30.04.2008
Fin de citation #3
L’herbe est parfois toujours plus rouge dans le champ du voisin.
[Shinobu Ishihara]
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01.04.2008
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31.04.2008
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La visite au funérarium remonte à deux jours et depuis plus que jamais demeure aussi vivace l’essence du lilium dans les trous d’nez de ma mémoire. Tout (absolument tout) fleure le lys à outrance. Lame horizontale ou criblée, membranes et bulbes olfactifs, c’est bien joli, poétique, scientifiquement correct même, mais merde, quoi que j’aille, où que je fasse, l’odeur est àl, intégrale, impérissable, impérialiste.
La photographie de l’octogénaire sourire aux lèvres et cigarillos vissé au dentier repose sur le couvercle en chêne de la bière belge dans laquelle son enveloppe charnelle entame la phase putride de son existence terrestre à bras le corps. Un cliché disons avantageux en regard de la dernière fois où au détour d’une balade je passai prendre des nouvelles de sa gueule. Cela remonte à la neige, il n’y avait déjà plus âme qui vive derrière la tête basse des volets de sa bicoque. Pas l’ombre d’un jappement. Plus fatale encore, celle juste avant, celle où le vî coyon semblait ignorer qui nom de nom je pouvais bien être. Debout, toujours plus dur de la feuille, il y causa essentiellement fosse septique. Un putain de monologue où par instant il gratifiait la petite-fille de feu son frère de prénoms discutables… documentation, devis, et facture à l’appui.
Le cancer de la vessie, il s’en fichait presque, c’était bien davantage la pose récente de sa station d’épuration qui le travaillait. Il ne l’a jamais utilisée. Le grand-oncle vidait le tout au fond de son petit jardin pour ne pas la salir.
Je serre à présent quelques mains des deux sexes (pour la plupart inconnues) et embrasse la fille du défunt pour la forme de mes sincères condoléances. L’ai-je déjà vue, cette cousine moustachue par alliance ? M’en souviens pas dis-donc.
L’insolente beauté plantée dans un coin de l’ambiance m’est quant à elle formellement inconnue. Wendy, vingt ans à tout casser, se contente de sourire de partout partout et vibre comme si en effet elle n’était pas seule responsable des vagues de chaleur que même en ces lieux elle parvient à provoquer. Mais pourquoi je raconte ça, moi ? Ah oui ! C’est que sans ces saloperies de gerbes j’aurais je pense gentiment bander dans ma bulle.
Des fleurs du mal à la vessie je disais le cancer, quoi. L’odeur du lys et de la pisse. L’antique pseudo caniche à l’article de la rubrique des chiens paralytiques, compagnon répugnant de l’infortune des derniers jours, de la dernière heure, filé en éclaireur. C’est qu'il faut s’imaginer le bonhomme partir à sa recherche en pyjama, des semaines après l’euthanasie. Une escapade de plusieurs bornes à travers bois !
Mais qu’entends-je, qu’ois-je, son couvre-chef fétiche (une casquette à visière américaine made in China) l’accompagne ? Grand bien fou lui fasse ! Qu’il repose en paix et remette mes salutations distinguées, des fois que...
***
Pour sa part, la dernière fille de Strychnine vit toujours.
Courageuse petite forte tête adorable et pleine de jeux. Parfois, le monstre sacré appelé Dieu l’exige en bleu, un bleu ch’sais pas quoi d’ailleurs. Gris bleuté ? pas une teinte qui schtroumpfe la joie de vivre en tout cas. Déjà, le bleu pour la peau d'une gamine de la moitié de moins de cent mois, avec ou sans traces de scie circulaire sur le sternum, cela n’est guère des plus seyant, pas des plus naturel non plus faut reconnaître. Moi je dis que c’est rose qu’elle devrait être. Ou noire presque de la tête aux pieds. Jaune devant brun derrière à la limite.
TOUT sauf bleue. Bleu c’est strictement réservé aux petits garçons qui respirent la santé.
***
Quand dans un premier temps, Mickey, douze ans, a apprit que déjà les chances de sauver sa jambe étaient nulles, il a dit pas grave en souriant à ses parents (d’autres espèces de cousins). C’est un peu plus tard qu’il a fait machine arrière, un peu plus tard que le Ciel est tombé dans sa tête. Dès l’instant où des spécialistes en la matière lui ont clairement fait comprendre qu’avec le traitement et les soins qu’ils allaient lui prodiguer, il perdrait jusqu’au dernier de ses cheveux. Cette réalité là, Mickey a eu beaucoup, beaucoup plus de mal à l’encaisser...
