12/05/2013
Ici aussi il y a de l'herbe, des fleurs, des forêts
Sans-titre
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Le billet vert-de-gris de Donatien Angiosperme
(…) En Bavière, depuis plus d’une dizaine d’années à cette même période, les jardins publics où poussent les hortensias sont saccagés.
Ils arrachent les feuilles et les pétales, les font sécher et les bédavent, rapporte le journal DIE WELT.
L’effet ressenti est similaire à celui induit par le THC, la substance psychoactive du chanvre. Il est cependant strictement déconseillé d’en fumer les parties aériennes dans la mesure où les effets secondaires s’avèrent excessivement néfastes pour la santé : troubles gastro-intestinaux, problèmes respiratoires, accélération du rythme cardiaque, étourdissements…
Toujours selon DIE WELT, la chaîne respiratoire peut s’enrayer, le système nerveux central se détruire, et ainsi conduire à l'asphyxie interne jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Et pour cause, l'acide cyanhydrique contenu dans la plante est également connu sous le nom de ZYKLON B, le gaz de sinistre mémoire utilisé par les nazis dans leur programme de solution finale.
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UN CREMATORIUM FLAMBANT NEUF
From: secretariat@neomansio.be
To: fabulon@hotmail.be
Date: Tue, 13 Dec 2012
Bonjour Monsieur,
Le numéro d’incinération est le 000.009.
Bien à vous,
Angèle Sobriquet,
Secrétariat N E O M A N S I O
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01/04/2013
CONTREFACTEUR CHEVAL
D'après Πλάτων, Critias-L'Atlantide
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13/01/2013
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dans l'atelier abandonné de mon vieux forcément des lui et, mieux, infiniment mieux, du neuvième art aussi délirant que paillard. ce genre de cases, voyez voir :
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Il était une fois chargé d’mission : tout d'un temps, de Blanche-Rrose ramener la palpitante pompe à sang au donjon d’une très méchante Murène sans boyaume, à la suite de quoi demeura-t-il retourné sous le monastère de Heisterbach, aux environs de Königswinter [50 ° 40 '36 "N, 7 ° 11 '29" E] ; anachorète jusqu’au dernier frou-frou de son p’tit cœur à lui, il n’eut d’yeux merci nulle descendance
un sujet d'Albert Félix Humbert Théodore Christian Eugène Marie de Belgique manifestant de sacrées crises comportementales (…) Un incurable homme à femmes-enfants martyrs, psychotique de naissances jusqu'au moment de son exécution par un tueur d’élite de notre bonne vieille brigade Diane
L’ABBÉ STANISLAS (à peaufiner)
Sauve-toi, sauve-moi, et tu sauras où l'acheter le courage
Un autre chanteur mort, dans Mes bras
(…) non content d’assumer sa phobie du sondage urinaire, le père a toujours eu les foies d’en rester là.
Depuis tout p’tit je lis en ce papa l’effroi de son propre trépas, comme au cœur d’une autobiographie à la liqueur de Dakin ; l’interminable calvaire de son passage sur Terre, cette préférence par défaut, ce prétendu courage aux yeux du grand public.
Alors quitte à gober des œufs reptiliens, pourquoi, dans son état, n’a-t-il jamais été capable de s’aspirer tout là-haut, de s’y sentir attendu, voire bienvenu ?
Tous ces prochains, bon sang !
Voyons… ce en qui ou quoi il croit le prive pour de bon de sa maman, l’année de ses dix ans, un soir de Noël tant qu’à faire, sans nul doute de quoi remplir quelque chaussette d’imaginaire monothéiste (autant dire profusément corrompu).
Ensuite, c’est de santé que jeune homme il est privé. Un mal incurable, pire : évolutif, rendu addict aux corticoïdes de la maison Pfizer, générateurs de ravages devant l’éternel. Et lui, encore lui, le soir du premier 24 décembre dernier, veuf de fraîche date, dans toute la solitude de soixante-septième années, de persister à déposer du pain sur l’appui de fenêtre, à l’extérieur évidemment, histoire que l’corps du Christ en fusse (fût-ce ?) ça mieux béni…
Non, mais, sans faute blague, pour en revenir au jour ou la mère eut achevé de concasser sa pipe, le père a demandé l’absoute – il n’a manifestement pensé qu’à cela : l’absoute –, estomaqué, entre deux phases plus silencieuses l’une que l’autre.
Soit.
Le bureau des Jouxte-Berg, situé sur tout l’étage du funérarium, est inondé de lumière. L’épouse de l’ainé, jeune quinquagénaire limite affectueuse semble aussi visiblement bien aux affaires ; entre elle, les verres de sa monture et l’écran plat de son ordinateur une plantureuse poitrine gonflée du désir de vivre, avec juste ce qu’il se doit d’échancré. Le café qu’elle me serre de près lui aussi est si bon avec moi !
Arrive le cadet, plutôt bel homme faut reconnaître ; la chemise chic et propre, bleu du ciel, les manches légèrement retroussées sur un bronzage au pelage luisant, la montre translucide dernier cri au poignet. Comme pour justifier, voire à nouveau excuser leur insistance de toute allure, lui me sert un : « voyez, m’ssieu, vous, je sais que vous s’rez pas choqué… maman, là, il était vraiment plus que temps, je viens d’y injecter ce qu’il faut, et pas qu’un peu, soyez tranquille, ça va bien s’passer, on s’occupe de tout ! »
Ils sont parfaits (et en outre, selon Piou, de sacrés noceurs), davantage encore quand après avoir laissé s’exprimer madame, l’aîné prend la parole : « Une absoute ? mais pas d’soucis m’ssieu, ça s’passe au forfait : cent euros.
Moi : Hou-là, quand même !
Lui : Soyez tranquille, on vous dit, ce montant est repris dans les frais de l’assurance…et autant être clair, hein m’ssieu : les trois-quarts partent à l’évêché, le reste aux œuvres de la paroisse, Stanislas n’y est pour rien !
Moi : Stanislas ?
Lui : Oui, l’abbé Stanislas. Vous connaissez pas Stani ? Un brave homme, ‘verrez ! Entre nous moi j’dis faut pas tous les mettre dans l’même saladier… lui, je vous l’garanti, il a fait ses preuves: assidu au labeur, honnête, civilisé et même propre sur lui… pas la moindre odeur suspecte, après c’est pas faux que tout ou rien leur va bien au teint, hein, faut voir comment il porte les couleurs liturgiques, notre Stani ! vous n’s’rez pas déçu, m’ssieu, soyez tranquille…
★★★
L’abbé Stanislas s’est pointé le lendemain comme convenu ; avec son agenda, sa croix de bois et ses baskets bleu/blanc/rouge (c’est ça, 14 juillet, persifle Piou). On a un peu parlé du scénario et tout ça, après il est allé saluer le père qui l’a à peine regardé, les paupières encore plus mi-closes que d’hab’, rivées sur l’effarante bière de feue sa femme. La veille, Strychnine et sa petite dernière l’ont relookée, déçue qu’elle était que je n’aie quoi trouvé faire floquer sur le ruban de la gerbe, merde, déjà ça le fleuriste c’est moi aussi qui m’y colle… et je paye en plus, qui va participer sinon ? Elle, le père ?
Des stickers enfantins de chez TOUT À UN EURO en veux-tu en voilà, une volée de hiboux aux couleurs impossibles apposée à même cinq des six planches de contreplaqués (voir contrat), ainsi qu’une bougie électroluminescente aussi fidèle que si possible.
Ensuite, à distance, j’ai observé son recueillement, hors du temps, les yeux fermés… ce couple de larmes en chute libre, non mais ça alors !
Via Google : (…) CIBOMBO. En 1999, il vient en Belgique faire des études d’agronomie. Pas pour son potager. Le prêtre entend, tout en exerçant son sacerdoce, venir en aide aux dizaines de milliers de Congolais chassés de chez eux pour être déportés dans cette région hostile
Assurément ce Stan s’y entend en souffrances, que la Force soit avec lui et avec toutes les créatures de bonne volonté…
Pour la chanson de l’absoute, Piou a proposé Je ne veux pas travailler (et puis je fume) et j’ai trouvé son idée trop cool. Ma sœur de sang, qui pour la première fois de la journée incarnait son visage, a vaguement souri, mais malgré l’indolence a préféré Moshé. Forcément, l’ombre du père, piteuse, a acquiescé, avant même que ne sorte un son de sa saleté d’bouche.
★★★
En face du funérarium/paradis des viandes, au-delà de la chaussée et de ce que les autorités gauche-murène du cru ont sobrement baptisé l’Esplanade de la Libération, s’élève l’église Saint-Fiacre. L’étrange petit cortège, avec à sa proue la chaise du père (poussés par cette petite frappe qui sert de Walibi à l’une de mes nièces), arrive sur le parvis où l’attendent l’abbé ainsi qu’au bas des marches un rassemblement de gens à priori aussi affligés que pour la plupart potentiellement dangereux dans leur genre. Merci d’être venus, les enfants, votre présence doit lui faire drôlement plaisir !
Et c’est là, presque au beau milieu de cette scène, que j’ouï la voix d’un Jouxte-Berg ; l’aîné, tout endimanché, gominé comme aux heures les plus blinquantes de notre Histoire, trottine dans ma direction, désignant de la main le corbillard américain qui très, très lentement nous rejoint, énorme…
– J’ai réussi à avoir un blanc, me suis dit qu’ce s’rait plus joli pour Maman ! annonce-t-il fièrement, le regard aussi doux que la moustache amène.
J’ai rêvé de SCHUMACHER
Là où justement tantôt l'on tombe sur une carte postale x-mas seventies tantôt sur une photo jaunie de lui (oui, lui, pourquoi, il y a un problème ?) posant sous l’étendard d’une division d’enfanterie, un masque de Mr Merde sur la tête !
Crois rêver devoir même me réveiller l’examinant sous un autre ongle : mon futur père sur la Terre y est vêtu d'mes sacs d’ado
Plus jamais eu mauvais vent de Schumacher jusque la nuit dernière ; ce bougre de petit-fils de Schpoontz m’invitait au sein d’un centre de vacances pour enfants du bas-quartier… une action carotative aux frais d'la princesse il m'disait. Parc de Syroule, sur les hauteurs de notre ville natale à moi et à Schumacher, écran de verdure à quelque encablure du Centre Hôspitalier Petzi-La-Tourette… crapuleuse secte de frappadingues en vérité !
Aussi, rien qu’évoquer les membres de son personnel saignant, esquisser la chasse à l’homme-enfant, se faire remettre la main dedans… hé bien souffrez que rien que ça m’harasse !
Bon, juste la séquence NEF DES FOUS FURIEUX*, alors :
De l’apex de la colline au regard mauvais l’on observe moult scènes de crimes de créatures de mauvais genre de mauvais rêve. Et tandis qu’ainsi tapi vert olive à fond sur le qui-vive tel un p’tit rat de pâquerettes à la merci de son enclave (sorry magma), m’embrase comme fou de joie quand j’aperçois deux plantureux pompons d’hortensia (de Virginie sous protoxyde d’azote) s’en venir gracieusement rebondir à même l’aura d’un couple d’Akita rayonnant et jouette
* faut s’imaginer un Hieronymus japonisé aux pinceaux de ma caboche zizi coincoin
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LE CENTRE HOSPITALIER PETZI-LA-TOURETTE
(...) quand une treizaine de jours auparavant, on ne peut plus début juillet oblige, le père a le temps, lui, de s'offrir un minitrip au CHPLT... à la base, un doppler, histoire de faire un p'tit ketchup sur cette saleté d'moignon
MAUVAISES TÊTE DE PIOCHE ET NOUVELLE DE L'ÉCHO
Quand de toute rien ne laisse entrevoir quelque espoir qu’un jour y s’opère un miracle, clairement pas l'genre de la maison, aussi nul besoin d'être détenteur d'un doctorat légiste en théologie x ou y, que sais-je, pour entendre zûner une demi-puce savante à ton oreille.
Sa pipe de fumeur passif ne tient désormais plus qu’à cette seule veine.
Grosso merdo, c’est ça.
N'empêche, le père a beau avoir été traité, tracé voire charcuté pas loin d’une quarantaine d’années durant, avoir connu cent souffrances, restait une torture à laquelle il avait par mystère échappé : le drainage vésical…
Traumatisé rien qu’à y sonder, mon pauv’ Vieux !
(…) quand l’infirmière entre dans la chambre limite affolée pour annoncer ses résultats, ce mortel excès de potassium post-opératoire ch’sais pas trop plus quoi dans l’sang
Je l'imagine se sentant aussitôt su à sa merci. Las, le père m'a expliqué un peu et comment il a tenté de la dissuader, avec force argumentaire et tout, genre m'enfin, visez mon urinal, je pisse j’vous dis ! c’est pas possible etc.
Le père y est passé et, forcément, le drain itou…
Presque tout ceci, il me l’a raconté après coup, vu que chuis pas toujours là quand ça spasme.
Pareil pour les fameuses analyses : en vérité celles du vieillard agonisant du lit d’en face... c'est simple, en le couchant neuf mois plus tard sur l'écran, j'en reviens toujours pas !
Le père a cru bon de tout me dire, notamment le coup d'l’infirmière qui, elle, revient demander la queue entre les jambes (langue paternelle) s’il lui en veut de s'être à ce point fourvoyée...
...
PLUS BELLE LA MORT
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Le syndrome du bestiaire
Rêvé du vieil Adam que j’étais à vingt ans, du duplex corps de ferme où nous vécûment areuh…
NB : Avant de publier la suite (inscrite à l’aveuglette sur ma petite ardoise magique, une nuit que j’étais près d’une affreuse Juive), faudrait déjà parvenir à la relire !
Bref, RETOUR VERS LE PRÉSENT...
Seuls visibles à l’œil nu bryophytes, lichens et autres végétaux pionniers pour l’heure y jonchent des vaches le plancher. Quelque pelletée de feuillage caduc devant nous lévite, nous que j'observe debout fléchissant les genoux.
Une bestiole finit dare-dare de se matérialiser entre les lignes de la main ; apparaissant comme infiniment marginale et même limite indicible en termes humains (à propos me souviens que, p'tit, de par chez nous, on disait cochons d’montagne pour parler des cloportes… pourquoi ? je l’ignore) ; cela étant, bien qu'aptère, le spécimen en présence possède une grâce toute femelle quand à l’instar d’une minuscule ponette de ménagerie parallèle il effectue quelques tours de paume au pas cadencé, autant de guili-guilis ponctués d’un Salut de la reine auguste et suave.
En outre, à y regarder d'encore plus près, l'absolue transparence de son enveloppe corporelle offre une vue impayable sur NGC 3,14 (Nébuleuse de la Fée Cochette).
Du divan trois dépouilles font mine de regarder la neige de la télé, et nous je sais de qui il s'agit... là n'est pas le souci. Le troublant est ailleurs : dans mes rêves, les défunts sont TOUJOURS en vie.
ROOTS MANUVA :WITNESS
(Modeselektor's Troublemaker Rmx)
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Substance gluante non-identifiée
[ I M G Ambroise Gallettoni 2013-01 ]
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CADAVRE DE PAIX
Premier jour de mes vacances d’été, donc ; Luki, mon très vieux frère* incontinent urogène de naissance, a fébrilement rongé le frein de son eczéma toute la mâtinée durant : pas l'ombre d'un jappement, fût-il pavlovien, en écho à mon coup d’sonnette ; lui qui d’hab’ vire gue-din au moindre drelin-drelin…
Pauvre Luki ! une fois à l'intérieur, c'est son désarroi à lui qu’avant tout j'ai ressenti. Avachi tel une limande plantureuse à poil sale, il veillait sur le ventre de Maman, elle-même étendue roide sur son même pas divan-lit.
Le front de la mère frigorifia les lèvres du fils ; quant à son hémoglobine, elle fit demi-tour dès l’instant où sa petite sœur de sang prit pour la première fois la parole : « Elle va se réveiller, hein, vous allez voir, et comment qu’elle nous a déjà fait l’coup plus d’un tour dans son sac ! »
Ces salades, Strychnine a été jusqu'à les a resservir dans l'heure au minuscule médecin de famille (la leur : une MILF d'origine transalpine, 155 cm en talons aiguilles à tout casser…) venue dare-dare rédiger le certificat de mortalité. Grouille, grouille, ça grouille ! contactés par mes soins, les frères Jouxte-Berg, quant à eux, débarquent dans le quart d'heure ; avant cela, une bonne poire pleine de sang froid se propose d’aller chercher deux des petites-filles à l'hospice pour vieillards où à la plonge elles font office d'étudiantes, ladite bonne poire n'oubliera jamais, jamais, les réactions de ces adolescentes, chacune dans leur genre, à quelques minutes d’intervalles, les pensionnaires (les moins atteints par la maladie d’Alzheimer) non plus sans doute…
Retour à la maison : depuis, les soldats du feu ont débarqué, ils semblent comme effarés par l'ambiance, du moins est-ce là mon impression (tout le monde peut s'tremper) alors que dire des nouvelles réactions des filles – ces furies –, réalisant que Tonton a dit vrai ? Passons…
Toujours plus décontenancé, l'aîné des Jouxte-Berg tente vaille que vaille de m’faire comprendre qu'il est gros temps d'y aller (naturellement qu'en arrivant j'ai direct repéré la cyanose qui déjà picotait commissures et blanc menton de Maman), aussi ai-je comme une envie de pincer violemment l'essaim de Strychnine quand je la surprends (c'est la troisième fois qu'elle l’ouvre, elle en général si loquace) en train de grossièrement chuchoter à l'aîné des Jouxte-Berg : « Vous pouvez y aller, merci pour vot' soutien et désolée que vous z'êtes déplacés pour rien, personne me croit que j'dis qu'elle va s'réveiller, ch'comprends pas... »
À sa décharge, j'ai tout aussi vu la mère à l'article de la mort, voire au-delà ; suicides manqués, comas prolongés...
M'enfin ! Qu'elle poursuive la grève du son, la FERME... cela pourrait disons ne pas compliquer les affaires du petit comité. Celles du père – regard hagard, vitreux ; rubicond, sable et bleu –, pour commencer.
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La porte de notre Amityville du pauvre à peine franchie, c'est comme un océan pacifiant qui jusque dans mon ADN s'est immergé. Comme un cadeau venu, présent on n’peut plus bienvenu ; parachuté de quelque espace de l’entre Ciel et Terre.
Après lui avoir donné du lait, du laid et encore du laid, la mère morte l’a abreuvé de quiétude, infiniment, pour ainsi dire jusqu’à plus soif.
Mémoire vive, impérissable ; encore fallait-il que le pan le plus gravement atteint de son esprit lui aussi repose en paix.
