01.04.2012

Que mon jardin secrète !

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griffé par une épine de rosier grimpant

[SHOOTING STAR, Ambroise Gallettoni 2011]

00:05 | Lien permanent

MMXII

Á la pêche aux moules, moules, moules...


entrer des mots clefs

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HANTISE

La séance de démaquillage venait à peine de voir le jour que subitement, sans même me regarder, elle produisit un chuis d’accord plutôt flapi, à peine audible, et ce malgré le volume de silence humide dans lequel nous baignions.

– Quoi, d’accord ?

– D’accord pour en finir, mais je veux pas souffrir, plus souffrir…

J’inspirai profondément, bien au-delà de ma dure-mère, et, avant de manquer d’air, relâchai prise : « Alors pardon de te faire à nouveau remarquer que tu n’as pas bien ouï mes mots de ce matin ; vois-tu, m’accompagner derrière les portes closes, c’est bien joli, charitable et tout, vraiment, mais enfin ! endure combien ce geste implique davantage de dignité, de courage, oserais-je de sang-froid, qu’un vague accord de principe crypto-romantique ! Je mrépète : En aucun cas subir quelque dictat de qui ou quoi que ce soit, fût-il le fruit de tes entrailles, voire de mes deux... Ah mais non mais qu’il est beau notre phénomène de grande graine avec un ptit pois à la place du cœur, nest-ce pas ! vingt-et-un ans de soutien, d’inititation, d’espaces de liberté et autant d’ingratitude et de mensonges en retour, pas ça d’amour ! Que dalle. Alors l’état du monde, c’est vrai, on s’en fout, on s’enfuit, j’entends qu’au fond notre union n’a pas le moindre enseignement à retirer de ce chaos minutieusement agencé, aussi au point où nous en sommes, ce que je souhaite par dessus tout, moi, c’est marquer un grand coup, frapper les esprits, le sien du moins ! ».

Ma Mie demeura sans réaction, comme absente, dans le coton ; le miroir de salle de bain allant jusqu’à proposer une image d’elle-même pour ainsi dire plus alerte. 

★ ★ ★

Le réveil matin n’avait pas encore effectué son sale boulot que des ténèbres de notre nid d’amour je l’entendis me parler. Et contre toute attente, ou pas, on ne sait pas, le rayonnant de sa voix indiquait combien son dodo avait été salutaire, réparateur.

– J’aime trop la vie et celle que nous menons ensemble en particulier. Tu sais que c’est avec toi que je veux finir nos jours, mais pas maintenant mon Georges ! c’est que nous avons encore tellement de ptits bonheurs à découvrir et de puissants plaisirs à nous offrir, mhmm...

­– Trop tard, mon ange, fis-je.

J’ouvrai les paupières d’un coup sec et, dégagé du pieu, me dirigeai à l’aveugle vers la fenêtre. En me retournant je constatai que le quartz indiquait 5:00 pile (sans même réaliser que le vert matrix était passé au vermillon) ; une fois les tentures mises hors service, nous vîmes tout deux à quel point dehors le paysage avait changé tout y était cependant resté en place, mais n’en demeurait pas moins vrai que désormais le ciel était blanc écru devenu et que tant la neige, la lune et les étoiles avaient la teinte du charbon d’os.

– Promis, j’ai fait au mieux… la preuve : tu n’as rêvé qu’du feu !


 
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Blue Note

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Bud & John Earl Powell

 
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Le meilleur bouzoukia de l'île de Rhodes


 
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Faux frères Lumière, le retour


Février

TOP 5 des plus grands COCORICO du cinéma français


1] BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS 

2] INTOUCHABLES

3] LA GRANDE VADROUILLE

4] ASTÉRIX & OBÉLIX : MISSION CLÉOPÂTRE

5] LES VISITEURS


Vivement Schoenaerts et Lanners sous la direction d’Audiard UN GOÛT DE ROUILLE ET D'OS, qu’on s’console au mieux...

Comme persiflait d'ailleurs je n’sais plus quel oiseau de nuit dernière dans mon lit : Par les temps qui courent, mieux vaut être Jean Dujardin que gens du voyage ! Et encore à ce propos, autre chose aussi je le sens me dit qu’Hollywood s’apprête à encenser la saveur de notre triple B ; standing ovation en perspective…

 

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[...] SUSTANON, TESTODIRON... MESTANOLONE : heel agressief, hein ! Sinon j’ai d’aut’ dérivés aussi, style DHT... niet BHV, hein !


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Le ministère de l'Amour

– LES PROLÉTAIRES ET LES ANIMAUX SONT LIBRES –

Bien, grand bien nous fasse ! Aussi, fort de cette excellente nouvelle, j'aimerais avoir quelque idée du nombre d’élites ayant réellement lu le livre d’Emmanuel Goldstein ; et ce avant, pendant ou même après l’avènement d’Endemol.

Remis tout dernièrement mes empreintes digitales sur l’implacable et  prodigieuse vision d’Orwell, format d’poche à l’intérieur d’une caisse à bananes, au fenil, naturellement jauni à l’ancienne ; sa couverture défigurée au point d’en découvrir le titre amputé du dernier chiffre : cent nonante-huit, donc. Le besoin urgent de carton souple peut nuire gravement à l’addi(c)tionapprenez à devenir vigilants, les enfants !

Sans blague, encore un d’ces trucs qu’il aura fallu faire mine de décoder, afin d’autant que possible éviter l’encre rubiconde d’un(e) prof de français, d’histoire, voire de mathématiques, peu ou prou alcoolique, allez savoir… c’est tout d'même plus d’un quart de siècle qui nous sépare des eighties ! En vérité, jouvenceau aussi sensible qu’irascible, malheureux comme un caillou gazaoui, je ne souffrais que poésie, et encore, celle des gars post DADA, Bob Grive en tête de banc. Ainsi avais-je et la grammaire et les romans en horreur, cela s’empirant même avec le temps, du moins celui où les sirènes des trois 8 conviaient progressivement mon ciboulot à l’illettrisme (par exemple).

Enfin, voilà, 2012, voyage achevé à l’horizontale / la lampe frontale, ce matin, peu avant l’aube.
 

Florilège : ()

 
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February 2
 

(…) Il n’y avait pas de raison pour que le Messie, le Christ revenu, le Seigneur et Sauveur lui-même, fuie les bras d’une famille et d’une église aimantes, à moins qu’il n’y ait été forcé. Depuis deux mille ans les Juifs avaient essayé, et souvent réussi, à contrôler le monde. Ils avaient tué notre premier Messie, l’avaient fait clouer à la croix et l’avaient tué, bien qu’heureusement il les ait laissés faire pour racheter nos péchés. Je pensais que dans leurs mains le pouvoir du Christ serait très probablement utilisé à des fins diaboliques. En même temps, tout bon chrétien digne de ce nom sait que les Chrétiens dépendent des Juifs pour faire advenir la Fin des Temps. Il faut qu’ils vivent en Israël et il faut qu’Israël existe, pour qu’advienne la Fin des Temps. Le temple de Salomon doit être rebâti. La guerre d’Armageddon doit avoir lieu sur leurs terres. Les trompettes sonneront, et les quatre cavaliers parcourront la plaine déserte, et l’Enlèvement aura lieu. Les Juifs sont nécessaires pour tout cela. Mauvais, je crois, mais nécessaires.


James FREY, Le dernier testament de Ben Zion Avrohom

 
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L'amour dure 99 francs

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10.03.2012

CHANTER PAR SA PLAIE

espaceDelaume

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[ÉDEN MATIN MIDI ET SOIR]

D

Je chante par ma plaie, la phrase est de Pierre Guyotat. [LA RÈGLE DU JE]

Dans la bouche (suite)

Chaque nuit je perds mes dents d’une façon différente. Elles s’effritent, se dissolvent, en dominos se déracinent, parfois je les crache par poignées. Il n’y a pas de sang. Quand elles se décrochent comme des bridges, aux interstices s’écoule une sorte de mercure très brun. Souvent ma langue me certifie, cela des heures après le réveil, que ma bouche est sertie de vide. [DANS MA MAISON SOUS TERRE]

D

Après une douche rapide mordorée de Bétadine, elle ajuste sa blouse et se rend aux cuisines se confectionner des œufs de coucou au plat, qu’elle avale sans grande conviction. Il est 5 h 43. L’effet des psychotropes se dissipe déjà à l’étage des schizos, les premiers gémissements filtrent des capitons. Elle affectionne cette clameur, doucereuse, prégnante comme un drone. Un bref frisson cambre sa nuque. À tout problème sa solution. [LA NUIT JE SUIS BUFFY SUMMERS]

D

(...) Des riens m’avaient gênée, au point qu’il me semblait pratiquement impossible qu’une telle personne existe, un corps réel, une pensée un langage quelque part dans le réel, c’était moi mais crachée en un glaire venimeux. J’ai hésité longtemps à lui répondre, d’ailleurs je n’ai pas répondu. Je redoutais une blague infecte, une sorte de piège tendu en sous-sol parodie. Macabre, sordide, la parodie. [UNE FEMME AVEC PERSONNE DEDANS]

D

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Fleurette africaine

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ELLINGTON/ROACH/MINGUS

 
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Économisez vos chaussures avec l'Antilope du Révérend Charles


L’ÉCUME DES JOURS : seconde tentative, plusieurs semestres après mon interruption volontaire de lecture.

Enfin, bref, voilà, je sais aujourd’hui pourquoi je préfère Vernon Sullivan à son daron...

mais qu'à cela n'tienne, pour Chloé D. et Dieu (peut-être celui à l'œil au beurre noir et l'air pas content, qui sait ?) sait qui :



Les frères Desmaret s’habillaient pour la noce. Ils étaient très souvent invités comme pédérastes d’honneur car ils présentaient bien. Ils étaient jumeaux. L’aîné s’appelait Coriolan. Il avait les cheveux noirs et frisés, la peau blanche et douce, un air de virginité, le nez droit et les yeux bleus derrière de grands cils jaunes.

Le cadet, nommé Pégase, offrait un aspect semblable, à cela près que ses cils étaient verts, ce qui suffisait, d’ordinaire, à les distinguer l’un de l’autre. Ils avaient embrassé la carrière de pédérastes par nécessité et par goût, mais, comme on les payait bien pour être pédérastes d’honneur, ils ne travaillaient presque plus, et malheureusement, cette oisiveté funeste les poussait au vice de temps à autre.


 
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Tout à coup, un personnage de fiction (jusque-là) inconnu vous souffre des fleurs

PRÉAMBULE ENTOMOLOGIQUE AVEC OU SANS THC

La pointe de ma langue persiste et saigne : la molaire s’est fragmentée en trois corps étrangers ; whewellite anthracite, crème et vieux rose... autant de calculs bucco-dentaires oniriques plutôt complexes à dissoudre

Du bord des paupières j’observe attentivement le trio tout juste sucré de ma gencive, tandis que déjà des cavités illico cicatrisées se manifeste je n’sais quelle nouvelle diablerie

Un cloporte se débat bruyamment et parvient à s’extraire à son tour… Un CLOPORTE, non mais quel haut-l’cœur !  une seule idée en tête : cracher dare-dare

Ensuite, après l’apparition / disparition d’une ribambelle de bestioles terriblement plus aventureuses les unes que les autres défilé rapide, mentisme, succion, fourmillements, guilis-guilis, répercussion –, c’est au tour d’une coccinelle femelle et bientôt de quelque éphémère bleu lune / jaune ciel de chercher à s’faire la belle. Une réussit son envol tandis que l’autre implose en plein vol.


Fin d’émission

L’orifice brûlant d’un vulgaire refroidissement a pondu ma crève dans la nuit de jeudi à dimanche. Éclosion foudroyante avec mucus force 8, langue chargée et tout l’tremblement, sans parler de l’état du larynx et de la fossette de Rosenmüller : sévèrement irrités, pour pas dire corrodés. À quoi bon se souvenir de l’hiver où remonte pareille prise d’otage in vivo en date ? je me l’demande quand même….

 

Samedi, quelque part avant l’aube

Faudrait voir à me moucher tout ça !

Comme prévenu, plus tard dans la matinée, je délaisse le pourtant très captivant HhHH*pour d’une traite scrupuleusement ingurgiter UNE FEMME AVEC PERSONNE DEDANS, par les pupilles, à sec.

Midi, midi vingt… toujours pas ça d’fièvre, la crève rêve toujours d’avoir ma peau mais c’est naturellement sans compter sur les multiples poches de résistance revolver.

Le quiz remue et booste ce qui doit l’être...

Deux A, sept B et trois « autre » 

nymphaeaceae : malgré la vase céphalo-rachidienne qui en-dedans ruisselle jusqu'aux plantes de ma base, j'ai comme qui dirait le cœur à fêter cet honorable résultat. D'autant plus qu'à nouveau j'éprouve presque du mal à me souvenir à quand remonte la dernière fois... vingt-et-un grammes ?

Dans la minute de silence qui fuit on me retrouve emmitouflé côté cour tarboule au bec je grille.

Se faire à l’idée de demeurer temporairement alité, surtout ne pas en faire une maladie (sourire)

 

Fait divers et lapsus du samedi soir 

À la cave, où je viens de poser les pieds sur l’eau, ça sent l’aventure (et accessoirement l’humidité). Et dire que j’y descendais tout bêtement en quête de rien à voir ! Dois-je ou non prendre la fuite dans mon pyjama blanc émail rayé et sous-vêtement RanXerox obligé ? jouer au sapeur-plombier grippé quand la pression de l’eau conjuguée à mes vaines manutentions dézingue la vanne ? me retrouver violemment aspergé jusqu’à l’os ?

Une fois l’intervention parachevée, épongé, je me dis qu’à force on ne pouvait que redouter le pire pour la pipe de ce robinet d’après-guerre (1946). De là à imaginer qu’il la casse le jour des funérailles de celle qui fut par exemple Rachel Marron au cinoche et Miss Brown pour l’ État civil…

(…) pour l’événement, le quartier a été enterrement bouclé. Cette journaliste belge, avec ce je ne sais quoi de plus ou moins que ses consœurs ravive en moi les braises d’un fantasme né au printemps arabe dernier : faire l’amour avec une (séduisante**) reporter de guerre ; environ là où pour la première fois Winston et Julia se plurent à fusionner tout leur content.

RIP Girlz !

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* Himmlers Hirn heißt Heydrich, page 435, je note (…) avec toute l’inhérente maladresse des hommages ou des condoléances et du coup me demande si celles que je souhaite exprimer au personnage de fiction le plus incroyablement sincère de l’univers de mon PAF n’auraient pas davantage de cachet dans la langue morte de mon cru. Mais bien qu’il m’arrive d’en prononcer sporadiquement un mot par-ci / une expression par-là radicelles, j’avoue l’abysse de mes lacunes en wallon et dès lors m’en remets à la Toile.

** presque à l’heure de publier un flash annonce qu'une journaliste du Sunday Times a perdu la vie en Syrie

 
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Les sorts n'ont pas tous la même veine

De dispo, ex-abrupto (selon l'état des stocks à l'écran) : le dernier né en date + son rapport à Boris V.


Là, si vous voulez, on quitte une des librairies du coin deux titres de Chloé D. en poche main

C'est donc exactement à 110 mètres environ du café des Morts* qu'à peine nous sommes


On s'y implante comme d'hab' à la toute-toute dernière table au fond du fond du couloir, celle-là même située à pas même deux pas de la porte-lisière des ouatères ; on jette son dévolu sur une bière spéciale au possible, commande et commence à fêter l'examen de la pioche en douceur


Par après, dans le limite soudain d'un bon demi quart d'heure plus loin, au niveau de la mer de mon champ de vision, on revient sur Terre observer quelque blanche chose pointer le bout de sa fibre à travers l'embrasure ; à sa tête le profil d'un type que l'on imagine certes soulagé, mais néanmoins à jamais privé d'la vue.


Du bar on pourra pourtant sous peu percevoir le vieux garçon de café lui donner du Monsieur DAM (ça fait 6,30 euros, m’sieur DAM /  Oh merci bien m’sieur DAM ! / J’vous raccompagne à la porte, m’sieur DAM !) 


Bien. Il est également temps pour nous d'élever l’ancre, d'autant que le poulpe de luxe de la table à babord fait toujours force montre calculs à notre endroit. Cela étant, toujours question ressenti, à la base on a personnellement trois fois rien contre les personnages de roman à l'eau-de-vie et disons autant envers ceux d’entre-eux qui s’adonneraient en sus à l’héroïne ; il n'en demeure pas moins avéré qu’à ma décharge, une heure auparavant, je devais fausser compagnie aux vilains restes de maman, cela tout juste après que cette dernière ait x fois éructé c'est quiii ?dans l'interphone / Dans la foulée signalé que j’allais tout lui saloper (mais sic, quoi !) en zieutant mes pompes ; psychiquement agrippée au divan paillaisse** où elle a élu territoire. / Et enfin, Mon Chéri dans l'cendrier : m'ait incontinent laissé seul histoire de clopiner à la recherche de mon frère ce furet... du MOUSSS ? MOU-MOUSSS ? où c’que t’es donc passééé, mon bébééé ? braillé à tue-tête dans les brumes de cette saleté de cage d'escalier

Arrive notre tour de régler, va-t-on enfin savoir si je l'ai bien entendu l’appeler monsieur Dam ? et si oui comment il l’épelle.

Le vieux garçon de café confirme mais se retrouve aussi sec dans l'incapacité de m'aider davantage un pet d'bouche pour ainsi dire plutôt décomplexé à l'appui.

 

* ce n’est pas son vrai nom non plus

** ah ledit divan même pas divan-lit, tout un monde de magie jaune devant / bistre derrière ! quelque paysage dévasté, infesté, désolé... un drame dans l'drame, un champ d'batailles truffé de placards véreux, trous d'sèches et autres germes morts ou vifs plus ou moins recensés à ce jour.
 
 

01.04.2011

LA TÉRATOPHILIE POUR LES NULLIPARES

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WE, Maurizio Cattelan

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Souffler sur les Zèbres

Petite allée pavée ma foi plutôt sympathique où côte à côte veillent deux grosses caboches de ce bon vieux Siddhārtha ; d’apparence identique, calcaire et pour ainsi dire démesurée (échelle 3/1 au bas mot). Syncrétisme gréco-bouddhique, pierre, topiaires, graminées, azalées... une perspective tout naturellement savamment illuminée.

Au bout, de part et d’autre de l’imposante porte d’entrée, se dresse quelque incontournable bambou ; et au dedans c’est pêle-mêle feu ouvert, objets divers, mobilier, cuirs, étoffes, adagio de l’Avent et vagues effluves d’encens. L’affiche en forme de flèche au pied de l’escalier métallique d’origine à droite du comptoir indique un étage essentiellement contemporain. L’ensemble, rez-de-chaussée y compris, n’est finalement pas déplaisant ; chic et dont l'unique et non négligeable intérêt permet
d'attendre au chaud : l’atelier voisin où sera découpée notre Feur de Vie en vinyle sablé n’ouvre ses portes que dans la demi-heure, d’où ma présence en cet endroit.

Le plan d'accès prévoit que le chaland redescende par d’autres marches, un autre escalier. Plus petit, pour ainsi dire confiné, de style meunier ; et aussitôt le plancher de ces bovidés qui font des canapés rejoint, l’on se retrouve au sein d’un salon de style typiquement marocain. Alors là, à contre-jour, pour l’avoir aperçu déambulant peu de temps aux paravents, je reconnais le couple sur le point de pénétrer le sas qui me fait face, la baie par où j'aspire à m’en sortir. Mais aussi enchanteur soit-il, le salon ne laisse que peu de place aux croisements ; raison pour laquelle je penche tête et torse, laissant ainsi presque libre court à la démarche de la Femelle. Naturellement, répondre à son sourire amusé, tout pareil enjoué. Le Mâle semble plus âgé, disons quinquagénaire depuis plus d’un lustre, et tout aussi distingué. Elle, en effet, porte on ne peut mieux la jupe de tissus zébré noir et blanc, davantage noir que blanc d’ailleurs, et cela sans la moindre once de vulgarité (est-ce possible ?), une attrayante paire de bottes rutilantes, le genou à l’air libre ainsi qu’un manteau couvert de poils de licorne albinos sans nul doute assortis à la teinte de ses chevaux. Lui la suit dans son costume d’homme d’affaires, guilleret, un trois-quart laineux roulé autour de son bras droit. Tout deux gravissent les marches une à une pour se retrouver dare-dare sur le palier. Alors qu’arrive l’instant de prendre congé, cela fait tilt ! J’incline à nouveau le haut du corps, après un petit pas d'côté...

Les tourtereaux stationnent sur la plate-forme, statiques donc, probablement contemplent-ils la multitude de tableaux parant la brique de cette ancienne fabrique. Et là, là, les yeux levés en direction du cadeau du ciel, mon regard tombe nez à nez sur l’entrejambe de la Femelle... BON SANG DE BOIS, la vue imprenable que voilà ! À ce stade, on peut avancer que la bougresse porte également des dessous à la hauteur… une élégante petite culotte accordée à la jupe supposée la dissimuler ; et là, là, toujours , cette fois, des zébrures, c’est le blanc qui s’avère dominant. L’ô combien sensationnelle contre-plongée au
cœur du sujet jambes écartées provoque une trique carabinée ; aussi, une brève éternité plus tard mon corps au grand complet lascivement s’affale, tandis que pour se remettre de ces émotions l’esprit fait mine de commander un verre de nahané, délicieusement traumatisé.

Bande son : La Caution Thé à la menthe [Laser Dance version]

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Alpha et Oméga

Début octobre, ma toute bonne vieille Agnelle et moi-je fûmes conviés par Sue ; en effet, notre impayable voisine désirait qu’on l’accompagne (elle et son partenaire) au Salon EROS 2011 de la Cité ardente. Pas que le plan était en soi déplaisant, presque loin de là – j’imaginais déjà moult scénarios salaces à narrer, l'écho de son rire de rossignol colossal, le fumet des glandes au sein des stands et allées alentour, ce genre de perspectives juteuses, aigres-douces... mais bon, je dus vite calmer ma joie : pour être franc, le prix du ticket de cette grande surface du cul sous toutes ses coutures m’a carrément coupé l’envie de dire pourquoi pas. Foutre, l’équivalent de quatre entrées au cinéma ! comme dirait mon pater : les salauds, ils se mouchent pas du pied !


D’autant que dans le genre naturel chaud-bouillant, nous avions rencart plus tard, le soir, dans les bois..


