26.01.2009
Aux Études
Nonante-neuf, mais oui, c’est ça, c’est cela même. Comme toutes ces dates, là, genre l’an deux mille en '68 bien après doux Jésus, presque vraiment pas du grand n’importe quoi, mais non...
Allez hop, dans la nature, une adresse réticulaire pour de toujours possibles nouvelles aventures et ce bon débarras également créé tout spécialement pour ou contre le manque, la crise, l'envie de faire caca avec la tête quand ça nous parle.
Psychiquement vôtre,
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SAINTE WILGEFORTE, PRIEZ POUR LE NIKI ETC.
Édition Spéciale
Comme dirait le Niki, lire l’url du motel * n’y changera rien, si ce n’est peut-être se rappeler au mauvais souvenir de cet ex-voisin demi-coco pilote parti vivre le reste de sa vie parmi les Sangliers d’Herbiester.
C’est qu’aujourd’hui avait lieu je n’sais quelle manche comptant pour le championnat provincial de mon derrière, Sixième édition du rallye des Hautes-Fagnes renseignait le toute-boîte.
Une épreuve (on ne lui fait pas dire) amateur dont Norman et moi nous nous serions comme à chaque fois passé fort volontiers, dans la mesure où l’on abhorre toute compétition en règle générale ; alors le sport moteur je vous laisse imaginer, à fortiori quand des foufous du volant à bord de groupes N-sandwiches du dimanche passent leur sainte journée à faire trembler vos murs et fenêtres, à douze pieds de votre porte d’entrée côté court, une spéciale ils appellent ça. Part ailleurs, c’est également aujourd’hui que décidé la veille je creusai les fosses devant accueillir les quatre nouveaux fruitiers à planter au cours du toujours fameux week-end prochain, celui de la Toussaint.
Presque tout commence dès lors une bonne heure avant la messe, deux bonshommes en chasuble jaune fluo frappées STEWART arpentent le sentier. Un des deux, pas celui à la coupe d’Iroquois genre Richard 23, l’autre, vient virilement frapper à la porte alors que je surfe comme une bête depuis l’aube. En robe de chambre et sans la moindre touche de maquillage, nature donc, j’ouvre au drôle qui reste sur le seuil, à une distance qui d’aise emplit la créature disons sans défense causant actuellement à la prunelle de vos yeux. Le bougre matte en douce et m’informe que (je traduis) si le besoin pressant de quitter la maison se fait sentir, mieux vaut au préalable les en avertir, afin qu’ils puissent assurer notre couverture. Ah les organisateurs ! ils ne semblent pas avoir lésiné sur le poste sécurité... pas comme au cours de la dernière édition en date, où, abandonnés à notre propre sort, Norman et moi avions dû prendre les choses en main. Une bande de quatre ou cinq sauvageons ayant décidé de profiter du spectacle à même le jardinet surplombant légèrement le chemin, et cela tout naturellement sans nous demander l’autorisation de fouler du pied les plus comateuses de nos vivaces ainsi que les jeunes pousses de lierre pourtant bien visibles quant à elles. Et vas-y que je t’écluse canette sur canette, te grille tarboule sur tarboule ; et tout cela sans la moindre idée de partage avec l’habitant à l’esprit, va sans dire. Après cinq minutes c’en était déjà trop plus qu’assez, j’ai dit à Norman : Détache qui tu sais et va leur demander s’ils ont besoin d’nada… sièges par-ci, café sucré et tartines au porc par là… propose-leur aussi, bien entendu, un petit tour au garage du fond du terrain, entre deux passages, dis-leur pour notre fantastique collection d’ancêtres japonaises.
Nous avons échangé un clin d’œil plein de malice puis Norman, escorté par notre grosse abeille, a fait ce qu’il fallait, sans autre forme de procès. Pas un mot dans la gazette, si ça s’trouve personne n’a réclamé les corps. Non mais c’est vrai quoi, faut pas dépasser les bornes, je t’en ficherai des rally is not a crime, moi. Des psychopathes, oui ! la planète agonise et eux, acteurs comme spectateurs jouissent, tel un essain de hardeurs sous amphés, de l’air purement décoiffant et des teintes cuivrées de nos vertes campagnes. Le, je cite : plus beau circuit du monde, situé à moins d’un quart d’heure d’ici, ne leur suffit guère ; vouer un culte indéfectible à l’Hydre-au-carbure en perturbant violemment la flore intestinale de la faune locale c’est vraiment ça leur dada voyez-vous. Sociétaires de consummation, comme dirait l’antre. Il se trouve même des suiveuses parmi les galopins, c’est dire comme ces dernières peuvent ternir l’image de marque du beau sexe à la vitesse d’un gyrophare.Wikipédia vous le racontera bien mieux que moi : Michèle Mouton, née le 23 juin 1951 à Grasse, est une pilote française. Elle a remporté quatre rallyes de renommée mondiale.