JUIN 2008
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Entraînement : Techniquement, une synchronisation d'ondes cérébrales avec une fréquence déterminée par le biais d'une onde électronique, d'un signal acoustique, etc. Psychologiquement, le processus consistant à suivre un message ou un ordre subliminal ou occulte. Dans une transe post-hypnotique, le sujet « entraîné » par le commandement donné sous hypnose y obéit de façon automatique et aveugle.
Le vecteur et le déguisement sont la même chose – dans Gyn/Ecology, Daly les appelle des « incrustations subliminales » – mais le terme vecteur souligne la manière dont le déguisement fonctionne de façon directive sur les sujets ciblés pour un conditionnement idéologique, religieux ou social. La morale Chrétienne est, par exemple, un vecteur crypto-fasciste pour la collusion victime-perpétrateur. L'image du dieu-homme ou du surhomme, Jésus Christ, est un vecteur crypto-fasciste pour un culte extra-terrestre de domination. Ceux qui embrassent l'image comme l'idéal de l'humanité deviennent des complices involontaires dans un programme occulte... ce qui nous fait paraître basculer dans la thèse de la conspiration, bien sûr. Pour nous défendre des accusations selon lesquelles ces leçons de Mythbusting 101 nous rendent solidaires de la sphère familière de la théorie de la conspiration globale, je dois présenter des distinctions rigoureuses (en cinq paragraphes) :
1. La meilleure conspiration n'est pas imposée au peuple par des manipulations occultes : elle est volontairement adoptée par ceux qu'elle est supposée tromper et léser. Il n'existe pas de conspiration capable de contrôler le monde entier et de duper tous les peuples de la planète mais il existe un scénario basique de conspiration qui œuvre de telle sorte qu'un programme de conspiration globale, qui serait extrêmement compliqué à mettre en place, n'est pas nécessaire. Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas besoin de fomenter une conspiration dans le monde lorsque les individus acceptent d'être de connivence avec vos objectifs, totalement à leur insu, néanmoins.
2. Un bon exemple pour illustrer ce type de connivence est le film de 1974 A cause d'un assassinat dans lequel Warren Beatty jour le rôle d'un reporter qui tente de dévoiler une conspiration et qui finit par en devenir le bouc émissaire. La bande du film annonce ironiquement: « Il n'y a pas de conspiration, juste douze personnes mortes ». L'assassinat planifié que suspecte le personnage joué par Beatty fut mis en oeuvre par une intrigue mais c'est lui-même qui devient la cheville ouvrière de la conspiration. Il participe donc à la conspiration sans avoir été obligé de le faire.
3. Il existe un programme de conspiration à l'œuvre dans l'histoire mais pas une conspiration systématique et globale en soi. Une des finalités de ces leçons est de décrire ce programme. Cela n'est pas du tout de dévoiler une conspiration secrète ou présumée telle. En fait, l'approche que je développe ici pourrait être appelée une théorie de contre-conspiration. Elle diffère de la théorie de la conspiration dans la mesure où son propos n'est pas de dévoiler une conspiration spécifique en citant des noms ou des événements ; elle tente, plutôt, de montrer comment une collusion aveugle émerge automatiquement autour d'un scénario prédéterminé.
4. D'emblée cette distinction n'est sans doute pas claire et il peut être bénéfique de se démarquer des suppositions et des associations habituelles qui sont corrélées aux exposés de la théorie de la conspiration et d'introduire deux nouveaux termes – pour rafraîchir la syntaxe, si l'on veut. Au lieu de conspiration, je vais me référer à la suprême arnaque (dans le sens où Daly évoque le « Maître Mythe »). Les arnaqueurs peuvent être appelés les Illuminatis mais ce terme est chargé d'associations et j'en propose donc un autre : les DC. Dans ce nouveau jargon, nous pouvons parler « de la suprême arnaque menée par les DC » afin de montrer que ce n'est pas une conspiration en soi mais un fantasme collectif qui permet à un noyau d'activités réellement maléfiques d'être perpétrées dans le monde entier. Comme la suprême arnaque est un fantasme de l'imagination collective, elle n'a pas besoin d'être mise en œuvre par un vaste effort conspirationnel. Elle s'invente et se nourrit d'elle-même tant que l'imagination collective n'est pas rendue attentive au scénario et guidée vers d'autres directions.
