire avec leur besoin de création, leurs disputes sur des mots, des formes, des couleurs, des sons ? Moi, je ne comprends plus que manger et lâcher mon foutre dans un con brûlant. Plus de livres en vue. Plus de vaines espérances. Même plus de personnalité, ce qui est encore mille fois préférable. Joyeux abandon ! Hourrah ! Trois fois hourrah ! Je me foule aux pieds avec une joie mauvaise. C’est mon fantôme que je m’acharne à tuer tous les jours. Parfois, Nora vient me donner un coup de main. Je suis là, dans le salon, étendu en travers du tapis. Cette loque informe, c’est moi. Moi, le créateur qui voulait animer, brasser des centaines de personnages, peupler l’imagination des hommes de visions inoubliables. Voyez ce qu’il en reste. Je me reconnais à cette flamme minuscule qui persiste dans l’œil mourrant. Dernière goutte de confiance. C’est justement sur cette petite lueur arrogante que Nora concentre ses forces destructrices. Devant la mauvaise humeur qu’elle manifeste lorsque je lui parle livres, j’ai pris l’habitude de m’abstenir. S’il m’arrive d’être emballé par une lecture et que je veuille avec quelqu’un partager ma découverte, je passe un petit mot à Wierne ou à Sicelli, ou encore à Martin qui m’invite à venir un de ces soirs manger un morceau en copains. Mes soirées étant prises, la question ne se pose même pas. Je trouve plus commode de faire le mort. Le cercle se resserre. Je serai bientôt à vous, Nora, ma vaginale. Je ne comprends plus que manger et bander ferme quand c’est nécessaire, quand cette pieuvre amoureuse s’approche de moi, m’enlace, et que je plonge dans une eau noire. J’espère d’ailleurs qu’un jour ou l’autre je m’y noierai pour de bon et qu’il faudra ce jour-là déplacer la grande échelle pour me retirer de cette posture obscène dans laquelle on ne peut décemment laisser le mort.

La faire jouir. Ne penser à rien d’autre. Mon cerveau est resté dans le porte-parapluies du vestibule. Me rappelle l’y avoir déposé en entrant. C’était le dimanche des Rois ou celui des Rameaux. Juste le dimanche après l’agonie, quoi qu’il en soit.
 
 
Ce que je ne puis au fond pour moi garder du SEPTENTRION de Louis Calaferte

14.03.2008

A TRIBUTE TO LEONCE RUDELLE

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13.03.2008

Le Parc des Princes

C’est sur les conseils avisés de son majordome de paille que Madame l’Ambassadrice s’en alla fendre du bois d'Boulogne pour tuer l'temps. Elle répéta scrupuleusement son geste mortifère toute la matinée et quand le soleil devint aussi vert que l’herbe de son voisin, se planta à l’ombre d’un Brésilien en fleurs pour y piquer un petit roupillon amplement médité. 

Ally N’Baba N’Baba fut réveillée par de vulgaires pétarades et une odeur d’huile de ricin afghan qui dans les fosses nasales de son auguste tarin ne laissait place à aucun doute possible : une troupe de motocyclistes fondamentalistes venait de briser l'issue du rêve dans lequel, devenue Dieu sait pourquoi militante d’une cause hétérosexuelle perdue d’avance, elle gobait goulûment le membre le plus chaud de la famille Pitt au sein même d’un lieu de culte hollywoodien. 

Le zizi endurci de la star était toujours un peu sur le point de gicler dans la tête de Madame l’Ambassadrice quand les barbus, armés jusqu’aux dents, mirent pied à terre comme un seul homme.

Leur directeur de conscience, bien connu sous le nom de code « OMAR »  par les Services secrets de l’Intelligence armoricaine de l’amiral Jean Sarkozy (ainsi que par la plupart des jardiniers maghrébins du monde entier), s’approcha d’un bloc et dit :

 
« PSG, ouvre-toi ! »

 
La grille rouillée s'ouvra s’ouvrit en grinçant et les terroristes disparurent dans la tribune abandonnée d'un stade enseveli sous ses propres décombres. Ils étaient tout juste quarante et, dès que le dernier fut entré, le portique de sécurité se referma de son propre chef.  Ally sentait des pieds dans l’estomac de ses talons mais la curiosité l’emporta, elle resta par conséquent planquée pour voir la suite de votre programme dans quelques instants. Comme prévu, le portique obéit à nouveau et les violeurs de mobylettes enfourchèrent leurs malheureuses victimes avant de repartirent en guerre sainte contre les épagneuls bretons infidèles du tout Paris, « sus à ces chiens de résistants ! » aboyaient-ils.