Dans les neuf heures c’est un steward grisonnant qui débarque se poster de l’autre côté du sentier, face à la fenêtre de la salle à manger. Un talkie-walkie dans une main et une espèce de petite corne de brume dans l’autre. Curieux instrument dans lequel inlassablement il souffle comme un débile peu avant chaque passage. Pour prévenir qui, ça est toujours une bonne question... un moment, au tout début de la compétition, j’ai pensé qu’il s’était probablement trompé de battue.
Après cela, dans les environs d’onze heures midi, horaire d’hiver oblige, j’ai introduit des boules de coton dans chacun de mes deux pavillons, enfilé couvre-chef andin et salopette de combat rural, chaussé mes bottes à talons aiguilles en caoutchouc kaki, et en avant toute, en route pour la bataille du schiste. Je vous dis pas le sous-sol d’ici, le bagne, cinq premiers pouces relativement praticables, c’est juste en-dessous que cela se corse, comptez plusieurs heures pour piocher une cavité d’un mètre de diamètre et deux gros pieds de profondeur, évacuer les prisonniers à la brouette etc. Bref, je suais sang et eaux quand Norman eut la charmante attention de m’apporter quelque liquide réconfort : du sirop de cassis bio dilué dans un litre et demi d’eau du barrage. On peut dire qu’il sait faire plaisir à sa vieille mère, le brave petit. Je m’hydratais sous le soleil de la dernière semaine d’octobre, les pieds dans la fosse jusqu’aux mollets quand le stewart grisonnant, aventuré dans le sentier (à plus ou moins dix mètres de mon chantier), a passé la tête par-dessus la haie pour nous interpeller, Norman et moi, prendre contact, se sentir moins seul j’imagine... Alors comme ça on fait des fouilles ? dans l’air a-t-il lancé, joyeux comme un pinson. Sans détour, sourire aux lèvres et de ma voix la plus aigue j’ai répondu : Oui-da monsieur, je cherche des enfants. À son rictus embarrassé et à cette façon qu’il a eu de rondement poursuivre son chemin plutôt que la conversation, j’ai parfaitement compris qu’il ignorait si je parlais de gosses morts ou vifs.
Ritssi ! Ritssi bonito ! Corazón mio ! Ritssi ? criais-je après lui, venimeuse, comme pour enfoncer la tête du clou, me remémorant ce passage tragi-comique d'Amores perros où la malheureuse starlette top-model éplorée en vain rappelle de tous ses vœux son petit con de toutou tombé dans un trou. Norman se serait bien pissé dessus, chouette moment.
Bon, il est l’heure du JT sur TF1, les murs et les fenêtres n’ont pas encore tout à fait fini de trembler, mais de manière drôlement plus sporadique (pour utiliser un terme journalistique) on va dire. Dehors, c’est sombre comme à l’intérieur d’un cul-de-jatte, presque tout et son contraire peuvent encore s’y produire, on entend quelques groupies sous diverses influences brailler dans ce qui furieusement déjà ressemble au cœur de la nuit, de vagues pétarades aussi, on imagine avec force soulagement se déployer les gardiens armés de la paix de la zone. Je dis à Norman : si un de ces cougnets a la très mauvaise idée de périr écrasé devant notre anti-motel, je sors et le tue à mains nues. Où peut-être à coups de lampe-torche, je verrai bien.
La petite sorcière posée sur le frigidaire à droite de la porte d’entrée attend la voiture-balai de circonstance avec la même impatience que celle qui nous habite.
*quelque part par ici
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21.01.2009
L' E a u R o u g e

Unijambiste, Alan Stacey conduisait avec une poignée de gaz de moto fixée au levier de vitesses.