J'ai revu Maman l'espace d'un très court instant de rêve, trois jours après sa crémation. Encore plus belle que sur cette photo d'elle à la Côte en 1963, soit cinq ans avant ma naissance, elle m'a parlé et réconforté comme jamais, signifié qu'entre nous désormais tout irait pour le mieux dans le meilleur des Mondes.
* pour la mère, tout animal de compagnie était considéré comme membre de sa famille
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Réminiscences
Des souvenirs d'une autre nature s'associent d'ailleurs aux images de mes obsessions.
Je suis né d'un père syphilitique. Il devint aveugle (il l'était quand il me conçut) et, quand j'eus deux ou trois ans, la même maladie le paralysa. Jeune enfant, j'adorais ce père. Or la paralysie et la cécité avaient ces conséquences entre autres : il ne pouvait comme nous aller pisser aux lieux d'aisance ; il pissait de son fauteuil, il avait un récipient pour le faire. Il pissait devant moi, sous une couverture qu'aveugle il disposait mal. Le plus gênant d'ailleurs était la façon dont il regardait. Ne voyant nullement, sa prunelle, dans la nuit, se perdait en haut sous la paupière : ce mouvement se produisait d'ordinaire au moment de la mixtion. Il avait de grands yeux très ouverts, dans un visage émacié, taillé en bec d'aigle. Généralement, s'il urinait, ces yeux devenaient presque blancs ; il avait alors une expression d'égarement ; ils n'avaient pour objet qu'un monde que lui seul pouvait voir et dont la vision lui donnait un rire absent. Or c'est l'image de ces yeux blancs que je lie à celle des œufs ; quand, au cours du récit, si je parle de l'œil ou des œufs, l'urine apparaît d'habitude.
Apercevant ces divers rapports, j'en crois découvrir un nouveau liant l'essentiel du récit à l'événement le plus chargé de mon enfance.
A la puberté, mon affection pour mon père se changea en une inconsciente aversion. Je souffris moins des cris que lui arrachaient sans fin les douleurs fulgurantes du tabès (que les médecins comptent au nombre des plus cruelles). L'état de malodorante saleté auquel le réduisaient ses infirmités (il arrivait qu'il se conchie) ne m'était pas alors aussi pénible. En chaque chose j'adoptai l'attitude ou l'opinion contraire à la sienne :
Une nuit, ma mère et moi fûmes éveillés par un discours que l'infirme hurlait dans sa chambre : il était subitement devenu fou.
(…) Ma mère disparut un jour, profitant d'un instant où j'avais le dos tourné. Nous l'avons cherchée longtemps ; mon frère, à temps, la retrouva pendue au grenier. Il est vrai qu'elle revint à la vie toutefois.
Elle disparut, une autre fois : je dus la chercher sans fin le long du ruisseau où elle aurait pu se noyer. Je traversai des marécages en courant. Je me trouvai, finalement, dans un chemin, devant elle : elle était mouillée jusqu'à la ceinture, sa jupe pissait l'eau du ruisseau. Elle était d'elle-même sortie de l'eau glacée du ruisseau (c'était en plein hiver), trop peu profonde à cet endroit pour la noyer.
Ces souvenirs, d'habitude, ne m'attardent pas. Ils ont, après de longues années, perdu le pouvoir de m'atteindre : le temps les a neutralisés. Ils ne purent retrouver la vie que déformés, méconnaissables, ayant, au cours de la déformation, revêtu un sens obscène.
Georges Bataille, Histoire de l'œil
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21/12/2012
Que mon jardin secrète !
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01/04/2012
MMXII
SAUTEZ DANS L'URINOIR POUR Y CHERCHER DE L'OR.
JE SUIS VIVANT ET VOUS ÊTES MORTS★ ★ ★
PORTRAIT DE L'ARTISTE EN HÉRÉSIARQUE
La découverte des manuscrits de la mer Morte, en 1947, avait fait grand bruit et vulgarisé l’idée que, si une partie appréciable de l’enseignement attribué à Jésus par les Évangiles synoptiques se retrouve dans des documents antérieurs à sa naissance, cet enseignement n’était peut-être pas si original qu’on l’a cru, et celui qui le dispensait autre chose qu’un prédicateur comme il en pullulait alors en Palestine : en somme, et si l’on considère ce que des milliards de gens croient et ont vu à son sujet, un imposteur. Les incroyants portés sur la polémique estimèrent avoir trouvé là un argument de poids contre le Christianisme. Des hommes d’Église s’émurent. Certains virent même leur foi vaciller sous le coup de ces révélations, et parmi eux l’évêque épiscopalien du diocèse de Californie, James A. Pike.
★ ★ ★
(…) À ce stade de la discussion, l’évêque prenait l’air embêté de qui hésite à détromper un enfant croyant au père Noël. Accompagné de Maren, il se rendait à Londres tous les deux ou trois mois pour rencontrer John Allegro, un exégète qui représentait la Grande-Bretagne dans l’équipe internationale chargée d’étudier et de publier les manuscrits de la mer Morte. Il revenait de chacun de ces voyages à la fois accablé et surexcité, porteur de scandaleuses vérités. Aux dernières nouvelle, qu’il s’effrayait avec délectation de rapporter, il semblait bien que les Évangiles fussent une imposture, Jésus un épigone de la secte essénienne autour duquel une bande de juifs malins avait bâti une colossale arnaque.
Devant ces révélations – « scientifiques », insistait l’évêque, l’index dressé –, Dick se retrouvait dans le rôle du défenseur des dogmes, qui ne déplaisait ni à son esprit de contradiction ni à ses vœux les plus profonds.
★ ★ ★
Le plus haut moment de cette période fut le jour du champignon. Pike revint de Londres avec une information top secret que les dominicains de l’École biblique de Jérusalem espéraient, disait-il, garder à jamais sous le boisseau et que même l’audacieux Allegro redoutait de divulguer. Les membres de la secte dont Jésus, ou ses inventeurs, n’avaient fait que vulgariser l’enseignement cultivaient dans leurs cavernes, au-dessus de la mer Morte, un champignon dont ils faisaient une sorte de pain et un bouillon. Ils mangeaient ce pain et buvaient ce bouillon, tradition dans laquelle il n’est pas difficile de repérer l’origine de la communion sous les deux espèces. Or on venait d’établir que ce champignon était un hallucinogène : l’Anamita muscaria, objet d’un culte de la fertilité remontant à la plus haute Antiquité et encore en usage parmi des peuplades sibériennes qu’il avait largement, d’ailleurs, contribué à décimer. Le christianisme n’était donc qu’une manifestation de ce culte, plutôt tardive, et le Nouveau Testament, qui le travestissait pour complaire aux autorités civiles et religieuses, un cryptogramme cryptogamique.
« Et il faut, se lamenta l’évêque, que je distribue la communion tous les dimanches en sachant que la religion de ces gens consistait à se taper des trips psychédéliques…
– … Et que Jésus, coupa Dick avant d’éclater d’un rire tonitruant, était un trafiquant de drogue. » Puis, calmé, il ajouta : « Notez, c’était une chose que je soupçonnais depuis longtemps, que j’ai même plus ou moins écrite. Et qui ne diminue en rien ma foi en Lui. »
* extrait de UBIK
(...) Characteristic of Beom’s deadpan humor, the narrator’s demonstration shows how to apply paint while engaged in a long scream that sounds like when you’re hurt ; a scream induced by psychological pain ; and a more pained, wronged, and regretful scream.
(…) Naturellement, ce furent les traits ronds, lourds et triplementonnés de Maxwell W. Jamison, Secrétaire à l’Information de la Maison Blanche, qui apparurent sur l’écran. « Bonsoir concitoyens, dit-il solennellement. Vous êtes-vous jamais demandé quel effet cela vous ferait de descendre au fond de l’Océan Pacifique ? Nicole s’est interrogée et, pour répondre à cette question, elle a réuni dans la salle des Tulipes de la Maison Blanche trois des océanographes les plus renommés.
(…) Sur l’écran de télé, Nicole disait : « Et en vérité c’est un monde de mille enchantements, dont les entités lumineuses dépassent de loin en variété et en pure féerie tout ce que l’on peut trouver sur les autres planètes. Les savants ont calculé qu’il y a plus de formes de vie dans l’océan… »
Son visage s’évanouit, et une séquence montrant un poisson grotesque à l’air irréel le remplaça. Cela fait partie de la propagande, comprit Duncan ; d’un effort pour détacher nos esprits de Mars et de l’idée d’échapper au Parti – et à elle. Sur l’écran, le poisson aux yeux bulbeux le regardait bouche bée, et son attention fut capturée en dépit de lui-même. Oh, songea-t-il, quel monde bizarre, là en bas.
Philip K. DICK, Simulacres

Le Paradis des Viandes #4/12
ELLE A GARDÉ SES YEUX D'ENFANT, LA MÈRE
Quitte à passer pour un vantard, j’ai réalisé durant l’été être en mesure de fredonner la plupart des paroles des tubes de feu Mike Brant (crooner israélien*) au mot près, ou presque ; et cela sans même fournir le moindre devoir de mémoire, pour ainsi dire viscéralement, trois bonnes vieilles décennies après le bourrage de mon crâne.
Le chanteur chouchou de Maman (Moshé de son prénom IRL) aurait-il, lui aussi, intégré le Club des 27 via l’entrée des artistes si, en novembre 1974, sa première tentative de suicide par défenestration eut été couronnée de succès ? Chanteur de charme et français phonétique : rien de grave ni d'étonnant à l'idée que quiconque fût gentiment en droit d'appréhender l'ombre d'un doute.
Faudrait pos(t)er la question à la rédaction de Salut les Inrocks, eux DOIVENT savoir…
Pour ma part, au jour d’aujourd’hui, j’avoue encore un faible purement affectif pour le timbre de sa voix chaude et comme qui dirait planante. En revanche, ne me revient la plus infime réminiscence – autant dire aucune trace –, de Maman poussant la chansonnette.
Aucune surdité sélective à ma connaissance ; jamais vu la mère chanter, tout simplement. Juste une découverte dernier cri transcrite ici à l’instant même.
*source wikipédia
PAIX À SES CENDRES
** ah ledit divan même pas divan-lit, tout un monde de magie jaune devant/bistre derrière ! quelque paysage dévasté, infesté, désolé... un drame dans l'drame, un champ d'batailles truffé de placards à souvenirs véreux, trous d'sèches et autres germes morts ou vifs plus ou moins recensés à ce jour.
Omis de préciser, il y a environ un an, la couleur initiale de son coin de skaï : bleu (celui du beurre juste avant qu’il vire au noir).
N'en demeure pas moins que ce fameux dernier vendredi 13 de l'année, la mère y a été retrouvée assise correctement, les traits plus détendus que d'hab', certes, mais la pipe cassée pour de vrai, à l'âge de soixante-six ans.
Le premier jour de mes vacances d’été ; et dire que pour une fois je projetais de me gréer un voyage à l’étranger, genre minitrip au cœur d’NGC 3132, le tome 3 de 1Q84 pour tout bagage...
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En plus de la grosse demi-centaine de tubes machinés au quotidien par le père (cet économe), elle parvenait encore à gratter des sèches à droite à gauche, grillant de la sorte un nombre disons considérable d’unité par tranche de 24 heures ; rien à foutre de son capital santé dérisoire, des quintes, des glaires et surtout de l’infarctus mésentérique qui réduisit jadis en fumée le plus gros de son intestin grêle ; maintenant faut dire que, surtout ces derniers temps, pas mal d’entre elles se consumaient dans le vide – quand les propriétés chimiques de sa camisole, subitement, la forçaient à piquer du nez –, toutes paupières closes.
La plupart des trous de feu le canapé d’angle étaient par ses soins (sic) recouverts de stickers décoratifs, inestimable collection de motifs enfantins à bon marché camouflant autant de débuts d’incendie : de l’art miteux plus radieux que ça tu meurs !
CECI N'EST PAS (QU') UNE BLAGUE
Tout comme Magdalena Ventura à l’aube du 31 octobre 1631, histoire de sacrifier à la tradition, j’ai célébré Halloween en rasant les trois millimètres de pelage qui une année durant ont bardé la moitié de mon visage ; ensuite passé la nuit au Sequoia Lodge de Disneyland Paris en compagnie de deux craquantes créatures : Josie, une Coréenne à poil cyan, suave, et sa chère consœur, Nadine, crème de cambrousse flamboyante à l’œil charbon d’os.
Bon... velu, superstitieux, zoophile : pourquoi pas ? De là à me rendre en France, et pour de surcroît y faire la nouba, allons !
Là, par exemple, en termes d’attractions, dehors, glapissant à tue-tête, une escadrille de grues migre via un ciel Noir d'ivoire enluminé ça et là de rose-orangé. Et plus tôt dans la journée, aux environs de midi, comme l’avait fait une chouette effraie la nuit où Maya nous a quittés, c’est un étrange et imposant oiseau non identifié qui a plané du charme dans ma direction, bifurquant et disparaissant presque tout pareil comme par enchantement, vers ce que le Soleil peut diffuser de plus aveuglant (le jour où Maman est morte, selon la page 195 du calendrier Petit Farceur 2012, il s’est levé à 05:44 et couché à 21:52).
Et là, toujours là, bon sang, que lis-je, qu’apprends-je ?
Qu’Arnold Schönberg – resté cohérent jusqu’à son dernier souffle –, est décédé le vendredi treize juillet 1951 (quand on pense au nombre de fondamentalistes toujours prompts à dénigrer wikipédia)…
Sourires de Duchenne
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C’est mille fois mieux, dit Gabriel, que si on le voyait victorieux sur un podium. Non, franchement, finir sur Limonov, après toutes ses aventures, en train de compter sur Facebook s’il a plus d’amis que Kasparov, ça peut marcher.
Après La peau, passé de Confessions d’un barjo au LIMONOV d’Emmanuel Carrère (par ailleurs auteur de l’appâtant JE SUIS VIVANT ET VOUS ÊTES MORTS...).
Début de la bio : Puis Édouard rencontre Kadik, qui sera l’autre grand ami de son adolescence, et les choses changent.
Ensuite, avant l’accès au passage consacré à sa crapuleuse personne – d’une inquiétante haute Étrangeté à une autre –, mon temps avec un Vladimir Vladimirovich Poutine en trois dimensions minimum, comme qui dirait brut de vodka pomme. Pour l'occasion, ce dernier porte un treillis neige BioSteel™ de chez Brioni sur un maillot du Zenit* ; une imposante chaîne en or gris où pendent côte à côte deux précieux crucifix, ainsi qu'une paire de rangers sur mesure, couleur argile, idem : made in Italy. Et presque à l'instar de l'autre reptilien un regard frigorigène, inflammable, bleu Газпро́м. Pareil, tout aussi dévoué à son culte que n'est fidèle alentours l'escouade de sbires (grièvement à cheval sur les nerfs) en charge de le chouchouter à la vie/à la mort. Le même pied-à-terre que naguère, quelque part au-delà de la rue du Panorama, à moins d'une dizaine de kilomètres de mon plumard – là où, à nouveau, l'on m'demande à voir Coco…
* la veste en moins, je note qu'il est floqué au nom de HULK... comprenne qui pourra !
Bande son : Herrmutt Lobby, Stembert drive-by
Vast Active Living Intelligence System
John Lamb Lash (traduit par Dominique Guillet)
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Et le majordome avait inscrit au menu du dîner : « Sirène à la mayonnaise, garnie de coraux. »
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C’était la première fois que je voyais une petite fille cuite, une petite fille bouillie : et je me taisais, étreint par une terreur sacrée. Tous les convives étaient pâles d’horreur.
Le général Cork regarda ses hôtes, et d’une voix tremblante s’écria :
« Mais ce n’est pas un poisson !... C’est une petite fille !
– Non, dis-je, c’est un poisson.
– Êtes-vous sûr que c’est un poisson, un vrai poisson ? » me demanda le général Cork en passant sa main sur son front baigné d’une sueur froide.
« C’est un poisson, dis-je, c’est la fameuse Sirène de l’Aquarium. »
Curzio MALAPARTE, La peau
Si je continue à vivre ainsi, se dit-il, ma mort risque bien d’avoir le même goût.
IQ84, livre 3
Treizième mois
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La séance de démaquillage venait à peine de voir le jour que subitement, sans même me regarder, elle produisit un chuis d’accord plutôt flapi, à peine audible, et ce malgré le volume de silence humide dans lequel nous baignions.
– Quoi, d’accord ?
– D’accord pour en finir, mais je veux pas souffrir, plus souffrir…
J’inspirai profondément, bien au-delà de ma dure-mère, et, avant de manquer d’air, relâchai prise : « Alors pardon de te faire à nouveau remarquer que tu n’as pas bien ouï mes mots de ce matin ; vois-tu, m’accompagner derrière les portes closes, c’est bien joli, charitable et tout, vraiment, mais enfin ! endure combien ce geste implique davantage de dignité, de courage, oserais-je de sang-froid, qu’un vague accord de principe crypto-romantique ! Je m’répète : En aucun cas subir quelque dictat de qui ou quoi que ce soit, fût-il le fruit de tes entrailles, voire de mes deux... Ah mais non mais qu’il est beau notre phénomène de grande graine avec un p’tit pois à la place du cœur, n’est-ce pas ! vingt-et-un ans de soutien, d’initiation, d’espaces de liberté et autant d’ingratitude et de mensonges en retour, pas ça d’amour ! Que dalle. Alors l’état du monde, c’est vrai, on s’en fout, on s’enfuit, j’entends qu’au fond notre union n’a pas le moindre enseignement à retirer de ce chaos minutieusement agencé, aussi au point où nous en sommes, ce que je souhaite par dessus tout, moi, c’est partir en force, frapper les esprits… le sien du moins ! ».
Ma Mie demeura sans réaction, comme absente, dans le coton ; le miroir de salle de bain allant jusqu’à proposer une image d’elle-même pour ainsi dire plus alerte.
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Le réveil matin n’a pas encore effectué son sale boulot que des ténèbres de notre nid je commence à la percevoir dans son ensemble. Et contre toute attente, ou pas, on ne sait pas, le rayonnant de sa voix indique combien son dodo fut salutaire, réparateur.
– Trop belle la vie ensemble en particulier. Tu sais que c’est avec toi que je veux finir nos jours, mais pas déjà mon Georges ! pense à ces immenses petits plaisirs que nous avons encore à nous offrir...
Je range mes paupières à l'abri d’un coup sec (le quartz vert matrix désormais vermillon indique 5:00 pile) et m’élève vers la fenêtre sur-le-champ. Dehors le ciel est écru blanc fantôme et tant la neige, la lune que les étoiles charbon d’os devenus.