Et justement, à propos, ce n’est à nouveau pas pour me vanter, mais voilà : j’ignorais que les cervidés les perdaient, moi, leur bois ! Et vous, les enfants ? Imaginez un truc pareil, d’un peu moins d’un mètre environ, genre seize cors, qui vous repousse chaque année sur la tête ! Et cette légende du ROI DE LA FORÊT, curieuse quand même, quand on apprend qu’à l’origine le cerf est un animal de plaine. Enfin bref, le brame, ça remue, ça tue même !

Le matin de la fête des Morts, j’ai égayé la toute petite cour de mes Vieux, gratté dans leur mètre³ de terre, planté quelques trucs dont deux rosiers sélectionnés par mézigue, rincé. Toujours éméché de la veille, taquin, j'en vins à songer à tous les malheureux qui n’ont plus que le cimetière où aller faire coucou à leurs parents, cette pensée me travailla le bulbe quelque instant puis succomba au charme de ses blessures en implosant.


L’après-midi : besoin d’un remontant, d’une balade, d’un soleil, d’un petit reportage avec des images en couleurs et tout le tremblement. La sélection qui suit commence et s'achève par le portrait de deux minous sans vie, par une aussi belle journée de novembre, allez chercher à comprendre pourquoi !


Ceci dit, outre le bon air/ l'humus/ les lumières, j’ai prisé braver d’hypothétiques balles perdues, de possibles battues (donc d'éventuelles charges éperdues) ; observer cet étrange cavalier visiblement désarmé quitter la route pour s’évaporer dans les épicéas. Aussi mystérieux qu’élégant, une bombe melon posée sur le caillou, il a fait bonjour, obligé, braquant pour ce faire majeur et index sur sa tempe.


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Alpha


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 Mes bras connaissent

La menace du futur

Les délices qu'on ampute

Pour l'amour d'une connasse


[(Mr) Bashung]


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AMANITES TUE-MOUCHES


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Oméga

 

Raah, bon sang d'bois, ce pauvre Oméga ! il a fallu que j'en rie... D'autres JPEG d'après nature, ici, dès que possible. Au plaisir et bien à vous, les enfants !


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HELL !

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Les gros bonnets de la Salamandre Volante
 

() N’allez pas vous y tromper. Je ne vais pas vous infliger le refrain sur la poésie de l’enfance et tout ce qui s’en suit. Je sais que ce ne sont là que des foutaises. Le vieux Porteous (un de mes amis, un professeur en retraite, je vous reparlerai de lui) y va à fond sur la poésie de l’enfance. Des fois il me lit là-dessus des passages de livres. Wordsworth, Lucy Gray. Il fut un temps où la prairie, les bosquets, etc. Inutile de dire qu’il n’a pas de gosses à lui. La vérité, c’est que les gosses sont fermés à la poésie, ce sont simplement de petits animaux sauvages, à ceci près que les animaux n’ont pas le quart de leur égoïsme. Un garçon ne s’intéresse pas aux prairies, aux bosquets, etc. Il ne regarde jamais un paysage, se moque éperdument des fleurs, et à moins qu’elles retiennent son attention pour une raison ou une autre, par exemple parce que leurs fruits sont bons à manger, il ne distingue pas les plantes les unes des autres. Tuer ci et ça, c’est le comble de la poésie pour un garçon.


George Bowling, Coming up for Air 

 
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Le Parc du Pendu
 

Pareil que George dans Un peu d’air frais, je suis tout dernièrement retourné sur un haut-lieu de mon enfance. Des semaines et des semaines que j’y songeais, mais toujours au même moment : lire intempestif. Une nuit, ça remonte, j’en ai même rêvé...


Faut dire que pour se rendre chez mes Vieux via la rue Plaine-de-pavés, on est pour ainsi dire obligé de passer devant l'entrée de la porte Nord ; et au pied de cette rue pentue demeure le plus impavide des ponts qui surplombent la Vesdre – là où, tout gosse, je fus plusieurs fois amené à croiser un couple d'amoureux au grand âge. Parallèle, hors du commun. Plus tard, bien plus tard, pour la petite histoire, j’appris qu’il s’agissait de Mme et de Mr Blavier. D'Odette et d'André.


Alors autant le mentionner sans ambages : pas la moindre désillusion, vraiment ! Oh... mais oui bien sûr, je vous vois vnir, nulle féerique ni même spectrale apparition (et toujours pas la moindre nouvelle de ce satané pendu...) comme au bon vieux temps des vers de terre loquaces et des galets qui planent, mais quand même, enfin, quel petit recoin de paradis*, really !


J’avais dans l’idée comme qui dirait farfelue, figurez-vous, d’y filmer ma cascade, je veux dire la chute dont je fus victime à l’âge de 7 ou 8 ans. Même ma maman ne se souvient plus exactement, ça situe ! juste elle se rappelle que je sortais de chez le coiffeur (chez Gino) pour la première fois de sa vie, que je ressemblais à un petit ange (nous sommes donc pour rappel en 1974-75), etc., etc., etc.


Moi, ce qui me revient avec CERTITUDE, c’est l’image du T-shirt que je portais ce jour-là… Sans blague, ce que j'l’adorais, lui alors ! Infiniment agréable à porter, blanc, orné de p'tits Japs en tenue de combat ceintures noires minimum forcément ! la perfection faite coton imprimé, du moins jusqu’à ce que mon arcade sourcilière gauche et tout ce qui s’y attache percutent de plein fouet la barre métallique exposée ci-après, eh oui les enfants, en vérité je vous le dis : la même, pas loin de quatre décennies plus tard !


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vues sur la pente dévalée et la cour des miracles

 

Naturellement, il ne fallut guère longtemps pour que presque tout mon sang ne commence à se vider de moi… n’y distinguant plus que dalle, à tous – mort de trouille et ce malgré le semblant de désinvolture qu’il s’agissait de conserver –, je demandais si mes yeux étaient toujours à leur place, une bêtise du genre.


Eux non plus, des durs pour la plupart, bien plus durs que moi en tous cas, n’avaient pas l’air de trouver ça drôle. Je fus transporté à l’hôpital en Combi Volkswagen, un véhicule qui, si je ne m’abuse, coïncidence ou pas, servait jadis d’ambulance à la Croix-Rouge. La camionnette appartenait au daron d’un de mes camarades de jeu d'arcade^ qui passait doux Jésus par là. Monsieur M. n’était pas ambulancier, encore moins glacier, il était ferrailleur. Sympa, sauveur et tout ça, mais casseur quand même !


Environ dix points de suture, un traumatisme crâneur et cette cicatrice au sourcil toujours fidèle au poste plus tard, il est ici écrit que jamais plus dans ma vie je n’eus à frayer avec d'aussi cruelles créatures, les enfants ! Les frères H. Oui, simplement H., histoire de ne pas avoir à changer ce visage auquel je commencerais gentiment à me faire, mais peut-être en parlerais-je un de ces quatre plus longuement (aux dernières nouvelles ils étaient toujours 5), une fois TOUS passé(s?)** l’arme à gauche.


Ils étaient une fois nos voisins d’en face, que voulez-vous ! Derrière, c’était un autre style, genre quand ch’te vois ch’te tue... Rue Clément XIV, comme édité dernièrement ici-même à travers l’écran : Né en octobre 1705, ce pape fut avant tout fils d’un modeste chirurgien. Non, vraiment, pas daussi cruelles et intrinsèquement menaçantes ; pas même à l’adolescence, malgré l’alcool/ les drogues/ la violence.



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Rue Clément XIV : Voisin direct de chez papa/maman

[Ambroise Gallettoni, 2011]


** problème d'accord, qui pour m'aider ?

 
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GRAND TOTEM 1065/4
 
Lasure opaque de teinte plutôt radieuse et extraordinairement variable à la lumière naturelle.

Façade Nord – Premier étage – Deuxième couche

Et tandis que je m’applique à l'étendre :
 
x Une coccinelle bleue électrique passe du haut de la tenture au dessous de ma ceinture, hi-hi-hi !

x Un frelon rayé châtain et vert kaki vit sa dernière heure dans la torpeur, à même l’appui de fenêtre extérieur

x Une minuscule et intrépide araignée magma voltige sans crainte (ni fil de soie) du faux plafond de ma boîte c. au pinceau, et vice et versa (3x)…
 
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HOZHO
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Trois liens 2000 ans après doux Jésus
 

(…) Yue-Yue a été emmenée dans le coma à l'hôpital de la zone militaire de Canton. Un porte-parole de l'établissement s'est montré très pessimiste, la déclarant d'ores et déjà en état de mort cérébrale.

(…) En septembre 2008, Jean-Paul Fournier est élu sénateur du Gard. Il intègre la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Suite au renouvellement des commissions, il est élu vice-président de la section Tauromachie du Groupe d'étude de l'élevage.

(…) Ce stupéfiant est préparé de façon artisanale, à base d'un mélange de solvants, de phosphore et de codéine. Il produit les mêmes effets que l'héroïne mais coûte trois fois moins cher. En contrepartie, il faisande littéralement l’épiderme. 
 
 
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MITAKUYE OYASIN
 
From: Zéphir Jambonfeu
To: Asperge de rêve
Subject: FW: MITAKUYE OYASIN

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Captivé par un reportage consacré à la vie et à l’oeuvre d’un homme-papa-ours nommé KORCZAK… comme quoi s’éjecter du lit (quand on ne sait quelle espèce d’anti-mouche tsé-tsé en a décidé seule ainsi) peut manifestement s’avérer aussi profitable ; eh oui,  mon vieux, faute d’ordi c’est parfois beau une télé la nuit ^^ attends ! quand on y apprend qu’à l’époque ce gars – Ziółkowski, américain d'origine polonaise, est né précisément 31 ans après le décès de Crazy Horse, le 6 septembre 1908, de parents polonais, à Boston. Orphelin à l'âge de trois ans, il grandit dans une série de foyers d'accueil. Bien qu'il n'ait jamais reçu de formation artistique académique, ses talents de sculpteur se font remarquer alors qu'il est encore très jeune a dit niet à une subvention de 10 millions de $...


bref, presque tout ceci pour dire ma surprise quand le jour venu, à l’agence, en plein travail (de recherches), je pris connaissance de cela :


[…] Tandis que le chef Henry Standing Bear croit que les motivations de Ziółkowski ont pu être sincères, de nombreux Lakota et Amérindiens traditionalistes s'opposent à ce mémorial. Dans une interview réalisée en 2001, l'activiste et acteur Russell Means fit part de ses objections en ces termes : « imaginez-vous aller en Terre sainte, en Israël, que vous soyez chrétien, musulman ou juif, et commencer à sculpter le Mont Sion. C'est une insulte à tous les nôtres ». Pointer du doigt est un geste impoli dans la culture amérindienne. La plupart d’entre eux préfèrent pointer avec le menton ou avec les lèvres (comme pour faire un bisou).

[source wikipédia]

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Trichromie XXI
 
Dernière fois que je me suis assoupli dans un fauteuil de la salle verte, de mémoire, c’était pour Mononk Boonmee. Ici, pour l’heure, les bandes-annonces font d’ores et déjà partie du passé quand une vieille femme-enfant prend place en bout de rangée, trois sièges à droite de celui que je squatte.
 
Elle embaume la toilette (limite l’ablution), la mussolinite, le boudoir des grandes occasions, ainsi que le fruit d’une toute fraîche miction… une note de fond qui pourrait naturellement expliquer pourquoi dix minutes auparavant la vieille femme-enfant se trouvait encore devant moi, à la caisse… « bon sang, la saisissante voix que voilà ! on jurerait ouïr Kotono Mitsuichi en plein doublage d’Ebichu le hamster » songé-je, le temps que dure son monologue avec le type des tickets.
 
La vieille femme-enfant, plutôt grande pour son âge, conserve comme qui dirait malgré tout fière allure. Bientôt mise à l’aise, on pourra l’observer blottie sous une couverture de survie dorée – curieux personnages que nous sommes. Et là, que l’on y soit préparé ou pas, seule la tête émergera de l’obscur amas… o delectatio morosa !
 
Mais attention, car voici qu’à présent la vieille femme-enfant (de surcroît maquillée tel un travelo à sang bleu) m’adresse ce que je présume être son plus beau sourire ; et c’est dès lors à l’instar de la Reine Mère, disons presque sans calculs ni façon, que j’agite gentiment la main dans sa direction.
 
Je commence à me déshabiller, et toi tu poses une boîte sur le lit, une petite boîte, je l’ouvre, il y une émeraude à l’intérieur, tu ne dis toujours rien…
 
En ce qui me concerne j’ai juste tombé le manteau, demeurant silencieux tout pareil, et c’est à différentes reprises qu’en plein drame d’époque(s) à fleur de peau(x), mon inénarrable psychisme se voit osciller d’un rêve à l’autre… La vieille femme-enfant y susurrant sporadiquement quelque phrase au sens saisi d’elle seule. Sinon il arrive qu’elle pouffe, s’insurge, vitupère ; non sans modération, le tout modulé par le son de sa petite voix de hamster nippon.
 
La séance s’achève sur un ultime sourire grimaçant. Les lumières deviennent graduellement plus intenses, et c’est à la faveur de ce semblant d’aube que désormais je perçois le rutilant sac à main, aussi rouge que les babines de la vieille femme-enfant. L’objet est comme qui dirait griffé... MONOGRAM ROUGE FAUVISTE, je viens de vérifier.
 
Vuitton, comme la panthère noire du même nom...
 
 
Faits quasi réels inspirés par la projection du film de Bertrand Bonello 
 
Au moment où je termine de rédiger ces lignes et m’apprête à les publier, un coup de fil m’informe que la courageuse petite princesse de ma sœur de sang entre en clinique le mercredi qui vient. Un nouveau passage sur le billard pour une série d’examens. J’écoute avec autant d’attention que d’appréhension quand brusquement, sans crier gare, me reviennent des images de la nuit : Dans la cour de récré de l’école Heureuse (l’école primaire et maternelle de Strychnine), je vois un des chats qui partage ma vie mastiquer frénétiquement je-ne-sais-quoi. Elle croque, elle croque et des os craquent à tue-tête. À mes pieds, juste à ses côtés, un hamster plus vrai que nature ! Le petit rongeur pleure à chaudes larmes, spectateur impuissant du désespoir de la mort violente d’un proche (intime conviction)…
 
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La femme au perroquet

 

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PARCAT LECTOR

 
() la belle eut beau dire et beau faire, la métamorphose s’opéra en pic d’ondes bêta : dans ma tête d’être humain devenu se tenait mal la mère de Lagneau ; la vilaine, sy affichant nue comme un ver de type hymenolepis nana, m’enjoignait de la posséder sub rosa, ex abrupto et more ferarum.
 
 
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Je vous salis ma rue

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Sacrément pentue, celle où crû le rejeton qui plus que jamais en moi demeure. Entre les quartiers Fonds-de-Loup et Ottomont, Clément XIV… tel est son nom. Né en octobre 1705, ce pape fut avant tout fils d’un modeste chirurgien (source wikipédiatre). Titre de la note emprunté à un poème de Jacques Prévert (pareil pour la moustache, sur la tête de ma mère : j'y suis pour rien !). Ready-made, AG 2011

 

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Kami no kodomo-tachi wa mina odoru

 

 japan erection.jpgWorm lives underground. He is a gigantic worm. When he gets angry, he causes earthquakes, Frog said. And right now he is very, very angry. Murakami, Super-Frog Saves Tokyo
 
 

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BON SECOURS, BIÈRE VIVANTE !
 
au(x) fantôme(s) d'Alina Real
 

Se déplacer et séjourner en famille (pour la première fois de sa vie) à l’étranger rend-elle possible l’occasion d’y joindre l’utile à l’agréable?

Chimère, conditionnement, réflexe de miséreux parents ?

Pour l’heure, je n’en sais toujours trop rien, ne percevant au fond qu’une vague idée du reptilien.

Mais après tout, si Notre-Dame de la cure suivie auparavant par ma mère à moi nous avait offert à tous quelque répit, voire quelque amélioration (toute sensible fût-elle) de son état de santé nerveuse et mentale, pourquoi celle de Lourdes en personne – pour info ou rappel, MÈRE D'UN DIEU MONDIALEMENT CONNU ! –, s’avérerait-elle incapable de faire un geste en faveur de mon infortuné daron ? c’te question ! qui ne tente rien n’a rien, un peu beaucoup, à la folie comme à la loterie : s’agit-il de laisser sa chance à son prochain ?

Bien, avais-je huit, neuf ou même dix ans ? peu importe, en revanche cest presque parfaitement que me revient l’image de ces millions de magasins…

Pareil pour la Vierge couronnée, au cœur de l’esplanade ; son glorieux double troglodyte, c’est un peu j’imagine comme s’il avait été proprement ignoré… d’ailleurs, cette version était-elle réellement présente ce jour-là ? en entretien, vision, révision ? Mysterium magnum, mon petit Laudanum !

Aux pieds de la grande statue, donc. Alors pour quelles raisons, cela aussi je l’ignore, maman s’en est encore brutalement pris à son doux Jésus ?

Comme à sa fâcheuse habitude l’enfant fut agoni de griefs impénétrables et venimeux ; aussi, dès cet instant, tout à trac captais-je sa mise au ban passagère du reste de notre triste clan… personne, je veux dire ni mon père, ni ma petite sœur de sang, et à fortiori encore moins elle ne m’adresserait plus la parole, ma peine pourrait durer, comme à l’accoutumée, jusqu’à la décision de me gracier.

Ce jour-là, oui, ma mère à moi eut à nouveau beau me maudire, mais l’entendis-je pour autant crier de cette oreille, le regard fixé vers la madone de pierre ? pas question de lâcher, dussé-je m’en ramasser, oui, oui, je me souviens fort bien avoir tenté de la fixer droit dans le marbre blanc des yeux, mais naturellement les siens préférèrent les cieux. En définitive, hormis se mettre à subitement très finement pleuvoir, rien d’autre ne se produisit vraiment.

Quoique, durant la nuit, j’en vins à tomber du lit pour la première et, ose lespérer, dernière fois de ma vie. Quel choc, les enfants ! Enfin, de la sorte avais-je sans doute trouvé pour maman quelque admissible raison de chialer tout mon content.   


 
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Bon appétit si vous pensez à table !

 
Le pauvre porc ne savait plus s’il devait chier ou devenir aveugle. ()
 
 
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BABEL FISH

 

Avant de vraisemblablement retrouver ma toute petite Sirène au prise avec le plus vicelard des condylures de l’Univers – une entité cosmique propriétaire du trou de ver dans lequel elle et Laudanum ont chu –, séquence choisie parmi le flux d’événements revécus mentalement par le susnommé convoyeur durant leur déplacement (une téléportation-vm, selon wikipédia le rapport Davis) :

 

Elle était littéralement plongée au cœur des pensées d’un Lagneau lui-même immergé dans sa lecture du moment*, et c’est presque tout juste après qu’ensemble ils aient pris connaissance de ce passage :

 

(…) Eh bien, pour ce qui concerne les crevettes d’Indonésie, par exemple, on pourrait lire sur l’emballage : POUR 500 GRAMMES DE CREVETTES, 13 KILOS D’AUTRES ANIMAUX MARINS ONT ÉTÉ TUÉS ET REJETÉS À LA MER.

Ou prenez le thon. Parmi les 145 espèces tuées de façons routinière – et gratuite – lorsqu’on le pêche on trouve : la raie mantha, le diable de mer, la raie douce, le requin babosse, le requin cuivre, le requin des Galapagos, le requin gris, le requin de nuit, le requin taureau, le grand requin blanc, le requin-marteau, l’aiguillat commun, l’aiguillat cubain, le requin renard à gros yeux, le requin taupe bleu, le requin peau bleu, le wahoo, le marlin voilier, la bonite, le thazard barré, le thazard atlantique, le makaire bécune, le makaire blanc de l’Atlantique, l’espadon, la lanterne de Kroyer, le baliste cabri, l’aiguille, la catagnole, la carangue, le centrolophe noir, le coryphène, le Cubiceps pauciradiatus, le poisson porc-épic, la comète saumon, l’anchois, le mérou, le poisson volant, la morue, l’hippocampe, la calicagère blanche, le poisson royal, l’escolier noir, la liche, le triple queue, la baudroie, le poisson-lune, la murène, le poisson pilote, l’escolier à long nez, le cernier commun, le tassergal, l’otolithe, le tambour rouge, la sériole couronnée, la sériole, le pagre commun, le barracuda, le poisson globe, la tortue caouanne, la tortue verte, la tortue luth, la tortue imbriquée, la tortue de Kemps, l’albatros à bec jaune, le goéland d’Audoin, le puffin des Baléares, l’albatros à sourcils noirs, le goéland marin, le puffin majeur, le pétrel noir, le puffin gris, le goéland argenté, la mouette atricille, l’albatros royal, l’albatros à cape blanche, le puffin fuligineux, le fumar antarctique, le puffin yelkouan, le goéland leucophée, le petit rorqual, le rorqual boréal, le rorqual commun, le dauphin commun, la baleine franche, le globicéphale, la baleine à bosse, la baleine à bec, l’orque, le marsouin commun, le grand cachalot, le dauphin bleu et blanc, le sauphin tacheté de l’Atlantique, le dauphin à long bec, le grand dauphin et la baleine à bec de Cuvier.

 

que l’Ébranleur du sol en personne lui apparut (à elle seule, donc). Pour l’occasion, ce dernier portait un polo turquoise Triton à l’instar de toute sa collection gracieusement confectionné par une équipe d’ocypodes mineurs d’âge et sur lequel figurait brodé un FAUT-IL SUPPRIMER LES ÊTRES HUMAINS ? de très belle facture. Quelque ton sur ton plutôt seyant, certes, mais une  « accroche » jugée spirituellement incorrecte par les uns et disons tout naturellement ad-hoc par les autres.

 

En vérité, nul n’eut guère besoin de lever quoi que ce soit au ciel pour apprendre que déjà sonnait l’heure du dernier croissant à l’enseigne du restaurant ★ ★ ★ LA LUNE BALSAMIQUE. Et pour cause : pas le temps de dire ouf que les mêmes uns et les mêmes autres se retrouvèrent soudain submergés par une phénoménale précipitation de trombes d’eau ultra-acide et noire comme l’âme du lieutenant général Forrest.

 

Ainsi, à l’exception des membres des missions spatiales en cours,  pas un putain de Terrien ne survécu à ce dernier épisode en date ! En effet, les amis, de Tokyo jusqu’alors en tête des mégalopoles du monde entier à disons Durbuy, où que ce soit,  la pluie avait absolument tout englouti...

 

* Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?