 


À suivre, et encore, rien n'est moins sûr...

10.03.2008

Matérialisme spirituel

257232935.jpgEn fait, nous avons simplement monté une boutique, une boutique d’antiquités. Peut-être sommes-nous spécialisés dans les objets orientaux, les antiquités du Moyen-Age chrétien, ou les vieilleries de telle culture à telle époque, mais quoi qu’il en soit, nous sommes des boutiquiers.
 
Chögyam Trungpa Rinpoché

09.03.2008

Intermède musical #9

The Inner Space : Kamera Song

03.03.2008

Héroïne

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La maman de Marine dans une vieille pub pour E-mail Diamant

02.03.2008

Le SMS de tonton Ben

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01.03.2008

Minuit moins cinq sur l'échelle de Richter

La demeure de Sue Zellaby, ma voisine de presque en face, a tout dernièrement effectué un déplacement latéral d’environ dix mètres à l’intérieur des terres. Le tout en l’espace d’une seconde de silence nocturne, le temps pour l’hôte somnambule qui m’habite à la campagne de lever son verre à notre santé ainsi qu’à celle d’une lune pleine à craquer.
 
De prime abord plutôt pas moche du tout du tout ; médaille de bronze au championnat du monde de lindy-hop et pseudo-professeur de danse orientale à ses heures, Sue a disons la petite trentaine, et, malgré la pratique intense du rock acrobatique, une bouée de lard remarquable, davantage encore quand elle astique son 4x4 durant la belle saison, vêtue pour l’occasion du bikini de coton tricolore tout à la gloire de l’Old Glory. Un nouveau nez de poupée à grosso modo deux mille cinq cents euros la narine, des ongles et des cheveux de secrétaire qui changent de couleur à peu près cinquante-deux fois l’année, un éclat de rire hélas bien à elle, une garde robe Esprit de Corps à partir de moins 30% et un regard bleu de Prusse parachève la synthèse du portrait-robot peu flatteur - j’en conviens - de Sue en beauté.
 
Du cash, son partenaire dans la vie en a à revendre, ne vient-il pas de s’offrir une Mercedes-Benz à 77.319 euros de base prix catalogue ? C’est dire les moyens dont le sympathique Prosper dispose pour subvenir aux besoins matériels du ménage, sa petite entreprise ne connaît Dieu merci pas la crise. Le travail comme valeur refuge de ces parvenus et la phobie du manque à gagner de madame c’est au bout du compte tout profit pour la laine fétide de ses bas à varices. Acheter une petite brochure de contes africains débiles au premier Noir bon marché qui passe par le village ? Non mais vous n’y pensez pas ! Déjà que notre pleure-misère se tue à la tâche : gestion administrative des dossiers en veux-tu en voilà des cas sociaux des profiteurs en série des numéros vivant au crochet du seuil de pauvreté a encoder. Pourtant ; comme dirait Jeaninne, l’impayable coordinatrice de notre centre de crise parastatal (oui, non contents d’être proches voisins, nous sommes comme qui dirait par ailleurs vaguement collègues), ce n’est pas bien compliqué : les cimetières sont plein de poussières d’employés modèles qui se trouvaient indispensables.
 
Alors dans un tout autre registre, qui la pousse à ainsi livrer dare-dare la plupart des pensées susceptibles d’imbiber le gros de son string ? Allumeuse publique, la garce ne crache pas sur les discussions lubriques tournant autour du cru à l’heure de table. Parfois, il arrive même qu’elle rougisse. Copieusement. Comme quand ses déclarations, aussi spontanées qu’obscènes, nous apprennent les mois d’abstinence forcée due paraît-il à la fatigue de monsieur. Permettez qu’également je balance la fois où un jour matin elle chantait à tout qui voulait l’entendre les effets spéciaux du baiser fabuleux (avec la langue) dont je l’avais gratifiée quelques heures auparavant, un rêve qualifié de méga romantique par ses soins, rien de moins ! Jamais encore à l’en croire, Sue n’avait été embrassée de la sorte. Forcément, pourrait ajouter le principal intéressé. 
 