5. Et il existe un complot, un scénario, un programme caché mené par des personnes réelles, un groupe restreint d'individus que j'appelle les DC. Ces initiales signifient « divinement choisis », la croyance directrice des DC. Ces dominateurs, au nombre restreint, partagent tous la croyance selon laquelle ils sont les plus beaux et les plus forts. Des conspirations telles que le Nouvel Ordre Mondial sont des fantasmes collectifs qui voient le jour en raison de la tentative humaine d'imaginer ce que les DC sont en train de concocter et comment ils fonctionnent. Les DC tirent alors profit du processus de fantasme collectif et l'exploitent selon des voies extrêmement pernicieuses. Il est exclus, cependant, d'imaginer que les DC orchestrent un vaste programme de manipulation globale. Ils n'en ont pas besoin. Ils font confiance à l'humanité pour se leurrer elle-même, pour créer ses propres prisons et pour inventer les monstres qui la subjuguent. L'œuvre des DC est diaboliquement intelligente, une illusion qui s'auto-réalise comme un cauchemar Kafkaïen qui s'incarne grâce au comportement aveugle et compulsif de millions de personnes. Le génie des DC réside dans leur capacité de faire jouer l'imagination collective contre elle-même. Ils comptent sur l'humanité pour se faire entraîner par ses propres illusions, ou par des croyances attachées à ces illusions et « mythes trompeurs » comme Mary Daly les appelle – le mythe de la résurrection du corps physique après la mort, par exemple.
Les DC croient qu'ils sont les quelques élus de la divinité paternelle qui œuvre contre l'humanité. LUI, Yahvé, les récompensera de l'immortalité physique ou d'un statut clonal d'éternité, un simulacre de vie, préfiguré par le personnage sinistre de Melchizedek qui est « non engendré ». Ils peuvent faire abstraction de l'humanité et mettre en place toutes sortes de mesures pour faire en sorte qu'elle empoisonne son habitat et s'auto-détruise par la violence sectaire, le racisme, l'addiction aux drogues, et autres pathologies induites parce qu'ils se sont alliés avec la puissance plus qu'humaine d'un dieu paternel extra-terrestre. Pour autant que je sache, seuls les Gnostiques des Mystères Païens s'exprimèrent sur la place publique afin de défier ouvertement ce pacte anti-humain en dévoilant le Démiurge, le dieu dément qui œuvre contre l'humanité. Cela explique aisément pourquoi ils furent si brutalement exterminés.
D'AOUT 2008
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30.03.2008
Le néerlandais sans peine
LITTÉRATURE (PAGE 117)
« Bon, il faut que je retourne au travail, a dit Fred. La presse n’attend pas. Que vas-tu faire ?
– Je crois que je vais aller écrire, travailler un peu à mon livre.
Dalí : Rêve causé par le vol d’une abeille
– Ambitieux projet. Est-ce que le livre parle du temps, comme le prétend le maître d’école ?
– Non, il n’y est pas question du temps.
– Bien. Parce qu’un livre sur le temps, ça ne me dirait rien.
– Tu as déjà lu un livre ? Non, a répondu Fred.
– Mais je n’ai pas envie de commencer par un livre sur les nuages. »
Richard Brautigan
Hartelijk bedankt au jardinier secret du Comte Piotrard de Nervulve, lui-même il sait !
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29.03.2008
Intermède musical #11
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28.03.2008
Comme un épouvantail dans un champ de concombres
(...) et sa plaie mortelle avait été guérie ; et la terre toute entière était dans l'admiration de la bête.
Révélation 13:3
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27.03.2008
Planète bleue

25.03.2008
Zeus, Apollon, au pied !
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23.03.2008
Koinrokkā Beibīzu
(…) La majorité des enfants ont été retrouvés à l’état de cadavres, la plupart ayant été déposés déjà morts, les autres étant morts à l’intérieur de la consigne, et on note seulement quelques cas exceptionnels de bébés qui respiraient encore au moment de leur découverte, et qui ont été emmenés à l’hôpital où ils sont morts à leur tour. Autrement dit, ces deux enfants sont les uniques survivants parmi de nombreux cas semblables. Les nouveau-nés n’ont naturellement pas de souvenirs conscients, on peut cependant penser que leurs circuits de mémoire gardent, quelque part dans le subconscient, une trace de l’état de terreur qu’ils ont vécu confrontés à l’imminence de la mort et de la lutte farouche qu’ils ont menée pour rester en vie, et qu’ils ont gagnée. Cette énergie extraordinaire qu’il leur a fallu pour simplement survivre a dû rester programmée quelque part dans leurs circuits, et à certains moments cette énergie échappe au contrôle de leur encéphale. Autrement dit, ils disposent d’une énergie trop forte pour la maîtriser eux-mêmes et il leur faudra sans doute de nombreuses années pour apprendre à la canaliser.