 
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Indexed Sequential Access Method
 
 


 
 
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La Mer du Nectar
 
mare_nectaris.jpgL’unique enfant du colonel Gordon Flash avec qui l’on fait ici à présent intimement connaissance est  atteinte d’une pathologie ultra sévère et incurable connue sous le nom de xeroderma pigmentosum.
 
Étendue dans un bain d’eau tiède devenue, Dakota, émoussée, a terriblement mal au ventre et au bassin, d’elle exhale comme une odeur de rouille. Bon sang de damn nature ! la voici donc à présent virtuellement fécondable ; et ce à l’âge de cent mois, mille heures et deux minutes, soit environ 267.120.120 secondes dexistence claquemurée à labri du moindre rai.
 
– « De toute façon, même dans le genre futuriste, qui voudrait d’un boudin avarié en TCHADRI made in Cap Canaveral pour en faire la maman de ses lardons, hein, on se ldemande un peu ! » se désole-t-elle face à cette saleté de miroir ; aussi, pour la première fois de leur vie, Rebecca la poupée kashina posée sur la commode ne trouve rien à transmettre qui soit de nature à pacifier lâme de sa meilleure amie.
 
À table, Gordon voit bien que Dakota n’est pas dans son assiette ; il lui demande ce qui cloche tout en achevant sa phrase d’un aussi machinal qu’affectueux ma couille (il appelle ainsi sa fille depuis la disparition de Miss Flash, époque où Dakota ne comptait qu’un seul mot à son vocabulaire : Mom.).
 
– « Rien, pas vraiment de soucis à taire, j’ai commandé une boîte de tampons en ligne toute seule comme une grande, trouvé comment me dépanner d’ici demain matin, et pour la visite j’en toucherai un mot au Professeur Tournedos, on verra ça plus tard... ».
 
Elle ajouta ok, mon con ? et à son tour, dès cet instant, termina systématiquement les phrases qu’elle lui adressât par ce petit sobriquet ma foi finalement plutôt bien sympathique.   

 
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Une autre question

 
() Et nous, Nimit, nous, dans quel but vivons-nous ?
 
 
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Petite mort, glandes, profondeur

 

( )
 

Le problème

des corps

est épineux

 

entrer des mots clefs

 

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La boîte noire des Grimpoteuthis

 

() Non, vraiment, ce n’est pas simple ; d’autant que mes joues sont gorgées du liquide céphalo-rachidien servant à transporter l’amie de Lagneau en toute sécurité, et punaise que ça pique !

Pour me changer les idées et m’aider à garder la bouche étanche durant le voyage, je pense au Disneyland de John Lamb Lasch, à ce Jerry Mander qu’il me faut à présent découvrir, et c’est ainsi chemin faisant que j’aperçois quelque panneau signalant présence de pieuvres Dumbo dans les barrages.


Naturellement, la toute petite sirène et moi tombons dedans pour ainsi dire incontinent…

 


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花見

 

entrer des mots clefsSous les cerisiers sont enterrés des cadavres ! Il faut s'en persuader. Sinon, n'est-il pas incroyable que les cerisiers fleurissent si splendidement ? J'étais inquiet, ces jours-ci, parce que je ne pouvais croire en cette beauté. Mais maintenant j'ai enfin compris : sous les cerisiers sont enterrés des cadavres ! Il faut s'en persuader.

 

 

Motojirō Kajii, Sous les cerisiers [1927] 


 
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A tribute to Eliot Bolivar

 

« Vous êtes poète ? » (J’ai failli dire « vous aussi ».)

« Non. C’est un titre dangereux. Mais j’ai intimement connu certains poètes dans ma jeunesse. Robert Graves a écrit un poème pour moi. Ce n’est pas son meilleur. William Carlos Williams m’a demandé de quitter mon mari et de » – elle a articulé ce mot comme une sorcière de spectacle pour enfants « “fuguer” avec lui ! Très romantique mais j’avais la tête sur les épaules, et il était aussi indigent qu’un épouvantail*. Alors je lui ai répondu : “Va au diable, Willy, nos âmes ont faim de poésie, certes, mais nous avons sept péchés capitaux à nourrir !” Il a souscrit à ma logique. Les poètes savent écouter quand ils ne se droguent pas. Mais les romanciers » – Madame Crommelynck a fait une grimace de dégoût, beurk – « des schizoïdes, des fous, des menteurs. Henry Miller est resté avec nous dans notre colonie à Taormina. Un porc, un porc en nage, et puis Hemingway aussi, tu le connais ? »

 


 

* Tous les mots ou expressions en italique suivis d’un astérisque sont en français dans le texte.


 David Mitchell, Le fond des forêts

 


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Suprême nyctalope

 

La nuit, tous les grigris restent ouverts

 

Virent quelque fois dare-dare au rose bonbon,

 

voire au fuchsia…

 

Songes toujours aussi chatoyants en tout cas !

 

 

(...)

 


 
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Kulturkampfff


Me suis projeté  tout à l’heure à l’intérieur via le coin inférieur, le droit, celui où en général les peintres – quels que soient leurs talent et couleur –, apposent leur nom d’auteur.

entrer des mots clefs

 

Alors comme il se trouve techniquement possible d’ici plus haut l’observer, les deux meilleurs amis de l’homme y ont aussitôt détecté ma présence. Aussi, à peine eurent-ils le temps de gronder que déjà le venin de ma trompe les réduisait au plus fracassant des silences.

Adrian Ghenie, lui, toujours bien vivant, dormait du sommeil du juste, et ce sans même se retourner !
 
De son côté, Schicklgruber, Adolf de son véritable prénom, FÜHRER pour les uns et l’on ne sait trop quoi pour les autres (notamment ersatz de Rothschild et aquarelliste à ses heures), n’est que décor de carton-pâte.

Trompe-l’œil, leurre, illusion de papier mâché, attrape-mouche tsé-tsé, ce que vous voulez… la partie du personnage inaccessible au regard des spectateurs, critique ou non, peu importe, toujours à nu, brute, je veux dire pas même enduite de quelque matière primaire.

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6.5

 
The Precious Scroll of the Parrot tells the story of a parrot who becomes a disciple of Guanyin. During the Tang Dynasty a small parrot ventures out to search for its mother's favorite food upon which it is captured by a poacher. When it managed to escape it found out that its mother had already died. The parrot grieved for its mother and provides her with a proper funeral. It then sets out to become a disciple of Guanyin.



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(Bruit de bouton.)

 

 

 

 

    



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HSIN-CHING ZOO  

 

() Aussi curieux que cela puisse paraître – ou peut-être pas si curieux, après tout –, tous se disaient qu’il était plus facile de tuer des êtres humains sur un champ de bataille que des animaux enfermés dans une cage.

 

 

★ ★ ★ 

 

Ce qui ressort de c't'oiseau ? Eh bien tout simplement la plume la plus fascinante qu’il m’ait été donné de lire – et ce, de même sans me vanter –, depuis l’âge de ma première page : j'ai cinq ans quand je suis initié à la lecture extra-scolaire par  Shiori-san, une adolescente affable (et à gros nichons) de notre voisinage.

 

[Azuki Babaorum]


 
5 9 3

 

, par exemple,

 

 L’enfant fit un rêve parfaitement clair. Il savait que c’était un rêve, ce qui le rassura quelque peu. Mais savoir qu’il rêvait maintenant prouvait bien qu’il n’avait pas rêvé ce qui s’était passé avant, et que c’était la réalité. Il faisait parfaitement la différence.

Dans son rêve, l’enfant sortait dans le jardin désert en pleine nuit, prenait la pelle posée contre le tronc du pin et se mettait à creuser. Ce n’était pas très difficile parce que l’homme en noir venait de forer un trou au même endroit un peu plus tôt. Il était tout de même essoufflé rien qu’en soulevant cette pelle, bien lourde pour un enfant de cinq ans. Et puis il était sorti pieds nus et avait la plante des pieds glacée. Il creusa tout de même, en haletant, jusqu’à ce qu’apparaisse le paquet enveloppé de tissu que l’homme avait enterré là.

L’oiseau à ressort ne chantait plus, le petit homme n’était pas réapparu au sommet du pin. Tout était terriblement silencieux. Je suis en train de rêver, pensa l’enfant. Mais, tout à l’heure, l’homme qui ressemblait à son père avait grimpé dans le pin et l’oiseau à ressort avait chanté, ça c’était la réalité. Pourtant, c’est étrange : je suis en train de déterrer en rêve un objet enterré dans la réalité, alors ? Cette pelle, par exemple, est-elle rêvée ou réelle ? 


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Les grues de San Francisco

 

Selon un rapport du Children’s Hospital de SF, le très patient Douglas Keller a rendu l’âme dans la matinée du 25 septembre 1944.

 

Malgré cela (lire sa mort clinique), la p’tite tête d’ange – véritable figure de proue du poumon d’acier quil occupa pas moins de sept années durant, s’accorde quelque extra time et achève ainsi la fin du déjà dernier rêve de son inénarrable existence.

 

En effet, à la faveur d’ultimes gouttelettes d’oxygène pure, le voici qui remonte Hyde Street à vive allure, allongé sanglé à bord d’une caisse à savon antiseptique… Comme toujours seule la caboche dépasse (vers  Alcatraz, donc), coiffée d’un casque en pop-corn nacré, le regard grisé par livresse de la vitesse, et, par la force des choses fixé en direction d’un ciel noir et blanc moucheté de grues cendrées parfaitement statiques et silencieuses. Même qu’au moment de cette pause hors du temps, l’escadrille forme un vol en forme de §, symbole topographique dont naturellement Douglas ignore le sens, mais qu’il apprécie toutefois beaucoup, beaucoup, du moins est-ce ainsi que j’ose l’imaginaire.  

 

Maintenant, les images de sa course ont-elles été montées et projetées à l’envers peu avant quil ne franchisse la ligne de départ pour toujours ? Ça, nous ne le saurons (sans doute) jamais.


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Google Traduction parle plus de 30 langues !

 

Un extrait d'article de Wikipédia, l'encyclopédie libre   

 

Philip Buveur  (12 Décembre 1854 dans Haveford, Pennsylvanie – 19 Octobre 1972 dans le Fitzwilliam, New Hampshire) est un hygiéniste industriel . Avec Louis Agassiz Shaw, il a inventé la première largement utilisé poumon d'acier en 1928.

iron lung 4.jpgAbreuvoir a été embauché pour enseigner l'éclairage et la ventilation industrielle à la Harvard Medical School . Il a étudié, enseigné et écrit des manuels et d'ouvrages sur une variété de sujets en hygiène industrielle ; le poumon d'acier elle-même a été conçu en réponse à un problème de gaz de houille, l'empoisonnement d'hygiène industrielle - si elle allait devenir le plus connu en tant que de préservation du traitement à vie pour la poliomyélite.

 

Après la guerre, il a conseillé la Commission de l'énergie atomique. Buveur été rédacteur en chef de The journal of Industrial Hygiene plus de trente ans et, en 1942, en tant que président de l'American Industrial Hygiene Association, à laquelle il appartenait depuis sa création. Il s'est retiré de Harvard en 1960 ou 1961 et a été intronisé au Temple de la US National Inventor of Fame en 2007.


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PUSH_UP

entrer des mots clefs

REGARDEZ-MOI DANS LES YEUX...

... J'AI DIT DANS LES YEUX.

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Au cœur du jasmin étoilé

Fatruc.jpgit nuit blanche quand j’aperçois se consumer le truc. D’aspect disons métallique (et organique, analogue à celui de certains insectes), ce truc, aussi petit que plutôt pas simple à décrire – excroissance luisante de l’arbuste ? –, semble comme entré en fusion, une fusion froide et de couleur bleue. Cela s’apparente à une combustion en règle, ne dégageant pour autant ni fumée ni quelque odeur de brûlé. Par moment, le truc évoque les tout derniers souffles d’un cierge magique, juste après lultime étincelle. Je l’observe, longtemps, fasciné, puis, présence d’esprits oblige, reviens les pieds presque entièrement sur Terre, avant de convoquer la presse dans ma tête. Seul mon ami le photographe Ambroise Gallettoni répond présent, nous sommes samedi après minuit et bientôt quelque part entre gris clair et défoncés.


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                       By this time, Monk had revised and renamed it “Little Rootie Tootie” in tribute to his son, Thelonious, Jr., who was two years old at the time. He earned the nickname “Toot” after “Little Toot the Tugboat” from a favorite Walt Disney cartoon based on a children’s book of the same name ; young Thelonious learned to whistle like “Little Toot” before he learned to talk.

 
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Le garçon nommé Corbeau

 – Dites voir, colonel, fit Hoshino.

– Quoi ?

– Vous êtes vraiment le colonel Sanders ?

Le colonel toussota.

– En fait, non. J’ai seulement emprunté son apparence.

– C’est bien ce que je pensais, fit Hoshino. Et qui êtes-vous au juste ?

– Je n’ai pas de nom.

– Ça doit être gênant dans la vie courante, non ?

– Pas vraiment. Je n’ai jamais eu de nom, ni de forme d’ailleurs.

– Comme un pet, quoi.

– Oui, si tu veux, en effet. Comme je n’ai pas de forme, je peux devenir tout ce que je veux.

– Ah.

– Cette fois-ci, j’ai décidé de prendre une forme facile à reconnaître, celle d’une icône du capitalisme. J’aurais bien pris Mickey, mais chez Disney ils sont assez tatillons avec les droits de reproduction. Je n’ai pas envie de me retrouver avec un procès sur le dos.

– Moi, ça ne m’aurait pas trop plu que ce soit Mickey qui me présente une fille.

– Oui, je te comprends.

– Et puis, il me semble que l’aspect du colonel Sanders convient bien à votre personnalité.

– Mais je n’ai pas de personnalité. Pas de sentiments non plus. Je peux prendre forme et parler comme en ce moment, mais je ne suis ni Dieu ni Bouddha, mon cœur diffère de celui des hommes car je n’éprouve nulle sensation.

– Qu’est-ce que vous dites ?

– C’est une citation tirée des Contes de Pluie et de Lune de Ueda Akinari. Je parie que tu ne l’as jamais lu.

– C’est pas pour me vanter mais, en effet, je l’ai jamais lu. 


MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

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CLEXANE® (ou Le nombril au beurre noir)


En revanche, progressivement revient l'usage de la parole, ce qui, admettons-le, s’avère très pratique quand on ne peut que demeurer sans voix()

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rudbeckia green wizard

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LES ÉPOUX ARNOLFINI GALLETTONI

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Ich bin das Licht der Welt
Pour Karla Turner

(...) Celui qui ressemblait au sosie de Jésus la regarda et lui dit Ich bin das Licht der Welt, puis elle fut à nouveau abductée au cœur dun vaisseau gluant, se rappelant avoir déjà fusionné avec une entité bioluminescente* durant son examen corporel.

Les ondes provenaient de quelque part en-dessous de mon corps, plus bas, beaucoup plus bas, au plus profond de l’océan dit-elle.  Linophryne a introduit les rayons dans ma tête, histoire de me prémunir des douleurs violentes ; et j
e suis restée ainsi merveilleusement détendue, l’espace d’un instant...

Juste après l’épisode de la péninsule frontale irradiante, la toute petite sirène repris connaissance et se mit à hurler parce qu’elle ne pouvait rester davantage parmi ses ravisseurs.


* Cette cuboméduse n'a été aperçue qu'une seule fois, et n'a jamais été revue depuis. N'ayant pu être capturée et décrite avec précision, elle ne possède pas encore de nom scientifique, ni même vernaculaire, et sa classification exacte demeure inconnue à ce jour.

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Le jeu du foulard

Fouine insondable, 8 ans, a les mains et les avant-bras couverts de griffures, or la tête de l'homme a été découverte enfouie sous des branches épineuses de buissons ardents. Les vêtements de l'éclaireuse sont tachés de sang du même groupe que celui de la victime. ()

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Cracher dans la bouche

() peut-être au fond cherchons-nous encore et encore à savoir si l'on aime vraiment ça... lire ?

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M.A.D

J'y retourne le soir même, peu de temps après avoir trouvé le sommeil ()

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26.01.2010
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La cicatrice aux néons

2 Maïakovski et Lili Brik revus par la censure (1918).jpg3 Maïakovski et Lili Brik revus par la censure (1918).jpg
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06.01.2010
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Comme une morue qui vient de naître

() La lampe torche enfle et s’allonge à l’œil nu ; de quoi je l’ignore mais voilà qu’elle se gorge, se gorge, se gorge jusqu’à tripler de volume.

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06.12.2009
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MMIX


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[...] Les premiers sujets des tests furent des corps offerts à la science, utilisés pour déterminer les réactions aux forces et aux chocs subis lors d'un accident de la route. Dans ce but, des roulements à billes furent projetés sur des crânes et des cadavres lâchés du haut de cage d'ascenseurs sur des plaques en acier. D'autres, équipés d'accéléromètres et positionnés dans des automobiles, étaient ensuite soumis à des collisions frontales.

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Je sors d'un Crash ! plutôt déçu, car indemne. À style ronflant (de traducteur ?), lecture machinale. Du coup, pour pas m'y endormir, y perdre le sourire, me suis par moment fourré dans la peau d'un mannequin de l'agence Euro NCAP : Testeur en cuir, en chair et en os, en attente de multiples collisions mentales.

 

Alors justement, à titre indicatif, histoire de rester constructeur constructif, ces quelques lignes de la mort qui frappe, pour la route :

 

 

Sa femme décapitée, les mains gracieusement placées devant sa gorge, roulait contre le tableau de bord. Sa tête tranchée rebondissait sur la housse de vinyle du fauteuil et allait flotter entre les torses des enfants sur la banquette arrière. Brigitte, la plus jeune, levait son visage vers le plafond et tendait les mains comme pour signaler poliment un danger, pendant que la tête de sa mère heurtait la lunette arrière, ricochait à l’intérieur de l’habitacle, quittait le véhicule par la porte arrière gauche. La voiture s’immobilisaient lentement après quelques dernières secousses – ultimes efforts pour s’arracher péniblement au sol. Les quatre occupants se tassaient dans l’habitacle orné d’une dentelle de verre. Leurs membres agités, qui s’obstinaient à émettre tout un catalogue de signaux inutiles, retombaient dans une posture grossièrement humaine. Autour des passagers, les vagues de verre givré ondulaient une dernière fois.

 

Source et catalogue en bonus

 

 


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21.11.2009
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Le Tag


Á qui d'autre que toi, frère, confier le transfert de ses larmes incendiaires ? peut-être te souviendras-tu vaguement de M., la cadette de ma sœur de sang ?

 

Magie des ondes incolore, je viens d'apprendre la nouvelle de sa bouche : Sa fille, ma nièce donc, fêtait hier ses dix-sept bougies, au Tag, avec des amies. Malheur à elles : un ex, à peine plus âgé – acteur/réalisateur d'une vieille caméra cachée où on le devinait se faire sucer par qui tu te doutes (lourrrdement sanctionné d'un jour de travaux d'intérêt général pour l'avoir rendue publique sur la toile) –, était également présent sur place, pas prévu. Aussi, devant plusieurs témoins traumatisés, par surprise, pour son anniversaire donc, il lui a éclaté un verre en plein visage, a tourné et retourné le tesson dans la chair, la projetée déjà inconsciente au sol pour la piétiner avant de prendre la fuite.


Il était convenu que sa mère passerait la rechercher à 2h du mat' précises. Environ une demi-heure après les coups de  minuit, un des ambulanciers au téléphone tentait de lui faire admettre qu'elle ne se donne pas cette peine...

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L’urgentiste a dû lui extraire de la peau de je n’sais où histoire de faire face à l'étendue des dégâts.
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J aurai du l ecraser ou lui couper le reste de ses doigts il y a 3 ans sa aurais eviter mes nuits blanches d hyper controler manon et d eviter des cicatrices physiques et psychologique pour le reste de notre vie mais la je suis vide et mon chagrin m etouffe

Expéditeur : Strychnine L.
Envoyé: 21-nov-2009



L’urgentiste a dû lui extraire de la peau de je n’sais où histoire de faire face à l'étendue des dégâts.

algré cette terrible (envie de) torture qui nous tenaille, j'ai mis forcément gentiment le jeune jules de ma nièce à l'épreuve, à l'épreuve de l'amour qu'il prétend lui porter.
Stimuler la cicatrisation, jouer le jeu, rester calme et revoir en quelque sorte drastiquement à la baisse cette ambition démesurée qui sournoise en nous caresse les plans du gâchis de notre propre vie.
 

Ah oui, pas jugé spécialement utile de te mettre au courant en temps réel : Bébé S. n'a pas un an que ma pauvre frangine est à nouveau enceinte, un accident donc. A., quatre printemps pour sa part,désormais antépénultième, sera comme prévu à nouveau opérée à cœur ouvert, au sortir de l'hiver.


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01.11.2009
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Édition Spéciale


Comme dirait le Niki, lire l’url du motel * n’y changera rien, si ce n’est peut-être se rappeler au mauvais souvenir de cet ex-voisin demi-coco pilote parti vivre le reste de sa vie parmi les Sangliers d’Herbiester.


C’est qu’aujourd’hui avait lieu je n’sais quelle manche comptant pour le championnat provincial de mon derrière, Sixième édition du rallye des Hautes-Fagnes renseignait le toute-boîte.


Une épreuve (on ne lui fait pas dire) amateur dont Norman et moi nous nous serions comme à chaque fois passé fort volontiers, dans la mesure où l’on abhorre toute compétition en règle générale ; alors le sport moteur je vous laisse imaginer, à fortiori quand des foufous du volant à bord de groupes N-sandwiches du dimanche passent leur sainte journée à faire trembler vos murs et fenêtres, à douze pieds de votre porte d’entrée côté court, une spéciale ils appellent ça. Part ailleurs, c’est également aujourd’hui que décidé la veille je creusai les fosses devant accueillir les quatre nouveaux fruitiers à planter au cours du toujours fameux week-end prochain, celui de la Toussaint.