– Promis, j’ai fait au mieux ! tu n’as rêvé qu’du feu…
Bud & John Earl Powell
Le meilleur bouzoukia de l'île de Rhodes
Faux frères Lumière, le retour
TOP 5 des plus grands COCORICO du cinéma français
1] BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS
2] INTOUCHABLES
3] LA GRANDE VADROUILLE
4] ASTÉRIX & OBÉLIX : MISSION CLÉOPÂTRE
5] LES VISITEURS
Vivement Schoenaerts et Lanners sous la direction d’Audiard – UN GOÛT DE ROUILLE ET D'OS, qu’on s’console au mieux...
Comme persiflait d'ailleurs je n’sais plus quel oiseau de nuit dernière dans mon lit : Par les temps qui courent, mieux vaut être Jean Dujardin que gens du voyage ! Et encore à ce propos, autre chose aussi je le sens me dit qu’Hollywood s’apprête à encenser la saveur de notre triple B ; standing ovation en perspective…
[...] SUSTANON, TESTOVIRON... MESTANOLONE : heel agressief, hein ! Sinon j’ai d’aut’ dérivés aussi, style DHT... niet BHV, hein !
Remis tout dernièrement mes empreintes digitales sur l’implacable et prodigieuse vision d’Orwell, format d’poche à l’intérieur d’une caisse à bananes, au fenil, naturellement jauni à l’ancienne ; sa couverture défigurée au point d’en découvrir le titre amputé du dernier chiffre : cent nonante-huit, donc. Le besoin urgent de carton souple peut nuire gravement à l’addi(c)tion… apprenez à devenir vigilants, les enfants !
Sans blague, encore un d’ces trucs qu’il aura fallu faire mine de décoder, afin d’autant que possible éviter l’encre rubiconde d’un(e) prof de français, d’histoire, voire de mathématiques, peu ou prou alcoolique, allez savoir… c’est tout d'même plus d’un quart de siècle qui nous sépare des eighties ! En vérité, jouvenceau aussi sensible qu’irascible, malheureux comme un caillou gazaoui, je ne souffrais que poésie, et encore, celle des gars post DADA, Bob Grive en tête de banc. Ainsi avais-je et la grammaire et les romans en horreur, cela s’empirant même avec le temps, du moins celui où les sirènes des trois 8 conviaient progressivement mon ciboulot à l’illettrisme (par exemple).
Florilège : (…)
(…) Il n’y avait pas de raison pour que le Messie, le Christ revenu, le Seigneur et Sauveur lui-même, fuie les bras d’une famille et d’une église aimantes, à moins qu’il n’y ait été forcé. Depuis deux mille ans les Juifs avaient essayé, et souvent réussi, à contrôler le monde. Ils avaient tué notre premier Messie, l’avaient fait clouer à la croix et l’avaient tué, bien qu’heureusement il les ait laissés faire pour racheter nos péchés. Je pensais que dans leurs mains le pouvoir du Christ serait très probablement utilisé à des fins diaboliques. En même temps, tout bon chrétien digne de ce nom sait que les Chrétiens dépendent des Juifs pour faire advenir la Fin des Temps. Il faut qu’ils vivent en Israël et il faut qu’Israël existe, pour qu’advienne la Fin des Temps. Le temple de Salomon doit être rebâti. La guerre d’Armageddon doit avoir lieu sur leurs terres. Les trompettes sonneront, et les quatre cavaliers parcourront la plaine déserte, et l’Enlèvement aura lieu. Les Juifs sont nécessaires pour tout cela. Mauvais, je crois, mais nécessaires.
James FREY, Le dernier testament de Ben Zion Avrohom
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10/03/2012
CHANTER PAR SA PLAIE
10/03/2013 : Ça n'fait rien, j'repass'rai jeudi...
Je chante par ma plaie, la phrase est de Pierre Guyotat. [LA RÈGLE DU JE]
Chaque nuit je perds mes dents d’une façon différente. Elles s’effritent, se dissolvent, en dominos se déracinent, parfois je les crache par poignées. Il n’y a pas de sang. Quand elles se décrochent comme des bridges, aux interstices s’écoule une sorte de mercure très brun. Souvent ma langue me certifie, cela des heures après le réveil, que ma bouche est sertie de vide. [DANS MA MAISON SOUS TERRE]
Après une douche rapide mordorée de Bétadine, elle ajuste sa blouse et se rend aux cuisines se confectionner des œufs de coucou au plat, qu’elle avale sans grande conviction. Il est 5 h 43. L’effet des psychotropes se dissipe déjà à l’étage des schizos, les premiers gémissements filtrent des capitons. Elle affectionne cette clameur, doucereuse, prégnante comme un drone. Un bref frisson cambre sa nuque. À tout problème sa solution. [LA NUIT JE SUIS BUFFY SUMMERS]
(...) Des riens m’avaient gênée, au point qu’il me semblait pratiquement impossible qu’une telle personne existe, un corps réel, une pensée un langage quelque part dans le réel, c’était moi mais crachée en un glaire venimeux. J’ai hésité longtemps à lui répondre, d’ailleurs je n’ai pas répondu. Je redoutais une blague infecte, une sorte de piège tendu en sous-sol parodie. Macabre, sordide, la parodie. [UNE FEMME AVEC PERSONNE DEDANS]
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Économisez vos chaussures avec l'Antilope du Révérend Charles
L’ÉCUME DES JOURS : seconde tentative, plusieurs semestres après mon interruption volontaire de lecture.
Enfin, bref, voilà, je sais aujourd’hui pourquoi je préfère Vernon Sullivan à son daron...
mais qu'à cela n'tienne, pour Chloé D. et Dieu (peut-être celui à l'œil au beurre noir et l'air pas content, qui sait ?) sait qui :
Les frères Desmaret s’habillaient pour la noce. Ils étaient très souvent invités comme pédérastes d’honneur car ils présentaient bien. Ils étaient jumeaux. L’aîné s’appelait Coriolan. Il avait les cheveux noirs et frisés, la peau blanche et douce, un air de virginité, le nez droit et les yeux bleus derrière de grands cils jaunes.
Le cadet, nommé Pégase, offrait un aspect semblable, à cela près que ses cils étaient verts, ce qui suffisait, d’ordinaire, à les distinguer l’un de l’autre. Ils avaient embrassé la carrière de pédérastes par nécessité et par goût, mais, comme on les payait bien pour être pédérastes d’honneur, ils ne travaillaient presque plus, et malheureusement, cette oisiveté funeste les poussait au vice de temps à autre.
PRÉAMBULE ENTOMOLOGIQUE AVEC OU SANS THC
La pointe de ma langue persiste et saigne : la molaire s’est fragmentée en trois corps étrangers ; whewellite anthracite, crème et vieux rose... autant de calculs bucco-dentaires oniriques plutôt complexes à dissoudre
Du bord des paupières j’observe attentivement le trio tout juste sucré de ma gencive, tandis que déjà des cavités illico cicatrisées se manifeste je n’sais quelle nouvelle diablerie
Un cloporte se débat bruyamment et parvient à s’extraire à son tour… Un CLOPORTE, non mais quel haut-l’cœur ! une seule idée en tête : cracher dare-dare
Ensuite, après l’apparition / disparition d’une ribambelle de bestioles terriblement plus aventureuses les unes que les autres – défilé rapide, mentisme, succion, fourmillements, guilis-guilis, répercussion –, c’est au tour d’une coccinelle femelle et bientôt de quelque éphémère bleu lune / jaune ciel de chercher à s’faire la belle. Une réussit son envol tandis que l’autre implose en plein vol.
L’orifice brûlant d’un vulgaire refroidissement a pondu ma crève dans la nuit de jeudi à dimanche. Éclosion foudroyante avec mucus force 8, langue chargée et tout l’tremblement, sans parler de l’état du larynx et de la fossette de Rosenmüller : sévèrement irrités, pour pas dire corrodés. À quoi bon se souvenir de l’hiver où remonte pareille prise d’otage in vivo en date ? je me l’demande quand même….
Samedi, quelque part avant l’aube
Faudrait voir à me moucher tout ça !
Comme prévenu, plus tard dans la matinée, je délaisse le pourtant très captivant HhHH*pour d’une traite scrupuleusement ingurgiter UNE FEMME AVEC PERSONNE DEDANS, par les pupilles, à sec.
Midi, midi vingt… toujours pas ça d’fièvre, la crève rêve toujours d’avoir ma peau mais c’est naturellement sans compter sur les multiples poches de résistance revolver.
Le quiz remue et booste ce qui doit l’être...
Deux A, sept B et trois « autre »
nymphaeaceae : malgré la vase céphalo-rachidienne qui en-dedans ruisselle jusqu'aux plantes de ma base, j'ai comme qui dirait le cœur à fêter cet honorable résultat. D'autant plus qu'à nouveau j'éprouve presque du mal à me souvenir à quand remonte la dernière fois... vingt-et-un grammes ?
Dans la minute de silence qui fuit on me retrouve emmitouflé côté cour tarboule au bec je grille.
Se faire à l’idée de demeurer temporairement alité, surtout ne pas en faire une maladie (sourire)
Fait divers et lapsus du samedi soir
À la cave, où je viens de poser les pieds sur l’eau, ça sent l’aventure (et accessoirement l’humidité). Et dire que j’y descendais tout bêtement en quête de rien à voir ! Dois-je ou non prendre la fuite dans mon pyjama blanc émail rayé et sous-vêtement RanXerox obligé ? jouer au sapeur-plombier grippé quand la pression de l’eau conjuguée à mes vaines manutentions dézingue la vanne ? me retrouver violemment aspergé jusqu’à l’os ?
Une fois l’intervention parachevée, épongé, je me dis qu’à force on ne pouvait que redouter le pire pour la pipe de ce robinet d’après-guerre (1946). De là à imaginer qu’il la casse le jour des funérailles de celle qui fut par exemple Rachel Marron au cinoche et Miss Brown pour l’ État civil…
(…) pour l’événement, le quartier a été enterrement bouclé. Cette journaliste belge, avec ce je ne sais quoi de plus ou moins que ses consœurs ravive en moi les braises d’un fantasme né au printemps arabe dernier : faire l’amour avec une (séduisante**) reporter de guerre ; environ là où pour la première fois Winston et Julia se plurent à fusionner tout leur content.
RIP Girlz !
* Himmlers Hirn heißt Heydrich, page 435, je note (…) avec toute l’inhérente maladresse des hommages ou des condoléances et du coup me demande si celles que je souhaite exprimer au personnage de fiction le plus incroyablement sincère de l’univers de mon PAF n’auraient pas davantage de cachet dans la langue morte de mon cru. Mais bien qu’il m’arrive d’en prononcer sporadiquement un mot par-ci / une expression par-là – radicelles –, j’avoue l’abysse de mes lacunes en wallon et dès lors m’en remets à la Toile.
De dispo, ex-abrupto (selon l'état des stocks à l'écran) : le dernier né en date + son rapport à Boris V.
Là, si vous voulez, on quitte une des librairies du coin deux titres de Chloé D. en poche main
C'est donc exactement à 110 mètres environ du café des Morts* qu'à peine nous sommes
On s'y implante comme d'hab' à la toute-toute dernière table au fond du fond du couloir, celle-là même située à pas même deux pas de la porte-lisière des ouatères ; on jette son dévolu sur une bière spéciale au possible, commande et commence à fêter l'examen de la pioche en douceur
Par après, dans le limite soudain d'un bon demi quart d'heure plus loin, au niveau de la mer de mon champ de vision, on revient sur Terre observer quelque blanche chose pointer le bout de sa fibre à travers l'embrasure ; à sa tête le profil d'un type que l'on imagine certes soulagé, mais néanmoins à jamais privé d'la vue.
Du bar on pourra pourtant sous peu percevoir le vieux garçon de café lui donner du Monsieur DAM (ça fait 6,30 euros, m’sieur DAM / Oh merci bien m’sieur DAM ! / J’vous raccompagne à la porte, m’sieur DAM !)
Bien. Il est également temps pour nous d'élever l’ancre, d'autant que le poulpe de luxe de la table à babord fait toujours force montre calculs à notre endroit. Cela étant, toujours question ressenti, à la base on a personnellement trois fois rien contre les personnages de roman à l'eau-de-vie et disons autant envers ceux d’entre-eux qui s’adonneraient en sus à l’héroïne ; il n'en demeure pas moins avéré qu’à ma décharge, une heure auparavant, je devais fausser compagnie aux vilains restes de maman, cela tout juste après que cette dernière ait x fois éructé c'est quiii ?dans l'interphone / Dans la foulée signalé que j’allais tout lui saloper (mais sic, quoi !) en zieutant mes pompes ; psychiquement agrippée au divan paillaisse** où elle a élu territoire. / Et enfin, Mon Chéri dans l'cendrier : m'ait incontinent laissé seul histoire de clopiner à la recherche de mon frère ce furet... du MOUSSS ? MOU-MOUSSS ? où c’que t’es donc passééé, mon bébééé ? braillé à tue-tête dans les brumes de cette saleté de cage d'escalier
Arrive notre tour de régler, va-t-on enfin savoir si je l'ai bien entendu l’appeler monsieur Dam ? et si oui comment il l’épelle.
Le vieux garçon de café confirme mais se retrouve aussi sec dans l'incapacité de m'aider davantage – un pet d'bouche pour ainsi dire plutôt décomplexé à l'appui.
Il y a exactement une semaine, soit le 12 janvier dernier, j'ai comme qui dirait réédité le modus operandi de la note suspubliée... direction le Café des Morts un nouveau livre de Chloé D.* en poche main paix.
Étrangement, c'est en quittant l'estaminet, passé les douze coups d'midi, que je réalisai qu'il s'agissait du jour de l'anniversaire de maman, le premier depuis son décès. Étrange dans le sens où depuis qu'elle n'est plus, peu ou prou de nouvelle aube n'éclot sans qu'elle ne me rappelle au souvenir de son pauvre corps défendant, que vaguement je ressente combien elle pense encore bien fort à moi.
Á table (toujours la dernière, celle que je préfère).
Mon « Double espresso et Triple Carmélite, s'i-v' plêt ! » reçoit l'approbation plutôt enthousiaste du grand Garçon.
Enfin, la lecture ; je sors le livre de son étui et en guise de préliminaires minutieusement caresse du regard les première et quatrième de couverture.
Un type quelques tables plus avant m'interpelle, il est au téléphone et cherche à savoir le nom de l'endroit : Au bon vivant, je pense, lui réponds-je (simulant avec conviction l'incertitude du quidam aussi secourable qu'hésitant)...
Ensuite, est entré un couple de jeunes gens – des jumeaux ? – qui carrément, en tenue assumée de boy-scout vient occuper la petite table d'à côté. Pour situer l'intérieur du café, s'imaginer l'exiguïté, le mobilier est si peu espacé qu'il faut la jouer fine pour atteindre le côté moelleux de l'assise.
C'est la fiche femelle qui l'occupera, et pour ce faire elle l'atteint via l'autre flanc, par pure convention psychomotrice j'imagine.
La voici donc si proche, à pas même quelque demi-mètre de mon hémisphère gauche, faisant naturellement face à son double de frangin...
Les deux doivent avoir la moitié de mon âge
+
- Lunettes à monture – de Caille Ingénue pour elle, d'écaille de Tortue Gentilhomme pour lui. Vogue™, assorties au noir de jais de leur toison capillaire
- Pull-over vert réglementaire, badges Baden Power & Cie, point de foulards
- Moult grains de beauté à fleur de minois
- Pour elle un bonnet andin (équitable, gageons-en) ainsi qu'une paire de mitaines de la même veine
- Un short en jeans sur des bas chocolat translucides troués ça et là à hauteur des cuisses
- Des bottillons en peau d'Bambi et à talons mi-hauts (un km à pied, sa muse, sa muse...)
- Deux fois 25 cl de Fantasme Agrumes ; croque-monsieur pour l'une et macaronis au gratin pour l'autre
Et tandis que lui répond au téléphone (décidément), sa jumelle agite un fond de sauce tomate industrielle ; aussi, pour mon plus grand divertissement, elle tache une manche en éclipsant le capuchon de son flacon. Voici qu'à présent la fille se tortille afin de tomber le pull et réparer sa maladresse à l'aide d'un petit mouchoir humecté via la pointe de sa langue.
Cette fois c'en est trop… je me permets de les interpeller en proposant d'emblée quelque interrogation relative à leur filiation manifeste.
Elle, naturelle, s'esclaffe, tandis que lui se contente d'un sourire amusant.
– On sort ensemble, semble-t-elle confesser tout en le regardant empreinte d'un mélange de tendresse et d'espièglerie dans les yeux (cela se voit dans son regard à lui)...
– Bah... qui s'ressemble s'assemble, réponds-je bêtement, à brûle-pourpoint, histoire de camoufler tant bien que mal ma relative stupéfaction (n'empêche, elle n'a pas vraiment répondu à la question...).
Lui se présente comme chef de meute, mais le totem dont on l'affuble m'intéresse drôlement moins que celui de son âme sœur (elle n'en possède guère ; plus pratiquante que croyante, prétend presque tout simplement partager le hobby de son petit ami).
Son élocution de rhétoricien post-pubère est plutôt plaisante, voire apaisante. J'observe toutefois comme un trouble quand nous en venons à la fameuse biscotte ardennaise (j'ai eu vent de cette pratique via un forum spécialisé quand une ancienne relation disons professionnelle, Fouine Insondable pour les intimes, elle-même responsable d'une quinzaine de Louveteaux, me fit part de la chose).
– Oh vous savez, il n'y rien de dégradant dans la majorité des rites d'initiation de notre mouvement, que du contraire ! J'ai bien entendu parler de ce que vous évoquez, on ne peut nier l'existence de ces pratiques obscènes, juste déplorer que certains Loups Gris souillent de la sorte jusqu'à l'essence même de nos valeurs.
Bien. Les charmants finirent de se restaurer en silence, la fiche mâle régla l'addition (à l'aide d'une carte de crédit), tout deux me sourirent et prirent congés du café. Devais-je, me dis-je, pousser le vice jusqu'à lui demander s'il était pour ou contre le mariage des aumôniers bisexuels ? J'en doutai, levant le camp à leur santé et ce peu d'temps après que le souvenir de cette rencontre se fût temporairement évanoui dans ma nature.