Mais l’ensemble du personnel (exclusivement féminin) sait aussi combien l’idée de sodomie la titille, autant d’ailleurs que celle qui consiste à reporter certains passages à l’acte analogues tels que la réalisation d’un vulgaire tatouage tribal au somment de la raie de son boule. La trouille de l’aiguille, c’est à pisser de rire. L’admiration qu’elle voue à la plastique des Chippendales vaut également son pesant de cacahuètes à l’urine et n’est en rien, je le jure sur la tête de mon lit, légende rurale. Quoi d’autre ? L’épilation intégrale qu’elle justifie comme un athée intégriste vante les hygiéniques vertus de la circoncision ? 
 
La chair de poule de sa poitrine d’origine, c’est en revanche tout de suite vachement moins drôle. Brrr, lentendre évoquer le mot allergie, c’est un peu comme si le bout d’un ongle venait de niquer sa mère sur le tableau noir des sales sensations de la vie, au point d’aller jusqu’à se demander si David, le petit grain de sable blond fusionnel qu’en deux mille de notre ère elle mit au monde par césarienne n’y serait pas quelque part pour quelque chose. Enfin bref. 
 
La pupille de l’œil de bœuf de sa chambre à coucher, à présent située pile poil dans l’axe de mon regard de faucon wallon, s’est dilatée au point d’avaler l’ensemble de la façade. Ma voisine dort à poings fermés, seule, uniquement vêtue d’un pyjama de cristal on ne peut plus transparent, du Val Saint Lambert (d’après les petits Robert des rêves je devrais y voir un rapport avec la pantoufle du berger allemand femelle du voisin d’à côté). Je me tâte, tout ou presque dans l’horizon converge vers l’origine d’un monde sans queue ni tête. En zoomant, l’on parvient à distinguer les vibrations des grandes lèvres de la moule, l’air qui va-et-vient au cœur même de son rocher thoracique. Sue Zellaby ronfle comme un titre de docteur honoris causa, j’en mets une oreille à couper sur l’autel virtuel de mes facultés.
 
Plus que jamais il faisait toujours nuit, et comme la plupart du temps dans la possibilité des songes les rayons du sommeil battent les tempes pendant qu’elles sont chaudes. J’en étais là, à fouler tranquillement l’artère forestière de la corne de mes plantes nues, décontracté du gland, à l’ombre des chênes en or massifs tandis que les troubles obsessionnels compulsifs des amanites tue-mouches et des polypodes à coco, ainsi que le sifflement nerveux des becs de lièvres à l’affût, semblaient vouloir m’avertir d’un danger imminent auquel il faisait pourtant bon ne pas spécialement prêter gare. 
 
Juste après, vint le moment que choisit celui que j’étais chemin faisant pour prendre congé, l’antichambre du site où selon ses indications seuls moi et mon ombre devions nous rendre. 
 
La puissance inouïe de ce genre de sons résonnait par vagues successives, véloces, crescendo jusqu’à l’os (et au delà) quand la femelle apparut dans la menace de toute sa splendeur. Cadence chaloupée. J’en restais bouche bée, statue décomposée, tétanisée, subjugué par la tournure des évènements. Sans doute allais-je finir dans l’estomac d’un fauve échappé des griffes d’un dresseur de chapiteau, et ce destin n’avait finalement rien de tragique pour l’espèce de chrétien du dimanche que sur la piste aux étoiles facétieuses j’avais quelques fois eu l’audace de singer. Le film de ma vie sur Internet pouvait commençait à défiler.
 
Un invisible essaim d’abeilles régicides vrombissait sur le bout de ma queue quand la lionne arriva à hauteur de mon flanc gauche et l’effleura sans même s’apercevoir de ma présence. Pas même le temps d’un ouf de soulagement que du lieu-dit La gueule de la clairière s'extirpait le reste de la horde. Deux demi-douzaines de ses membres contournaient ainsi les ailes de celui qui parle présentement dans votre tête, en l’ignorant le plus royalement du monde (seul un des lionceaux croisa longuement mon regard, songeur). Où allaient-ils ? Je n’en sais fichtre rien. Il fallait que j’avance aussi, poursuive ma route, maintenant que j’avais pleinement pris conscience du rendez-vous.