Presque tout commence dès lors une bonne heure avant la messe, deux bonshommes en chasuble jaune fluo frappées STEWART arpentent le sentier. Un des deux, pas celui à la coupe d’Iroquois genre Richard 23, l’autre, vient virilement frapper à la porte alors que je surfe comme une bête depuis l’aube. En robe de chambre et sans la moindre touche de maquillage, nature donc, j’ouvre au drôle qui reste sur le seuil, à une distance qui d’aise emplit la créature disons sans défense causant actuellement à la prunelle de vos yeux. Le bougre matte en douce et m’informe que (je traduis) si le besoin pressant de quitter la maison se fait sentir, mieux vaut au préalable les en avertir, afin qu’ils puissent assurer notre couverture. Ah les organisateurs ! ils ne semblent pas avoir lésiné sur le poste sécurité... pas comme au cours de la dernière édition en date, où, abandonnés à notre propre sort, Norman et moi avions dû prendre les choses en main. Une bande de quatre ou cinq sauvageons ayant décidé de profiter du spectacle à même le jardinet surplombant légèrement le chemin, et cela tout naturellement sans nous demander l’autorisation de fouler du pied les plus comateuses de nos vivaces ainsi que les jeunes pousses de lierre pourtant bien visibles quant à elles. Et vas-y que je t’écluse canette sur canette, te grille tarboule sur tarboule ; et tout cela sans la moindre idée de partage avec l’habitant à l’esprit, va sans dire. Après cinq minutes c’en était déjà trop plus qu’assez, j’ai dit à Norman : Détache qui tu sais et va leur demander s’ils ont besoin d’nada… sièges par-ci, café sucré et tartines au porc par là… propose-leur aussi, bien entendu, un petit tour au garage du fond du terrain, entre deux passages, dis-leur pour notre fantastique collection d’estampes dancêtres made in Japan.


Nous avons échangé un clin d’œil plein de malice puis Norman, escorté par notre grosse abeille, a fait ce qu’il fallait, sans autre forme de procès. Pas un mot dans la gazette, si ça s’trouve personne n’a réclamé les corps. Non mais c’est vrai quoi, faut pas dépasser les bornes, je t’en ficherai des rally is not a crime, moi. Des psychopathes, oui ! la planète agonise et eux, acteurs comme spectateurs jouissent, tel un essain de hardeurs sous amphés, de l’air purement décoiffant et des teintes cuivrées de nos vertes campagnes. Le, je cite : plus beau circuit du monde, situé à moins d’un quart d’heure d’ici, ne leur suffit guère ; vouer un culte indéfectible à l’Hydre-au-carbure en perturbant violemment la flore intestinale de la faune locale c’est vraiment ça leur dada voyez-vous. Sociétaires de consummation, comme dirait l’antre. Il se trouve même des suiveuses parmi les galopins, c’est dire comme ces dernières peuvent ternir l’image de marque du beau sexe à la vitesse d’un gyrophare.Wikipédia vous le racontera bien mieux que moi :

 

Michèle Mouton, née le 23 juin 1951 à Grasse, est une pilote française. Elle a remporté quatre rallyes de renommée mondiale.

 


Dans les neuf heures c’est un steward grisonnant qui débarque se poster de l’autre côté du sentier, face à la fenêtre de la salle à manger. Un talkie-walkie dans une main et une espèce de petite corne de brume dans l’autre. Curieux instrument dans lequel inlassablement il souffle comme un débile peu avant chaque passage. Pour prévenir qui ? ça est toujours une bonne question... un moment, au tout début de la compétition, j’ai pensé qu’il s’était probablement trompé de battue.


Après cela, dans les environs d’onze heures midi, horaire d’hiver oblige, j’ai introduit des boules de coton dans chacun de mes deux pavillons, enfilé couvre-chef andin et salopette de combat rural, chaussé mes bottes à talons aiguilles en caoutchouc kaki, et en avant toute, en route pour la bataille du schiste. Je vous dis pas le sous-sol d’ici, le bagne, cinq premiers pouces relativement praticables, c’est juste en-dessous que cela se corse, comptez plusieurs heures pour piocher une cavité d’un mètre de diamètre et deux gros pieds de profondeur, évacuer les prisonniers à la brouette etc. Bref, je suais sang et eaux quand Norman eut la délicate attention de m’apporter quelque réconfort : du sirop de cassis bio dilué dans un litre et demi d’eau du barrage. On peut dire qu’il sait faire plaisir à sa vieille mère, le brave petit. Je m’hydratais sous le soleil de la dernière semaine d’octobre, les pieds dans la fosse jusqu’aux mollets quand le stewart grisonnant, aventuré dans le sentier (à plus ou moins dix mètres de mon chantier), a passé la tête par-dessus la haie pour nous interpeller, Norman et moi, prendre contact, se sentir moins seul j’imagine...

 

Alors comme ça on fait des fouilles ? dans l’air a-t-il lancé, joyeux comme un pinson. Sans détour, sourire aux lèvres et de ma voix la plus aigue j’ai répondu : Oui-da monsieur, je cherche des enfants. À son rictus embarrassé et à cette façon qu’il a eu de rondement poursuivre son chemin plutôt que la conversation, j’ai parfaitement compris qu’il ignorait si je parlais de gosses morts ou vifs.


Ritssi ! Ritssi bonito ! Corazón mio ! Ritssi ? criais-je après lui, venimeuse, comme pour enfoncer la tête du clou, me remémorant ce passage tragi-comique d'Amores perros où la malheureuse starlette top-model éplorée en vain rappelle de tous ses vœux son petit con de toutou tombé dans un trou. Norman se serait bien pissé dessus, chouette moment.


Bon, il est l’heure du JT sur TF1, murs et fenêtres n’ont pas encore tout à fait fini de trembler. Dehors, c’est sombre comme à l’intérieur d’un cul-de-jatte, presque tout et son contraire peuvent encore s’y produire, on entend quelques groupies sous diverses influences brailler dans ce qui furieusement déjà ressemble au cœur de la nuit, de vagues pétarades aussi, on imagine avec force soulagement se déployer les gardiens armés de la paix de la zone. Je dis à Norman : si un de ces cougnets a la très mauvaise idée de périr écrasé devant notre anti-motel, je sors et le tue à mains nues. Où peut-être à coups de lampe-torche, je verrai bien.


La petite sorcière posée sur le frigidaire à droite de la porte d’entrée attend la voiture-balai de circonstance avec la même impatience que celle qui nous habite.


*quelque part par ici

21.01.2009

L' E a u R o u g e

stacey2.jpg

Unijambiste, Alan Stacey conduisait avec une poignée de gaz de moto fixée au levier de vitesses.

Il débute en trial puis passe à l'automobile en 1955, par les courses de club, sur des Lotus Eleven.

 

Rapide malgré son handicap, il gagne sept courses en 1956 et attire ainsi l'attention de Colin Chapman. Deux victoires, à Brands Hatch et Crystal Palace, ainsi qu'une troisième place à Rouen en GT le convainquent d'essayer Stacey en F1.


Aligné dans la foulée à Silverstone, il commence timidement carrière en Grand Prix, se qualifiant de justesse, trahi par le moteur de sa Lotus 16.

 

Il remet cela en 1959 à Aintree où il obtient une huitième place, son meilleur résultat en Championnat du monde. Un embrayage défaillant au GP des USA clôt cette saison durant laquelle lui et ses coéquipiers Innés Ireland et Graham Hill souffrent du manque de fiabilité de leurs machines.

Alan Stacey ne passe pas inaperçu dans les parcs fermés, d'autant plus qu'il y est accompagné par son mécano personnel de toujours, Bill Bossom. À la place d'un bras, l'homme a une prothèse prolongée d'un support à outils. Les deux personnages forcent l'admiration partout où ils passent ; ils n'ont que des amis, même si certains pratiquent l'humour un peu rude de cette époque, tel Innés Ireland, grand copain de Stacey, qui avait fait croire à Jim Clark que son pote avait également une prothèse à la place d'un autre membre.

 

1960 n'est pas un bon cru. La grosse chaleur régnant en Argentine épuise Alan qui abandonne. On doit à la vérité d'indiquer que la puissance des F1 dépasse maintenant les moyens d'un pilote que fatigue ce système sommaire d'accélération à main. Maîtrisée sur les 100 chevaux de sa Lotus Eleven, la commande de gaz le force, sur la Lotus 18 (150 CV supplémentaires), à d'insupportables acrobaties qui usent sa hanche.

 

Une quatrième place à l'International Trophy et deux abandons aux GP de Monaco et de Hollande - où il fut longtemps troisième, conduisent notre homme à Spa-Francorchamps, ce toboggan infernal où il n'a jamais mis le pied. Les essais se déroulent mal chez Lotus, dont les voitures, à l'époque, cassent comme du verre ; Moss est gravement accidenté, lâché par sa caisse qui brise une fusée. Quant à Mike Taylor, il sort au volant d’une 18 privée brutalement de sa colonne de direction.

 

Alan est prudent, il n'est qu'en dernière ligne au départ. Devant lui, loin devant en troisième ligne, sur une Cooper, se trouve un dénommé Chris Bristow. Il n'a aucun lien spécial avec ce gars-là, si ce n'est une touchette à Goodwood u an plus tôt. Le hasard va pourtant les unir à jamais : ils vivent leur dernier jour. En lutte avec Willy Mairesse, Bristow sort au vingtième tour.

 

On retrouvera dans un champ le casque maculé de plumes et de sang d'Alan Stacey cinq tours plus tard. Collision frontale avec un oiseau volant non identifié. Une disparition à l'image de sa vie, fascinante.

STRIGOPS HABROPTILUS

Ainsi suspendue aux plus intimes de ses lèvres, de la tête aux plantes envoûtée, la rêveuse se présente naturellement pieds nus à l’orée du verger. Herbes mousseuses et mouvantes, graminées.

 

L’héroïne se pénètre et sourit au flash du petit oiseau sans queue ni tête, presque aussi douce que la pente qu’elle arpente, tandis que parmi les rhizomes immergés dans l’ô combien limpide vase de synthèse, grouillent trente millions d’amibes hippopotamesques. Quelques pleureurs splendides disséminés, calcinés, de la moelle jusqu’à l’extrémité des branchioles pour leur part duveteuses : fine pluie de plumes écrues pour moitié d’origine végétale (elle sourit à nouveau).

 

Une pomme, unique, en plastique, vert pompier, c’est le soleil du ciel pour leurre disparu.

 

Un être au loin, probablement humain, fait des signes à cheval sur la barrière de son prochain mais la rêveuse ne compte pas faire long feu, c’était écrit. Déjà le morphing des icebergs basanés, panaché de terre d’ombres brûlées et de taupes écrasées – ainsi que le vibrant tumulte qui en résulte, agit au cœur même des paupières précieuses, tachycardie collective, nœuds gordiens, de bric et de broc, de Keith et de Flack.

 

À présent découverts, mes globes oculaires reprennent leur souffle en direction du plafond, invisibles corps et âme de concert pivotent, en seconde lecture et à bulletin secret. Le psittacidé somniloque allongé sur le matelot à ressort de la chambre à coucher d’à côté instinctivement dit « urne ».

 

Ita missa est répond de guerre lasse le tout dernier kaka de nuit télépathe en activité dans les oubliettes de mon stron cérébral.

JUNK ROOM




16.01.2009

La chatte de mon Oncle #3

En remerciements et hommages à mon Asperge de rêve

 

WENDY CARLOS [modifier]

 wendycarlos.jpgCompositrice et interprète de musique électronique, Carlos a très tôt été attirée.

Composant à l’âge de dix ans un trio pour clarinette, accordéon et piano et concevant quatre ans plus tard son premier ordinateur.

Connue par Kimochii pour avoir interprété des œuvres de Bach sur un synthétiseur modulaire Moog, Wendy Carlos, c'est également la bande originale des films Orange mécanique, Shining et Tron.

 

13.01.2009

Rest In Peace

 

01.01.2009

La chatte de mon Oncle #2

 

thelonious.jpg

 

 

J’ai d’abord posé ma question à Thelonious Monk...

 

SI ON T’ACCORDAIT TROIS VŒUX QUI DEVRAIENT SE RÉALISER SUR-LE-CHAMP, QUE SOUHAITERAIS-TU ?

 

Il arpentait la pièce et s’est interrompu un moment pour regarder New York au loin, de l’autre côté du fleuve... puis il m’a donné sa réponse

 

1. Que ma musique ait du succès

2. Que ma famille soit heureuse

3. Qu’on me donne une amie géniale comme toi !

et je me suis exclamée : « Mais Thelonious ! Tout ça, tu l’as déjà ! » Il s’est contenté de sourire, et il s’est remis à marcher de long en large...

 

 

Pannonica de Koenigswarter
LES MUSICIENS DE JAZZ ET LEURS TROIS VŒUX
Éditions Buchet-Chastel

31.12.2008

Héroïne[s]

Lucie Ceccaldi.jpg
LUCIE CECCALDI
 
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Toux sur ma mère

Maman, c’est en quelque sorte mon attendrissante petite femme cobaye géant immonde à moi. Le genre à immoler sa collection de hiboux imitation biscuit made in Taiwan et enfouir la résine polymère fondue un pied sous terre pour une période connue d’elle seule. Un soir de déluge, tu l’observes exhumer les restes, à genoux, le visage et les pattes couverts de boue, trempée jusqu’à la pourriture de sa moelle, l’œil et le sourire mauvais. Et là, à la fenêtre du premier degré, tu as beau tout haut du haut de tes vingt ans tinterroger, il ny a de toute façon personne pour te pincer.


02.11.2008

L'île aux petits éléphants

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Et si rien que pour ce mille et unième commentaire, nous assistions à la mort foudroyante du squelette vivant, frissonnions devant l’attaque de l'oiseau géant à deux têtes, regardions danser la femme-cobra à l'étreinte ondulante et mortelle, jouissions du spectacle de l'intense bataille entre les Cyclopes et le dragon de feu, bref, fêtions cela à grands coups d'effets spéciaux dans la figure ? 

 

 

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Nom d'oiseau

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m a n c h o t   a n t i p o d e 

30.04.2008

Fin de citation #3

L’herbe est parfois toujours plus rouge dans le champ du voisin.

[Shinobu Ishihara]

01.04.2008

Authorization Required

 

 

401

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29.04.2008
 
Woord van de dag

O X Y  M  O R E

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31.04.2008

Inter faeces et urinam ch'sais plus quoi

 

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La visite au funérarium remonte à deux jours et depuis plus que jamais demeure aussi vivace l’essence du lilium dans les trous d’nez de ma mémoire. Tout (absolument tout) fleure le lys à outrance. Lame horizontale ou criblée, membranes et bulbes olfactifs, c’est bien joli, poétique, scientifiquement correct même, mais merde, quoi que j’aille, où que je fasse, l’odeur est àl, intégrale, impérissable, impérialiste.

 

La photographie de l’octogénaire sourire aux lèvres et cigarillos vissé au dentier repose sur le couvercle en chêne de la bière belge dans laquelle son enveloppe charnelle entame à bras le corps la phase putride de son existence terrestre. Un cliché disons avantageux en regard de la dernière fois où au détour d’une balade en forêt je passai prendre des nouvelles de sa gueule. Cela remonte à la neige, il n’y avait déjà plus âme qui vive derrière la tête basse des volets de sa bicoque. Pas l’ombre d’un jappement. Plus fatale encore, celle juste avant, celle où le vî coyon semblait ignorer qui nom de nom je pouvais bien être. Debout, toujours plus dur de la feuille, il y causa essentiellement fosse septique. Un putain de monologue où par instant il gratifiait la petite-fille de feu son frère de prénoms discutables… documentation, devis, et facture à l’appui.

 

Le cancer de la vessie, il s’en fichait presque, c’était bien davantage la pose récente de sa station d’épuration qui le travaillait. Il ne l’a jamais utilisée. Le grand-oncle vidait le tout au fond de son petit jardin pour ne pas la salir.

 

Je serre à présent quelques mains des deux sexes (pour la plupart inconnues) et embrasse la fille du défunt pour la forme de mes sincères condoléances. L’ai-je déjà vue, cette cousine moustachue par alliance ? M’en souviens pas dis-donc.

 

L’insolente beauté plantée dans un coin de l’ambiance m’est quant à elle formellement inconnue. Wendy, vingt ans à tout casser, se contente de sourire de partout partout et vibre comme si en effet elle n’était pas seule responsable des vagues de chaleur que même en ces lieux elle parvient à provoquer. Mais pourquoi je raconte ça, moi ? Ah oui ! C’est que sans ces saloperies de gerbes j’aurais je pense gentiment bander dans ma bulle.

 

Des fleurs du mal à la vessie je disais le cancer, quoi. L’odeur du lys et de la pisse. L’antique pseudo caniche à l’article de la rubrique des chiens paralytiques, compagnon répugnant de l’infortune des derniers jours, de la dernière heure, filé en éclaireur. C’est qu'il faut s’imaginer le bonhomme partir à sa recherche en pyjama, des semaines après l’euthanasie. Une escapade de plusieurs bornes à travers bois !

 

Mais qu’entends-je, qu’ois-je, son couvre-chef fétiche (une casquette à visière américaine made in China) l’accompagne ? Grand bien fou lui fasse ! Qu’il repose en paix et remette donc mes salutations distinguées à qui mieux mieux, des fois que...

 

 

***

 

 

Pour sa part, la dernière fille de Strychnine vit toujours.

 

Courageuse petite forte tête adorable et pleine de jeux. Parfois, le monstre sacré appelé Dieu l’exige en bleu, un bleu ch’sais pas quoi d’ailleurs. Gris bleuté ? pas une teinte qui schtroumpfe la joie de vivre en tout cas. Déjà, le bleu pour la peau d'une gamine de la moitié de moins de cent mois, avec ou sans traces de scie circulaire sur le sternum, cela n’est guère des plus seyant, pas des plus naturel non plus faut reconnaître. Moi je dis que c’est rose qu’elle devrait être. Ou noire presque de la tête aux pieds. Jaune devant brun derrière à la limite.

 

TOUT sauf bleue. Bleu c’est strictement réservé aux petits garçons qui respirent la santé.

 

 

***

 

 

Quand dans un premier temps, Mickey, douze ans, apprit que déjà les chances de sauver sa jambe étaient nulles, il a dit pas grave en souriant à ses parents (d’autres espèces de cousins). C’est un peu plus tard qu’il a fait machine arrière, un peu plus tard que le Ciel est tombé dans sa tête. Dès l’instant où des spécialistes en la matière lui ont clairement fait comprendre qu’avec le traitement et les soins qu’ils allaient lui prodiguer, il perdrait jusqu’au dernier de ses cheveux. Cette réalité là, Mickey a eu beaucoup, beaucoup plus de mal à l’encaisser...

 

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Juin 2008 

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Intermède musical #12

 

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Contre-Conspiration

Afin de comprendre les machinations occultes du Mensonge Paternel, il est essentiel de reconnaître les déguisements crypto-fascistes en jeu. Je propose le terme vecteur pour décrire comment de tels déguisements dirigent ou entraînent l'attention collective.

Entraînement : Techniquement, une synchronisation d'ondes cérébrales avec une fréquence déterminée par le biais d'une onde électronique, d'un signal acoustique, etc. Psychologiquement, le processus consistant à suivre un message ou un ordre subliminal ou occulte. Dans une transe post-hypnotique, le sujet « entraîné » par le commandement donné sous hypnose y obéit de façon automatique et aveugle.

Le vecteur et le déguisement sont la même chose – dans Gyn/Ecology, Daly les appelle des « incrustations subliminales » – mais le terme vecteur souligne la manière dont le déguisement fonctionne de façon directive sur les sujets ciblés pour un conditionnement idéologique, religieux ou social. La morale Chrétienne est, par exemple, un vecteur crypto-fasciste pour la collusion victime-perpétrateur. L'image du dieu-homme ou du surhomme, Jésus Christ, est un vecteur crypto-fasciste pour un culte extra-terrestre de domination. Ceux qui embrassent l'image comme l'idéal de l'humanité deviennent des complices involontaires dans un programme occulte... ce qui nous fait paraître basculer dans la thèse de la conspiration, bien sûr. Pour nous défendre des accusations selon lesquelles ces leçons de Mythbusting 101 nous rendent solidaires de la sphère familière de la théorie de la conspiration globale, je dois présenter des distinctions rigoureuses (en cinq paragraphes) :


1. La meilleure conspiration n'est pas imposée au peuple par des manipulations occultes : elle est volontairement adoptée par ceux qu'elle est supposée tromper et léser. Il n'existe pas de conspiration capable de contrôler le monde entier et de duper tous les peuples de la planète mais il existe un scénario basique de conspiration qui œuvre de telle sorte qu'un programme de conspiration globale, qui serait extrêmement compliqué à mettre en place, n'est pas nécessaire. Pourquoi ? Parce que vous n'avez pas besoin de fomenter une conspiration dans le monde lorsque les individus acceptent d'être de connivence avec vos objectifs, totalement à leur insu, néanmoins.


2. Un bon exemple pour illustrer ce type de connivence est le film de 1974 A cause d'un assassinat dans lequel Warren Beatty jour le rôle d'un reporter qui tente de dévoiler une conspiration et qui finit par en devenir le bouc émissaire. La bande du film annonce ironiquement: « Il n'y a pas de conspiration, juste douze personnes mortes ». L'assassinat planifié que suspecte le personnage joué par Beatty fut mis en oeuvre par une intrigue mais c'est lui-même qui devient la cheville ouvrière de la conspiration. Il participe donc à la conspiration sans avoir été obligé de le faire.


3. Il existe un programme de conspiration à l'œuvre dans l'histoire mais pas une conspiration systématique et globale en soi. Une des finalités de ces leçons est de décrire ce programme. Cela n'est pas du tout de dévoiler une conspiration secrète ou présumée telle. En fait, l'approche que je développe ici pourrait être appelée une théorie de contre-conspiration. Elle diffère de la théorie de la conspiration dans la mesure où son propos n'est pas de dévoiler une conspiration spécifique en citant des noms ou des événements ; elle tente, plutôt, de montrer comment une collusion aveugle émerge automatiquement autour d'un scénario prédéterminé.


4. D'emblée cette distinction n'est sans doute pas claire et il peut être bénéfique de se démarquer des suppositions et des associations habituelles qui sont corrélées aux exposés de la théorie de la conspiration et d'introduire deux nouveaux termes pour rafraîchir la syntaxe, si l'on veut. Au lieu de conspiration, je vais me référer à la suprême arnaque (dans le sens où Daly évoque le « Maître Mythe »). Les arnaqueurs peuvent être appelés les Illuminatis mais ce terme est chargé d'associations et j'en propose donc un autre : les DC. Dans ce nouveau jargon, nous pouvons parler « de la suprême arnaque menée par les DC » afin de montrer que ce n'est pas une conspiration en soi mais un fantasme collectif qui permet à un noyau d'activités réellement maléfiques d'être perpétrées dans le monde entier. Comme la suprême arnaque est un fantasme de l'imagination collective, elle n'a pas besoin d'être mise en œuvre par un vaste effort conspirationnel. Elle s'invente et se nourrit d'elle-même tant que l'imagination collective n'est pas rendue attentive au scénario et guidée vers d'autres directions.