* L'aussi instructif que très joli Corpus Simsi
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01/04/2011
LA TÉRATOPHILIE POUR LES NULLIPARES
WE, Maurizio Cattelan
Au bout, de part et d’autre de l’imposante porte d’entrée, se dresse quelque incontournable bambou ; et au dedans c’est pêle-mêle feu ouvert, objets divers, mobilier, cuirs, étoffes, adagio de l’Avent et vagues effluves d’encens. L’affiche en forme de flèche au pied de l’escalier métallique d’origine à droite du comptoir indique un étage essentiellement contemporain. L’ensemble, rez-de-chaussée y compris, n’est finalement pas déplaisant ; chic et dont l'unique et non négligeable intérêt permet d'attendre au chaud : l’atelier voisin où sera découpée notre Feur de Vie en vinyle sablé n’ouvre ses portes que dans la demi-heure, d’où ma présence en cet endroit.
Le plan d'accès prévoit que le chaland redescende par d’autres marches, un autre escalier. Plus petit, pour ainsi dire confiné, de style meunier ; et aussitôt le plancher de ces bovidés qui font des canapés rejoint, l’on se retrouve au sein d’un salon de style typiquement marocain. Alors là, à contre-jour, pour l’avoir aperçu déambulant peu de temps aux paravents, je reconnais le couple sur le point de pénétrer le sas qui me fait face, la baie par où j'aspire à m’en sortir. Mais aussi enchanteur soit-il, le salon ne laisse que peu de place aux croisements ; raison pour laquelle je penche tête et torse, laissant ainsi presque libre court à la démarche de la Femelle. Naturellement, répondre à son sourire amusé, tout pareil enjoué. Le Mâle semble plus âgé, disons quinquagénaire depuis plus d’un lustre, et tout aussi distingué. Elle, en effet, porte on ne peut mieux la jupe de tissus zébré noir et blanc, davantage noir que blanc d’ailleurs, et cela sans la moindre once de vulgarité (est-ce possible ?), une attrayante paire de bottes rutilantes, le genou à l’air libre ainsi qu’un manteau couvert de poils de licorne albinos sans nul doute assortis à la teinte de ses chevaux. Lui la suit dans son costume d’homme d’affaires, guilleret, un trois-quart laineux roulé autour de son bras droit. Tout deux gravissent les marches une à une pour se retrouver dare-dare sur le palier. Alors qu’arrive l’instant de prendre congé, cela fait tilt ! J’incline à nouveau le haut du corps, après un petit pas d'côté...
Les tourtereaux stationnent sur la plate-forme, statiques donc, probablement contemplent-ils la multitude de tableaux parant la brique de cette ancienne fabrique. Et là, là, les yeux levés en direction du cadeau du ciel, mon regard tombe nez à nez sur l’entrejambe de la Femelle... BON SANG DE BOIS, la vue imprenable que voilà ! À ce stade, on peut avancer que la bougresse porte également des dessous à la hauteur… une élégante petite culotte accordée à la jupe supposée la dissimuler ; et là, là, toujours là, cette fois, des zébrures, c’est le blanc qui s’avère dominant. L’ô combien sensationnelle contre-plongée au cœur du sujet jambes écartées provoque une trique carabinée ; aussi, une brève éternité plus tard mon corps au grand complet lascivement s’affale, tandis que pour se remettre de ces émotions l’esprit fait mine de commander un verre de nahané, délicieusement traumatisé.
Début octobre, ma toute bonne vieille Agnelle et moi-je fûmes conviés par Sue ; en effet, notre impayable voisine désirait qu’on l’accompagne (elle et son partenaire) au Salon EROS 2011 de la Cité ardente. Pas que le plan était en soi déplaisant, presque loin de là – j’imaginais déjà moult scénarios salaces à narrer, l'écho de son rire de rossignol colossal, le fumet des glandes au sein des stands et allées alentour, ce genre de perspectives juteuses, aigres-douces... mais bon, je dus vite calmer ma joie : pour être franc, le prix du ticket de cette grande surface du cul sous toutes ses coutures m’a carrément coupé l’envie de dire pourquoi pas. Foutre, l’équivalent de quatre entrées au cinéma ! comme dirait mon pater : les salauds, ils se mouchent pas du pied !
D’autant que dans le genre naturel chaud-bouillant, nous avions rencart plus tard, le soir, dans les bois..
Et justement, à propos, ce n’est à nouveau pas pour me vanter, mais voilà : j’ignorais que les cervidés les perdaient, moi, leur bois ! Et vous, les enfants ? Imaginez un truc pareil, d’un peu moins d’un mètre environ, genre seize cors, qui vous repousse chaque année sur la tête ! Et cette légende du ROI DE LA FORÊT, curieuse quand même, quand on apprend qu’à l’origine le cerf est un animal de plaine. Enfin bref, le brame, ça remue, ça tue même !
Le matin de la fête des Morts, j’ai égayé la toute petite cour de mes Vieux, gratté dans leur mètre³ de terre, planté quelques trucs dont deux rosiers sélectionnés par mézigue, rincé. Toujours éméché de la veille, taquin, j'en vins à songer à tous les malheureux qui n’ont plus que le cimetière où aller faire coucou à leurs parents, cette pensée me travailla le bulbe quelque instant puis succomba au charme de ses blessures en implosant.
L’après-midi : besoin d’un remontant, d’une balade, d’un soleil, d’un petit reportage avec des images en couleurs et tout le tremblement. La sélection qui suit commence et s'achève par le portrait de deux minous sans vie, par une aussi belle journée de novembre, allez chercher à comprendre pourquoi !
Alpha
Mes bras connaissent
La menace du futur
Les délices qu'on ampute
Pour l'amour d'une connasse
AMANITES TUE-MOUCHES
Oméga
Raah, bon sang d'bois, ce pauvre Oméga ! il a fallu que j'en rie... D'autres JPEG d'après nature, ici, dès que possible. Au plaisir et bien à vous, les enfants !

(…) N’allez pas vous y tromper. Je ne vais pas vous infliger le refrain sur la poésie de l’enfance et tout ce qui s’en suit. Je sais que ce ne sont là que des foutaises. Le vieux Porteous (un de mes amis, un professeur en retraite, je vous reparlerai de lui) y va à fond sur la poésie de l’enfance. Des fois il me lit là-dessus des passages de livres. Wordsworth, Lucy Gray. Il fut un temps où la prairie, les bosquets, etc. Inutile de dire qu’il n’a pas de gosses à lui. La vérité, c’est que les gosses sont fermés à la poésie, ce sont simplement de petits animaux sauvages, à ceci près que les animaux n’ont pas le quart de leur égoïsme. Un garçon ne s’intéresse pas aux prairies, aux bosquets, etc. Il ne regarde jamais un paysage, se moque éperdument des fleurs, et à moins qu’elles retiennent son attention pour une raison ou une autre, par exemple parce que leurs fruits sont bons à manger, il ne distingue pas les plantes les unes des autres. Tuer ci et ça, c’est le comble de la poésie pour un garçon.
George Bowling, Coming up for Air
Pareil que George dans Un peu d’air frais, je suis tout dernièrement retourné sur un haut-lieu de mon enfance. Des semaines et des semaines que j’y songeais, mais toujours au même moment : lire intempestif. Une nuit, ça remonte, j’en ai même rêvé...
Faut dire que pour se rendre chez mes Vieux via la rue Plaine-de-pavés, on est pour ainsi dire obligé de passer devant l'entrée de la porte Nord ; et au pied de cette rue pentue demeure le plus impavide des ponts qui surplombent la Vesdre – là où, tout gosse, je fus plusieurs fois amené à croiser un couple d'amoureux au grand âge. Parallèle, hors du commun. Plus tard, bien plus tard, pour la petite histoire, j’appris qu’il s’agissait de Mme et de Mr Blavier. D'Odette et d'André.
Alors autant le mentionner sans ambages : pas la moindre désillusion, vraiment ! Oh... mais oui bien sûr, je vous vois v’nir, nulle féerique ni même spectrale apparition (et toujours pas la moindre nouvelle de ce satané pendu...) comme au bon vieux temps des vers de terre loquaces et des galets qui planent, mais quand même, enfin, quel petit recoin de paradis*, really !
J’avais dans l’idée comme qui dirait farfelue, figurez-vous, d’y filmer ma cascade, je veux dire la chute dont je fus victime à l’âge de 7 ou 8 ans. Même ma maman ne se souvient plus exactement, ça situe ! juste elle se rappelle que je sortais de chez le coiffeur (chez Gino) pour la première fois de sa vie, que je ressemblais à un petit ange (nous sommes donc pour rappel en 1974-75), etc., etc., etc.
Moi, ce qui me revient avec CERTITUDE, c’est l’image du T-shirt que je portais ce jour-là… Sans blague, ce que j'l’adorais, lui alors ! Infiniment agréable à porter, blanc, orné de p'tits Japs en tenue de combat ceintures noires minimum forcément ! la perfection faite coton imprimé, du moins jusqu’à ce que mon arcade sourcilière gauche et tout ce qui s’y attache percutent de plein fouet la barre métallique exposée ci-après, eh oui les enfants, en vérité je vous le dis : la même, pas loin de quatre décennies plus tard !
vues sur la pente dévalée et la cour des miracles
Naturellement, il ne fallut guère longtemps pour que presque tout mon sang ne commence à se vider de moi… n’y distinguant plus que dalle, à tous – mort de trouille et ce malgré le semblant de désinvolture qu’il s’agissait de conserver –, je demandais si mes yeux étaient toujours à leur place, une bêtise du genre.
Eux non plus, des durs pour la plupart, bien plus durs que moi en tous cas, n’avaient pas l’air de trouver ça drôle. Je fus transporté à l’hôpital en Combi Volkswagen, un véhicule qui, si je ne m’abuse, coïncidence ou pas, servait jadis d’ambulance à la Croix-Rouge. La camionnette appartenait au daron d’un de mes camarades de jeu d'arcade^ qui passait doux Jésus par là. Monsieur M. n’était pas ambulancier, encore moins glacier, il était ferrailleur. Sympa, sauveur et tout ça, mais casseur quand même !
Environ dix points de suture, un traumatisme crâneur et cette cicatrice au sourcil toujours fidèle au poste plus tard, il est ici écrit que jamais plus dans ma vie je n’eus à frayer avec d'aussi cruelles créatures, les enfants ! Les frères H. Oui, simplement H., histoire de ne pas avoir à changer ce visage auquel je commencerais gentiment à me faire, mais peut-être en parlerais-je un de ces quatre plus longuement (aux dernières nouvelles ils étaient toujours 5), une fois TOUS passé(s?)** l’arme à gauche.
Ils étaient une fois nos voisins d’en face, que voulez-vous ! Derrière, c’était un autre style, genre quand ch’te vois ch’te tue... Rue Clément XIV, comme édité dernièrement ici-même à travers l’écran : Né en octobre 1705, ce pape fut avant tout fils d’un modeste chirurgien. Non, vraiment, pas d’aussi cruelles et intrinsèquement menaçantes ; pas même à l’adolescence, malgré l’alcool/ les drogues/ la violence.
Rue Clément XIV : Voisin direct de chez papa/maman
(…) Yue-Yue a été emmenée dans le coma à l'hôpital de la zone militaire de Canton. Un porte-parole de l'établissement s'est montré très pessimiste, la déclarant d'ores et déjà en état de mort cérébrale.
(…) En septembre 2008, Jean-Paul Fournier est élu sénateur du Gard. Il intègre la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Suite au renouvellement des commissions, il est élu vice-président de la section Tauromachie du Groupe d'étude de l'élevage.
(…) Ce stupéfiant est préparé de façon artisanale, à base d'un mélange de solvants, de phosphore et de codéine. Il produit les mêmes effets que l'héroïne mais coûte trois fois moins cher. En contrepartie, il faisande littéralement l’épiderme.To: Asperge de rêve
Subject: FW: MITAKUYE OYASIN
Captivé par un reportage consacré à la vie et à l’oeuvre d’un homme-papa-ours nommé KORCZAK… comme quoi s’éjecter du lit (quand on ne sait quelle espèce d’anti-mouche tsé-tsé en a décidé seule ainsi) peut manifestement s’avérer aussi profitable ; eh oui, mon vieux, faute d’ordi c’est parfois beau une télé la nuit ^^ attends ! quand on y apprend qu’à l’époque ce gars – Ziółkowski, américain d'origine polonaise, est né précisément 31 ans après le décès de Crazy Horse, le 6 septembre 1908, de parents polonais, à Boston. Orphelin à l'âge de trois ans, il grandit dans une série de foyers d'accueil. Bien qu'il n'ait jamais reçu de formation artistique académique, ses talents de sculpteur se font remarquer alors qu'il est encore très jeune – a dit niet à une subvention de 10 millions de $...
bref, presque tout ceci pour dire ma surprise quand le jour venu, à l’agence, en plein travail (de recherches), je pris connaissance de cela :
[…] Tandis que le chef Henry Standing Bear croit que les motivations de Ziółkowski ont pu être sincères, de nombreux Lakota et Amérindiens traditionalistes s'opposent à ce mémorial. Dans une interview réalisée en 2001, l'activiste et acteur Russell Means fit part de ses objections en ces termes : « imaginez-vous aller en Terre sainte, en Israël, que vous soyez chrétien, musulman ou juif, et commencer à sculpter le Mont Sion. C'est une insulte à tous les nôtres ». Pointer du doigt est un geste impoli dans la culture amérindienne. La plupart d’entre eux préfèrent pointer avec le menton ou avec les lèvres (comme pour faire un bisou).
La femme au perroquet
PARCAT LECTOR
Je vous salis ma rue
Kami no kodomo-tachi wa mina odoru
Worm lives underground. He is a gigantic worm. When he gets angry, he causes earthquakes, Frog said. And right now he is very, very angry. Murakami, Super-Frog Saves TokyoSe déplacer et séjourner en famille (pour la première fois de sa vie) à l’étranger rend-elle possible l’occasion d’y joindre l’utile à l’agréable?
Chimère, conditionnement, réflexe de miséreux parents ?
Pour l’heure, je n’en sais toujours trop rien, ne percevant au fond qu’une vague idée du reptilien.
Mais après tout, si Notre-Dame de la cure suivie auparavant par ma mère à moi nous avait offert à tous quelque répit, voire quelque amélioration (toute sensible fût-elle) de son état de santé nerveuse et mentale, pourquoi celle de Lourdes en personne – pour info ou rappel, MÈRE D'UN DIEU MONDIALEMENT CONNU ! –, s’avérerait-elle incapable de faire un geste en faveur de mon infortuné daron ? c’te question ! qui ne tente rien n’a rien, un peu beaucoup, à la folie comme à la loterie : s’agit-il de laisser sa chance à son prochain ?
Bien, avais-je huit, neuf ou même dix ans ? peu importe, en revanche c’est presque parfaitement que me revient l’image de ces millions de magasins…
Pareil pour la Vierge couronnée, au cœur de l’esplanade ; son glorieux double troglodyte, c’est un peu j’imagine comme s’il avait été proprement ignoré… d’ailleurs, cette version était-elle réellement présente ce jour-là ? en entretien, vision, révision ? Mysterium magnum, mon petit Laudanum !
Aux pieds de la grande statue, donc. Alors pour quelles raisons, cela aussi je l’ignore, maman s’en est encore brutalement pris à son doux Jésus ?
Comme à sa fâcheuse habitude l’enfant fut agoni de griefs impénétrables et venimeux ; aussi, dès cet instant, tout à trac captais-je sa mise au ban passagère du reste de notre triste clan… personne, je veux dire ni mon père, ni ma petite sœur de sang, et à fortiori encore moins elle ne m’adresserait plus la parole, ma peine pourrait durer, comme à l’accoutumée, jusqu’à la décision de me gracier.
Ce jour-là, oui, ma mère à moi eut à nouveau beau me maudire, mais l’entendis-je pour autant crier de cette oreille, le regard fixé vers la madone de pierre ? pas question de lâcher, dussé-je m’en ramasser, oui, oui, je me souviens fort bien avoir tenté de la fixer droit dans le marbre blanc des yeux, mais naturellement les siens préférèrent les cieux. En définitive, hormis se mettre à subitement très finement pleuvoir, rien d’autre ne se produisit vraiment.
Quoique, durant la nuit, j’en vins à tomber du lit pour la première et, ose l’espérer, dernière fois de ma vie. Quel choc, les enfants ! Enfin, de la sorte avais-je sans doute trouvé pour maman quelque admissible raison de chialer tout mon content.
Bon appétit si vous pensez à table !
BABEL FISH
Avant de vraisemblablement retrouver ma toute petite Sirène au prise avec le plus vicelard des condylures de l’Univers – une entité cosmique propriétaire du trou de ver dans lequel elle et Laudanum ont chu –, séquence choisie parmi le flux d’événements revécus mentalement par le susnommé convoyeur durant leur déplacement (une téléportation-vm, selon wikipédia le rapport Davis) :
Elle était littéralement plongée au cœur des pensées d’un Lagneau lui-même immergé dans sa lecture du moment*, et c’est presque tout juste après qu’ensemble ils aient pris connaissance de ce passage :
(…) Eh bien, pour ce qui concerne les crevettes d’Indonésie, par exemple, on pourrait lire sur l’emballage : POUR 500 GRAMMES DE CREVETTES, 13 KILOS D’AUTRES ANIMAUX MARINS ONT ÉTÉ TUÉS ET REJETÉS À LA MER.
Ou prenez le thon. Parmi les 145 espèces tuées de façons routinière – et gratuite – lorsqu’on le pêche on trouve : la raie mantha, le diable de mer, la raie douce, le requin babosse, le requin cuivre, le requin des Galapagos, le requin gris, le requin de nuit, le requin taureau, le grand requin blanc, le requin-marteau, l’aiguillat commun, l’aiguillat cubain, le requin renard à gros yeux, le requin taupe bleu, le requin peau bleu, le wahoo, le marlin voilier, la bonite, le thazard barré, le thazard atlantique, le makaire bécune, le makaire blanc de l’Atlantique, l’espadon, la lanterne de Kroyer, le baliste cabri, l’aiguille, la catagnole, la carangue, le centrolophe noir, le coryphène, le Cubiceps pauciradiatus, le poisson porc-épic, la comète saumon, l’anchois, le mérou, le poisson volant, la morue, l’hippocampe, la calicagère blanche, le poisson royal, l’escolier noir, la liche, le triple queue, la baudroie, le poisson-lune, la murène, le poisson pilote, l’escolier à long nez, le cernier commun, le tassergal, l’otolithe, le tambour rouge, la sériole couronnée, la sériole, le pagre commun, le barracuda, le poisson globe, la tortue caouanne, la tortue verte, la tortue luth, la tortue imbriquée, la tortue de Kemps, l’albatros à bec jaune, le goéland d’Audoin, le puffin des Baléares, l’albatros à sourcils noirs, le goéland marin, le puffin majeur, le pétrel noir, le puffin gris, le goéland argenté, la mouette atricille, l’albatros royal, l’albatros à cape blanche, le puffin fuligineux, le fumar antarctique, le puffin yelkouan, le goéland leucophée, le petit rorqual, le rorqual boréal, le rorqual commun, le dauphin commun, la baleine franche, le globicéphale, la baleine à bosse, la baleine à bec, l’orque, le marsouin commun, le grand cachalot, le dauphin bleu et blanc, le sauphin tacheté de l’Atlantique, le dauphin à long bec, le grand dauphin et la baleine à bec de Cuvier.
que l’Ébranleur du sol en personne lui apparut (à elle seule, donc). Pour l’occasion, ce dernier portait un polo turquoise Triton™ à l’instar de toute sa collection gracieusement confectionné par une équipe d’ocypodes mineurs d’âge et sur lequel figurait brodé un FAUT-IL SUPPRIMER LES ÊTRES HUMAINS ? de très belle facture. Quelque ton sur ton plutôt seyant, certes, mais une « accroche » jugée spirituellement incorrecte par les uns et disons tout naturellement ad-hoc par les autres.