Il débute en trial puis passe à l'automobile en 1955, par les courses de club, sur des Lotus Eleven.
Rapide malgré son handicap, il gagne sept courses en 1956 et attire ainsi l'attention de Colin Chapman. Deux victoires, à Brands Hatch et Crystal Palace, ainsi qu'une troisième place à Rouen en GT le convainquent d'essayer Stacey en F1.
Aligné dans la foulée à Silverstone, il commence timidement carrière en Grand Prix, se qualifiant de justesse, trahi par le moteur de sa Lotus 16.
Il remet cela en 1959 à Aintree où il obtient une huitième place, son meilleur résultat en Championnat du monde. Un embrayage défaillant au GP des USA clôt cette saison durant laquelle lui et ses coéquipiers Innés Ireland et Graham Hill souffrent du manque de fiabilité de leurs machines.
Alan Stacey ne passe pas inaperçu dans les parcs fermés, d'autant plus qu'il y est accompagné par son mécano personnel de toujours, Bill Bossom. À la place d'un bras, l'homme a une prothèse prolongée d'un support à outils. Les deux personnages forcent l'admiration partout où ils passent ; ils n'ont que des amis, même si certains pratiquent l'humour un peu rude de cette époque, tel Innés Ireland, grand copain de Stacey, qui avait fait croire à Jim Clark que son pote avait également une prothèse à la place d'un autre membre.
1960 n'est pas un bon cru. La grosse chaleur régnant en Argentine épuise Alan qui abandonne. On doit à la vérité d'indiquer que la puissance des F1 dépasse maintenant les moyens d'un pilote que fatigue ce système sommaire d'accélération à main. Maîtrisée sur les 100 chevaux de sa Lotus Eleven, la commande de gaz le force, sur la Lotus 18 (150 CV supplémentaires), à d'insupportables acrobaties qui usent sa hanche.
Une quatrième place à l'International Trophy et deux abandons aux GP de Monaco et de Hollande - où il fut longtemps troisième, conduisent notre homme à Spa-Francorchamps, ce toboggan infernal où il n'a jamais mis le pied. Les essais se déroulent mal chez Lotus, dont les voitures, à l'époque, cassent comme du verre ; Moss est gravement accidenté, lâché par sa caisse qui brise une fusée. Quant à Mike Taylor, il sort au volant d’une 18 privée brutalement de sa colonne de direction.
Alan est prudent, il n'est qu'en dernière ligne au départ. Devant lui, loin devant en troisième ligne, sur une Cooper, se trouve un dénommé Chris Bristow. Il n'a aucun lien spécial avec ce gars-là, si ce n'est une touchette à Goodwood u an plus tôt. Le hasard va pourtant les unir à jamais : ils vivent leur dernier jour. En lutte avec Willy Mairesse, Bristow sort au vingtième tour.
On retrouvera dans un champ le casque maculé de plumes et de sang d'Alan Stacey cinq tours plus tard. Collision frontale avec un oiseau volant non identifié. Une disparition à l'image de sa vie, fascinante.
00:00 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ovni, jps, algohallucinose, effet lotus
STRIGOPS HABROPTILUS
Ainsi suspendue aux plus intimes de ses lèvres, de la tête aux plantes envoûtée, la rêveuse se présente naturellement pieds nus à l’orée du verger. Herbes mousseuses et mouvantes, graminées.
L’héroïne se pénètre et sourit au flash du petit oiseau sans queue ni tête, presque aussi douce que la pente qu’elle arpente, tandis que parmi les rhizomes immergés dans l’ô combien limpide vase de synthèse, grouillent trente millions d’amibes hippopotamesques. Quelques pleureurs splendides disséminés, calcinés, de la moelle jusqu’à l’extrémité des branchioles pour leur part duveteuses : fine pluie de plumes écrues pour moitié d’origine végétale (elle sourit à nouveau).
Une pomme, unique, en plastique, vert pompier, c’est le soleil du ciel pour leurre disparu.
Un être au loin, probablement humain, fait des signes à cheval sur la barrière de son prochain mais la rêveuse ne compte pas faire long feu, c’était écrit. Déjà le morphing des icebergs basanés, panaché de terre d’ombres brûlées et de taupes écrasées – ainsi que le vibrant tumulte qui en résulte, agit au cœur même des paupières précieuses, tachycardie collective, nœuds gordiens, de bric et de broc, de Keith et de Flack.