5. Et il existe un complot, un scénario, un programme caché mené par des personnes réelles, un groupe restreint d'individus que j'appelle les DC. Ces initiales signifient « divinement choisis », la croyance directrice des DC. Ces dominateurs, au nombre restreint, partagent tous la croyance selon laquelle ils sont les plus beaux et les plus forts. Des conspirations telles que le Nouvel Ordre Mondial sont des fantasmes collectifs qui voient le jour en raison de la tentative humaine d'imaginer ce que les DC sont en train de concocter et comment ils fonctionnent. Les DC tirent alors profit du processus de fantasme collectif et l'exploitent selon des voies extrêmement pernicieuses. Il est exclus, cependant, d'imaginer que les DC orchestrent un vaste programme de manipulation globale. Ils n'en ont pas besoin. Ils font confiance à l'humanité pour se leurrer elle-même, pour créer ses propres prisons et pour inventer les monstres qui la subjuguent. L'œuvre des DC est diaboliquement intelligente, une illusion qui s'auto-réalise comme un cauchemar Kafkaïen qui s'incarne grâce au comportement aveugle et compulsif de millions de personnes. Le génie des DC réside dans leur capacité de faire jouer l'imagination collective contre elle-même. Ils comptent sur l'humanité pour se faire entraîner par ses propres illusions, ou par des croyances attachées à ces illusions et « mythes trompeurs » comme Mary Daly les appelle – le mythe de la résurrection du corps physique après la mort, par exemple.


Les DC croient qu'ils sont les quelques élus de la divinité paternelle qui œuvre contre l'humanité. LUI, Yahvé, les récompensera de l'immortalité physique ou d'un statut clonal d'éternité, un simulacre de vie, préfiguré par le personnage sinistre de Melchizedek qui est « non engendré ». Ils peuvent faire abstraction de l'humanité et mettre en place toutes sortes de mesures pour faire en sorte qu'elle empoisonne son habitat et s'auto-détruise par la violence sectaire, le racisme, l'addiction aux drogues, et autres pathologies induites parce qu'ils se sont alliés avec la puissance plus qu'humaine d'un dieu paternel extra-terrestre. Pour autant que je sache, seuls les Gnostiques des Mystères Païens s'exprimèrent sur la place publique afin de défier ouvertement ce pacte anti-humain en dévoilant le Démiurge, le dieu dément qui œuvre contre l'humanité. Cela explique aisément pourquoi ils furent si brutalement exterminés.


[John Lamb Lash] [Dominique Guillet pour les traductions]

 

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D'AOÛT

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CHIP'N'DALE IRL

charme.jpg(…) Réveillé par une saleté de mal de tête au crâne, je rallumerai la fin du tarboule qui collera à mon bec et machinalement m’envolerai jusqu’à la cabine d’essuyage la plus proche. Le grand rouquin de souche européenne aux yeux noisette et son partenaire albinos sans-papiers né de parents inconnus des quartiers chics de Pyongyang* avec lesquels, hélas, j’aurai enfin passé la soirée ainsi qu’une bonne partie de la nuit défoncé tout là-haut à la cime du charme , auront également profité de la situation de mon sommeil pour dès potron-jacquet disons fausser compagnie à ce quici-bas daucuns appellent la vraie vie.

* reLire SANS AUTRE FORME DE PROZEß (n'y changera rien)

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SEPTEMBRE

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Ctrl-X 2.0

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Présage datant des années '70 après qui vous voulez, soit une bonne grosse décennie antérieure à sa toute première amputation. Alors par expérience moi je dis attention les enfants ! la gomme Pelikan BR40, c'est de la MERDE...

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Toutes des salles d'op' sauvent papa

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Quarante ans ce dimanche que sporadiquement on se fréquente et à peine moins que je le souffre, disons le D. et sa faute à pas d’chance. Le D. qui putain même à distance parvient encore et toujours à me pourrir l’existence. Le D. et sa maladie. Le D. et ses boucheries-charcuteries. Le D. et ses stomies. Le D. et ses produits chimiques, ses je n’sais plus combien de morts clinique. Le D. et sa chaise électrique. Le D. et ses prothèses en alliage. Le D. et ses prothèses en plastique. Le D. et sa façon de penser. Le D. et son racisme de fils de pute. Le D. et ses réactions épidermiques. Le D. et ses différences de traitement systématiques. Le D. et ses penchants. Le D. et ma sœur. Le D., mes nièces et mon Ignace. Le D. et ses mensonges éhontés. Le D. et les restes de l’humanité. Le D. et ce fumier de YHVH. Le D. et ses manières de traiter la p’tite tête de ma mère. Le D. et la moitié de notre quart-monde. Le D. et ses goûts de chiottes. Le D. et tout ce qui ne me revient pas dans l’immédiat. Le D. et moi qui rêve de le faire disparaître à jamais histoire d’abréger quelque peu nos souffrances respectives.


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L'enfant qui rêvait d'êtres vieux

 

J’avais quinze ans quand enfin, grâce à la musique, in extremis je suis entré en enfance.

 

Ouverture des somptueuses Balades en Jazz d’Alain Gerber

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Larry Lagneau dans le ventre de son daron

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Acrylique et cutter sur aggloméré

Spécialement conçu pour la quarantaine d’un ex-ami de longue date

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L'étouffant costume de clown en caoutchouc

Quand j’ai commencé à méditer, j’étais angoissé, habité de frayeurs. Il y avait en moi de la déprime et de la colère.
J’ai souvent projeté cette colère sur ma première femme. Je méditais depuis une quinzaine de jours quand elle est venue me voir. « Que se passe-t-il ? » m’a-t-elle demandé. Je suis resté un moment silencieux. Et puis finalement j’ai dit : « Comment ça ? » Elle a répondu : « Ta colère, où est-elle passée ? » Je ne m’étais même pas rendu compte que ma colère s’était dissipée.
Ce mélange de déprime et de colère, je lui ai donné un nom : l’étouffant costume de clown en caoutchouc, taillé dans la négativité. C’est suffocant, et ce caoutchouc sent mauvais. Mais une fois qu’on commence à méditer et qu’on plonge en soi, le costume de clown commence à se dissoudre. On réalise finalement à quel point l’odeur était nauséabonde quand elle commence à s’en aller. Ensuite, une fois la dissolution achevée, c’est la liberté.
La colère, la déprime et le chagrin peuvent donner de fort belles choses dans une histoire, mais pour l’artiste ou le cinéaste c’est comme un poison. C’est comme un étau qui limite la créativité. Quand on est pris dans cet étau, on a du mal à sortir du lit, on  a un mal fou à ressentir le flux de la créativité et des idées. Il faut de la clarté pour créer. Il faut être en mesure d’attraper les idées.

David Lynch - Catching The Big Fish

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LE JOUJOU DU PAUVRE #2

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OCTOBRE

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Kinder Surprise

Le Maître dit : Jack, regarde, je vais te révéler le chemin de ta rédemption. Lorsque tu es saisi et que tu éprouves les affres de la mort, il se peut qu’une multitude d’Archontes se jettent sur toi, dans l’espoir de te capturer. Et, plus particulièrement, trois d’entre eux vont te saisir, ceux qui font office de collecteurs. Non seulement exigent-ils une taxe, mais ils dérobent les âmes.
Maintenant, quand tu seras en leur pouvoir, celui qui est le superviseur va te demander : « Qui es-tu et d’où viens-tu ? »
Tu vas donc lui dire : « Je suis un enfant de l’humanité et je viens de la Source. »
Il va ensuite te demander : « Quelle sorte d’enfant es-tu et à quelle Source appartiens-tu ? »
Tu vas lui répondre : « Je viens de la Source pré-existante et je suis la progéniture de la Source. »
Il va alors te demander « Pourquoi fus-tu envoyé de la Source ? »
Tu vas alors lui répondre : « Je vins de l’Un Pré-existant afin de pouvoir contempler ceux de mon espèce et ceux qui y sont étrangers »
Il va te demander : « Qui sont ces êtres étrangers ? »
Et tu vas lui dire : « Ils ne sont pas entièrement étrangers car ils sont issus de la Sophia Déchue, la déesse qui les a engendrés lorsqu’elle amena la race humaine de la Source, le royaume de l’Un Pré-existant. Ils ne sont donc pas complètement étrangers mais ce sont nos cousins. Il en est ainsi parce que celle qui est leur matrice, Sophia Achamoth, procède de la Source. Ils sont cependant étrangers parce que Sophia ne s’accoupla pas avec son partenaire dans la Source quand elle les généra. »
Lorsque enfin il te demande : « Ou vas-tu aller maintenant ? »
Tu dois lui répondre : « De l’endroit d’où je vins, la Source, je vais retourner. »
Si tu réponds de cette manière, tu échapperas à leurs attaques.
 
Première Apocalypse de Jack [CNH V, 3, 33-34:1-25]

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Avian Learning EXperiment

(...) Quand il était fatigué de ces expériences, il disait : « i'm gonna go away » et si le chercheur montrait alors de l'énervement ou une réaction, Alex essayait de dédramatiser en disant « i'm sorry ».

 

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Ajuaye mengi, hasemi mengi

 

Sue Sauvage offrit une clé à Kanzi que ce dernier s’empressa de cacher une fois la primatologue repartie. Elle demanda par la suite au singe de lui rendre la clé, mais croyant l'avoir perdue, tout deux se mirent à sa recherche, sans résultat. Une fois seul, Kanzi alla chercher la clé et l’utilisa pour sortir de son enclos.

 

***

 

JANINE :  Kanzi, this is Janine. Would you like any food ? Tell me what food you'd like.

TALKING KEYBOARD :  Food surprise.

JANINE :  Some food surprise ?

TALKING KEYBOARD :  Food surprise.

 

 

***

 

Koko sometimes invents new word combinations. What do you think she means by :

 

  • Cookie Rock → a stale sweet roll
  • Eye Hat → a Halloween mask
  • Finger Bracelet → a ring
  • White Tiger → a zebra
  • Elephant Baby → a Pinnochio doll

 

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Au responsable du Centre d'Invincibilité Maharishi

 

Monsieur,

Page je n’sais plus combien de Catching the Big Fish, est à peu de choses près traduit ceci : 

Le monde entier voudra être votre ami.

Auriez-vous dès lors avoir l’extraordinaire obligeance de ne pas m’apprendre pourquoi nous – je veux dire mes deux best et moi-je –, espèces d’amphiprions wallons (autant dire d’origine nécessiteuse), avons mercredi dernier trouvé votre petit numéro de sale manager aussi grotesque qu’injurieux ?
Ah ! ces hasardeuses approximations toutes prétendument vérifiables sur Internet, cette suffisance, Monsieur, vous-êtes vous seulement ne fut-ce qu’une microseconde (Time is money, comme vous dîtes) rendu compte à quel point votre discours de winner s’avère en tous points fâcheusement discutable ? Et que dire donc de vos navrants gribouillis ? Rien de bien bon qui vaille pour la tarte à la rose des feutres sans alcool, cela je puis vous l’affirmer.

Que ne vous ai-je guère davantage psychiquement molesté ce soir là ? Votre côté comique troupier Elie Semoun du pauvre, probablement. Sérieusement, cela restera Mahesh merci à jamais un savoureux mystère, surtout après le demi litre de Kilkenny que dans la foulée de notre envol et au sein d’un proche établissement drôlement plus sympathique que celui sur lequel vous avez fait main basse, nous nous empressâmes de presque sagement déguster.

En finir avec ces misérables 1200,00 euros à déverser d’urgence sur votre compte en banque, sans la moindre facilité de payement, take it or leave it, pouah !

Le pouvoir d’achat d’une paix sur la Terre au cœur du débat : un sujet à méditer ? Peut-être en compagnie d’excellentes pom-pom girls du campus de la M.U.M. mais certainement plus en votre ô combien déplaisante présence, Monsieur.
Je ne vous salue point.

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BZÖ

Curieux, le jour du crash, j'ai justement visionné le glaçant IMPORT EXPORT de Ulrich Seidl. Jamais entendu parler de ce film auparavant...

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Mc Nuggets sip barbecue sauce

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Intermède musical #13
 
Tar One : Des rôles

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A tribute to Lucifers

 

(…) Dans un magasin de jouets, je passe en revue des soldats de bois avant de tomber amoureux d’un lieutenant qui m’invite à danser. Mais un hussard noir, mué par un ressort, jaillit d’une boîte : « J’ai rendez-vous avec la créature des commentaires du rêve d’Elly ». Pour prouver sa puissance, la mort tue les soldats de bois, arrête la poupée mécanique et fait rentrer le lapin en peluche. Nous fuyons à cheval dans les nuages, poursuivis par la mort qui provoque mon officier en duel et le tue. Puis elle se saisit de moi inanimé et me dépose au pied d’une croix transformée en rosier. Ses pétales tombent en pluie sur le sol où je repose. Retour à la réalité. Ce que nous croyons être des pétales ne sont que flocons de neige recouvrant mon visage de petite marchande d’allumettes endormie pour toujours.

 

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Troubles du sommeil : Autant compter sur les coccinelles !

coccinelles.jpg Pas encore eu le temps de calculer leur âge, je sais juste qu'elles sont seize. Ce qu'elles peuvent bien planifier là-haut, dans le coin supérieur gauche du carré de tentures de ma chambre à coucher, en plein mois d'octobre deux mille huit, et depuis quand y sont-elles coléoptères ? Mystères...

 

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Ce que la nature nous montre

(…) Je dirais que ces rapports et témoignages sont vrais : les témoins ont perçu le changement de forme, d'apparence mais cette perception est un effet des pouvoirs des reptiliens en matière de réalité virtuelle plutôt qu'un phénomène réel, concret et authentique, un événement naturel. Les serpents naissent à partir d'œufs et ils muent et changent de peau. C'est ce que la nature nous montre. Elle peut alors nous dire quelque chose à propos de la manière dont les reptiliens se comportent si nous approchons ce sujet avec une imagination authentique et non pas avec des fantasmes.
John Lamb Lash

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Les Musclés

Tous les ans, ils se réunissent à Noël pour évoquer vertueusement le bon vieux temps. Framboisier apporte du foie gras d'oie maison, Eric, le cassoulet, tandis que les autres Musclés apportent bibine et saucisson.

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NOVEMBRE

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LEBENSLAUF MACHT FREI

 

Michael Guinzburg a travaillé comme plongeur, cuisinier, coursier, chauffeur de gangsters, garde du corps de strip-teaseuses, télégraphiste, détective privé, chauffeur de poids lourds, etc.

 

Pour ma part, c’est dans la pub qu’initialement j’ai pris direct pour cinq ans. Une exploitation familiale, basée en rase campagne, aux mains d’un ingénieux petit astérisque à poils mi-longs presque entièrement dépourvus de mélanine. Explication : des arcades sourcilières couleur craie pour l’une, et – peu me chaut d’être cru –, tableau noir pour l’autre…

 

Gérant de société au centre de la gauche, la cinquantaine (trône chez lui une photo de quand il était vieux, datant des années septante, une barbe de malade visiblement tendue à l’extrême par sa passion pour l’orgue de barbarie), humoriste hyper professionnel franc-maçon dans l’âme, toujours un bon petit mot pour les droits de l’homme indépendant et les médias locaux dans sa manche. En revanche, rien à dire, ou à peine, sur sa moitié, sérigraphe. Une teigne aussi haineuse qu’inconsolable, que Vapeurs chimiques de Guerlasse jamais ne déserte. De l’imposant atelier connexe au bar des studios de créations à proprement parler, le ciel est orageux, couvert en permanence.

 

J’y ai débarqué comme jeune quille dans un jeu d’chiens, en stage, peu de temps après la chute du fruit unique de leurs amours, tué dans un stupide accident de mobylette. Pratiquement le même âge. C’est également l’époque durant laquelle toute la jambe de mon D. partira en fumée, celle aussi où la femme de sa vie, ma mère quoi, fréquentera tantôt l’ensemble des instituts psychiatriques de la communauté française tantôt la crapuleuse compagnie de spirites from behond. L’époque effroyable où au sortir de l’adolescence à jamais j'aiguisai les ressorts de ma vision du monde du travail sur soi des uns et du travail sur soi des autres.

 

Ensuite, illico après le clash de fin, je me déguise en pseudo zombie de société, pas la moindre couverture sociale, que dalle. Le petit niki se souvient alors de feu son bon-papa, Heinrich, l’aïeul antikapitalist sans qui naturellement nous ne serions pas ici et là : « Si tu travailles pas à l’école, tu voleras à l’usine ! ». Loin d’être un cancre près du radiateur de la fenêtre, des usines, j’en ai malgré tout comme qui dirait fréquenté quelques unes dans le futur de mon passé. Déjà, à l’époque, environ deux décennies avant cette crise financière sur le gâteau planétaire, on tuait père et mère pour s’y faire enrôler.

 

Arrive ainsi la découverte de ses semblables, de jour comme de nuit, 3*8, feux continus, et t’avises surtout pas de contracter la CRÈVE !

 

Tour à tour opérateur du département fin de chaîne d’un trust américain leader mondial dans la fabrication de cathéters coronariens*, CDD du dimanche, commando papetier industriel trompe-la-mort pour trois fois rien, assembleur de planchers pour les Trains à Grande Vitesse de nos amis Suisses, manipulateur de nids d’abeilles synthétiques, que sais-je encore ? Missionnaire polyvalent pour Hall&Luia Intérim j’ai touché du blé dans une scierie, comme éboueur, jardinier, homme à presque tout faire. Rafraîchit des kilomètres² de murs et plafonds, au noir, parallèlement à l’actuel temps partiel que la machine à sous du royaume daigne m’octroyer depuis le début de l’An deux mille.
Aujourd’hui, acteur social autodidacte, intermittent de la farce contractuelle, tac tac badaboum, je laisse pisser mes propres cascades et souris, me marre, de voir les Castafiore & consorts si beaux dans leurs miroirs. Ha ! les imbéciles, à les entendre, ou mieux, les lire, c’est comme s’ils n’en finissaient jamais de revendiquer l’invention de l’eau tiède…

 

* reLire Rosetta de Saxe-Cobourg du gotha (n'y changera rien)

 

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Au cérumen des purs-sangs

 

(…) Quittant Aloysius Swann qui allait à la P.J., Ottavio Ottaviani gagna Longchamp où, nonobstant l’inamical climat, l’on courait l’important Grand Prix du Touring Club qui finissait la saison. Il s’agissait d’un handicap ardu qu’un nabab dotait d’un prix qu’on disait mirobolant (on murmurait qu’il offrait un million au gagnant). Aussi, Tout-Paris paradait-il au paddock.

On pouvait voir Amanda Von Comodoro-Rivadavia, la star à qui la Columbia avait garanti par contrat un milliard pour trois films. Amanda portait – sancta simplicitas – un pantalon bouffant d’ottoman incarnat, un ras du cou corail, un caraco purpurin, un obi colcotar, un foulard carmin, un vison nacarat ; bas rubis, gants cramoisis, botillons minium à hauts talons zinzolin. Urbain d’Agostino, son soupirant du mois, l’accompagnait : jabot au point du Puy, frac d’Ungaro à col Mao, gibus, Grand Sautoir. On montrait du doigt Maharadjahs, PDG, Kronprinz, Paladins, Hospodars ; chacun avait son nom au Gotha ou, au moins, au Bottin Mondain. Ça froufroutait dans un grand tralala.

Georges Perec - La disparition

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Signal whip et autre single tail

Dépendre du linge, une addiction comme une autre ?

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6

(...) Va te faire enculer, dit Bennie, joyeusement. Du vin rouge. Le plus cher.


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L'URL du Motel (ou Les oreilles des Mûres)

Nous avions de nouveaux voisins côté grand’route, Norman et moi. Ces Sangliers du village d’à côté avaient paraît-il (selon Joe le facteur) échangé leur baraque contre celle de la famille du demi-coco pilote de rallye de mon oeil, une toute bonne idée ma foi ! Durant la belle saison, de derrière les stores, nous observions les bleus s’aventurer chemin faisant, avec chiens et enfants. Les Mûres c’est disons pour nous comme cela qu’ils s’appelaient , avaient tous chacun sans exception paire desgourdes hors du commun en commun, une hypertrophie du cartilage et un angle rétro auriculaire beaucoup beaucoup trop important, surtout chez lplus ptit, l’espèce de vilain  pseudo caniche là, celui qui jappait déjà à mort peu avant que même le tout tout puissant jamais jamais ne sache où cette saleté de vent les emporte...

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Dans la peau de Kazimir Malevitch

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Bol d'air

 

Entre vingt-cinq et trente-trois centimètres de poudreuse ma tête fourchette.

 

L’appel de cette première neige saute aux yeux. Comme aimanté j’enfile du coup coup sur coup douche de café lyophilisé et chaussette sur chaussette (7) histoire d’épouser pour le meilleur etc. le for intérieur caoutchouteux de mes bottes kaki fétiche du dimanche (un 45 fillette deux pointures au-dessus, du dix ans d’âge, tombé jadis du casier de l’usine à papier), et hop, l’est parti le niki.

 

Sur le point de traverser la grand route quand mon regard croise celui d’une femme-mouton au volant. Oh ! C’est Boucles d’or et sa mignonne cervelle à deux balles. Curieux, elles ne semblent visiblement remettre qui protège du blizzard pareil camouflage, pas même ce signe de la main dont pourtant moi seul au monde détient le secret. Myopie hivernale ? Peu importe, passons sur ce qui ne me regarde pas. Nous y reviendrons, tu verras.

 

Une nouvelle vingtaine de minutes dans la foulée de ma vie plus tard je m’extirpe du blanc manteau de vision sylvestre, direction le sentier d’Åbèspène (Arbespine, mot qui en wallon correspond à aubépine, épine blanche, du latin alba spina*), sentier au beau milieu duquel se distingue la silhouette de deux bonshommes dans la neige. Des adultes. Un père et son fils, ma moufle au feu. Une demi-génération nous séparent, par nous je veux dire eux plus Ignace Laudanum et moi-je : le plus jeune des deux vieux mâles en présence. Vu qu’ils bougent pour ainsi dire peu ou prou, pas à pas forcément j’approche, entendu aussi que la langue paternelle de Kelly Pfaff et moi ça fait twee, j’entrave que dalle à c’est quoi qui se murmure. Alors pourquoi un seul ski au pied du grand garçon, jamais toi et moi (hélas) ne saurons.

 

C’est de là, en contrebas, presque à leur hauteur, qu’on va dire à présent je surplombe la scène dans son intégralité. En somme, on se dirige tout trois vers une créature gracieusement plantée devant l’arrière d’une grosse cylindrée allemande du nord du pays. À dix mètres, la maman (l’autre moufle) est ma foi déjà toujours bien bonne pour son âge. La cinquantaine. Classe. Maquillée et sapée au poil de la tête aux pieds, denim pour la touche et lingerie en dentelle de Bruges si cela se trouve.