En vérité, nul n’eut guère besoin de lever quoi que ce soit au ciel pour apprendre que déjà sonnait l’heure du dernier croissant à l’enseigne du restaurant ★ ★ ★ LA LUNE BALSAMIQUE. Et pour cause : pas le temps de dire ouf que les mêmes uns et les mêmes autres se retrouvèrent soudain submergés par une phénoménale précipitation de trombes d’eau ultra-acide et noire comme l’âme du lieutenant général Forrest.
Ainsi, à l’exception des membres des missions spatiales en cours, pas un putain de Terrien ne survécu à ce dernier épisode en date ! En effet, les amis, de Tokyo jusqu’alors en tête des mégalopoles du monde entier à disons Durbuy, où que ce soit, la pluie avait absolument tout englouti...
* Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?
L’unique enfant du colonel Gordon Flash avec qui l’on fait ici à présent intimement connaissance est atteinte d’une pathologie ultra sévère et incurable connue sous le nom de xeroderma pigmentosum. Petite mort, glandes, profondeur
Pour me changer les idées et m’aider à garder la bouche étanche durant le voyage, je pense au Disneyland de John Lamb Lasch, à ce Jerry Mander qu’il me faut à présent découvrir, et c’est ainsi chemin faisant que j’aperçois quelque panneau signalant présence de pieuvres Dumbo dans les barrages.
Naturellement, la toute petite sirène et moi tombons dedans pour ainsi dire incontinent…
Sous les cerisiers sont enterrés des cadavres ! Il faut s'en persuader. Sinon, n'est-il pas incroyable que les cerisiers fleurissent si splendidement ? J'étais inquiet, ces jours-ci, parce que je ne pouvais croire en cette beauté. Mais maintenant j'ai enfin compris : sous les cerisiers sont enterrés des cadavres ! Il faut s'en persuader.Motojirō Kajii, Sous les cerisiers [1927]
« Vous êtes poète ? » (J’ai failli dire « vous aussi ».)
« Non. C’est un titre dangereux. Mais j’ai intimement connu certains poètes dans ma jeunesse. Robert Graves a écrit un poème pour moi. Ce n’est pas son meilleur. William Carlos Williams m’a demandé de quitter mon mari et de » – elle a articulé ce mot comme une sorcière de spectacle pour enfants – « “fuguer” avec lui ! Très romantique mais j’avais la tête sur les épaules, et il était aussi indigent qu’un épouvantail*. Alors je lui ai répondu : “Va au diable, Willy, nos âmes ont faim de poésie, certes, mais nous avons sept péchés capitaux à nourrir !” Il a souscrit à ma logique. Les poètes savent écouter quand ils ne se droguent pas. Mais les romanciers » – Madame Crommelynck a fait une grimace de dégoût, beurk – « des schizoïdes, des fous, des menteurs. Henry Miller est resté avec nous dans notre colonie à Taormina. Un porc, un porc en nage, et puis Hemingway aussi, tu le connais ? »
* Tous les mots ou expressions en italique suivis d’un astérisque sont en français dans le texte.
David Mitchell, Le fond des forêts
La nuit, tous les grigris restent ouverts
Virent quelque fois dare-dare au rose bonbon,
voire au fuchsia…
Songes toujours aussi chatoyants en tout cas !
(...)
Kulturkampfff
6.5
The Precious Scroll of the Parrot tells the story of a parrot who becomes a disciple of Guanyin. During the Tang Dynasty a small parrot ventures out to search for its mother's favorite food upon which it is captured by a poacher. When it managed to escape it found out that its mother had already died. The parrot grieved for its mother and provides her with a proper funeral. It then sets out to become a disciple of Guanyin.
(Bruit de bouton.)
(…) Aussi curieux que cela puisse paraître – ou peut-être pas si curieux, après tout –, tous se disaient qu’il était plus facile de tuer des êtres humains sur un champ de bataille que des animaux enfermés dans une cage.
★ ★ ★
Ce qui ressort de c't'oiseau ? Eh bien tout simplement la plume la plus fascinante qu’il m’ait été donné de lire – et ce, de même sans me vanter –, depuis l’âge de ma première page : j'ai cinq ans quand je suis initié à la lecture extra-scolaire par Shiori-san, une adolescente affable (et à gros nichons) de notre voisinage.
, par exemple,
L’enfant fit un rêve parfaitement clair. Il savait que c’était un rêve, ce qui le rassura quelque peu. Mais savoir qu’il rêvait maintenant prouvait bien qu’il n’avait pas rêvé ce qui s’était passé avant, et que c’était la réalité. Il faisait parfaitement la différence.
Dans son rêve, l’enfant sortait dans le jardin désert en pleine nuit, prenait la pelle posée contre le tronc du pin et se mettait à creuser. Ce n’était pas très difficile parce que l’homme en noir venait de forer un trou au même endroit un peu plus tôt. Il était tout de même essoufflé rien qu’en soulevant cette pelle, bien lourde pour un enfant de cinq ans. Et puis il était sorti pieds nus et avait la plante des pieds glacée. Il creusa tout de même, en haletant, jusqu’à ce qu’apparaisse le paquet enveloppé de tissu que l’homme avait enterré là.
L’oiseau à ressort ne chantait plus, le petit homme n’était pas réapparu au sommet du pin. Tout était terriblement silencieux. Je suis en train de rêver, pensa l’enfant. Mais, tout à l’heure, l’homme qui ressemblait à son père avait grimpé dans le pin et l’oiseau à ressort avait chanté, ça c’était la réalité. Pourtant, c’est étrange : je suis en train de déterrer en rêve un objet enterré dans la réalité, alors ? Cette pelle, par exemple, est-elle rêvée ou réelle ?
Les grues de San Francisco
Selon un rapport du Children’s Hospital de SF, le très patient Douglas Keller a rendu l’âme dans la matinée du 25 septembre 1944.
Malgré cela (lire sa mort clinique), la p’tite tête d’ange – véritable figure de proue du poumon d’acier qu’il occupa pas moins de sept années durant, s’accorde quelque extra time et achève ainsi la fin du déjà dernier rêve de son inénarrable existence.
En effet, à la faveur d’ultimes gouttelettes d’oxygène pure, le voici qui remonte Hyde Street à vive allure, allongé sanglé à bord d’une caisse à savon antiseptique… Comme toujours seule la caboche dépasse (vers Alcatraz, donc), coiffée d’un casque en pop-corn nacré, le regard grisé par l’ivresse de la vitesse, et, par la force des choses fixé en direction d’un ciel noir et blanc moucheté de grues cendrées parfaitement statiques et silencieuses. Même qu’au moment de cette pause hors du temps, l’escadrille forme un vol en forme de §, symbole topographique dont naturellement Douglas ignore le sens, mais qu’il apprécie toutefois beaucoup, beaucoup, du moins est-ce ainsi que j’ose l’imaginaire.
Maintenant, les images de sa course ont-elles été montées et projetées à l’envers peu avant qu’il ne franchisse la ligne de départ pour toujours ? Ça, nous ne le saurons (sans doute) jamais.
Google Traduction parle plus de 30 langues !
Un extrait d'article de Wikipédia, l'encyclopédie libre
Philip Buveur (12 Décembre 1854 dans Haveford, Pennsylvanie – 19 Octobre 1972 dans le Fitzwilliam, New Hampshire) est un hygiéniste industriel . Avec Louis Agassiz Shaw, il a inventé la première largement utilisé poumon d'acier en 1928.
Abreuvoir a été embauché pour enseigner l'éclairage et la ventilation industrielle à la Harvard Medical School . Il a étudié, enseigné et écrit des manuels et d'ouvrages sur une variété de sujets en hygiène industrielle ; le poumon d'acier elle-même a été conçu en réponse à un problème de gaz de houille, l'empoisonnement d'hygiène industrielle - si elle allait devenir le plus connu en tant que de préservation du traitement à vie pour la poliomyélite.
Après la guerre, il a conseillé la Commission de l'énergie atomique. Buveur été rédacteur en chef de The journal of Industrial Hygiene plus de trente ans et, en 1942, en tant que président de l'American Industrial Hygiene Association, à laquelle il appartenait depuis sa création. Il s'est retiré de Harvard en 1960 ou 1961 et a été intronisé au Temple de la US National Inventor of Fame en 2007.
it nuit blanche quand j’aperçois se consumer le truc. D’aspect disons métallique (et organique, analogue à celui de certains insectes), ce truc, aussi petit que plutôt pas simple à décrire – excroissance luisante de l’arbuste ? –, semble comme entré en fusion, une fusion froide et de couleur bleue. Cela s’apparente à une combustion en règle, ne dégageant pour autant ni fumée ni quelque odeur de brûlé. Par moment, le truc évoque les tout derniers souffles d’un cierge magique, juste après l’ultime étincelle. Je l’observe, longtemps, fasciné, puis, présence d’esprits oblige, reviens les pieds presque entièrement sur Terre, avant de convoquer la presse dans ma tête. Seul mon ami le photographe Ambroise Gallettoni répond présent, nous sommes samedi après minuit et bientôt quelque part entre gris clair et défoncés.
By this time, Monk had revised and renamed it “Little Rootie Tootie” in tribute to his son, Thelonious, Jr., who was two years old at the time. He earned the nickname “Toot” after “Little Toot the Tugboat” from a favorite Walt Disney cartoon based on a children’s book of the same name ; young Thelonious learned to whistle like “Little Toot” before he learned to talk.
– Quoi ?
– Vous êtes vraiment le colonel Sanders ?
Le colonel toussota.
– En fait, non. J’ai seulement emprunté son apparence.
– C’est bien ce que je pensais, fit Hoshino. Et qui êtes-vous au juste ?
– Je n’ai pas de nom.
– Ça doit être gênant dans la vie courante, non ?
– Pas vraiment. Je n’ai jamais eu de nom, ni de forme d’ailleurs.
– Comme un pet, quoi.
– Oui, si tu veux, en effet. Comme je n’ai pas de forme, je peux devenir tout ce que je veux.
– Ah.
– Cette fois-ci, j’ai décidé de prendre une forme facile à reconnaître, celle d’une icône du capitalisme. J’aurais bien pris Mickey, mais chez Disney ils sont assez tatillons avec les droits de reproduction. Je n’ai pas envie de me retrouver avec un procès sur le dos.
– Moi, ça ne m’aurait pas trop plu que ce soit Mickey qui me présente une fille.
– Oui, je te comprends.
– Et puis, il me semble que l’aspect du colonel Sanders convient bien à votre personnalité.
– Mais je n’ai pas de personnalité. Pas de sentiments non plus. Je peux prendre forme et parler comme en ce moment, mais je ne suis ni Dieu ni Bouddha, mon cœur diffère de celui des hommes car je n’éprouve nulle sensation.
– Qu’est-ce que vous dites ?
– C’est une citation tirée des Contes de Pluie et de Lune de Ueda Akinari. Je parie que tu ne l’as jamais lu.
CLEXANE® (ou Le nombril au beurre noir)


Les ondes provenaient de quelque part en-dessous de mon corps, plus bas, beaucoup plus bas, au plus profond de l’océan dit-elle. Linophryne a introduit les rayons dans ma tête, histoire de me prémunir des douleurs violentes ; et je suis restée ainsi merveilleusement détendue, l’espace d’un instant...
Juste après l’épisode de la péninsule frontale irradiante, la toute petite sirène repris connaissance et se mit à hurler parce qu’elle ne pouvait rester davantage parmi ses ravisseurs.

[...] Les premiers sujets des tests furent des corps offerts à la science, utilisés pour déterminer les réactions aux forces et aux chocs subis lors d'un accident de la route. Dans ce but, des roulements à billes furent projetés sur des crânes et des cadavres lâchés du haut de cage d'ascenseurs sur des plaques en acier. D'autres, équipés d'accéléromètres et positionnés dans des automobiles, étaient ensuite soumis à des collisions frontales.

Alors justement, à titre indicatif, histoire de rester constructeur constructif, ces quelques lignes de la mort qui frappe, pour la route :
Sa femme décapitée, les mains gracieusement placées devant sa gorge, roulait contre le tableau de bord. Sa tête tranchée rebondissait sur la housse de vinyle du fauteuil et allait flotter entre les torses des enfants sur la banquette arrière. Brigitte, la plus jeune, levait son visage vers le plafond et tendait les mains comme pour signaler poliment un danger, pendant que la tête de sa mère heurtait la lunette arrière, ricochait à l’intérieur de l’habitacle, quittait le véhicule par la porte arrière gauche. La voiture s’immobilisaient lentement après quelques dernières secousses – ultimes efforts pour s’arracher péniblement au sol. Les quatre occupants se tassaient dans l’habitacle orné d’une dentelle de verre. Leurs membres agités, qui s’obstinaient à émettre tout un catalogue de signaux inutiles, retombaient dans une posture grossièrement humaine. Autour des passagers, les vagues de verre givré ondulaient une dernière fois.
Le Tag
Á qui d'autre que toi, frère, confier le transfert de ses larmes incendiaires ? peut-être te souviendras-tu vaguement de M., la cadette de ma sœur de sang ?
Magie des ondes incolore, je viens d'apprendre la nouvelle de sa bouche : Sa fille, ma nièce donc, fêtait hier ses dix-sept bougies, au Tag, avec des amies. Malheur à elles : un ex, à peine plus âgé – acteur/réalisateur d'une vieille caméra cachée où on le devinait se faire sucer par qui tu te doutes (lourrrdement sanctionné d'un jour de travaux d'intérêt général pour l'avoir rendue publique sur la toile) –, était également présent sur place, pas prévu. Aussi, devant plusieurs témoins traumatisés, par surprise, pour son anniversaire donc, il lui a éclaté un verre en plein visage, a tourné et retourné le tesson dans la chair, la projetée déjà inconsciente au sol pour la piétiner avant de prendre la fuite.
Il était convenu que sa mère passerait la rechercher à 2h du mat' précises. Environ une demi-heure après les coups de minuit, un des ambulanciers au téléphone tentait de lui faire admettre qu'elle ne se donne pas cette peine...
L’urgentiste a dû lui extraire de la peau de je n’sais où histoire de faire face à l'étendue des dégâts.
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Expéditeur : Strychnine L.
algré cette terrible (envie de) torture qui nous tenaille, j'ai mis forcément gentiment le jeune jules de ma nièce à l'épreuve, à l'épreuve de l'amour qu'il prétend lui porter.
Ah oui, pas jugé spécialement utile de te mettre au courant en temps réel : Bébé S. n'a pas un an que ma pauvre frangine est à nouveau enceinte, un accident donc. A., quatre printemps pour sa part,désormais antépénultième, sera comme prévu à nouveau opérée à cœur ouvert, au sortir de l'hiver.
Édition Spéciale
Comme dirait le Niki, lire l’url du motel * n’y changera rien, si ce n’est peut-être se rappeler au mauvais souvenir de cet ex-voisin demi-coco pilote parti vivre le reste de sa vie parmi les Sangliers d’Herbiester.
C’est qu’aujourd’hui avait lieu je n’sais quelle manche comptant pour le championnat provincial de mon derrière, Sixième édition du rallye des Hautes-Fagnes renseignait le toute-boîte.
Une épreuve (on ne lui fait pas dire) amateur dont Norman et moi nous nous serions comme à chaque fois passé fort volontiers, dans la mesure où l’on abhorre toute compétition en règle générale ; alors le sport moteur je vous laisse imaginer, à fortiori quand des foufous du volant à bord de groupes N-sandwiches du dimanche passent leur sainte journée à faire trembler vos murs et fenêtres, à douze pieds de votre porte d’entrée côté court, une spéciale ils appellent ça. Part ailleurs, c’est également aujourd’hui que décidé la veille je creusai les fosses devant accueillir les quatre nouveaux fruitiers à planter au cours du toujours fameux week-end prochain, celui de la Toussaint.
Presque tout commence dès lors une bonne heure avant la messe, deux bonshommes en chasuble jaune fluo frappées STEWART arpentent le sentier. Un des deux, pas celui à la coupe d’Iroquois genre Richard 23, l’autre, vient virilement frapper à la porte alors que je surfe comme une bête depuis l’aube. En robe de chambre et sans la moindre touche de maquillage, nature donc, j’ouvre au drôle qui reste sur le seuil, à une distance qui d’aise emplit la créature disons sans défense causant actuellement à la prunelle de vos yeux. Le bougre matte en douce et m’informe que (je traduis) si le besoin pressant de quitter la maison se fait sentir, mieux vaut au préalable les en avertir, afin qu’ils puissent assurer notre couverture. Ah les organisateurs ! ils ne semblent pas avoir lésiné sur le poste sécurité... pas comme au cours de la dernière édition en date, où, abandonnés à notre propre sort, Norman et moi avions dû prendre les choses en main. Une bande de quatre ou cinq sauvageons ayant décidé de profiter du spectacle à même le jardinet surplombant légèrement le chemin, et cela tout naturellement sans nous demander l’autorisation de fouler du pied les plus comateuses de nos vivaces ainsi que les jeunes pousses de lierre pourtant bien visibles quant à elles. Et vas-y que je t’écluse canette sur canette, te grille tarboule sur tarboule ; et tout cela sans la moindre idée de partage avec l’habitant à l’esprit, va sans dire. Après cinq minutes c’en était déjà trop plus qu’assez, j’ai dit à Norman : Détache qui tu sais et va leur demander s’ils ont besoin d’nada… sièges par-ci, café sucré et tartines au porc par là… propose-leur aussi, bien entendu, un petit tour au garage du fond du terrain, entre deux passages, dis-leur pour notre fantastique collection d’estampes d’ancêtres made in Japan.