À présent découverts, mes globes oculaires reprennent leur souffle en direction du plafond, invisibles corps et âme de concert pivotent, en seconde lecture et à bulletin secret. Le psittacidé somniloque allongé sur le matelot à ressort de la chambre à coucher d’à côté instinctivement dit « urne ».
Ita missa est répond de guerre lasse le tout dernier kaka de nuit télépathe en activité dans les oubliettes de mon stron cérébral.
00:00 Publié dans Psittacidésoxyribonucléisme | Lien permanent | Commentaires (4)
JUNK ROOM
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16.01.2009
Kulturkampf
En remerciements et hommages à mon Asperge de rêve
WENDY CARLOS [modifier]
Compositrice et interprète de musique électronique américaine, blablabla, Carlos a très tôt été attirée.
Composant à l’âge de dix ans un trio pour clarinette, accordéon et piano et concevant quatre ans plus tard son premier ordinateur. Blablabla.
Connue par Kimochii pour avoir interprété des œuvres de Bach sur un synthétiseur modulaire Moog, blablabla, Wendy Carlos, c'est également la bande originale des films Orange mécanique, Shining et Tron.
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13.01.2009
Rest In Peace
00:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : escape from alcatraz, portmeirion, free man, lotus seven, traumspargel, juffrouw zes, 0800 32 123
01.01.2009
La chatte à tonton, suite et fin
J’ai d’abord posé ma question à Thelonious Monk...
SI ON T’ACCORDAIT TROIS VŒUX QUI DEVRAIENT SE RÉALISER SUR-LE-CHAMP, QUE SOUHAITERAIS-TU ?
Il arpentait la pièce et s’est interrompu un moment pour regarder New York au loin, de l’autre côté du fleuve... puis il m’a donné sa réponse
1. Que ma musique ait du succès
2. Que ma famille soit heureuse
3. Qu’on me donne une amie géniale comme toi !et je me suis exclamée : « Mais Thelonious ! Tout ça, tu l’as déjà ! » Il s’est contenté de sourire, et il s’est remis à marcher de long en large...
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31.12.2008
Héroïne

Toux sur ma mère
Maman, c’est en quelque sorte mon attendrissante petite femme cobaye géant immonde à moi. Le genre à immoler sa collection de hiboux imitation biscuit made in Taiwan et enfouir la résine polymère fondue un pied sous terre pour une période connue d’elle seule. Un soir de déluge, tu l’observes exhumer les restes à genoux, le visage et les pattes couverts de boue, trempée jusqu’à la pourriture de sa moelle, l’œil et le sourire mauvais. Et là, à la fenêtre, du haut de tes vingt ans, au premier degré du deuxième étage, tout naturellement tu penches en faveur du mot cauchemar.
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02.11.2008
L'île aux Enfants

Et si, rien que pour ce mille et unième commentaire, nous assistions à la mort foudroyante du squelette vivant, frissonnions à l'attaque de l'oiseau géant à deux têtes, regardions la femme-cobra danser et sentions son étreinte ondulante et mortelle, jouissions de l'intense bataille entre les Cyclopes et le dragon de feu, bref, fêtions cela à grands coups d'effets spéciaux dans la figure ? Sépicale diadécice à mon Asperge de rêve, à Fred_ et au (jardinier secret du) Comte Piotrard de Nervulve
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30.04.2008
Fin de citation #3
L’herbe est parfois toujours plus rouge dans le champ du voisin.
[Shinobu Ishihara]
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01.04.2008
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31.04.2008
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La visite au funérarium remonte à deux jours et depuis plus que jamais demeure aussi vivace l’essence du lilium dans les trous d’nez de ma mémoire. Tout (absolument tout) fleure le lys à outrance. Lame horizontale ou criblée, membranes et bulbes olfactifs, c’est bien joli, poétique, scientifiquement correct même, mais merde, quoi que j’aille, où que je fasse, l’odeur est àl, intégrale, impérissable, impérialiste.