Je fais Bonjour avec ma bouche dans les yeux gris-vert du touriste.

Bonjour, répond pour ainsi dire sans accent celle de ce dernier.

Dag’, fais-je dans ceux de la M.I.L.F.

Dag’, elle dit, souriante, solaire, allant même jusqu’à me gratifier d’une élégante légère flexion des genoux, ce genre de petit chaud et froid sexy, tu vois ?

Plus loin, toujours plus loin, la grand route attend sagement d’être à nouveau traversée. Boucles d’or et sa mignonne petite cervelle à deux balles repassent également dans l’autre sens, exactement à une bande près de là où nos regards se sont vachement croisés une heure plus tôt.

Retour à la case départ.

 

 

*source http://www.sos_sentiers_battus.org


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Intermède musical en anglais

 
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Le retour de la Tendresse des pierres

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IMG de mes lithiases urinaires

[© Ambroise Gallettoni, 2008]


One of the many variations of tag

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CHEZ GEORGES

Amuse-gueule

Parmi mes dernières productions oniriques presque tout public en date, ces quelques tranches que j'estime propres à la publication, potables, de nature à figurer couchées sur le papier dressées sur l’écran.


Nous sommes un brave type, suite et fin

Alors dans la foulée, je signale avoir consacré toute la journée d’hier à pousser mon père à travers l’endroit qu’il préfère le plus au monde : les rayons des grandes surfaces. « Ramène-moi tout plein des surprises ! » l’a supplié ma p’tite tête de mère... ah ! ces pauvres vieux pourrissants, s’ils n’étaient pas mes parents je me verrais bien à l'occasion sporadiquement les chérir.

 

Décembre : quoi de bien neuf sous la tiédeur du soleil ? rien qui ait fondamentalement changé par rapport à la dernière excursion en date ; naturellement, encore et toujours ces saletés de regards obliques, exprimant toute la terreur et le dégoût du monde, sans la moindre retenue, en flagrant délit de naturel au petit trot.

 

Des tronches. Certaines d’entre elles, plus rares, plus vicieuses aussi, disons putassièrement compatissantes, se fendent d’un sourire mort-né, d’ores et déjà décomposé. Pitié qui pue du bec...

 

Dans une vie de maître-chien, le brave type qui nous anime fabrique à coups de canines de la pâtée d'autrui pour SDF. Cyniques et sanguinaires nous devenons le premier tueur en série de Wallonie. Interpellés par les agents de sécurité du centre commercial, on retrouve mon corps de rêve enchaîné au QHS de Belle-île en Liège. Une fois transféré à Lantin pour bonne conduite, je m’en évade en surfant comme une bête sur le compte du contribuable.

 

Il est déjà trop tard pour lécher la main de cette bisaïeule sicilienne (ou sarde, pas la peine de prendre la mouche) qui en croisant notre route quelque part dans l’allée centrale en direction du rayon plein de surprises*, est à deux doigts de m’engueuler, l'accent grave à couper au couteau : Ho, suo bord elle trrraîne parterre ! qu'elle me lance, traçant sa route tout en pointant de l’index le bas du bénouze paternel...

 

Sans le savoir, le petit phénomène vient de sauver mon lundi matin avec force maestria. Sa bienveillance aussi rugueuse que spontannée a surtout probablement permis d’éviter un putain de carnage avant les fêtes. Grazie di cuore.

 

Ensuite, mon papa m’a offert un morceau de pizza que nous avons avalé dans une autre allée du complexe, moi sur un banc et lui dans son fauteuil de merde, dégueulasse, la chaise, pas la pizza, même que c’est plutôt dingue, faut dire qu’à la même enseigne, pendant que les carrés sont passés et repassés au four, deux bonnes pâtes CDD assez moches vendent également des friandises au poids, des sucreries genre gaufres de Tox City, de la crème glacée du nord du pays, de la Jupiler et de la Carapils en cannette aussi. J’ai fermement refusé la bière spéciale de chez Georges, une des tavernes de la galerie bourdonnante. Mon papa n’a pas insisté.

 

Sur le parking, tandis qu’il s’agissait pour la troisième fois de repousser son véhicule dans le coffre de la voiture, un type je dirais quinquagénaire est venu se garer à nos côtés, sur un emplacement réservé aux invalides et, en l'occurence, à leur chauffeur d’occasion. La créature aussi dégarnie que moustachue et mal rasée a comme jailli d’un bond de son 4X4, tel le fruit illégitime d’une gazelle trisomique et d’un homo hippopotamus tout ce qu’il y a de plus normal. Le croisement nous a toisé, l’œil mauvais, dans l’attente probable de quelque altercation, en moi l’adrénaline a giclé mais comme à chaque fois en compagnie de mon papa je ferme lâchement ma grande gueule, comme pour lui faire honneur.


Dans la foulée, le vieux m’a raconté qu’à l’époque où il avait encore au moins un pied pour appuyer sur le champignon, un valide a joué de sa caisse histoire de lui brûler la politesse et de la sorte ravir la place qu’il s’apprêtait à occuper. C’était pourtant à nouveau un emplacement réservé aux sous-hommes. Il pleuvait, se souvenait mon papa d’un ton triste… J’ai baissé la vitre pour le remercier, et là, voici ce qu’en gros le gars m’a répondu : « Si t’es handicapé t’as qu’à rester dans ton lit ! ». Ta mère n’a même pas bronché, a-t-il cru bon de rajouter.

 

* Depuis l’ablation d’un tiers de son intestin grêle due à un infarctus mésentérique survenu il y a environ cinq ans, l'auteure de mes jours est devenue disons surconsommatrice de PQ. Tout profit pour la bonne conscience de mon géniteur, ce pack de vingt-quatre rouleaux triple épaisseur (rose bonbon) ! Le cadeau-surprise désintéressé par excellence, surtout dans la mesure où lui ne chie plus avec son cul depuis la fin des années ’80...


Eau-de-vie pour la route

Ignace semble décidé à gentiment mettre un terme à sa grève du son, le soir même j’avais droit à un timide bonne nuit ainsi qu’à un petit coup de pommette en guise de bisou…

LE JOUJOU DU PAUVRE (3ième et dernier épisode)

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La touche hunter de mon pad computer

Quelque part entre les pages 24 et 25 du XII

– La haine ! rugit Prêcheur, lançant les doigts de la main gauche en avant de façon que tous puissent lire. Ce fut avec la main gauche que notre vieux frère Caïn frappa le coup qui abattit son frère. Et depuis ce jour néfaste, mes frères, la main gauche a supporté la malédiction des vivants et de Jéhovah, le Tout-Puissant !

Walt grogna en approuvant et, grattant une allumette sur le fond de son pantalon, la porta à sa pipe et souffla la flamme.

– L’Amour ! s’écria Prêcheur, levant alors la main droite. Vous voyez ces doigts-là, chers amis ! Ces doigts ont des veines qui mènent tout droit au cœur, à l’âme toute-puissante de l’homme. La main droite, amis ! La main de l’Amour ! Maintenant regardez ! Et je vais vous montrer l’histoire de la vie ! Les doigts de ces deux mains, mes chers cœurs, ils sont sans cesse à s’arracher et à guerroyer, main contre main.

Alors il avança les doigts, les unit, ceux de la gauche et de la droite, et puis ils se tordirent et s’entortillèrent les uns les autres jusqu’à ce que les phalanges craquent horriblement.

– À guerroyer et à se déchaîner, mes amis ! L’âme de l’homme ne cesse de combattre contre sa propre cupidité, sa luxure et sa puante corruption ! Regardez-les, chers cœurs ! Cette vieille main droite, l’Amour, est fichue ! Mais là, attention ! Bon sang ! L’Amour est en train de gagner ! Oui, M’sieur ! la vieille main gauche, la Haine, est fichue !

Davis Grubb - La nuit du chasseur

Woord van de dag

P R O  C  R A S T I N A T I E

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Décembre, suite et fin

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© Ambroise Gallettoni, 2008

30.03.2008

Le néerlandais sans peine

LITTÉRATURE (PAGE 117)  

902764944.jpg« Bon, il faut que je retourne au travail, a dit Fred. La presse n’attend pas. Que vas-tu faire ?

Je crois que je vais aller écrire, travailler un peu à mon livre.

Dalí : Rêve causé par le vol d’une abeille

Ambitieux projet. Est-ce que le livre parle du temps, comme le prétend le maître d’école ?

Non, il n’y est pas question du temps.

Bien. Parce qu’un livre sur le temps, ça ne me dirait rien.

Tu as déjà lu un livre ? Non, a répondu Fred.

Mais je n’ai pas envie de commencer par un livre sur les nuages. »

 
Richard Brautigan


Hartelijk bedankt au jardinier secret du Comte Piotrard de Nervulve, lui-même il sait !

29.03.2008

Intermède musical #11

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AZ le JAZZ & STEPH le SWING sous LAUDANUM

00:00 Publié dans | Lien permanent | Commentaires (5)

28.03.2008

Comme un épouvantail dans un champ de concombres

(...) sa plaie mortelle avait été guérie ; et la terre toute entière était dans l'admiration.


Révaluation 13:3

27.03.2008

Planète bleue

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25.03.2008

Zeus, Apollon, au pied !

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23.03.2008

Koinrokkā Beibīzu

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(…) La majorité des enfants ont été retrouvés à l’état de cadavres, la plupart ayant été déposés déjà morts, les autres étant morts à l’intérieur de la consigne, et on note seulement quelques cas exceptionnels de bébés qui respiraient encore au moment de leur découverte, et qui ont été emmenés à l’hôpital où ils sont morts à leur tour. Autrement dit, ces deux enfants sont les uniques survivants parmi de nombreux cas semblables. Les nouveau-nés n’ont naturellement pas de souvenirs conscients, on peut cependant penser que leurs circuits de mémoire gardent, quelque part dans le subconscient, une trace de l’état de terreur qu’ils ont vécu confrontés à l’imminence de la mort et de la lutte farouche qu’ils ont menée pour rester en vie, et qu’ils ont gagnée. Cette énergie extraordinaire qu’il leur a fallu pour simplement survivre a dû rester programmée quelque part dans leurs circuits, et à certains moments cette énergie échappe au contrôle de leur encéphale. Autrement dit, ils disposent d’une énergie trop forte pour la maîtriser eux-mêmes et il leur faudra sans doute de nombreuses années pour apprendre à la canaliser.

 

– Mais que peut-on faire ? demandèrent les bonnes sœurs. Ces deux enfants vont bientôt aller à l’école, et ils seront peut-être adoptés. S’ils restent enfermés dans leur autisme, ils ne pourront pas grandir normalement.

 

Il y a une thérapie qui pourrait s’avérer efficace : on endort l’énergie pendant une période de temps donnée, elle reste enfouie dans les replis du cerveau jusqu’à ce que le patient soit capable d’en contrôler la force, autrement dit il s’agit de geler les structures du métabolisme et des cellules psychiques… Cette thérapie a été développée aux Etats-Unis où elle est utilisée dans les cas de schizophrénie aiguë liée à l’usage de stupéfiants. On fait retourner le patient dans le ventre maternel, ce qui lui procure un bien-être et un calme absolus. On lui fait entendre un son, un battement de cœur amplifié électriquement, le battement de cœur maternel que l’enfant entend dans l’utérus, n’est-ce pas. Le battement de cœur retentit avec une extrême amplitude dans le corps du fœtus parce qu’il n’est pas transmis par l’air mais à travers le liquide amniotique, ce n’est pas un simple son, n’est-ce pas, mais une vibration transmise par diverse organes, le sang, la lymphe, et il est donc ressenti par le fœtus comme une gamme de sons très complexe. Quand la reproduction de ce timbre et de cette gamme de sons a été publiée l’année dernière aux Etats-Unis à un congrès de psychiatrie, le professeur Michael Goldsmith de l’université de technologie du Massachusetts, un chercheur en chimie neurologique, a émis un avis intéressant. Ce monsieur, qui écrit des romans de science-fiction, n’est-ce pas, a fait remarquer une forte ressemblance entre ces battements de cœur et les signaux émis par un satellite artificiel lancé par le développement aéronautique dans le but d’établir un contact avec des extraterrestres, c’est sans doute un hasard, mais enfin j’ai moi-même fait l’expérience et écouté ce battement de cœur et vraiment, c’est extraordinaire. Quand on écoute ce son dans un état de semi-somnolence, on ressent une paix et une extase extraordinaires. Il est sans doute fort impoli de ma part de dire cela à des religieuses, mais les états d’extase que l’on croyait autrefois inspirés par le Christ n’ont probablement pas d’autre origine que ce souvenir intra-utérin, n’est-ce pas…

 

Ryū Murakami – Les Bébés de la consigne automatique


22.03.2008

Faux frères Lumière

Le soleil ne fut guère brillant cette nuit (si ce n'est par son absence), disons que le jaune du ciel tirait davantage la couverture tissée de moments songes vers un gris clair et visqueux. Uniforme. Et dans le fond, cela tombait plutôt pas mal du tout.

Le petit bonhomme de foie causait rhizome quand les perroquets surgirent et bariolèrent l’atmosphère avec panache. De la terre ferme, j’en comptais une centaine au bas mot. Mensurations d’hélicoptère et autre vitesse de la lumière. Parade amoureuse quasi militaire. Voûte céleste soudainement haute en couleurs. Éventail détonant. Silence paradoxal vibromassant. L’un d’eux, au bout du compte à peine plus grand qu’un psittacidé à coudre vint s’empaler sur l’extrémité de mon index en souriant, tandis que pour sa part, celle qu’ici-bas nous appelons réalité, fidèle à sa réputation, se moquait de mon rêve comme de l’émission de sa première goutte de sang.

Et dehors il fait toujours aussi sombre que dans le rectum d’un cul-de-jatte filmé en noir et blanc, s’est remise à chahuter la neige du printemps.

20.03.2008

L'étrange cas de Monsieur K

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- V i c t o r  B r a u n e r -

19.03.2008

ASUBAKATCHIN

à celle qui rit quand on l'apaise

Pas plus tard que toute allure j'étais à fond la caisse un putain de serpent contre nature affable à sang chaud bouillant et à la débordante imagination de mon cul, quelques cent quatre-vingts-deux centimètres d'ardents désirs lovés le long de ton fameux p'tit corps d'amour
À présent, pour ainsi dire sur le champs (et en imaginant que mon plan fonctionne plutôt pas mal pas mal), ton psychisme prend peu à peu conscience de ce que fut la douce folie de notre aventure de rêve, quand nous étions là-bas, dans les draps de ce nuage de verdure deux personnes
Souviens-toi, surf lascif à travers les plus positives de tes ondes jusqu'au bijou de chair luisante serti à l'enseigne de ta grotte enchantée. Ma psylle miraculeuse rien qu'à moi-je joujou de tout ton charme, vibrant bien plus encore qu'en temps normal et réel je t'offrais ma langue partout partout partout tandis qu'une bonne partie de l'extrémité de mon étrange anatomie, pour ne pas dire le bout de ma queue, occupait délicatement les anneaux anaux de ta turne. Ensuite, après le tonnerre à vif et les pluies battantes de l'orgasme clitoridien, tu as réintégré la beauté de ton plus simple appareil, extrêmement déterminée à faire preuve de crapuleuse gratitude
Aussi, à force de terribles et violents câlins, à force de tes lèvres et de tes mains, des va-et-vient de mon vaisseau crânien, ce qui devait exploser explosa et transmigrer transmigra. Sur la vie d'ma mère, je volai dans les plumes d'un boa imaginaire et devins aussitôt l'habit de lumière de notre espèce de paradis latin
Les coussins d'air du cumulus verdoyant réalisèrent un quart de tour dans la foulée et au comble de ce minitrip je me souviens être simplement resté allongé à la verticale, partout et nulle part à la fois dans l'univers de presque toute ma tête à moi
L'espace d'un instant à ton cou ainsi suspendu, debout face à la glace d'une curieuse garde-robe pleine de vide, je soulignais d'un trait bleu électrique tout le système solaire de tes zygomatiques.

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CYRIEL VERSCHAEVE STRAAT

464463362.JPGOrdonné prêtre en 1897, Cyriel Verschaeve enseigne l’histoire et l’allemand,  participe à des cercles littéraires, écrit des poèmes, des essais, des pièces de théâtre et tente de fonder une congrégation pour la conversion des Boers d’Afrique du Sud au catholicisme. Au cours de la guerre 14-18, il participe au mouvement frontiste et se lie avec Joris Van Severen. En 1925, il déclare : « Pour moi, la Belgique n’existe pas et je ferai en sorte qu’après ma mort la Belgique me déteste ».

 

En 1931, il soutient chaleureusement la fondation du Verdinaso. Plusieurs fois invité en Allemagne nazie, il rédige dès le début  de l’Occupation "Het Uur van Vlaanderen", une apologie de la collaboration. Le 6 novembre 1940, il est proclamé président du Conseil culturel flamand, contrôlé par la Communauté de travail germano-flamande (DeVlag) et par la SS. Partisan du rattachement de la Flandre au Reich, Verschaeve tente de concilier christianisme et nazisme (notamment dans son essai "Europa und der neue Glaube").

 

Évacué  par la SS en Allemagne à la veille de la Libération, il tente d’y former un "gouvernement flamand" en exil. Lors de la défaite nazie et grâce à des complicités ecclésiastiques, il se cache en Autriche jusqu’à la fin de sa vie. Par arrêt du 11 décembre 1946, le Conseil de guerre de Bruges l’avait condamné à mort par contumace. Il reste à l’heure actuelle, l’une des références de la mouvance Vlaams Blok.

 

Cyriel Verschaeve a sa rue à Marke (commune de Courtrai, Flandre occidentale), Lanaken (Limbourg), Kapelle-op-den-Bos (Brabant flamand), Zoersel et Puurs (Anvers). Dans cette dernière commune, le poète SS est ainsi honoré en plein village de Breendonk, à quelques centaines de mètres du camp.

 

 Source : "RésistanceS", n° 6, printemps 1999, pp. 7-8

18.03.2008

Intermède musical #10

Wagon Christ : Shadows

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16.03.2008

Les rameaux du dimanche

(…) Qu’avais-je donc à apprendre aux autres qu’ils ne sachent déjà ? Moi, écrivain ! Moi qui ne fais que bredouiller ! Pour écrire, il faut être hanté, malheureux, persécuté, ou alors heureux au point de croire sérieusement qu’on a Dieu pour coéquipier. Je ne suis rien de tout cela. Pour la première fois de ma vie, je bouffe régulièrement. Un repas fini, je sais que le suivant m’attend quelques heures plus tard. Que puis-je souhaiter de mieux ? Je voulais m’attaquer au monde, le soulever à bras-le-corps et le pendre à la potence. Je voulais ne faire qu’un avec la masse vivante, être à moi seul le sang et l’âme de tout ce qui respire sur notre terre. Et puis ? A quoi cela rime-t-il ? Dans moins de quarante ans, avant peut-être, je serai dans le trou à mon tour. La boîte en bois, un bout de prière, les cordes pour descendre et les deux terrassiers, pelles en main, qui discuteront du dernier tiercé ou de la fausse couche de la femme d’un de leurs copains. De profundis !

A quoi cela me servira-t-il d’avoir écrit une quinzaine de volumes ? C’est la vie du corps qui compte. Demandez à Nora ce qu’elle en pense. Jouisseuse. Egoïste. Ne se casse pas les méninges. Fière salope. Comme je lui suis reconnaissant de me rendre la vie facile, c’est-à-dire invivable !
Elle s’est insinuée en moi comme une maladie. Un cancer. Il ne reste plus de moi qu’une apparence. Je ne crois plus aux fariboles de l’art ni à toutes ces conneries de crève-la-faim. Je ne comprends plus le langage de mes anciens amis. Que veulent-ils dire avec leur besoin de création, leurs disputes sur des mots, des formes, des couleurs, des sons ? Moi, je ne comprends plus que manger et lâcher mon foutre dans un con brûlant. Plus de livres en vue. Plus de vaines espérances. Même plus de personnalité, ce qui est encore mille fois préférable. Joyeux abandon ! Hourrah ! Trois fois hourrah ! Je me foule aux pieds avec une joie mauvaise. C’est mon fantôme que je m’acharne à tuer tous les jours. Parfois, Nora vient me donner un coup de main. Je suis là, dans le salon, étendu en travers du tapis. Cette loque informe, c’est moi. Moi, le créateur qui voulait animer, brasser des centaines de personnages, peupler l’imagination des hommes de visions inoubliables. Voyez ce qu’il en reste. Je me reconnais à cette flamme minuscule qui persiste dans l’œil mourrant. Dernière goutte de confiance. C’est justement sur cette petite lueur arrogante que Nora concentre ses forces destructrices. Devant la mauvaise humeur qu’elle manifeste lorsque je lui parle livres, j’ai pris l’habitude de m’abstenir. S’il m’arrive d’être emballé par une lecture et que je veuille avec quelqu’un partager ma découverte, je passe un petit mot à Wierne ou à Sicelli, ou encore à Martin qui m’invite à venir un de ces soirs manger un morceau en copains. Mes soirées étant prises, la question ne se pose même pas. Je trouve plus commode de faire le mort. Le cercle se resserre. Je serai bientôt à vous, Nora, ma vaginale. Je ne comprends plus que manger et bander ferme quand c’est nécessaire, quand cette pieuvre amoureuse s’approche de moi, m’enlace, et que je plonge dans une eau noire. J’espère d’ailleurs qu’un jour ou l’autre je m’y noierai pour de bon et qu’il faudra ce jour-là déplacer la grande échelle pour me retirer de cette posture obscène dans laquelle on ne peut décemment laisser le mort.

La faire jouir. Ne penser à rien d’autre. Mon cerveau est resté dans le porte-parapluies du vestibule. Me rappelle l’y avoir déposé en entrant. C’était le dimanche des Rois ou celui des Rameaux. Juste le dimanche après l’agonie, quoi qu’il en soit.


Louis Calaferte, SEPTENTRION

14.03.2008

A TRIBUTE TO LEONCE RUDELLE

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13.03.2008

Le Parc des Princes

C’est sur les conseils avisés de son majordome de paille que Madame l’Ambassadrice s’en alla fendre du bois dBoulogne la matinée durant. Aussi, quand le soleil devint aussi vert pétant que l’herbe du voisin, elle se planta à l’ombre d’un Brésilien en fleurs afin dy piquer un ptit roupillon amplement médité.