Nous avons échangé un clin d’œil plein de malice puis Norman, escorté par notre grosse abeille, a fait ce qu’il fallait, sans autre forme de procès. Pas un mot dans la gazette, si ça s’trouve personne n’a réclamé les corps. Non mais c’est vrai quoi, faut pas dépasser les bornes, je t’en ficherai des rally is not a crime, moi. Des psychopathes, oui ! la planète agonise et eux, acteurs comme spectateurs jouissent, tel un essain de hardeurs sous amphés, de l’air purement décoiffant et des teintes cuivrées de nos vertes campagnes. Le, je cite : plus beau circuit du monde, situé à moins d’un quart d’heure d’ici, ne leur suffit guère ; vouer un culte indéfectible à l’Hydre-au-carbure en perturbant violemment la flore intestinale de la faune locale c’est vraiment ça leur dada voyez-vous. Sociétaires de consummation, comme dirait l’antre. Il se trouve même des suiveuses parmi les galopins, c’est dire comme ces dernières peuvent ternir l’image de marque du beau sexe à la vitesse d’un gyrophare.Wikipédia vous le racontera bien mieux que moi :
Michèle Mouton, née le 23 juin 1951 à Grasse, est une pilote française. Elle a remporté quatre rallyes de renommée mondiale.
Dans les neuf heures c’est un steward grisonnant qui débarque se poster de l’autre côté du sentier, face à la fenêtre de la salle à manger. Un talkie-walkie dans une main et une espèce de petite corne de brume dans l’autre. Curieux instrument dans lequel inlassablement il souffle comme un débile peu avant chaque passage. Pour prévenir qui ? ça est toujours une bonne question... un moment, au tout début de la compétition, j’ai pensé qu’il s’était probablement trompé de battue.
Après cela, dans les environs d’onze heures midi, horaire d’hiver oblige, j’ai introduit des boules de coton dans chacun de mes deux pavillons, enfilé couvre-chef andin et salopette de combat rural, chaussé mes bottes à talons aiguilles en caoutchouc kaki, et en avant toute, en route pour la bataille du schiste. Je vous dis pas le sous-sol d’ici, le bagne, cinq premiers pouces relativement praticables, c’est juste en-dessous que cela se corse, comptez plusieurs heures pour piocher une cavité d’un mètre de diamètre et deux gros pieds de profondeur, évacuer les prisonniers à la brouette etc. Bref, je suais sang et eaux quand Norman eut la délicate attention de m’apporter quelque réconfort : du sirop de cassis bio dilué dans un litre et demi d’eau du barrage. On peut dire qu’il sait faire plaisir à sa vieille mère, le brave petit. Je m’hydratais sous le soleil de la dernière semaine d’octobre, les pieds dans la fosse jusqu’aux mollets quand le stewart grisonnant, aventuré dans le sentier (à plus ou moins dix mètres de mon chantier), a passé la tête par-dessus la haie pour nous interpeller, Norman et moi, prendre contact, se sentir moins seul j’imagine...
Alors comme ça on fait des fouilles ? dans l’air a-t-il lancé, joyeux comme un pinson. Sans détour, sourire aux lèvres et de ma voix la plus aigue j’ai répondu : Oui-da monsieur, je cherche des enfants. À son rictus embarrassé et à cette façon qu’il a eu de rondement poursuivre son chemin plutôt que la conversation, j’ai parfaitement compris qu’il ignorait si je parlais de gosses morts ou vifs.
Ritssi ! Ritssi bonito ! Corazón mio ! Ritssi ? criais-je après lui, venimeuse, comme pour enfoncer la tête du clou, me remémorant ce passage tragi-comique d'Amores perros où la malheureuse starlette top-model éplorée en vain rappelle de tous ses vœux son petit con de toutou tombé dans un trou. Norman se serait bien pissé dessus, chouette moment.
Bon, il est l’heure du JT sur TF1, murs et fenêtres n’ont pas encore tout à fait fini de trembler. Dehors, c’est sombre comme à l’intérieur d’un cul-de-jatte, presque tout et son contraire peuvent encore s’y produire, on entend quelques groupies sous diverses influences brailler dans ce qui furieusement déjà ressemble au cœur de la nuit, de vagues pétarades aussi, on imagine avec force soulagement se déployer les gardiens armés de la paix de la zone. Je dis à Norman : si un de ces cougnets a la très mauvaise idée de périr écrasé devant notre anti-motel, je sors et le tue à mains nues. Où peut-être à coups de lampe-torche, je verrai bien.
La petite sorcière posée sur le frigidaire à droite de la porte d’entrée attend la voiture-balai de circonstance avec la même impatience que celle qui nous habite.
*quelque part par ici
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21/01/2009
L' E a u R o u g e

Unijambiste, Alan Stacey conduisait avec une poignée de gaz de moto fixée au levier de vitesses.
Il débute en trial puis passe à l'automobile en 1955, par les courses de club, sur des Lotus Eleven.
Rapide malgré son handicap, il gagne sept courses en 1956 et attire ainsi l'attention de Colin Chapman. Deux victoires, à Brands Hatch et Crystal Palace, ainsi qu'une troisième place à Rouen en GT le convainquent d'essayer Stacey en F1.
Aligné dans la foulée à Silverstone, il commence timidement carrière en Grand Prix, se qualifiant de justesse, trahi par le moteur de sa Lotus 16.
Il remet cela en 1959 à Aintree où il obtient une huitième place, son meilleur résultat en Championnat du monde. Un embrayage défaillant au GP des USA clôt cette saison durant laquelle lui et ses coéquipiers Innés Ireland et Graham Hill souffrent du manque de fiabilité de leurs machines.
Alan Stacey ne passe pas inaperçu dans les parcs fermés, d'autant plus qu'il y est accompagné par son mécano personnel de toujours, Bill Bossom. À la place d'un bras, l'homme a une prothèse prolongée d'un support à outils. Les deux personnages forcent l'admiration partout où ils passent ; ils n'ont que des amis, même si certains pratiquent l'humour un peu rude de cette époque, tel Innés Ireland, grand copain de Stacey, qui avait fait croire à Jim Clark que son pote avait également une prothèse à la place d'un autre membre.
1960 n'est pas un bon cru. La grosse chaleur régnant en Argentine épuise Alan qui abandonne. On doit à la vérité d'indiquer que la puissance des F1 dépasse maintenant les moyens d'un pilote que fatigue ce système sommaire d'accélération à main. Maîtrisée sur les 100 chevaux de sa Lotus Eleven, la commande de gaz le force, sur la Lotus 18 (150 CV supplémentaires), à d'insupportables acrobaties qui usent sa hanche.
Une quatrième place à l'International Trophy et deux abandons aux GP de Monaco et de Hollande - où il fut longtemps troisième, conduisent notre homme à Spa-Francorchamps, ce toboggan infernal où il n'a jamais mis le pied. Les essais se déroulent mal chez Lotus, dont les voitures, à l'époque, cassent comme du verre ; Moss est gravement accidenté, lâché par sa caisse qui brise une fusée. Quant à Mike Taylor, il sort au volant d’une 18 privée brutalement de sa colonne de direction.
Alan est prudent, il n'est qu'en dernière ligne au départ. Devant lui, loin devant en troisième ligne, sur une Cooper, se trouve un dénommé Chris Bristow. Il n'a aucun lien spécial avec ce gars-là, si ce n'est une touchette à Goodwood u an plus tôt. Le hasard va pourtant les unir à jamais : ils vivent leur dernier jour. En lutte avec Willy Mairesse, Bristow sort au vingtième tour.
On retrouvera dans un champ le casque maculé de plumes et de sang d'Alan Stacey cinq tours plus tard. Collision frontale avec un oiseau volant non identifié. Une disparition à l'image de sa vie, fascinante.
00:00 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ovni, jps, algohallucinose, effet lotus
STRIGOPS HABROPTILUS
Ainsi suspendue aux plus intimes de ses lèvres, de la tête aux plantes envoûtée, la rêveuse se présente naturellement pieds nus à l’orée du verger. Herbes mousseuses et mouvantes, graminées.
L’héroïne se pénètre et sourit au flash du petit oiseau sans queue ni tête, presque aussi douce que la pente qu’elle arpente, tandis que parmi les rhizomes immergés dans l’ô combien limpide vase de synthèse, grouillent trente millions d’amibes hippopotamesques. Quelques pleureurs splendides disséminés, calcinés, de la moelle jusqu’à l’extrémité des branchioles pour leur part duveteuses : fine pluie de plumes écrues pour moitié d’origine végétale (elle sourit à nouveau).
Une pomme, unique, en plastique, vert pompier, c’est le soleil du ciel pour leurre disparu.
Un être au loin, probablement humain, fait des signes à cheval sur la barrière de son prochain mais la rêveuse ne compte pas faire long feu, c’était écrit. Déjà le morphing des icebergs basanés, panaché de terre d’ombres brûlées et de taupes écrasées – ainsi que le vibrant tumulte qui en résulte, agit au cœur même des paupières précieuses, tachycardie collective, nœuds gordiens, de bric et de broc, de Keith et de Flack.
À présent découverts, mes globes oculaires reprennent leur souffle en direction du plafond, invisibles corps et âme de concert pivotent, en seconde lecture et à bulletin secret. Le psittacidé somniloque allongé sur le matelot à ressort de la chambre à coucher d’à côté instinctivement dit « urne ».
Ita missa est répond de guerre lasse le tout dernier kaka de nuit télépathe en activité dans les oubliettes de mon stron cérébral.
00:00 Publié dans Psittacidésoxyribonucléisme | Lien permanent | Commentaires (4)
JUNK ROOM
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16/01/2009
La chatte de mon Oncle #3
En remerciements et hommages à mon Asperge de rêve
WENDY CARLOS [modifier]
Compositrice et interprète de musique électronique, Carlos a très tôt été attirée.
Composant à l’âge de dix ans un trio pour clarinette, accordéon et piano et concevant quatre ans plus tard son premier ordinateur.
Connue par Kimochii pour avoir interprété des œuvres de Bach sur un synthétiseur modulaire Moog, Wendy Carlos, c'est également la bande originale des films Orange mécanique, Shining et Tron.
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13/01/2009
Rest In Peace
00:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : escape from alcatraz, portmeirion, free man, lotus seven, traumspargel, juffrouw zes, 0800 32 123
01/01/2009
La chatte de mon Oncle #2
J’ai d’abord posé ma question à Thelonious Monk...
SI ON T’ACCORDAIT TROIS VŒUX QUI DEVRAIENT SE RÉALISER SUR-LE-CHAMP, QUE SOUHAITERAIS-TU ?
Il arpentait la pièce et s’est interrompu un moment pour regarder New York au loin, de l’autre côté du fleuve... puis il m’a donné sa réponse
1. Que ma musique ait du succès
2. Que ma famille soit heureuse
3. Qu’on me donne une amie géniale comme toi !et je me suis exclamée : « Mais Thelonious ! Tout ça, tu l’as déjà ! » Il s’est contenté de sourire, et il s’est remis à marcher de long en large...
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31/12/2008
Héroïne[s]

Toux sur ma mère
Maman, c’est en quelque sorte mon attendrissante petite femme cobaye géant immonde à moi. Le genre à immoler sa collection de hiboux imitation biscuit made in Taiwan et enfouir la résine polymère fondue un pied sous terre pour une période connue d’elle seule. Un soir de déluge, tu l’observes exhumer les restes, à genoux, le visage et les pattes couverts de boue, trempée jusqu’à la pourriture de sa moelle, l’œil et le sourire mauvais. Et là, à la fenêtre du premier degré, tu as beau tout haut du haut de tes vingt ans t’interroger, il n’y a de toute façon personne pour te pincer.
00:00 Publié dans Héroïne[s] | Lien permanent | Commentaires (11)
02/11/2008
L'île aux petits éléphants
Et si rien que pour ce mille et unième commentaire, nous assistions à la mort foudroyante du squelette vivant, frissonnions devant l’attaque de l'oiseau géant à deux têtes, regardions danser la femme-cobra à l'étreinte ondulante et mortelle, jouissions du spectacle de l'intense bataille entre les Cyclopes et le dragon de feu, bref, fêtions cela à grands coups d'effets spéciaux dans la figure ?
Nom d'oiseau

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30/04/2008
Fin de citation #3
L’herbe est parfois toujours plus rouge dans le champ du voisin.
[Shinobu Ishihara]
00:00 Publié dans Citaatrecht | Lien permanent | Commentaires (15)
01/04/2008
One of the many variations of tag

00:00 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sf diggers, ringolevio, tag
La touche hunter de mon pad computer
Quelque part entre les pages 24 et 25 du XII
– La haine ! rugit Prêcheur, lançant les doigts de la main gauche en avant de façon que tous puissent lire. Ce fut avec la main gauche que notre vieux frère Caïn frappa le coup qui abattit son frère. Et depuis ce jour néfaste, mes frères, la main gauche a supporté la malédiction des vivants et de Jéhovah, le Tout-Puissant !
Walt grogna en approuvant et, grattant une allumette sur le fond de son pantalon, la porta à sa pipe et souffla la flamme.
– L’Amour ! s’écria Prêcheur, levant alors la main droite. Vous voyez ces doigts-là, chers amis ! Ces doigts ont des veines qui mènent tout droit au cœur, à l’âme toute-puissante de l’homme. La main droite, amis ! La main de l’Amour ! Maintenant regardez ! Et je vais vous montrer l’histoire de la vie ! Les doigts de ces deux mains, mes chers cœurs, ils sont sans cesse à s’arracher et à guerroyer, main contre main.
Alors il avança les doigts, les unit, ceux de la gauche et de la droite, et puis ils se tordirent et s’entortillèrent les uns les autres jusqu’à ce que les phalanges craquent horriblement.
– À guerroyer et à se déchaîner, mes amis ! L’âme de l’homme ne cesse de combattre contre sa propre cupidité, sa luxure et sa puante corruption ! Regardez-les, chers cœurs ! Cette vieille main droite, l’Amour, est fichue ! Mais là, attention ! Bon sang ! L’Amour est en train de gagner ! Oui, M’sieur ! la vieille main gauche, la Haine, est fichue !
Davis Grubb - La nuit du chasseur
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CHEZ GEORGES
Amuse-gueule
Parmi mes dernières productions oniriques presque tout public en date, ces quelques tranches que j'estime propres à la publication, potables, de nature à figurer couchées sur le papier dressées sur l’écran.
Nous sommes un brave type, suite et fin
Alors dans la foulée, je signale avoir consacré toute la journée d’hier à pousser mon père à travers l’endroit qu’il préfère le plus au monde : les rayons des grandes surfaces. « Ramène-moi tout plein des surprises ! » l’a supplié ma p’tite tête de mère... ah ! ces pauvres vieux pourrissants, s’ils n’étaient pas mes parents je me verrais bien à l'occasion sporadiquement les chérir.
Décembre : quoi de bien neuf sous la tiédeur du soleil ? rien qui ait fondamentalement changé par rapport à la dernière excursion en date ; naturellement, encore et toujours ces saletés de regards obliques, exprimant toute la terreur et le dégoût du monde, sans la moindre retenue, en flagrant délit de naturel au petit trot.
Des tronches. Certaines d’entre elles, plus rares, plus vicieuses aussi, disons putassièrement compatissantes, se fendent d’un sourire mort-né, d’ores et déjà décomposé. Pitié qui pue du bec...
Dans une vie de maître-chien, le brave type qui nous anime fabrique à coups de canines de la pâtée d'autrui pour SDF. Cyniques et sanguinaires nous devenons le premier tueur en série de Wallonie. Interpellés par les agents de sécurité du centre commercial, on retrouve mon corps de rêve enchaîné au QHS de Belle-île en Liège. Une fois transféré à Lantin pour bonne conduite, je m’en évade en surfant comme une bête sur le compte du contribuable.
Il est déjà trop tard pour lécher la main de cette bisaïeule sicilienne (ou sarde, pas la peine de prendre la mouche) qui en croisant notre route – quelque part dans l’allée centrale en direction du rayon plein de surprises*, est à deux doigts de m’engueuler, l'accent grave à couper au couteau : Ho, suo bord elle trrraîne parterre ! qu'elle me lance, traçant sa route tout en pointant de l’index le bas du bénouze paternel...
Sans le savoir, le petit phénomène vient de sauver mon lundi matin avec force maestria. Sa bienveillance aussi rugueuse que spontannée a surtout probablement permis d’éviter un putain de carnage avant les fêtes. Grazie di cuore.
Ensuite, mon papa m’a offert un morceau de pizza que nous avons avalé dans une autre allée du complexe, moi sur un banc et lui dans son fauteuil de merde, dégueulasse, la chaise, pas la pizza, même que c’est plutôt dingue, faut dire qu’à la même enseigne, pendant que les carrés sont passés et repassés au four, deux bonnes pâtes CDD assez moches vendent également des friandises au poids, des sucreries genre gaufres de Tox City, de la crème glacée du nord du pays, de la Jupiler et de la Carapils en cannette aussi. J’ai fermement refusé la bière spéciale de chez Georges, une des tavernes de la galerie bourdonnante. Mon papa n’a pas insisté.
Sur le parking, tandis qu’il s’agissait pour la troisième fois de repousser son véhicule dans le coffre de la voiture, un type je dirais quinquagénaire est venu se garer à nos côtés, sur un emplacement réservé aux invalides et, en l'occurence, à leur chauffeur d’occasion. La créature aussi dégarnie que moustachue et mal rasée a comme jailli d’un bond de son 4X4, tel le fruit illégitime d’une gazelle trisomique et d’un homo hippopotamus tout ce qu’il y a de plus normal. Le croisement nous a toisé, l’œil mauvais, dans l’attente probable de quelque altercation, en moi l’adrénaline a giclé mais comme à chaque fois en compagnie de mon papa je ferme lâchement ma grande gueule, comme pour lui faire honneur.
Dans la foulée, le vieux m’a raconté qu’à l’époque où il avait encore au moins un pied pour appuyer sur le champignon, un valide a joué de sa caisse histoire de lui brûler la politesse et de la sorte ravir la place qu’il s’apprêtait à occuper. C’était pourtant à nouveau un emplacement réservé aux sous-hommes. Il pleuvait, se souvenait mon papa d’un ton triste… J’ai baissé la vitre pour le remercier, et là, voici ce qu’en gros le gars m’a répondu : « Si t’es handicapé t’as qu’à rester dans ton lit ! ». Ta mère n’a même pas bronché, a-t-il cru bon de rajouter.
* Depuis l’ablation d’un tiers de son intestin grêle due à un infarctus mésentérique survenu il y a environ cinq ans, l'auteure de mes jours est devenue disons surconsommatrice de PQ. Tout profit pour la bonne conscience de mon géniteur, ce pack de vingt-quatre rouleaux triple épaisseur (rose bonbon) ! Le cadeau-surprise désintéressé par excellence, surtout dans la mesure où lui ne chie plus avec son cul depuis la fin des années ’80...