La photographie de l’octogénaire sourire aux lèvres et cigarillos vissé au dentier repose sur le couvercle en chêne de la bière belge dans laquelle son enveloppe charnelle entame à bras le corps la phase putride de son existence terrestre. Un cliché disons avantageux en regard de la dernière fois où au détour d’une balade en forêt je passai prendre des nouvelles de sa gueule. Cela remonte à la neige, il n’y avait déjà plus âme qui vive derrière la tête basse des volets de sa bicoque. Pas l’ombre d’un jappement. Plus fatale encore, celle juste avant, celle où le vî coyon semblait ignorer qui nom de nom je pouvais bien être. Debout, toujours plus dur de la feuille, il y causa essentiellement fosse septique. Un putain de monologue où par instant il gratifiait la petite-fille de feu son frère de prénoms discutables… documentation, devis, et facture à l’appui.
Le cancer de la vessie, il s’en fichait presque, c’était bien davantage la pose récente de sa station d’épuration qui le travaillait. Il ne l’a jamais utilisée. Le grand-oncle vidait le tout au fond de son petit jardin pour ne pas la salir.
Je serre à présent quelques mains des deux sexes (pour la plupart inconnues) et embrasse la fille du défunt pour la forme de mes sincères condoléances. L’ai-je déjà vue, cette cousine moustachue par alliance ? M’en souviens pas dis-donc.
L’insolente beauté plantée dans un coin de l’ambiance m’est quant à elle formellement inconnue. Wendy, vingt ans à tout casser, se contente de sourire de partout partout et vibre comme si en effet elle n’était pas seule responsable des vagues de chaleur que même en ces lieux elle parvient à provoquer. Mais pourquoi je raconte ça, moi ? Ah oui ! C’est que sans ces saloperies de gerbes j’aurais je pense gentiment bander dans ma bulle.
Des fleurs du mal à la vessie je disais le cancer, quoi. L’odeur du lys et de la pisse. L’antique pseudo caniche à l’article de la rubrique des chiens paralytiques, compagnon répugnant de l’infortune des derniers jours, de la dernière heure, filé en éclaireur. C’est qu'il faut s’imaginer le bonhomme partir à sa recherche en pyjama, des semaines après l’euthanasie. Une escapade de plusieurs bornes à travers bois !
Mais qu’entends-je, qu’ois-je, son couvre-chef fétiche (une casquette à visière américaine made in China) l’accompagne ? Grand bien fou lui fasse ! Qu’il repose en paix et remette donc mes salutations distinguées à qui mieux mieux, des fois que...
***
Pour sa part, la dernière fille de Strychnine vit toujours.
Courageuse petite forte tête adorable et pleine de jeux. Parfois, le monstre sacré appelé Dieu l’exige en bleu, un bleu ch’sais pas quoi d’ailleurs. Gris bleuté ? pas une teinte qui schtroumpfe la joie de vivre en tout cas. Déjà, le bleu pour la peau d'une gamine de la moitié de moins de cent mois, avec ou sans traces de scie circulaire sur le sternum, cela n’est guère des plus seyant, pas des plus naturel non plus faut reconnaître. Moi je dis que c’est rose qu’elle devrait être. Ou noire presque de la tête aux pieds. Jaune devant brun derrière à la limite.
TOUT sauf bleue. Bleu c’est strictement réservé aux petits garçons qui respirent la santé.
***
Quand dans un premier temps, Mickey, douze ans, apprit que déjà les chances de sauver sa jambe étaient nulles, il a dit pas grave en souriant à ses parents (d’autres espèces de cousins). C’est un peu plus tard qu’il a fait machine arrière, un peu plus tard que le Ciel est tombé dans sa tête. Dès l’instant où des spécialistes en la matière lui ont clairement fait comprendre qu’avec le traitement et les soins qu’ils allaient lui prodiguer, il perdrait jusqu’au dernier de ses cheveux. Cette réalité là, Mickey a eu beaucoup, beaucoup plus de mal à l’encaisser...
JUIN 2008
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Entraînement : Techniquement, une synchronisation d'ondes cérébrales avec une fréquence déterminée par le biais d'une onde électronique, d'un signal acoustique, etc. Psychologiquement, le processus consistant à suivre un message ou un ordre subliminal ou occulte. Dans une transe post-hypnotique, le sujet « entraîné » par le commandement donné sous hypnose y obéit de façon automatique et aveugle.