Magali Babaorum de Moncolon fut réveillée toujours plus loin, par une odeur d’huile de ricin bouillie qui dans les fosses nasales de son auguste tarin ne laissait place à aucun doute possible : une belle bande de cyclomotoristes fondamentalistes venait de briser l'issue du rêve dans lequel, devenue Dieu sait pourquoi militante d’une cause hétérosexuelle perdue d’avance, elle gobait goulûment le membre le plus chaud de la famille Pitt au sein même d’un lieu de culte hollywoodien.

Le zizi endurci de la star était toujours un peu sur le point de gicler dans la tête de Madame l’Ambassadrice quand les barbus, armés jusqu’aux molaires, tel un seul homme mirent pied à terre. Leur directeur de conscience, baptisé OMAR par les jardiniers secrets de Sarkozy Jr, s’approcha d’un bloc en gueulant :


« PSG, ouvre-toi ! »


La grille, oxydée, forcément s'ouvra s’ouvrit en grinçant, laissant les cyclomotoristes s’enfoncer à lintérieur d’une des tribunes du stade enseveli sous ses propres décombres. Ils étaient tout juste quarante ; et dès que le dernier fut entré, le portique de sécurité se referma de son propre chef. Madame l’Ambassadrice avait grave la dalle mais la curiosité l’emporta si bien quelle demeurât planquée encore quelques instants. Dans le quart d’heure qui suivit, le portique obéit à nouveau, les violeurs de mobylettes enfourchèrent leurs malheureuses victimes avant de repartirent en guerre sainte contre les épagneuls bretons du tout Paris, « sus à ces chiens de résistants infidèles ! » aboyaient-ils.

 


À suivre, et encore, rien n'est moins sûr...

10.03.2008

Matérialisme spirituel

257232935.jpgEn fait, nous avons simplement monté une boutique, une boutique d’antiquités. Peut-être sommes-nous spécialisés dans les objets orientaux, les antiquités du Moyen-Age chrétien, ou les vieilleries de telle culture à telle époque, mais quoi qu’il en soit, nous sommes des boutiquiers.
 
Chögyam Trungpa Rinpoché

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09.03.2008

Intermède musical #9

The Inner Space : Kamera Song

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03.03.2008

Héroïne[s]

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La maman de Marine dans une vieille pub pour E-mail Diamant

01.03.2008

Minuit moins cinq sur l'échelle de Richter

La demeure de Sue Zellaby, ma voisine de presque en face, a tout dernièrement effectué un déplacement latéral d’environ dix mètres à l’intérieur des terres. Le tout en l’espace d’une seconde de silence nocturne, le temps pour l’hôte somnambule qui m’habite à la campagne de lever son verre à notre santé ainsi qu’à celle d’une lune pleine à craquer.

De prime abord plutôt pas moche du tout du tout ; médaille de bronze au championnat du monde de lindy-hop et pseudo-professeur de danse orientale à ses heures, Sue a disons la petite trentaine, et, malgré la pratique intense du rock acrobatique, une bouée de lard remarquable, davantage encore quand elle astique son 4x4 durant la belle saison, vêtue pour l’occasion du bikini de coton tricolore tout à la gloire de l’Old Glory. Un nouveau nez de poupée à grosso modo deux mille cinq cents euros la narine, des ongles et des cheveux de secrétaire qui changent de couleur à peu près cinquante-deux fois l’année, un éclat de rire hélas bien à elle, une garde robe Esprit de Corps à partir de moins 30% et un regard bleu de Prusse parachève la synthèse du portrait-robot peu flatteur - j’en conviens - de Sue en beauté.
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Du cash, son partenaire irl en a à revendre, ne vient-il pas de se gréer la Mercedes je sais pas quoi à 77.319 euros de base prix catalogue ? C’est dire les moyens dont le sympathique Prosper dispose pour subvenir aux besoins matériels du ménage, sa petite entreprise ne connaît Dieu merci pas la crise. Le travail comme valeur refuge de ces parvenus et la phobie du manque à gagner de madame c’est au bout du compte tout profit pour la laine fétide de ses bas à varices. Parce qu’acheter une petite brochure de contes africains débiles au premier Noir bon marché qui passe à loccasion par le village, non mais vous n’y pensez pas ? Déjà que notre pleure-misère se tue à la tâche : gestion administrative des dossiers en veux-tu en voilà des cas sociaux de profiteurs en série des numéros vivant au crochet du seuil de pauvreté a encoder. Pourtant ; comme dirait Jeaninne, l’impayable coordinatrice de notre centre de crise parastatal (oui, non contents d’être proches voisins, nous sommes en outre vaguement collègues), ce n’est pas bien compliqué : les cimetières sont plein de poussières d’employés modèles qui se trouvaient indispensables.
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Par ailleurs, dans un autre registre, notre assistante administrative, bien que manifestement mal à laise, ne crache pas sur les discussions lubriques tournant autour du cru à l’heure de table. Il arrive souvent qu’elle rougisse. Copieusement. Comme quand à lissue de notre plein gré nous apprenons les mois d’abstinence forcée, due selon elle à la fatigue passagère de monsieur. Et ce matin du baiser fabuleux (avec la langue) dont je l’avais gratifiée quelques heures auparavant, un rêve blanc qualifié de méga romantique par ses soins, rien de moins ! Jamais encore à l’en croire, Sue n’avait été embrassée de la sorte. Forcément.
L’ensemble du personnel (exclusivement féminin) sait aussi combien son projet sodomie la titille, pareil pour le motif tribal du sommet de la raie de son boule. Sans cesse reportés. La trouille de l’aiguille, c’est à pisser de rire. L’admiration qu’elle voue à la plastique des Chippendales vaut également son pesant de cacahuètes à l’urine et n’est en rien, je le jure sur la tête de mon lit, légende rurale. Quoi d’autre, l’épilation intégrale qu’elle préconise comme un athée intégriste vante les hygiéniques vertus de la circoncision ?
La chair de poule de sa poitrine d’origine, c’est en revanche tout de suite vachement moins drôle. Brrr ! L’entendre évoquer le mot allergie, c’est un peu comme si le bout d’un ongle venait de niquer sa mère sur le tableau noir des sales sensations de la vie, au point d’aller jusqu’à se demander si David, le petit grain de sable blond fusionnel qu’en deux mille de notre ère elle mit au monde par césarienne, n’y serait pas quelque part pour quelque chose. Enfin, bref.
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La pupille de l’œil de bœuf de sa chambre à coucher, à présent située pile poil dans l’axe de mon regard de faucon wallon, s’est dilatée au point d’avaler l’ensemble de la façade. Ma voisine dort à poings fermés, seule, uniquement vêtue d’un pyjama de cristal on ne peut plus transparent, du Val Saint Lambert (d’après les petits Robert des rêves je devrais y voir un rapport avec la pantoufle du berger allemand femelle du voisin d’à côté). Je me tâte, tout ou presque dans l’horizon converge vers l’origine d’un monde sans queue ni tête. En zoomant, l’on parvient à distinguer les vibrations des grandes lèvres de la moule, l’air qui va-et-vient au cœur même de son rocher thoracique. Sue Zellaby ronfle comme un titre de docteur honoris causa, j’en mets une oreille à couper sur l’autel virtuel de mes facultés.
Plus que jamais il faisait toujours nuit, et comme la plupart du temps dans la possibilité des songes les rayons du sommeil battent les tempes pendant qu’elles sont chaudes. J’en étais là, à fouler tranquillement l’artère forestière de la corne de mes plantes nues, décontracté du gland, à l’ombre des chênes en or massifs tandis que les troubles obsessionnels compulsifs des amanites tue-mouches et des polypodes à coco, ainsi que le sifflement nerveux des becs de lièvres à l’affût, semblaient vouloir m’avertir d’un danger imminent auquel il faisait pourtant bon ne pas spécialement prêter gare.
Juste après, vint le moment que choisit celui que j’étais chemin faisant pour prendre congé, l’antichambre du site où selon ses indications seuls moi et mon ombre devions nous rendre.
La puissance inouïe de ce genre de sons résonnait par vagues successives, véloces, crescendo jusqu’au-delà de l’os, quand la femelle apparut dans la menace de toute sa splendeur. Cadence chaloupée. J’en restais bouche bée, statue décomposée, tétanisée, subjugué par la tournure des évènements. Sans doute allais-je finir dans l’estomac d’un fauve échappé des griffes d’un dresseur de chapiteau, et ce destin n’avait finalement rien de tragique pour l’espèce de chrétien du dimanche que sur la piste aux étoiles facétieuses j’avais quelques fois eu l’audace de singer. Le film de ma vie sur Internet pouvait commençait à défiler.
Un invisible essaim d’abeilles régicides vrombissait sur le bout de ma queue quand la lionne arriva à hauteur de mon flanc gauche et l’effleura sans même s’apercevoir de ma présence. Pas même le temps d’un ouf de soulagement que du lieu-dit La gueule de la clairière s'extirpait le reste de la horde. Deux demi-douzaines de ses membres contournaient ainsi les ailes de celui qui parle présentement dans votre tête, en l’ignorant le plus royalement du monde (seul un des lionceaux croisa longuement mon regard, songeur). Où allaient-ils ? Je n’en sais fichtre rien. Il fallait que j’avance aussi, poursuive ma route, maintenant que j’avais pleinement pris conscience du rendez-vous.
Quelques kilomètres à travers bois et une putain d’aventure plus tard je décidai ne jamais rien dévoiler de ce que je fus amené à y foutre.

25.02.2008

Carte de crédit

(...) l’avocat dément.

22.02.2008

The Rape of Eve

(…) Plusieurs textes des Codex de Nag Hammadi décrivent la tentative des Archontes de « violer Eve » : c'est à dire d'inséminer l'espèce humaine. Il est clair, cependant, selon le texte, qu'ils échouent dans leur entreprise. L'Hypostase des Archontes décrit cet épisode :
 
 

21.02.2008

Forêt profonde

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Le Livre du Dé

Au commencement était le Hasard, et le Hasard était avec Dieu et le Hasard était Dieu. Au commencement Il était avec Dieu. Toutes choses furent faites par Hasard et rien de ce qui fut fait ne le fut sans Lui. En Hasard était la vie et la vie était la lumière des hommes.

Il y eut un homme envoyé par Hasard, et dont le nom était Luke.

Ce fut lui qui vint en témoin, pour rendre témoignage de Fantaisie, en sorte que tous les hommes pussent croire à sa suite. Il n’était pas le Hasard, mais il fut envoyé pour rendre témoignage du Hasard. Ce fut le vrai Accident qui hasardise tout homme venu en ce monde. Il fut dans le monde et le monde fut fait par lui, et le monde ne le connaissait pas. Mais à tous ceux tant qu’ils étaient qui le reçurent il donna pouvoir de devenir fils du Hasard, même à ceux qui croient accidentellement, car ils étaient nés non du sang, non par la volonté de la chair, ni par la volonté des hommes, mais du Hasard. Et le Hasard se fit chair (et nous avons adoré sa gloire, sa gloire de fils unique du Père Capricieux tout-puissant), et il demeura parmi nous, tout-chaotique, tout-faux et tout-fantaisiste.

14.02.2008

Crimen Sollicitationis

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13.02.2008

Fin de citation #2

Il faut battre sa mère pendant qu'elle est jeune.


[Yvan-Chrysostome Doltovitch]

Le Capitaine Froussard

Années Septante bien après Jésus-Christ.


Strychnine, de vingt mois ma cadette, profite encore de l’internement de maman pour faire son trou bien au chaud sous la ceinture des couvertures conjugales.


Seul le septième jour se lève et ainsi va la vie : les amants du dimanche, enlacés jusqu’à la moelle, fondent en sorte que des quartiers où demeuré allongé je puisse en croire mes oreilles, la tête pourtant noyée dans l’oreiller. Rien à faire, ils y chuchotent à leur guise, de là-bas. En outre, les deux vicelards m’affublent de ce pseudo ridicule tout cela parce qu’à cette époque je ne suis paraît-il jamais assez.


Descendre faire pipi tout seul comme un grand me terrifie et par conséquent la présence sur le pont d’une vigie en chair et en os rassure davantage l’anti-héros à venir qu’elle n’humilie le petit bonhomme qui l’abrite. N’importe quoi cette phrase. En vérité, les esprits frappeurs nous fichent une trouille mortelle à tout les deux mais ma sœur de sang adore crâner et mentir uniquement pour le plaisir de me sentir esseulé face à nos visions. Imaginer ma détresse prisonnier des barreaux de la cage d’escaliers la comble…


À ma décharge, les toilettes de notre Amityville du pauvre sont en dessous de presque tout en général et tellement loin de ma cabine en particulier que tant dincidents peuvent à nouveau toujours se produire durant le voyage. Face à tout qui y pénètre, un panneau de contre-plaqué bricolé et punaisé d’un poster en peau de chagrin géant* donnera accès à un échafaudage de fortune surplombant l’ô combien sinistre petit théâtre du sous-sol, pour autant bien sûr qu’un besoin d’une toute autre nature vienne à se faire sentir.


J'enfante des cauchemars effroyables de p'tite tête presque blonde abusée la plupart du temps qui passe à même les marches. Heinrich quitte à l’occasion le champ d’bataille de son pieu en direction des étages histoire de prendre l’air à sa manière. On vient de se croiser sur le premier palier et à ce stade, malgré l’insistance de son silence, il est comme on l’aime, affable, l’œil pétillant et tout sourire. L’aïeul rejoint ses appartements du rez-de-chaussée et tandis que je perçois toujours distinctement le son de son souffle maladif ainsi que le grincement des marches de la dernière volée, j’ai bien peur de déjà ressentir sa présence autre part. Je tends l’oreille entre deux barreaux pour ne plus entendre que le bruit de la porte qui se referme derrière lui et à l’instant où toujours à genoux je décide de lentement lever les yeux au ciel, le regard d’un visage complètement déformé par la haine, celui de mon troisième grand-père, m’explore du haut de toute sa cruauté

 

En définitive, le petit coin aujourd’hui disparu s’avéra sanctuaire, jamais n’y dus-je essuyer quelque attaque psychique que ce soit (pas même plongé dans la lecture de mes Bob & Bobette) et c’est seulement trois décennies plus tard que stupéfait j’appris de source paternelle l’existence d’une saignée profonde de plusieurs dizaines de mètres au départ de la dalle en béton armé de la cave. Un boyau débouchant sur le courant d’un ru souterrain dans les eaux duquel seront dès que possible, et selon mes dernières volontés aujourd’hui même révélées au grand public, transvasées les cendres de Martin (prénom d'emprunt), le meilleur ami de ma petite enfance.

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* pourquoi ce satané Pierrot lunaire na-t-il jamais cessé de pleurer toute la larme de son corps ?

 

09.02.2008

Unhappy Birds Day

07.02.2008

XIX

LE JOUJOU DU PAUVRE

(...)

Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie.

Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté.

À côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré et voici ce qu'il regardait :

De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme l'œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.

À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.

Et les deux enfants se riaient l’un à l’autre fraternellement, avec des dents d’une égale blancheur.

 
Charles Baudelaire

Intermède musical #8

Board of Canada : Turquoise Hexagon Sun

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04.02.2008

Rrosenmontag

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01.02.2008

Synovie

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De lintense plaisir dassister nuitamment à lauto-fellation dune créature de rêve assise sur la balance du pèse-personne-personne dune officine pakistanaise de Brie-Comte-Robert.

Pour ma part passablement mal à l’aise mais néanmoins grandement émoustillé par les fabuleux nichons de madame/monsieur, je tentai de cacher mon trouble en rassurant le reste de la clientèle (les apothicaires, androïdes de toute belle facture affairées à la vente de vaccins anti-influenza restant pour ainsi dire totalement étrangères à la scène) :

Chuis également là pour une ponction, nayez crainte, ne bougez presque pas, si quelqu’un doit être blessé ce sera moi je vous promets !

La créature du rêve en question déchargea dans la seconde suivante et l’exquise violence de lorgasme fut ainsi partagée par mes trois âmes et sept affects via je nsais quel courant de pensée. M’en souviens comme si cétait hier, le fluide onirique dégoulinant des commissures de ses lèvres avait de certains sex-toys la teinte opaline et pailletée.

 

30.01.2008

YHVH

Karma One : On compare souvent l'importance de la découverte des textes du Nag Hammadi avec les manuscrits de la Mer morte. De ce que vous en savez, pouvons-nous trouver dans les rouleaux de la Mer morte, le même avertissement à propos des Archontes, à propos du fait que la création de l'Univers est une erreur, une information contenue dans le NHC ? Qui a écrit les manuscrits de la Mer Morte et qui a rédigé les textes du Nag Hammadi. Etait-ce des ennemis?

 

John Lash : Grande question ! Cette relation entre les Manuscrits de la Mer Morte et le Nag Hammadi est cruciale. A ma connaissance, aucun chercheur n'a mis en exergue des références croisées entre ces anciens textes mais en fait, elles existent. Laissez-moi expliquer les choses de la sorte.

 

Les Manuscrits ne nous avertissent en rien à propos de la présence des Archontes parce qu'ils furent rédigés par une secte extrémiste manipulée par les Archontes. Les Zaddikim (que l'on pourrait traduire par les « Rigoureux ») de la Mer morte étaient une secte violente, apocalyptique qui s'était dédiée à des êtres célestes appelés Kenoshim qui leur apparaissaient dans des chariots éblouissants. Certains textes des Manuscrits (surtout 4Q404 dans les Chants de Shabbat) décrivent l'apparence et le mouvement d'Ovnis de type soucoupe volante exactement comme on les décrirait aujourd'hui dans des apparitions contemporaines. En termes plus brefs, je suis convaincu que la secte de Qumram était un culte apocalyptique de contactés par des Ovnis, comparable à la secte au culte suicidaire de Heaven's Gate. Au sud de Qumram, il y avait un campement gnostique, un groupe qui s'appelait les « Archontiques ». Ils ont emprunté ce nom, je pense, parce que leur mission était d'espionner les Archontes qui contrôlaient les Zaddikim. Dans un texte gnostique, l'Apocalypse de Jean (25.15) « celui qui révèle » affirme que Jérusalem est un endroit hanté et habité par de nombreux Archontes. Je suis certain que de nombreux Gnostiques des Temples des Mystères du Proche-Orient étaient conscients de cette intrusion des Archontes. Ils ont détecté les extraterrestres ainsi que leur effet, une infection psychique et mentale qui a pris la forme d'une folie religieuse. Jérusalem était hautement infectée au même titre que Qumram.

 

Le NHC n'affirme pas que l'Univers est une erreur. Il déclare que notre monde, le système particulier que nous habitons est une anomalie causée par la présence des Archontes qui empiètent sur la vie qui s'est développée sur la Terre. La cosmologie gnostique explique l'émergence des Archontes au niveau cosmique. Par conséquent, les Gnostiques ont pu comprendre l'origine et le comportement de ces entités extraterrestres. Les sectateurs des manuscrits de la Mer morte furent complètement dupés par les Archontes qu'ils ont perçus comme étant des Anges célestes. Ils croyaient que le dirigeant des Archontes, Jéhovah, était leur Dieu créateur. Les Gnostiques percevaient ces croyances comme du délire religieux causé par le virus idéologique essaimé par les Archontes. Plusieurs passages dans les manuscrits font directement référence aux Gnostiques qui sont considérés comme les insignes adversaires de la secte des Zaddikim. A ma connaissance, aucun chercheur n'a mis en évidence le fait que le culte gravitant autour des Manuscrits de la Mer morte avait pris pour cible les Gnostiques d'une telle manière. Les Zaddikim avaient l'ambition de complètement annihiler les Gnostiques. Si ma théorie s'avère exacte, nous pouvons en comprendre la raison.

16.01.2008

Allons enfants de la télé

Pour autant que je me souvienne, dans le partage de mon rêve, nous sommes sur Paname pour la saint Sylvestre, direction Boulogne-Billancourt, avec au programme du début des hostilités du people à chier des caméras de surveillance à gogo des bêtisiers des frasques de la publicité des paillettes de la poudre à lessiver encore de la publicité et toujours de la publicité. Que du bonheur, quoi...

De retour parmi quelques uns de ses meilleurs amis sur Terre, feu mon Franck y joue le rôle de sa vie à merveille et ça fait drôlement plaisir de le revoir en si bonne santé ! Le seul blême, c’est que malgré la qualité du carton d’invitation bidon nous devons rester plantés à l’extérieur du décor, privés d’Arthur et de ses invités, refoulés que nous sommes par une brigade de miliciens en costume/cravatte Adidas. Si bien que subitement j’en viens à me rappeler cette crapuleuse séquence du PLAN B de tonton Chester :

Et si on exterminait seulement les hommes ? Encore mieux, si on châtrait tous les Noirs ? Ça les débarrasserait de leurs tendances agressives tout en leur laissant la capacité physique d’accomplir les corvées auxquelles ils étaient destinés. Naturellement, ce n’étaient pas les forces armées qui allaient s’avilir à exécuter une telle besogne et puis, qui sait ? On pourrait bien avoir besoin de l’agressivité des Noirs pour défendre le capitalisme…

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Moi en pseudo Griffin, à la terrasse du Hard Rock Café d'Abuja


Tout cela pour quelques broutilles comme quoi, par exemple, il serait formellement interdit d’entrer dans le temple du PAF avec des perroquets et des singes sur l’épaule. Le poil à gratter ainsi que les Kärcher à énergie solaire de poche non plus ne passeraient pas. Moi je dis règlement de horde intérieure pas encore aussi décomplexée que la propagande ne l’affirme, et puis c'est tout. Aussi, dans la foulée d’un simulacre de bousculade pour le fun, nous décrètons superflues toutes discussions avec des malabars qui sortent leurs couteaux suisses Alain Delon devant témoins à la moindre alerte. Pas grave, on les aura peut-être plus tard aux Bains Douches ces bâtards.

Après les radiations du métro (où une vieille femme enceinte nous conseille de descendre à Mouammar Khadafi), c’est plutôt décontractés du gland que nous déambulons à l’air frais, jusqu’au moment où instantanément après avoir croisé une bande de collégiennes anglo-saxonnes hilares, j’aperçois un paquet de tabac vaguement phosphorescent à même le pavé du trottoir. Discrètement, sans me retourner, je me le ramasse et dare-dare en vérifie le contenu. Puits sans fond de kif, j’y plonge allègrement le bras en tâtonnant… Nom d'un fumeur de Havane, je viens de mettre la main sur la tabatière de Félix le chat !