Eau-de-vie pour la route
Ignace semble décidé à gentiment mettre un terme à sa grève du son, le soir même j’avais droit à un timide bonne nuit ainsi qu’à un petit coup de pommette en guise de bisou…
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Woord van de dag
P R O C R A S T I N A T I E
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LE JOUJOU DU PAUVRE (3ième et dernier épisode)
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Décembre, suite et fin

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La visite au funérarium remonte à deux jours et depuis plus que jamais demeure aussi vivace l’essence du lilium dans les trous d’nez de ma mémoire. Tout (absolument tout) fleure le lys à outrance. Lame horizontale ou criblée, membranes et bulbes olfactifs, c’est bien joli, poétique, scientifiquement correct même, mais merde, quoi que j’aille, où que je fasse, l’odeur est àl, intégrale, impérissable, impérialiste.
La photographie de l’octogénaire sourire aux lèvres et cigarillos vissé au dentier repose sur le couvercle en chêne de la bière belge dans laquelle son enveloppe charnelle entame à bras le corps la phase putride de son existence terrestre. Un cliché disons avantageux en regard de la dernière fois où au détour d’une balade en forêt je passai prendre des nouvelles de sa gueule. Cela remonte à la neige, il n’y avait déjà plus âme qui vive derrière la tête basse des volets de sa bicoque. Pas l’ombre d’un jappement. Plus fatale encore, celle juste avant, celle où le vî coyon semblait ignorer qui nom de nom je pouvais bien être. Debout, toujours plus dur de la feuille, il y causa essentiellement fosse septique. Un putain de monologue où par instant il gratifiait la petite-fille de feu son frère de prénoms discutables… documentation, devis, et facture à l’appui.
Le cancer de la vessie, il s’en fichait presque, c’était bien davantage la pose récente de sa station d’épuration qui le travaillait. Il ne l’a jamais utilisée. Le grand-oncle vidait le tout au fond de son petit jardin pour ne pas la salir.
Je serre à présent quelques mains des deux sexes (pour la plupart inconnues) et embrasse la fille du défunt pour la forme de mes sincères condoléances. L’ai-je déjà vue, cette cousine moustachue par alliance ? M’en souviens pas dis-donc.
L’insolente beauté plantée dans un coin de l’ambiance m’est quant à elle formellement inconnue. Wendy, vingt ans à tout casser, se contente de sourire de partout partout et vibre comme si en effet elle n’était pas seule responsable des vagues de chaleur que même en ces lieux elle parvient à provoquer. Mais pourquoi je raconte ça, moi ? Ah oui ! C’est que sans ces saloperies de gerbes j’aurais je pense gentiment bander dans ma bulle.
Des fleurs du mal à la vessie je disais le cancer, quoi. L’odeur du lys et de la pisse. L’antique pseudo caniche à l’article de la rubrique des chiens paralytiques, compagnon répugnant de l’infortune des derniers jours, de la dernière heure, filé en éclaireur. C’est qu'il faut s’imaginer le bonhomme partir à sa recherche en pyjama, des semaines après l’euthanasie. Une escapade de plusieurs bornes à travers bois !
Mais qu’entends-je, qu’ois-je, son couvre-chef fétiche (une casquette à visière américaine made in China) l’accompagne ? Grand bien fou lui fasse ! Qu’il repose en paix et remette donc mes salutations distinguées à qui mieux mieux, des fois que...
***
Pour sa part, la dernière fille de Strychnine vit toujours.
Courageuse petite forte tête adorable et pleine de jeux. Parfois, le monstre sacré appelé Dieu l’exige en bleu, un bleu ch’sais pas quoi d’ailleurs. Gris bleuté ? pas une teinte qui schtroumpfe la joie de vivre en tout cas. Déjà, le bleu pour la peau d'une gamine de la moitié de moins de cent mois, avec ou sans traces de scie circulaire sur le sternum, cela n’est guère des plus seyant, pas des plus naturel non plus faut reconnaître. Moi je dis que c’est rose qu’elle devrait être. Ou noire presque de la tête aux pieds. Jaune devant brun derrière à la limite.
TOUT sauf bleue. Bleu c’est strictement réservé aux petits garçons qui respirent la santé.
***
Quand dans un premier temps, Mickey, douze ans, apprit que déjà les chances de sauver sa jambe étaient nulles, il a dit pas grave en souriant à ses parents (d’autres espèces de cousins). C’est un peu plus tard qu’il a fait machine arrière, un peu plus tard que le Ciel est tombé dans sa tête. Dès l’instant où des spécialistes en la matière lui ont clairement fait comprendre qu’avec le traitement et les soins qu’ils allaient lui prodiguer, il perdrait jusqu’au dernier de ses cheveux. Cette réalité là, Mickey a eu beaucoup, beaucoup plus de mal à l’encaisser...
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Juin 2008
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Entraînement : Techniquement, une synchronisation d'ondes cérébrales avec une fréquence déterminée par le biais d'une onde électronique, d'un signal acoustique, etc. Psychologiquement, le processus consistant à suivre un message ou un ordre subliminal ou occulte. Dans une transe post-hypnotique, le sujet « entraîné » par le commandement donné sous hypnose y obéit de façon automatique et aveugle.
Le vecteur et le déguisement sont la même chose – dans Gyn/Ecology, Daly les appelle des « incrustations subliminales » – mais le terme vecteur souligne la manière dont le déguisement fonctionne de façon directive sur les sujets ciblés pour un conditionnement idéologique, religieux ou social. La morale Chrétienne est, par exemple, un vecteur crypto-fasciste pour la collusion victime-perpétrateur. L'image du dieu-homme ou du surhomme, Jésus Christ, est un vecteur crypto-fasciste pour un culte extra-terrestre de domination. Ceux qui embrassent l'image comme l'idéal de l'humanité deviennent des complices involontaires dans un programme occulte... ce qui nous fait paraître basculer dans la thèse de la conspiration, bien sûr. Pour nous défendre des accusations selon lesquelles ces leçons de Mythbusting 101 nous rendent solidaires de la sphère familière de la théorie de la conspiration globale, je dois présenter des distinctions rigoureuses (en cinq paragraphes) :
1. La meilleure conspiration n'est pas imposée au peuple par des manipulations occultes : elle est volontairement adoptée par ceux qu'elle est supposée tromper et léser. Il n'existe pas de conspiration capable de contrôler le monde entier et de duper tous les peuples de la planète mais il existe un scénario basique de conspiration qui œuvre de telle sorte qu'un programme de conspiration globale, qui serait extrêmement compliqué à mettre en place, n'est pas nécessaire. Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas besoin de fomenter une conspiration dans le monde lorsque les individus acceptent d'être de connivence avec vos objectifs, totalement à leur insu, néanmoins.
2. Un bon exemple pour illustrer ce type de connivence est le film de 1974 A cause d'un assassinat dans lequel Warren Beatty jour le rôle d'un reporter qui tente de dévoiler une conspiration et qui finit par en devenir le bouc émissaire. La bande du film annonce ironiquement: « Il n'y a pas de conspiration, juste douze personnes mortes ». L'assassinat planifié que suspecte le personnage joué par Beatty fut mis en oeuvre par une intrigue mais c'est lui-même qui devient la cheville ouvrière de la conspiration. Il participe donc à la conspiration sans avoir été obligé de le faire.
3. Il existe un programme de conspiration à l'œuvre dans l'histoire mais pas une conspiration systématique et globale en soi. Une des finalités de ces leçons est de décrire ce programme. Cela n'est pas du tout de dévoiler une conspiration secrète ou présumée telle. En fait, l'approche que je développe ici pourrait être appelée une théorie de contre-conspiration. Elle diffère de la théorie de la conspiration dans la mesure où son propos n'est pas de dévoiler une conspiration spécifique en citant des noms ou des événements ; elle tente, plutôt, de montrer comment une collusion aveugle émerge automatiquement autour d'un scénario prédéterminé.
4. D'emblée cette distinction n'est sans doute pas claire et il peut être bénéfique de se démarquer des suppositions et des associations habituelles qui sont corrélées aux exposés de la théorie de la conspiration et d'introduire deux nouveaux termes – pour rafraîchir la syntaxe, si l'on veut. Au lieu de conspiration, je vais me référer à la suprême arnaque (dans le sens où Daly évoque le « Maître Mythe »). Les arnaqueurs peuvent être appelés les Illuminatis mais ce terme est chargé d'associations et j'en propose donc un autre : les DC. Dans ce nouveau jargon, nous pouvons parler « de la suprême arnaque menée par les DC » afin de montrer que ce n'est pas une conspiration en soi mais un fantasme collectif qui permet à un noyau d'activités réellement maléfiques d'être perpétrées dans le monde entier. Comme la suprême arnaque est un fantasme de l'imagination collective, elle n'a pas besoin d'être mise en œuvre par un vaste effort conspirationnel. Elle s'invente et se nourrit d'elle-même tant que l'imagination collective n'est pas rendue attentive au scénario et guidée vers d'autres directions.
5. Et il existe un complot, un scénario, un programme caché mené par des personnes réelles, un groupe restreint d'individus que j'appelle les DC. Ces initiales signifient « divinement choisis », la croyance directrice des DC. Ces dominateurs, au nombre restreint, partagent tous la croyance selon laquelle ils sont les plus beaux et les plus forts. Des conspirations telles que le Nouvel Ordre Mondial sont des fantasmes collectifs qui voient le jour en raison de la tentative humaine d'imaginer ce que les DC sont en train de concocter et comment ils fonctionnent. Les DC tirent alors profit du processus de fantasme collectif et l'exploitent selon des voies extrêmement pernicieuses. Il est exclus, cependant, d'imaginer que les DC orchestrent un vaste programme de manipulation globale. Ils n'en ont pas besoin. Ils font confiance à l'humanité pour se leurrer elle-même, pour créer ses propres prisons et pour inventer les monstres qui la subjuguent. L'œuvre des DC est diaboliquement intelligente, une illusion qui s'auto-réalise comme un cauchemar Kafkaïen qui s'incarne grâce au comportement aveugle et compulsif de millions de personnes. Le génie des DC réside dans leur capacité de faire jouer l'imagination collective contre elle-même. Ils comptent sur l'humanité pour se faire entraîner par ses propres illusions, ou par des croyances attachées à ces illusions et « mythes trompeurs » comme Mary Daly les appelle – le mythe de la résurrection du corps physique après la mort, par exemple.
Les DC croient qu'ils sont les quelques élus de la divinité paternelle qui œuvre contre l'humanité. LUI, Yahvé, les récompensera de l'immortalité physique ou d'un statut clonal d'éternité, un simulacre de vie, préfiguré par le personnage sinistre de Melchizedek qui est « non engendré ». Ils peuvent faire abstraction de l'humanité et mettre en place toutes sortes de mesures pour faire en sorte qu'elle empoisonne son habitat et s'auto-détruise par la violence sectaire, le racisme, l'addiction aux drogues, et autres pathologies induites parce qu'ils se sont alliés avec la puissance plus qu'humaine d'un dieu paternel extra-terrestre. Pour autant que je sache, seuls les Gnostiques des Mystères Païens s'exprimèrent sur la place publique afin de défier ouvertement ce pacte anti-humain en dévoilant le Démiurge, le dieu dément qui œuvre contre l'humanité. Cela explique aisément pourquoi ils furent si brutalement exterminés.
[John Lamb Lash] [Dominique Guillet pour les traductions]
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(…) Réveillé par une saleté de mal de tête au crâne, je rallumerai la fin du tarboule qui collera à mon bec et machinalement m’envolerai jusqu’à la cabine d’essuyage la plus proche. Le grand rouquin de souche européenne aux yeux noisette et son partenaire albinos sans-papiers né de parents inconnus des quartiers chics de Pyongyang*– avec lesquels, hélas, j’aurai enfin passé la soirée ainsi qu’une bonne partie de la nuit défoncé tout là-haut à la cime du charme –, auront également profité de la situation de mon sommeil pour dès potron-jacquet disons fausser compagnie à ce qu’ici-bas d’aucuns appellent la vraie vie.SEPTEMBRE
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Quarante ans ce dimanche que sporadiquement on se fréquente et à peine moins que je le souffre, disons le D. et sa faute à pas d’chance. Le D. qui putain même à distance parvient encore et toujours à me pourrir l’existence. Le D. et sa maladie. Le D. et ses boucheries-charcuteries. Le D. et ses stomies. Le D. et ses produits chimiques, ses je n’sais plus combien de morts clinique. Le D. et sa chaise électrique. Le D. et ses prothèses en alliage. Le D. et ses prothèses en plastique. Le D. et sa façon de penser. Le D. et son racisme de fils de pute. Le D. et ses réactions épidermiques. Le D. et ses différences de traitement systématiques. Le D. et ses penchants. Le D. et ma sœur. Le D., mes nièces et mon Ignace. Le D. et ses mensonges éhontés. Le D. et les restes de l’humanité. Le D. et ce fumier de YHVH. Le D. et ses manières de traiter la p’tite tête de ma mère. Le D. et la moitié de notre quart-monde. Le D. et ses goûts de chiottes. Le D. et tout ce qui ne me revient pas dans l’immédiat. Le D. et moi qui rêve de le faire disparaître à jamais histoire d’abréger quelque peu nos souffrances respectives.
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L'enfant qui rêvait d'êtres vieux
J’avais quinze ans quand enfin, grâce à la musique, in extremis je suis entré en enfance.
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Larry Lagneau dans le ventre de son daronAcrylique et cutter sur aggloméré
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L'étouffant costume de clown en caoutchouc- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
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OCTOBRE
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Kinder Surprise- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Avian Learning EXperiment
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Ajuaye mengi, hasemi mengi
JANINE : Kanzi, this is Janine. Would you like any food ? Tell me what food you'd like.
TALKING KEYBOARD : Food surprise.
JANINE : Some food surprise ?
TALKING KEYBOARD : Food surprise.
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Koko sometimes invents new word combinations. What do you think she means by :
- Cookie Rock → a stale sweet roll
- Eye Hat → a Halloween mask
- Finger Bracelet → a ring
- White Tiger → a zebra
- Elephant Baby → a Pinnochio doll
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Au responsable du Centre d'Invincibilité Maharishi
Monsieur,
Page je n’sais plus combien de Catching the Big Fish, est à peu de choses près traduit ceci :
Le monde entier voudra être votre ami.
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Mc Nuggets sip barbecue sauce- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Intermède musical #13- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
A tribute to Lucifers
(…) Dans un magasin de jouets, je passe en revue des soldats de bois avant de tomber amoureux d’un lieutenant qui m’invite à danser. Mais un hussard noir, mué par un ressort, jaillit d’une boîte : « J’ai rendez-vous avec la créature des commentaires du rêve d’Elly ». Pour prouver sa puissance, la mort tue les soldats de bois, arrête la poupée mécanique et fait rentrer le lapin en peluche. Nous fuyons à cheval dans les nuages, poursuivis par la mort qui provoque mon officier en duel et le tue. Puis elle se saisit de moi inanimé et me dépose au pied d’une croix transformée en rosier. Ses pétales tombent en pluie sur le sol où je repose. Retour à la réalité. Ce que nous croyons être des pétales ne sont que flocons de neige recouvrant mon visage de petite marchande d’allumettes endormie pour toujours.
Pas encore eu le temps de calculer leur âge, je sais juste qu'elles sont seize. Ce qu'elles peuvent bien planifier là-haut, dans le coin supérieur gauche du carré de tentures de ma chambre à coucher, en plein mois d'octobre deux mille huit, et depuis quand y sont-elles coléoptères ? Mystères...
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Ce que la nature nous montre- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
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NOVEMBRE
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LEBENSLAUF MACHT FREI
Michael Guinzburg a travaillé comme plongeur, cuisinier, coursier, chauffeur de gangsters, garde du corps de strip-teaseuses, télégraphiste, détective privé, chauffeur de poids lourds, etc.
Pour ma part, c’est dans la pub qu’initialement j’ai pris direct pour cinq ans. Une exploitation familiale, basée en rase campagne, aux mains d’un ingénieux petit astérisque à poils mi-longs presque entièrement dépourvus de mélanine. Explication : des arcades sourcilières couleur craie pour l’une, et – peu me chaut d’être cru –, tableau noir pour l’autre…
Gérant de société au centre de la gauche, la cinquantaine (trône chez lui une photo de quand il était vieux, datant des années septante, une barbe de malade visiblement tendue à l’extrême par sa passion pour l’orgue de barbarie), humoriste hyper professionnel franc-maçon dans l’âme, toujours un bon petit mot pour les droits de l’homme indépendant et les médias locaux dans sa manche. En revanche, rien à dire, ou à peine, sur sa moitié, sérigraphe. Une teigne aussi haineuse qu’inconsolable, que Vapeurs chimiques de Guerlasse jamais ne déserte. De l’imposant atelier connexe au bar des studios de créations à proprement parler, le ciel est orageux, couvert en permanence.
J’y ai débarqué comme jeune quille dans un jeu d’chiens, en stage, peu de temps après la chute du fruit unique de leurs amours, tué dans un stupide accident de mobylette. Pratiquement le même âge. C’est également l’époque durant laquelle toute la jambe de mon D. partira en fumée, celle aussi où la femme de sa vie, ma mère quoi, fréquentera tantôt l’ensemble des instituts psychiatriques de la communauté française tantôt la crapuleuse compagnie de spirites from behond. L’époque effroyable où au sortir de l’adolescence à jamais j'aiguisai les ressorts de ma vision du monde du travail sur soi des uns et du travail sur soi des autres.
Ensuite, illico après le clash de fin, je me déguise en pseudo zombie de société, pas la moindre couverture sociale, que dalle. Le petit niki se souvient alors de feu son bon-papa, Heinrich, l’aïeul antikapitalist sans qui naturellement nous ne serions pas ici et là : « Si tu travailles pas à l’école, tu voleras à l’usine ! ». Loin d’être un cancre près du radiateur de la fenêtre, des usines, j’en ai malgré tout comme qui dirait fréquenté quelques unes dans le futur de mon passé. Déjà, à l’époque, environ deux décennies avant cette crise financière sur le gâteau planétaire, on tuait père et mère pour s’y faire enrôler.
Arrive ainsi la découverte de ses semblables, de jour comme de nuit, 3*8, feux continus, et t’avises surtout pas de contracter la CRÈVE !
* reLire Rosetta de Saxe-Cobourg du gotha (n'y changera rien)
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Au cérumen des purs-sangs
(…) Quittant Aloysius Swann qui allait à la P.J., Ottavio Ottaviani gagna Longchamp où, nonobstant l’inamical climat, l’on courait l’important Grand Prix du Touring Club qui finissait la saison. Il s’agissait d’un handicap ardu qu’un nabab dotait d’un prix qu’on disait mirobolant (on murmurait qu’il offrait un million au gagnant). Aussi, Tout-Paris paradait-il au paddock.