Le vecteur et le déguisement sont la même chose – dans Gyn/Ecology, Daly les appelle des « incrustations subliminales » – mais le terme vecteur souligne la manière dont le déguisement fonctionne de façon directive sur les sujets ciblés pour un conditionnement idéologique, religieux ou social. La morale Chrétienne est, par exemple, un vecteur crypto-fasciste pour la collusion victime-perpétrateur. L'image du dieu-homme ou du surhomme, Jésus Christ, est un vecteur crypto-fasciste pour un culte extra-terrestre de domination. Ceux qui embrassent l'image comme l'idéal de l'humanité deviennent des complices involontaires dans un programme occulte... ce qui nous fait paraître basculer dans la thèse de la conspiration, bien sûr. Pour nous défendre des accusations selon lesquelles ces leçons de Mythbusting 101 nous rendent solidaires de la sphère familière de la théorie de la conspiration globale, je dois présenter des distinctions rigoureuses (en cinq paragraphes) :
1. La meilleure conspiration n'est pas imposée au peuple par des manipulations occultes : elle est volontairement adoptée par ceux qu'elle est supposée tromper et léser. Il n'existe pas de conspiration capable de contrôler le monde entier et de duper tous les peuples de la planète mais il existe un scénario basique de conspiration qui œuvre de telle sorte qu'un programme de conspiration globale, qui serait extrêmement compliqué à mettre en place, n'est pas nécessaire. Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas besoin de fomenter une conspiration dans le monde lorsque les individus acceptent d'être de connivence avec vos objectifs, totalement à leur insu, néanmoins.
2. Un bon exemple pour illustrer ce type de connivence est le film de 1974 A cause d'un assassinat dans lequel Warren Beatty jour le rôle d'un reporter qui tente de dévoiler une conspiration et qui finit par en devenir le bouc émissaire. La bande du film annonce ironiquement: « Il n'y a pas de conspiration, juste douze personnes mortes ». L'assassinat planifié que suspecte le personnage joué par Beatty fut mis en oeuvre par une intrigue mais c'est lui-même qui devient la cheville ouvrière de la conspiration. Il participe donc à la conspiration sans avoir été obligé de le faire.
3. Il existe un programme de conspiration à l'œuvre dans l'histoire mais pas une conspiration systématique et globale en soi. Une des finalités de ces leçons est de décrire ce programme. Cela n'est pas du tout de dévoiler une conspiration secrète ou présumée telle. En fait, l'approche que je développe ici pourrait être appelée une théorie de contre-conspiration. Elle diffère de la théorie de la conspiration dans la mesure où son propos n'est pas de dévoiler une conspiration spécifique en citant des noms ou des événements ; elle tente, plutôt, de montrer comment une collusion aveugle émerge automatiquement autour d'un scénario prédéterminé.
4. D'emblée cette distinction n'est sans doute pas claire et il peut être bénéfique de se démarquer des suppositions et des associations habituelles qui sont corrélées aux exposés de la théorie de la conspiration et d'introduire deux nouveaux termes – pour rafraîchir la syntaxe, si l'on veut. Au lieu de conspiration, je vais me référer à la suprême arnaque (dans le sens où Daly évoque le « Maître Mythe »). Les arnaqueurs peuvent être appelés les Illuminatis mais ce terme est chargé d'associations et j'en propose donc un autre : les DC. Dans ce nouveau jargon, nous pouvons parler « de la suprême arnaque menée par les DC » afin de montrer que ce n'est pas une conspiration en soi mais un fantasme collectif qui permet à un noyau d'activités réellement maléfiques d'être perpétrées dans le monde entier. Comme la suprême arnaque est un fantasme de l'imagination collective, elle n'a pas besoin d'être mise en œuvre par un vaste effort conspirationnel. Elle s'invente et se nourrit d'elle-même tant que l'imagination collective n'est pas rendue attentive au scénario et guidée vers d'autres directions.