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22.03.2008
Faux frères Lumière
Le soleil ne fut guère brillant cette nuit, si ce n'est par son absence. Disons que le jaune du ciel tirait davantage la couverture tissée de moments songe vers un gris clair et visqueux. Uniforme. Et dans le fond, cela tombait plutôt pas mal du tout. Le petit bonhomme de fo(l)ie causait rhizome quand les perroquets surgirent et bariolèrent l’atmosphère avec panache. De la terre ferme, j’en comptai une centaine au bas mot. Taille d’hélicoptère et vitesse de l’éclair. Parade amoureuse quasi militaire. Voûte céleste à présent haute en couleurs. Éventail détonant. Silence paradoxal assourdissant. L’un d’eux, au bout du compte à peine plus grand qu’un psittacidé à coudre vint s’empaler sur l’extrémité de mon index en souriant, tandis que pour sa part, celle qu’ici-bas nous appelons réalité, fidèle à sa réputation, se moquait de mon rêve comme de l’émission de sa première goutte de sang.
Dehors, il fait toujours aussi sombre que dans le rectum d’un cul-de-jatte, demeure exclusivement le noir et le blanc, s’est mise à chahuter la neige du printemps...
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20.03.2008
L'étrange cas de Monsieur K
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19.03.2008
ASUBAKATCHIN TCHIN
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CYRIEL VERSCHAEVE STRAAT
Ordonné prêtre en 1897, Cyriel Verschaeve enseigne l’histoire et l’allemand, participe à des cercles littéraires, écrit des poèmes, des essais, des pièces de théâtre et tente de fonder une congrégation pour la conversion des Boers d’Afrique du Sud au catholicisme. Au cours de la guerre 14-18, il participe au mouvement frontiste et se lie avec Joris Van Severen. En 1925, il déclare : « Pour moi, la Belgique n’existe pas et je ferai en sorte qu’après ma mort la Belgique me déteste ».
En 1931, il soutient chaleureusement la fondation du Verdinaso. Plusieurs fois invité en Allemagne nazie, il rédige dès le début de l’Occupation "Het Uur van Vlaanderen", une apologie de la collaboration. Le 6 novembre 1940, il est proclamé président du Conseil culturel flamand, contrôlé par la Communauté de travail germano-flamande (DeVlag) et par la SS. Partisan du rattachement de la Flandre au Reich, Verschaeve tente de concilier christianisme et nazisme (notamment dans son essai "Europa und der neue Glaube").
Évacué par la SS en Allemagne à la veille de la Libération, il tente d’y former un "gouvernement flamand" en exil. Lors de la défaite nazie et grâce à des complicités ecclésiastiques, il se cache en Autriche jusqu’à la fin de sa vie. Par arrêt du 11 décembre 1946, le Conseil de guerre de Bruges l’avait condamné à mort par contumace. Il reste à l’heure actuelle, l’une des références de la mouvance Vlaams Blok.
Cyriel Verschaeve a sa rue à Marke (commune de Courtrai, Flandre occidentale), Lanaken (Limbourg), Kapelle-op-den-Bos (Brabant flamand), Zoersel et Puurs (Anvers). Dans cette dernière commune, le poète SS est ainsi honoré en plein village de Breendonk, à quelques centaines de mètres du camp.
Source : "RésistanceS", n° 6, printemps 1999, pp. 7-8
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18.03.2008
Intermède musical #10
Wagon Christ : Shadows
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16.03.2008
Les rameaux du dimanche
A quoi cela me servira-t-il d’avoir écrit une quinzaine de volumes ? C’est la vie du corps qui compte. Demandez à Nora ce qu’elle en pense. Jouisseuse. Egoïste. Ne se casse pas les méninges. Fière salope. Comme je lui suis reconnaissant de me rendre la vie facile, c’est-à-dire invivable !