On pouvait voir Amanda Von Comodoro-Rivadavia, la star à qui la Columbia avait garanti par contrat un milliard pour trois films. Amanda portait – sancta simplicitas – un pantalon bouffant d’ottoman incarnat, un ras du cou corail, un caraco purpurin, un obi colcotar, un foulard carmin, un vison nacarat ; bas rubis, gants cramoisis, botillons minium à hauts talons zinzolin. Urbain d’Agostino, son soupirant du mois, l’accompagnait : jabot au point du Puy, frac d’Ungaro à col Mao, gibus, Grand Sautoir. On montrait du doigt Maharadjahs, PDG, Kronprinz, Paladins, Hospodars ; chacun avait son nom au Gotha ou, au moins, au Bottin Mondain. Ça froufroutait dans un grand tralala.
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Signal whip et autre single tail- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
6(...) Va te faire enculer, dit Bennie, joyeusement. Du vin rouge. Le plus cher.
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L'URL du Motel (ou Les oreilles des Mûres)- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

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Bol d'air
Entre vingt-cinq et trente-trois centimètres de poudreuse ma tête fourchette.
L’appel de cette première neige saute aux yeux. Comme aimanté j’enfile du coup coup sur coup douche de café lyophilisé et chaussette sur chaussette (7) histoire d’épouser pour le meilleur etc. le for intérieur caoutchouteux de mes bottes kaki fétiche du dimanche (un 45 fillette deux pointures au-dessus, du dix ans d’âge, tombé jadis du casier de l’usine à papier), et hop, l’est parti le niki.
Sur le point de traverser la grand route quand mon regard croise celui d’une femme-mouton au volant. Oh ! C’est Boucles d’or et sa mignonne cervelle à deux balles. Curieux, elles ne semblent visiblement remettre qui protège du blizzard pareil camouflage, pas même ce signe de la main dont pourtant moi seul au monde détient le secret. Myopie hivernale ? Peu importe, passons sur ce qui ne me regarde pas. Nous y reviendrons, tu verras.
Une nouvelle vingtaine de minutes dans la foulée de ma vie plus tard je m’extirpe du blanc manteau de vision sylvestre, direction le sentier d’Åbèspène (Arbespine, mot qui en wallon correspond à aubépine, épine blanche, du latin alba spina*), sentier au beau milieu duquel se distingue la silhouette de deux bonshommes dans la neige. Des adultes. Un père et son fils, ma moufle au feu. Une demi-génération nous séparent, par nous je veux dire eux plus Ignace Laudanum et moi-je : le plus jeune des deux vieux mâles en présence. Vu qu’ils bougent pour ainsi dire peu ou prou, pas à pas forcément j’approche, entendu aussi que la langue paternelle de Kelly Pfaff et moi ça fait twee, j’entrave que dalle à c’est quoi qui se murmure. Alors pourquoi un seul ski au pied du grand garçon, jamais toi et moi (hélas) ne saurons.
C’est de là, en contrebas, presque à leur hauteur, qu’on va dire à présent je surplombe la scène dans son intégralité. En somme, on se dirige tout trois vers une créature gracieusement plantée devant l’arrière d’une grosse cylindrée allemande du nord du pays. À dix mètres, la maman (l’autre moufle) est ma foi déjà toujours bien bonne pour son âge. La cinquantaine. Classe. Maquillée et sapée au poil de la tête aux pieds, denim pour la touche et lingerie en dentelle de Bruges si cela se trouve.
Je fais Bonjour avec ma bouche dans les yeux gris-vert du touriste.
– Bonjour, répond pour ainsi dire sans accent celle de ce dernier.
– Dag’, fais-je dans ceux de la M.I.L.F.
– Dag’, elle dit, souriante, solaire, allant même jusqu’à me gratifier d’une élégante légère flexion des genoux, ce genre de petit chaud et froid sexy, tu vois ?
Plus loin, toujours plus loin, la grand route attend sagement d’être à nouveau traversée. Boucles d’or et sa mignonne petite cervelle à deux balles repassent également dans l’autre sens, exactement à une bande près de là où nos regards se sont vachement croisés une heure plus tôt.
Retour à la case départ.
*source http://www.sos_sentiers_battus.org
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Intermède musical en anglais00:00 Publié dans Psittacidésoxyribonucléisme | Lien permanent | Commentaires (86) | Tags : algohallucinose, asperge de rêve, pecorino, altruisme, fornication, hémisphère, deleuze et palatin...
30/03/2008
Le néerlandais sans peine
LITTÉRATURE (PAGE 117)
« Bon, il faut que je retourne au travail, a dit Fred. La presse n’attend pas. Que vas-tu faire ?
– Je crois que je vais aller écrire, travailler un peu à mon livre.
Dalí : Rêve causé par le vol d’une abeille
– Ambitieux projet. Est-ce que le livre parle du temps, comme le prétend le maître d’école ?
– Non, il n’y est pas question du temps.
– Bien. Parce qu’un livre sur le temps, ça ne me dirait rien.
– Tu as déjà lu un livre ? Non, a répondu Fred.
– Mais je n’ai pas envie de commencer par un livre sur les nuages. »
Richard Brautigan
Hartelijk bedankt au jardinier secret du Comte Piotrard de Nervulve, lui-même il sait !
00:00 | Lien permanent | Commentaires (104) | Tags : sucre de pastèque
29/03/2008
Intermède musical #11
00:00 Publié dans ♫ | Lien permanent | Commentaires (5)
28/03/2008
Comme un épouvantail dans un champ de concombres
(...) sa plaie mortelle avait été guérie ; et la terre toute entière était dans l'admiration.
Révaluation 13:3
12:00 | Lien permanent | Commentaires (4)
27/03/2008
Planète bleue

00:00 | Lien permanent | Commentaires (57)
25/03/2008
Zeus, Apollon, au pied !
06:00 | Lien permanent | Commentaires (28)
23/03/2008
Koinrokkā Beibīzu
(…) La majorité des enfants ont été retrouvés à l’état de cadavres, la plupart ayant été déposés déjà morts, les autres étant morts à l’intérieur de la consigne, et on note seulement quelques cas exceptionnels de bébés qui respiraient encore au moment de leur découverte, et qui ont été emmenés à l’hôpital où ils sont morts à leur tour. Autrement dit, ces deux enfants sont les uniques survivants parmi de nombreux cas semblables. Les nouveau-nés n’ont naturellement pas de souvenirs conscients, on peut cependant penser que leurs circuits de mémoire gardent, quelque part dans le subconscient, une trace de l’état de terreur qu’ils ont vécu confrontés à l’imminence de la mort et de la lutte farouche qu’ils ont menée pour rester en vie, et qu’ils ont gagnée. Cette énergie extraordinaire qu’il leur a fallu pour simplement survivre a dû rester programmée quelque part dans leurs circuits, et à certains moments cette énergie échappe au contrôle de leur encéphale. Autrement dit, ils disposent d’une énergie trop forte pour la maîtriser eux-mêmes et il leur faudra sans doute de nombreuses années pour apprendre à la canaliser.
– Mais que peut-on faire ? demandèrent les bonnes sœurs. Ces deux enfants vont bientôt aller à l’école, et ils seront peut-être adoptés. S’ils restent enfermés dans leur autisme, ils ne pourront pas grandir normalement.
– Il y a une thérapie qui pourrait s’avérer efficace : on endort l’énergie pendant une période de temps donnée, elle reste enfouie dans les replis du cerveau jusqu’à ce que le patient soit capable d’en contrôler la force, autrement dit il s’agit de geler les structures du métabolisme et des cellules psychiques… Cette thérapie a été développée aux Etats-Unis où elle est utilisée dans les cas de schizophrénie aiguë liée à l’usage de stupéfiants. On fait retourner le patient dans le ventre maternel, ce qui lui procure un bien-être et un calme absolus. On lui fait entendre un son, un battement de cœur amplifié électriquement, le battement de cœur maternel que l’enfant entend dans l’utérus, n’est-ce pas. Le battement de cœur retentit avec une extrême amplitude dans le corps du fœtus parce qu’il n’est pas transmis par l’air mais à travers le liquide amniotique, ce n’est pas un simple son, n’est-ce pas, mais une vibration transmise par diverse organes, le sang, la lymphe, et il est donc ressenti par le fœtus comme une gamme de sons très complexe. Quand la reproduction de ce timbre et de cette gamme de sons a été publiée l’année dernière aux Etats-Unis à un congrès de psychiatrie, le professeur Michael Goldsmith de l’université de technologie du Massachusetts, un chercheur en chimie neurologique, a émis un avis intéressant. Ce monsieur, qui écrit des romans de science-fiction, n’est-ce pas, a fait remarquer une forte ressemblance entre ces battements de cœur et les signaux émis par un satellite artificiel lancé par le développement aéronautique dans le but d’établir un contact avec des extraterrestres, c’est sans doute un hasard, mais enfin j’ai moi-même fait l’expérience et écouté ce battement de cœur et vraiment, c’est extraordinaire. Quand on écoute ce son dans un état de semi-somnolence, on ressent une paix et une extase extraordinaires. Il est sans doute fort impoli de ma part de dire cela à des religieuses, mais les états d’extase que l’on croyait autrefois inspirés par le Christ n’ont probablement pas d’autre origine que ce souvenir intra-utérin, n’est-ce pas…
Ryū Murakami – Les Bébés de la consigne automatique
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22/03/2008
Faux frères Lumière
Le soleil ne fut guère brillant cette nuit (si ce n'est par son absence), disons que le jaune du ciel tirait davantage la couverture tissée de moments songes vers un gris clair et visqueux. Uniforme. Et dans le fond, cela tombait plutôt pas mal du tout.
Le petit bonhomme de foie causait rhizome quand les perroquets surgirent et bariolèrent l’atmosphère avec panache. De la terre ferme, j’en comptais une centaine au bas mot. Mensurations d’hélicoptère et autre vitesse de la lumière. Parade amoureuse quasi militaire. Voûte céleste soudainement haute en couleurs. Éventail détonant. Silence paradoxal vibromassant. L’un d’eux, au bout du compte à peine plus grand qu’un psittacidé à coudre vint s’empaler sur l’extrémité de mon index en souriant, tandis que pour sa part, celle qu’ici-bas nous appelons réalité, fidèle à sa réputation, se moquait de mon rêve comme de l’émission de sa première goutte de sang.
Et dehors il fait toujours aussi sombre que dans le rectum d’un cul-de-jatte filmé en noir et blanc, s’est remise à chahuter la neige du printemps.
06:00 Publié dans Psittacidésoxyribonucléisme | Lien permanent | Commentaires (9)
20/03/2008
L'étrange cas de Monsieur K
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19/03/2008
CYRIEL VERSCHAEVE STRAAT
Ordonné prêtre en 1897, Cyriel Verschaeve enseigne l’histoire et l’allemand, participe à des cercles littéraires, écrit des poèmes, des essais, des pièces de théâtre et tente de fonder une congrégation pour la conversion des Boers d’Afrique du Sud au catholicisme. Au cours de la guerre 14-18, il participe au mouvement frontiste et se lie avec Joris Van Severen. En 1925, il déclare : « Pour moi, la Belgique n’existe pas et je ferai en sorte qu’après ma mort la Belgique me déteste ».
En 1931, il soutient chaleureusement la fondation du Verdinaso. Plusieurs fois invité en Allemagne nazie, il rédige dès le début de l’Occupation "Het Uur van Vlaanderen", une apologie de la collaboration. Le 6 novembre 1940, il est proclamé président du Conseil culturel flamand, contrôlé par la Communauté de travail germano-flamande (DeVlag) et par la SS. Partisan du rattachement de la Flandre au Reich, Verschaeve tente de concilier christianisme et nazisme (notamment dans son essai "Europa und der neue Glaube").
Évacué par la SS en Allemagne à la veille de la Libération, il tente d’y former un "gouvernement flamand" en exil. Lors de la défaite nazie et grâce à des complicités ecclésiastiques, il se cache en Autriche jusqu’à la fin de sa vie. Par arrêt du 11 décembre 1946, le Conseil de guerre de Bruges l’avait condamné à mort par contumace. Il reste à l’heure actuelle, l’une des références de la mouvance Vlaams Blok.
Cyriel Verschaeve a sa rue à Marke (commune de Courtrai, Flandre occidentale), Lanaken (Limbourg), Kapelle-op-den-Bos (Brabant flamand), Zoersel et Puurs (Anvers). Dans cette dernière commune, le poète SS est ainsi honoré en plein village de Breendonk, à quelques centaines de mètres du camp.
Source : "RésistanceS", n° 6, printemps 1999, pp. 7-8
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ASUBAKATCHIN
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18/03/2008
Intermède musical #10
Wagon Christ : Shadows
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16/03/2008
Les rameaux du dimanche
A quoi cela me servira-t-il d’avoir écrit une quinzaine de volumes ? C’est la vie du corps qui compte. Demandez à Nora ce qu’elle en pense. Jouisseuse. Egoïste. Ne se casse pas les méninges. Fière salope. Comme je lui suis reconnaissant de me rendre la vie facile, c’est-à-dire invivable !
Elle s’est insinuée en moi comme une maladie. Un cancer. Il ne reste plus de moi qu’une apparence. Je ne crois plus aux fariboles de l’art ni à toutes ces conneries de crève-la-faim. Je ne comprends plus le langage de mes anciens amis. Que veulent-ils dire avec leur besoin de création, leurs disputes sur des mots, des formes, des couleurs, des sons ? Moi, je ne comprends plus que manger et lâcher mon foutre dans un con brûlant. Plus de livres en vue. Plus de vaines espérances. Même plus de personnalité, ce qui est encore mille fois préférable. Joyeux abandon ! Hourrah ! Trois fois hourrah ! Je me foule aux pieds avec une joie mauvaise. C’est mon fantôme que je m’acharne à tuer tous les jours. Parfois, Nora vient me donner un coup de main. Je suis là, dans le salon, étendu en travers du tapis. Cette loque informe, c’est moi. Moi, le créateur qui voulait animer, brasser des centaines de personnages, peupler l’imagination des hommes de visions inoubliables. Voyez ce qu’il en reste. Je me reconnais à cette flamme minuscule qui persiste dans l’œil mourrant. Dernière goutte de confiance. C’est justement sur cette petite lueur arrogante que Nora concentre ses forces destructrices. Devant la mauvaise humeur qu’elle manifeste lorsque je lui parle livres, j’ai pris l’habitude de m’abstenir. S’il m’arrive d’être emballé par une lecture et que je veuille avec quelqu’un partager ma découverte, je passe un petit mot à Wierne ou à Sicelli, ou encore à Martin qui m’invite à venir un de ces soirs manger un morceau en copains. Mes soirées étant prises, la question ne se pose même pas. Je trouve plus commode de faire le mort. Le cercle se resserre. Je serai bientôt à vous, Nora, ma vaginale. Je ne comprends plus que manger et bander ferme quand c’est nécessaire, quand cette pieuvre amoureuse s’approche de moi, m’enlace, et que je plonge dans une eau noire. J’espère d’ailleurs qu’un jour ou l’autre je m’y noierai pour de bon et qu’il faudra ce jour-là déplacer la grande échelle pour me retirer de cette posture obscène dans laquelle on ne peut décemment laisser le mort.
La faire jouir. Ne penser à rien d’autre. Mon cerveau est resté dans le porte-parapluies du vestibule. Me rappelle l’y avoir déposé en entrant. C’était le dimanche des Rois ou celui des Rameaux. Juste le dimanche après l’agonie, quoi qu’il en soit.
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14/03/2008
A TRIBUTE TO LEONCE RUDELLE
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13/03/2008
Le Parc des Princes
C’est sur les conseils avisés de son majordome de paille que Madame l’Ambassadrice s’en alla fendre du bois d’Boulogne la matinée durant. Aussi, quand le soleil devint aussi vert pétant que l’herbe du voisin, elle se planta à l’ombre d’un Brésilien en fleurs afin d’y piquer un p’tit roupillon amplement médité.
Magali Babaorum de Moncolon fut réveillée toujours plus loin, par une odeur d’huile de ricin bouillie qui dans les fosses nasales de son auguste tarin ne laissait place à aucun doute possible : une belle bande de cyclomotoristes fondamentalistes venait de briser l'issue du rêve dans lequel, devenue Dieu sait pourquoi militante d’une cause hétérosexuelle perdue d’avance, elle gobait goulûment le membre le plus chaud de la famille Pitt au sein même d’un lieu de culte hollywoodien.
Le zizi endurci de la star était toujours un peu sur le point de gicler dans la tête de Madame l’Ambassadrice quand les barbus, armés jusqu’aux molaires, tel un seul homme mirent pied à terre. Leur directeur de conscience, baptisé OMAR par les jardiniers secrets de Sarkozy Jr, s’approcha d’un bloc en gueulant :
« PSG, ouvre-toi ! »
La grille, oxydée, forcément s'ouvra s’ouvrit en grinçant, laissant les cyclomotoristes s’enfoncer à l’intérieur d’une des tribunes du stade enseveli sous ses propres décombres. Ils étaient tout juste quarante ; et dès que le dernier fut entré, le portique de sécurité se referma de son propre chef. Madame l’Ambassadrice avait grave la dalle mais la curiosité l’emporta si bien qu’elle demeurât planquée encore quelques instants. Dans le quart d’heure qui suivit, le portique obéit à nouveau, les violeurs de mobylettes enfourchèrent leurs malheureuses victimes avant de repartirent en guerre sainte contre les épagneuls bretons du tout Paris, « sus à ces chiens de résistants infidèles ! » aboyaient-ils.
À suivre, et encore, rien n'est moins sûr...
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10/03/2008
Matérialisme spirituel
En fait, nous avons simplement monté une boutique, une boutique d’antiquités. Peut-être sommes-nous spécialisés dans les objets orientaux, les antiquités du Moyen-Age chrétien, ou les vieilleries de telle culture à telle époque, mais quoi qu’il en soit, nous sommes des boutiquiers.00:00 | Lien permanent
09/03/2008
Intermède musical #9
The Inner Space : Kamera Song
23:55 Publié dans ♫ | Lien permanent | Commentaires (2)
03/03/2008
Héroïne[s]

La maman de Marine dans une vieille pub pour E-mail Diamant
00:00 Publié dans Héroïne[s] | Lien permanent | Commentaires (10)









