5. Et il existe un complot, un scénario, un programme caché mené par des personnes réelles, un groupe restreint d'individus que j'appelle les DC. Ces initiales signifient « divinement choisis », la croyance directrice des DC. Ces dominateurs, au nombre restreint, partagent tous la croyance selon laquelle ils sont les plus beaux et les plus forts. Des conspirations telles que le Nouvel Ordre Mondial sont des fantasmes collectifs qui voient le jour en raison de la tentative humaine d'imaginer ce que les DC sont en train de concocter et comment ils fonctionnent. Les DC tirent alors profit du processus de fantasme collectif et l'exploitent selon des voies extrêmement pernicieuses. Il est exclus, cependant, d'imaginer que les DC orchestrent un vaste programme de manipulation globale. Ils n'en ont pas besoin. Ils font confiance à l'humanité pour se leurrer elle-même, pour créer ses propres prisons et pour inventer les monstres qui la subjuguent. L'œuvre des DC est diaboliquement intelligente, une illusion qui s'auto-réalise comme un cauchemar Kafkaïen qui s'incarne grâce au comportement aveugle et compulsif de millions de personnes. Le génie des DC réside dans leur capacité de faire jouer l'imagination collective contre elle-même. Ils comptent sur l'humanité pour se faire entraîner par ses propres illusions, ou par des croyances attachées à ces illusions et « mythes trompeurs » comme Mary Daly les appelle – le mythe de la résurrection du corps physique après la mort, par exemple.
Les DC croient qu'ils sont les quelques élus de la divinité paternelle qui œuvre contre l'humanité. LUI, Yahvé, les récompensera de l'immortalité physique ou d'un statut clonal d'éternité, un simulacre de vie, préfiguré par le personnage sinistre de Melchizedek qui est « non engendré ». Ils peuvent faire abstraction de l'humanité et mettre en place toutes sortes de mesures pour faire en sorte qu'elle empoisonne son habitat et s'auto-détruise par la violence sectaire, le racisme, l'addiction aux drogues, et autres pathologies induites parce qu'ils se sont alliés avec la puissance plus qu'humaine d'un dieu paternel extra-terrestre. Pour autant que je sache, seuls les Gnostiques des Mystères Païens s'exprimèrent sur la place publique afin de défier ouvertement ce pacte anti-humain en dévoilant le Démiurge, le dieu dément qui œuvre contre l'humanité. Cela explique aisément pourquoi ils furent si brutalement exterminés.
[John Lamb Lash] [Dominique Guillet pour les traductions]
(…) Réveillé par un putain de mal de tête au crâne, je rallumerai la fin du tarboule qui collera à mon bec et machinalement m’envolerai jusqu’à la cabine d’essuyage la plus proche. Le grand rouquin de souche européenne aux yeux noisette et son partenaire albinos sans-papiers né de parents inconnus des quartiers chics de Pyongyang*– avec lesquels, hélas, j’aurai enfin passé la soirée ainsi qu’une bonne partie de la nuit défoncé tout là-haut à la cime du charme –, auront également profité de la situation de mon sommeil pour dès potron-jacquet disons fausser compagnie à ce qu’ici-bas d’aucuns appellent la vraie vie.
SEPTEMBRE
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Quarante ans ce dimanche que sporadiquement on se fréquente et à peine moins que je le souffre, disons le D. et sa faute à pas d’chance. Le D. qui putain même à distance parvient encore et toujours à me pourrir l’existence. Le D. et sa maladie. Le D. et ses boucheries-charcuteries. Le D. et ses stomies. Le D. et ses produits chimiques, ses je n’sais plus combien de morts clinique. Le D. et sa chaise électrique. Le D. et ses prothèses en alliage. Le D. et ses prothèses en plastique. Le D. et sa façon de penser. Le D. et son racisme de fils de pute. Le D. et ses réactions épidermiques. Le D. et ses différences de traitement systématiques. Le D. et ses penchants. Le D. et ma sœur. Le D., mes nièces et mon Ignace. Le D. et ses mensonges éhontés. Le D. et les restes de l’humanité. Le D. et ce fumier de YHVH. Le D. et ses manières de traiter la p’tite tête de ma mère. Le D. et la moitié de notre quart-monde. Le D. et ses goûts de chiottes. Le D. et tout ce qui ne me revient pas dans l’immédiat. Le D. et moi qui rêve de le faire disparaître à jamais histoire d’abréger quelque peu nos souffrances respectives.
J’avais quinze ans quand enfin, grâce à la musique, in extremis je suis entré en enfance.
Acrylique et cutter sur aggloméré
OCTOBRE
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JANINE : Kanzi, this is Janine. Would you like any food ? Tell me what food you'd like.
TALKING KEYBOARD : Food surprise.
JANINE : Some food surprise ?
TALKING KEYBOARD : Food surprise.