Elle s’est insinuée en moi comme une maladie. Un cancer. Il ne reste plus de moi qu’une apparence. Je ne crois plus aux fariboles de l’art ni à toutes ces conneries de crève-la-faim. Je ne comprends plus le langage de mes anciens amis. Que veulent-ils dire avec leur besoin de création, leurs disputes sur des mots, des formes, des couleurs, des sons ? Moi, je ne comprends plus que manger et lâcher mon foutre dans un con brûlant. Plus de livres en vue. Plus de vaines espérances. Même plus de personnalité, ce qui est encore mille fois préférable. Joyeux abandon ! Hourrah ! Trois fois hourrah ! Je me foule aux pieds avec une joie mauvaise. C’est mon fantôme que je m’acharne à tuer tous les jours. Parfois, Nora vient me donner un coup de main. Je suis là, dans le salon, étendu en travers du tapis. Cette loque informe, c’est moi. Moi, le créateur qui voulait animer, brasser des centaines de personnages, peupler l’imagination des hommes de visions inoubliables. Voyez ce qu’il en reste. Je me reconnais à cette flamme minuscule qui persiste dans l’œil mourrant. Dernière goutte de confiance. C’est justement sur cette petite lueur arrogante que Nora concentre ses forces destructrices. Devant la mauvaise humeur qu’elle manifeste lorsque je lui parle livres, j’ai pris l’habitude de m’abstenir. S’il m’arrive d’être emballé par une lecture et que je veuille avec quelqu’un partager ma découverte, je passe un petit mot à Wierne ou à Sicelli, ou encore à Martin qui m’invite à venir un de ces soirs manger un morceau en copains. Mes soirées étant prises, la question ne se pose même pas. Je trouve plus commode de faire le mort. Le cercle se resserre. Je serai bientôt à vous, Nora, ma vaginale. Je ne comprends plus que manger et bander ferme quand c’est nécessaire, quand cette pieuvre amoureuse s’approche de moi, m’enlace, et que je plonge dans une eau noire. J’espère d’ailleurs qu’un jour ou l’autre je m’y noierai pour de bon et qu’il faudra ce jour-là déplacer la grande échelle pour me retirer de cette posture obscène dans laquelle on ne peut décemment laisser le mort.
La faire jouir. Ne penser à rien d’autre. Mon cerveau est resté dans le porte-parapluies du vestibule. Me rappelle l’y avoir déposé en entrant. C’était le dimanche des Rois ou celui des Rameaux. Juste le dimanche après l’agonie, quoi qu’il en soit.
14.03.2008
A TRIBUTE TO LEONCE RUDELLE
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13.03.2008
Le Parc des Princes
C’est sur les conseils avisés de son majordome de paille que Madame l’Ambassadrice s’en alla fendre du bois d'Boulogne pour tuer l'temps. Elle répéta scrupuleusement son geste mortifère toute la matinée et quand le soleil devint aussi vert que l’herbe de son voisin, se planta à l’ombre d’un Brésilien en fleurs pour y piquer un petit roupillon amplement médité.
Ally N’Baba N’Baba fut réveillée par de vulgaires pétarades et une odeur d’huile de ricin afghan qui dans les fosses nasales de son auguste tarin ne laissait place à aucun doute possible : une troupe de motocyclistes fondamentalistes venait de briser l'issue du rêve dans lequel, devenue Dieu sait pourquoi militante d’une cause hétérosexuelle perdue d’avance, elle gobait goulûment le membre le plus chaud de la famille Pitt au sein même d’un lieu de culte hollywoodien.
Le zizi endurci de la star était toujours un peu sur le point de gicler dans la tête de Madame l’Ambassadrice quand les barbus, armés jusqu’aux dents, mirent pied à terre comme un seul homme.
Leur directeur de conscience, bien connu sous le nom de code « OMAR » par les Services secrets de l’Intelligence armoricaine de l’amiral Jean Sarkozy (ainsi que par la plupart des jardiniers maghrébins du monde entier), s’approcha d’un bloc et dit :
« PSG, ouvre-toi ! »
La grille rouillée s'ouvra s’ouvrit en grinçant et les terroristes disparurent dans la tribune abandonnée d'un stade enseveli sous ses propres décombres. Ils étaient tout juste quarante et, dès que le dernier fut entré, le portique de sécurité se referma de son propre chef. Ally sentait des pieds dans l’estomac de ses talons mais la curiosité l’emporta, elle resta par conséquent planquée pour voir la suite de votre programme dans quelques instants. Comme prévu, le portique obéit à nouveau et les violeurs de mobylettes enfourchèrent leurs malheureuses victimes avant de repartirent en guerre sainte contre les épagneuls bretons infidèles du tout Paris, « sus à ces chiens de résistants ! » aboyaient-ils.
À suivre, et encore, rien n'est moins sûr...
10.03.2008
Matérialisme spirituel
En fait, nous avons simplement monté une boutique, une boutique d’antiquités. Peut-être sommes-nous spécialisés dans les objets orientaux, les antiquités du Moyen-Age chrétien, ou les vieilleries de telle culture à telle époque, mais quoi qu’il en soit, nous sommes des boutiquiers.00:00 Lien permanent | Envoyer cette note
09.03.2008
Intermède musical #9
The Inner Space : Kamera Song
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03.03.2008
Héroïne
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02.03.2008
Le SMS de tonton Ben
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01.03.2008
Minuit moins cinq sur l'échelle de Richter