***
Koko sometimes invents new word combinations. What do you think she means by :
- Cookie Rock → a stale sweet roll
- Eye Hat → a Halloween mask
- Finger Bracelet → a ring
- White Tiger → a zebra
- Elephant Baby → a Pinnochio doll
Monsieur,
Page je n’sais plus combien de Catching the Big Fish, est à peu de choses près traduit ceci :
(…) Dans un magasin de jouets, je passe en revue des soldats de bois avant de tomber amoureux d’un lieutenant qui m’invite à danser. Mais un hussard noir, mué par un ressort, jaillit d’une boîte : « J’ai rendez-vous avec la créature des commentaires du rêve d’Elly ». Pour prouver sa puissance, la mort tue les soldats de bois, arrête la poupée mécanique et fait rentrer le lapin en peluche. Nous fuyons à cheval dans les nuages, poursuivis par la mort qui provoque mon officier en duel et le tue. Puis elle se saisit de moi inanimé et me dépose au pied d’une croix transformée en rosier. Ses pétales tombent en pluie sur le sol où je repose. Retour à la réalité. Ce que nous croyons être des pétales ne sont que flocons de neige recouvrant mon visage de petite marchande d’allumettes endormie pour toujours.
Pas encore eu le temps de calculer leur âge, je sais juste qu'elles sont seize. Ce qu'elles peuvent bien planifier là-haut, dans le coin supérieur gauche du carré de tentures de ma chambre à coucher, en plein mois d'octobre deux mille huit, et depuis quand y sont-elles coléoptères ? Mystères...
Michael Guinzburg a travaillé comme plongeur, cuisinier, coursier, chauffeur de gangsters, garde du corps de strip-teaseuses, télégraphiste, détective privé, chauffeur de poids lourds, etc.
Pour ma part, c’est dans la pub qu’initialement j’ai pris direct pour cinq ans. Une exploitation familiale, basée en rase campagne, aux mains d’un ingénieux petit astérisque à poils mi-longs presque entièrement dépourvus de mélanine. Explication : des arcades sourcilières couleur craie pour l’une, et – peu me chaut d’être cru –, tableau noir pour l’autre…
Gérant de société au centre de la gauche, la cinquantaine (trône chez lui une photo de quand il était vieux, datant des années septante, une barbe de malade visiblement tendue à l’extrême par sa passion pour l’orgue de barbarie), humoriste hyper professionnel franc-maçon dans l’âme, toujours un bon petit mot pour les droits de l’homme indépendant et les médias locaux dans sa manche. En revanche, rien à dire, ou à peine, sur sa moitié, sérigraphe. Une teigne aussi haineuse qu’inconsolable, que Vapeurs chimiques de Guerlasse jamais ne déserte. De l’imposant atelier connexe au bar des studios de créations à proprement parler, le ciel est orageux, couvert en permanence.
J’y ai débarqué comme jeune quille dans un jeu d’chiens, en stage, peu de temps après la chute du fruit unique de leurs amours, tué dans un stupide accident de mobylette. Pratiquement le même âge. C’est également l’époque durant laquelle toute la jambe de mon D. partira en fumée, celle aussi où la femme de sa vie, ma mère quoi, fréquentera tantôt l’ensemble des instituts psychiatriques de la communauté française tantôt la crapuleuse compagnie de spirites from behond. L’époque effroyable où au sortir de l’adolescence à jamais j'aiguisai les ressorts de ma vision du monde du travail sur soi des uns et du travail sur soi des autres.
Ensuite, illico après le clash de fin, je me déguise en pseudo zombie de société, pas la moindre couverture sociale, que dalle. Le petit niki se souvient alors de feu son bon-papa, Heinrich, l’aïeul antikapitalist sans qui naturellement nous ne serions pas ici et là : « Si tu travailles pas à l’école, tu voleras à l’usine ! ». Loin d’être un cancre près du radiateur de la fenêtre, des usines, j’en ai malgré tout comme qui dirait fréquenté quelques unes dans le futur de mon passé. Déjà, à l’époque, environ deux décennies avant cette crise financière sur le gâteau planétaire, on tuait père et mère pour s’y faire enrôler.
Arrive ainsi la découverte de ses semblables, de jour comme de nuit, 3*8, feux continus, et t’avises surtout pas de contracter la CRÈVE !
* reLire Rosetta de Saxe-Cobourg du gotha (n'y changera rien)