Hélas, la joie des rêves est comme souvent dans la vie de tous les jours : de courte durée. Ainsi, une espèce d’Hermione en personne est déjà là à me tapoter sur l’épaule... sorry but c’est vous qui a prise mon stuff, coco ? qu'elle demande.

D’abord, intuition masculine oblige, je réponds que contrairement aux apparences qui pèsent au minimum contre Brian, moi, je ne suis pas dans la cuisine. Ensuite, rapidement, très rapidement, trop rapidement, me retrouve une fois de plus rattrapé par la bêtise d’une bonté naturelle toujours aussi paradoxalement désireuse de me perdre.

La miss a des yeux canon, que voulez-vous ? C’est encore moins de sa faute que de la mienne. Aussi, qu’ils implorent le ciel ou non, pas moyen de leur résister. Je rends le paquet en cavale dans la poche revolver de mon gilet pare-balles (après y avoir bien entendu discrètement plongé la main et fait le plein une toute, toute dernière fois) en rougissant le plus naturellement du monde. L'Hermione, ravie au possible d’avoir ainsi pu éviter l’appel aux forces de l’ordre de sa magie, dépose un bisou avec le bout de sa langue sur le lobe de votre présumé serviteur et c’est, selon le professeur Gaby Yaktol l’érudit le plus coquet de notre crew , du zirconium rose coûtant bonbon qui aussitôt y pousse après qu’elle ait susurré une formule de politesse au creux de l’oreille qui va avec.

Après, encore directement après, ça se gâte. D’autres miliciens, républicains cette fois, nous pointent du doigt sur la gâchette de leur flash-ball. C’est l’interpellation ! Décidément, les singes et les perroquets wallons semblent définitivement indésirables à l’intérieur de l’Hexagone, PNG, même en règle de papiers…

Voici qu’à présent l'on nous passe brutalement les bracelets et sans autre forme de procès nous emmène aux pieds d’un escalator si caverneux que de la terre ferme on n’en distingue l’issue. Durant la vertigineuse descente, mes potes s’évaporent un à un comme par désenchantement et une fois le sous-sol atteint, je suis comme pour ainsi dire aimanté vers le bureau du chef de la bande. Effaré, j’y découvre une femme ressemblant comme deux gouttes de foutre à Alina Reyes derrière l’acier trempé de la porte.

Laissé seul au monde avec cette dernière dans un local minuscule (il faut beaucoup, beaucoup plier du genou pour s’y déplacer), j’entrave que dalle à ce qu’elle chante dans la mesure où pas le moindre son ne sort de sa bouche ouverte. Je ne lis pas sur les lèvres et encore moins ne connais le langage des signes, lui dis-je en articulant comme un débile (je suis toujours menotté). Veut-elle réellement que j’entre dans cette cage pour rongeurs géants ou essaie-t-elle tout bêtement de m’humilier ?

À cette fonctionnaire sourde et muette je signale un refus catégorique en faisant non, non, non et non de la tête. Aussi, les bras repliés sur la bombe de mon torse, je grimace presque avec dignité et manque même un instant de taper du pied pour enfoncer le clou à la dure. Finalement ce n’est pas compliqué, je ferme les paupières afin de revoir une dernière fois la partenaire du gars Potter et décide d’en rester là, pour toujours et à jamais, victime d’une bavure tragi-comique inqualifiable.


The Herbaliser featuring Jean Grae : Close your Eyes
( I  n  t  e  r  m  è  d  e    m  u  s  i  c  a  l   # 7 )

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01.01.2008

Ecoute téléphonique et filature à l’heure du numérique

(...) La prochaine fois que vous comptez commettre un délit, pensez à laisser votre mobile à la maison.

par Piotrevski sur Parfois au bout des routes

07.12.2007

Héroïne[s]

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06.12.2007

Six décembre sur la Terre comme au Ciel

J’avais proposé aux parents anéantis de les véhiculer jusqu’à cette clinique universitaire que je connaissais même pas mal pour y avoir jadis plusieurs fois visité ses soins intensifs ainsi que son septième étage avec vue possible sur l'Atomium.

 

Après de multiples examens et souffrances en tous genres, mon nouveau-né de neveu fut finalement ramené de la capitale vers une clinique plus proche afin d’y déjà vivre ses dernières heures.

 

Neuf mois dans l’univers de sa mère et un seul sur la Terre, ni plus ni moins.

 

Pour rendre service à mon monde, je pris sur moi d’aller y rechercher son putain de petit cadavre. Je passerais également par les bureaux de l’Ėtat civil de la cité ardente histoire d’y accomplir les formalités administratives d’usage.

 

Ainsi me retrouvai-je à lintérieur dun corbillard dernier cri, flambant neuf, à la place du mort. Sur le siège passager, quoi...

 

Une trentaine de bornes et autant de phrases plus tard, à la morgue de Saint-Vincent, le jeune employé des pompes funèbres, environ du même âge que les parents (ils sont amis dans la vraie vie), me tend machinalement le tout petit corps glacé avec un naturel qui ne manque guère d’irriter mon semblant de dignité, puis s’en va tailler une bavette dans le couloir avec la préposée aux tiroirs frigorifiques. Sans mot dire, j’assume et prends feu Nicolas dans mes bras, le pose sur une table où lentement se consume la cire d’une bougie hospitalière, et à la lueur de sa flemme l’habille avec les vêtements tout droit sortis des emballages-cadeaux que j’ai l’horrible privilège de déballer. Je place ensuite les quelques effets spéciaux que des membres de la famille m’ont demandé de déposer à ses côtés, n’exprime toujours que dalle quand la fermeture de la boîte blanche achève de me fendre le cœur.

 

Ce n’est pas tout.

 

Le curé du village (encore un jeune et curieux personnage) se déplace pour l’office du crématorium à la demande des parents. La cérémonie vient à peine de commencer que sa voix se met à trembler. Dans la seconde qui suit, l’homme éclate en sanglots fabuleux ; l’assemblée paraît dès lors comme suspendue à ses lèvres, hypnotisée par la scène. Certains s’arrêtent de pleurer et d’autres, qui jusque là s’étaient contenus tant bien que mal, fondent désormais en larmes…

 

Catharsis, on dit ?


Ne jamais oublier qu’à une certaine époque sans doute aurais-je raillé, voire insulté ce prêtre, histoire de probablement trouver odieu Dieu sait quel exutoire à nos peines.

05.12.2007

Private Joke

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«Hey Niki, je parle français comme un chien andalou...»


04.12.2007

LAUDA VS. PPDA

INTERVIEW RÉALISÉE AVEC TRUCAGE 

 

1- Et si vous me racontiez votre première fois ?

Avec un de mes frères Jacques, in utero.

 

2- Vaut-il mieux parler la même langue ou savoir jouer de la langue ?

Ich verstehe Ihre Frage nicht...

 

3- Que préférez-vous goûter ?

Vous pouvez préciser ?

 

4- Selon vous, coucher, ce n’est pas jouer ?

Pardonnez-moi mais je ne vois pas le rapport avec la question précédente...

 

5- Est-il plus difficile de regarder sans toucher que de toucher sans voir ?

L’inénarrable Gilbert Montagné a un jour pondu cette phrase remarquable : « Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi. J'aurais pu être Noir ! ». No comment...

 

6- Un bon coup pour vous, qu’est-ce que c’est ?

Une expression à la con.

 

7- Etre amoureux et aimer. La différence réside-t-elle dans l’expression ?

Je commence presque sérieusement à me demander si j’ai bien fait d’accepter cette interview !

 

8- Est-il plus facile d’être regardé sans être touché que d’être touché sans être vu ?

Stevie Wonder, au temps pour moi.

 

9- Vous mettez-vous plus aisément à nu que nu ?

Quand faut y aller faut y aller...

 

10- Quel est le comble du cru ?

L’état d’esprit du comte Piotrard de Nervulve certaines veilles de cuite...

 

11- Plus on éclaire, plus il fait sombre. Cela vous gêne ?

Quoi, la fumée ?

 

12- « Quand j’étais petit, je n’étais pas grand. Je montrais ma lune à tous les passants. Maman me disait « Veux-tu la cacher ! » Je lui répondais « Veux-tu l’embrasser ? » Cette comptine de cour d’écoles qui évoque des choses interdites vous choque-t-elle aujourd’hui plus qu’hier ?

Je dis tout simplement qu’il faut ré-instaurer la peine de mort pour les auteurs de telles insanités. 

 

13- Qu’évoque pour vous le mot couple ?

Deux tigres dans un même moteur.

 

14- Quel(s) souvenir(s) évoque(nt) pour vous le mot « lit » ?

La maladie, les acariens, la mort...

 

15- Si j’écris le mot sexe au pluriel, il devient palindrome : sexes. La lettre « x » en devient le centre. Qu’y voyez-vous ?

Attendez-voir... « se » à gauche et « es » à droite, j’ai bon ?

 

03.12.2007

Semelle[s] de Vent

A.R.

16.11.2007

The Stereoscopic Skin Clinic

Au Pr. Gaby Yaktol, avec mes plus vifs remerciements!


15.11.2007

Le courage des oiseaux (paranoid-critic)

C’est postés sur le rebord du trottoir les mains et le mouchoir frais comme un gardon en poche quon laissait tonton Ben rentrer seul vaquer à ses sempiternelles préoccupations. Nous prenions congé sans plus attendre un nouveau dernier mot pour la route, tous amplement satisfaits de ce moment passé ensemble devant lécran géant du cinéma Tome de la rue des Brancards.

Moteur !

Les rideaux de la nuit étaient déjà tombés de plus belle quand Ignace (mon teenager de rêve) et presque moi-même saisirent le chemin du retour, cool Raoul, via le tunnel de Cointe. Nous évoquions les tout bons plans de ce Gus, tirant tour à tour sur le soin de Jack. Un en particulier nous avait tout deux marqué : celui de la douche, ou comment les longs cheveux-gouttes du jeune protagoniste filmé sous la chute dune obscure clairière et le chant diluvien des oiseaux de la frise allèrent jusquà faire planer du jus dans le summum de mon crâne.

 

***

Intermède musical Hors Série
Pour Halzia Calzo

BARBARA : L'aigle noir (en duo avec le truc en plumes de Zizi Jeanmaire)


Suite et fin demain ou après

 

V E N D R E D I

N62 (une nationale sans éclairage, au beau milieu des bois, située à quelques battements d’ailes du parc animalier du cru)

Dans laxe, ce qui même à moyen terme ressemblait furieusement à un 4X4 était comme pourchassé par des gyrophares toutes sirènes hurlantes tandis qu’un gros milliard d’étincelles enjolivait la route ainsi qu’une bonne partie de son pare-chocs avant.

Arrivé en trombe à notre hauteur c’est à peine si nous eûmes le temps d’halluciner devant la tête (et une partie du cou) d’une girafe incandescente encastrée dans le chrome véloce et maculé ; le reste de la chaîne du collier battant l’asphalte, usant pour ce fer d’une rare violence…

Le flash de la radio déjà disait délit dfuite, un accident de circulation trop mortel mettant en cause plusieurs véhicules ainsi que la malheureuse pensionnaire sortie en force de sa réserve plus tôt dans la soirée.

Encore avant cela, je nous revois évoquant Cadaqués avec un Ignace mespliquant avoir repéré une espèce d’horloge dégoulinante chez les parents d’un camarade à sézigue.

09.11.2007

L'acide désoxyribonucléique

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02.11.2007

Héroïne[s]

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22:15 Publié dans Héroïne[s] | Lien permanent

Histoire de faire poireauter mon Asperge de rêve

Une paire d'oncles paternels du tonnerre de Dieu composée d'un homme-légume interné aujourd'hui même incapable de répéter comment il s'appelle (mais arrive-t-il toujours seulement à ce pauvre André de rêver ?) et d'un très vil individu, Roger, l'aîné de la fratrie (enfant, j’appelais mes figurines en plastique hyper violentes les Roger…) à présent presque mort et complètement enterré dans le cimetière où reposent les plus tristement célèbres Julie et Mélissa de ce bas monde. Le même crapuleux penchant pour le qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse du sieur Alfred.

 

Tous deux sont orphelins de mère devenus dans la septième année de Daniel, mon daron en espèce de chair et d’os maladifs. Orphelins le soir du réveillon de Noël, allez savoir pourquoi je précise.

 

La femme à Roger, Jocelyne, une sexagénaire aussi coquette que lourdement handicapée depuis qu’on a plus tous les jours vingt ans pour griller un feu rouge à la place du mort, a vendu la maison et déménagé en compagnie de la plus Cosette de leurs fifilles. La grande, la quarantaine bien frappée, a un jour reçu la médaille du mérite des mains moites d’un misérable représentant de l’État belge, cela donne une idée de l'élasticité du fantôme de leur cordon ombilical. 

 

Le fils, à peine plus âgé que votre prétendu serviteur, a succombé peu avant son père, une mandarine violacée en cache dans la moelle. Les autres cousins germains, fils d’Yvette (la sœur pour les plus acharnés qui tentent de suivre), sont vachement morts eux aussi : un soi-disant meurtre maquillé en suicide pour l’un et une toute fin de myopathie pour l’autre qu’enfant j’aimais comme un frère. Aux dernières nouvelles, le fils d’André, le dernier de mes cousins plus ou moins en vie, héroïnomane, passerait le plus sombre de son temps derrière les barreaux…

 

Tout cela donc pour dire que tata Jocelyne a quitté le nid (je passe les détails sordides ou m'essaye tout prochainement au roman à l'eau-de-vie) et qu'aussi, surtout, récemment, j'ai appris que les nouveaux propriétaires avaient fait appel aux proches voisins de toujours afin qu'ils prêtent l'oreille aux curieuses plaintes émanant du garage où feu mon oncle stockait ses bouteilles. Tous ont sous le choc paraît-il formellement reconnu sa voix (mais non, pas celle de son perroquet, imbéciles !). Si ça s'trouve, le revenant a présentemment conscience que nous sommes en train de parler de lui et, par conséquent, gémit gémit et gémit de plus belle.

 

J'ouvre les commentaires ou ça va ?

26.10.2007

SANS AUTRE FORME DE PROZEß

a2db59fdb87a992eb1d62915470af646.jpgdisons hier, dans la cour de mon palais, tandis que des mains me glissent les quelques trois cent septante feuilles d’un arbre à came nommé Forest, pile plume au même instant, à une dizaine de mètres juste au-dessus du sommet de mon crâne, E X A C T E M E N T

---paolo uccello

(pas à côté, pas n'importe où),

 

un quatuor d’imposantes corneilles jaillit de je n’sais à nouveau quelle dimension pour chacune de celles qui le composent prendre aussitôt la tangente direction son point cardinal respectif. Rrose des vents, rien qu’ça, à grands battements dcœur et dans le sinistre vacarme que spécifiquement seules au monde ces cochonneries volantes sont capables de fiche...


 

Du spiritisme à venir


Merci mon Niki, de cette si belle lettre !

Vous savez quoi, j'aime beaucoup chez vous ce mélange de réel bien râpeux et de fraicheur et de bonté, c'est un cocktail très poétique.

Je suis toute confuse que vous achetiez mes livres, je ne les ai pas ici avec moi à Paris sinon je vous aurais demandé une adresse pour vous en envoyer un, les livres devraient être gratuits, je ne sais pas comment je mangerais mais enfin...

Je vous embrasse, que votre vie soit bien douce et ardente...

 

Mai 2006 : Alina Reyes propose d’offrir un carnet de Rrose à son Niki, et moi comme un gland je lui avoue être retourné en ville depuis Poupée pour en double exemplaire me l’y procurer.

 

Misère ! Je vous parle d'un temps que certains nourrissons de moins d’un an ne peuvent pas connaître, une époque où moi et mes facéties avions toujours grâce à ses yeux de biche régicide...

 

 

 

S h i f t  L o c k

je tape HONNIE SOIT LA DATE (disons toujours celle de hier) tandis qu’une partie conséquente de mes esprits en cours interpelle un peloton de grands dieux afin que dans la mesure de leur possible soit dorénavant maudit ce jour où qui vous savez me décocha ses dernières volontés :

 

 

« Niki » je te le demande sérieusement : cesse de m’écrire

 

et BLAM ! en plein cœur de mon ego system cyclopéen...

 

Mais qu’avait-il donc bien pu s’espacer entre la romancière et le « Niki » en question pour qu’elle seule en arrive lasse ?

 

Et surtout pourquoi ces putains de guillemets, d’abord, hein ?

 

 

 

P s e u d o  m y s t è r e (et boule de gomme)

Certes avait-elle en cherchant bien mieux à faire que demeurer contrainte de se farcir mes messages : Madame la créature Alina sans guillemets devait à la paix de son âme de dénoncer l’infâme forfait, via Internet, avant qu’il ne soit trop tard pour nous ses oiseaux.

Hélas pour nos gueules, elle pouvait compter sur les grands écrivains, indiscutables soutiens dans les preuves mieux que quiconque. Elle devait aussi dire je vous aime à un clone qui surfe avec son cheval (cela devrait être interdit), causer du frangin à j’sais pas qui de connu, j’en passe et des meilleures.

Bref, j’étais dégoûté, même s’il va sans dire qu’on a presque parfaitement le droit de mener sa biscotte sur le web comme on l'entend. Sur le fait qu’on refuse de m’épouser dans une vraie vie ultérieure je discute même pas non plus. En revanche, que le gentil coquelicot madame n’esquisse pas l’ombre d’un seul kikoo chez moi son tout petit frère en cache, son Niki ultra fan fourré à la crème de la crème, son gorille de la toile au plafond, son ange gardien de parking privé, son boulet rouge ferrari, son…

 

(…) L’un des clones de Sad m’envoie un code pour pouvoir regarder les vidéos d’un site spécialisé dans la petite mort, on y voit les visages, et seulement les visages, de dizaines d’hommes et de femmes en train de se masturber devant une caméra. Ils appellent ça Beautiful agony. En Corée du Sud un jeune homme est mort d’épuisement après avoir passé dix jours et dix nuits d’affilée à jouer dans un cybercafé. Beautiful agony.

 

 

... clone ?

 

Chip et Dale m’avaient assuré que oui mais non du haut de toute leur considération, y disaient comme ça qu’à fond j’étais vraiment rien à voir, à peu d’choses près. De son pan, le comte Piotrard de Nervulve avait fait le déplacement en personne, m’honorant ainsi de sa bienveillante présence d’esprit de bois verts. Avec un Kimochii d’amour plus que jamais à un bout d’clic, ça en faisait déjà, du beau monde…

 

N’empêche, mes chers amis, j’ai beau dire, beau faire, même gratouiller la mandoline du gentil bambino n’y changerait rien, la romancière ne veut plus de mes e-mails d’amour pamoisif. À défaut de la kommission qu’à juste titre moi et mes facéties exigions (des fois que la justice des hommes ne cédasse quelque espoir de raison obtenir), c’est de mépris dont résignés il nous tristement fallut accuser réception. Me reste à prestement juguler l’espoir du jour meilleur où enfin je me ferai jouir devant la réalité de l’œuvre nue, intégrale, dédicacée à la main.

 

Soupirs.

13.10.2007

Intermède musical #6,5

8c7dcbb2495e8fbc84ae46ab5cd92618.jpgMais vous savez sans doute tout ça mieux que moi
Petit à petit l'oiseau fait son nid
Les i n t e m p é r i e s excitent sa frénésie
Jus de fantaisie adoucit son g o s i e r
5, 4, 3, 2, 1 tourbillonnez, tourbillonnez, tourbillonnez

23:00 Publié dans | Lien permanent | Commentaires (10)

FLASH ASSEZ SPÉCIAL

Il prit la loi du silence à deux mains, la rompit, inspira profondément presque une bonne fois pour toutes et tapa dans la foulée à ses disciples :

6cfdf056249f65e385dbc4f1f47f8da6.jpgBon sang de bois, ouvrez son fabuleux ouvrage et lisez-le à haute et si possible intelligible voix ! Vous ferez cela en mémoire de qui vous voulez, je m’en bats la couille sur ce qui reste de la tête de ma mère.

 

 


[XXXVI - William Cheselden]

Kim preferred playing to make war

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Intermède musical #6

NATHAN FAKE : YOU ARE HERE

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11.09.2007

Une prière dans mon jardin

(...) prenant une livre d'un parfum de nard pur, de grand prix, Marie oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison s'emplit de la senteur du parfum

 
John, XII:3 

11.05.2007

Fin de citation

Rappelez-vous bien, mes enfants, qu'il n'existe rien de constant si ce n'est le changement.


[Léonie Cooreman]

20.04.2007

Rrosemary's Baby

medium_coco.JPGUne des voix dans sa tête lui souffle mon prénom tout en précisant l’imminence du sacrement qui va officiellement m’unir à l’homme de ma vie. La voix lui parle également de mon rêve d’obtenir le permis de conduire avant la conception de l’enfant que je ne tarderai pas à porter dans la foulée. En revanche, elle est moins claire sur ce qui arrivera le jour où je repasserai l’épreuve pour la seconde fois. La séquence du véhicule de l’auto-école transformé en voiture de train fantôme, les veuves noires dans la barbe à papa du moniteur, le virage en épingle à cheveux gras, le gloss et la langue de feue l’examinatrice. Et surtout, surtout, l’accouchement un mois plus tard. La voix ne dit pas non plus précisément pourquoi, à la clinique, ils trouveront mon bébé aussi curieux. À les entendre, un nouveau-né avec du soi-disant sang de psittacidé dans les veines ainsi qu’un léger duvet de plumes bleu électrique sur le crâne et les omoplates tiendrait du jamais vu. Mais on s’en moquera éperdument qu’ils te trouvent anormal, hein mon p’tit coco que déjà j’aime à la folie ?

12.04.2007

L'écrivain

Un vrai « flic des narcotiques » a été engagé pour la deuxième tournée américaine. Pendant tout ce temps, l’édition de poche était parue (j’étais sur la route depuis si longtemps). Terence n’était plus dans les parages depuis des mois et une jeune femme au teint frais – une « assistante en motivation », une « baby-sitter de célébrité » ou une « compagne de sobriété », ou je ne sais quoi – devait s’assurer à présent, en fait, que je ne sniffais pas d’héroïne avant les lectures. Mais, bien entendu, elle avait été engagée pour protéger mon éditeur, pas moi. Ils se fichaient pas mal de savoir pour quelle raison cachée j’étais dépendant (et moi aussi d’ailleurs) et ne s’intéressaient qu’au montant des ventes générées par la tournée. Je pensais être « fragile mais en état de fonctionner », et à en croire les e-mails du flic des narcotiques envoyés au service de presse de Knopf, je n’étais absolument pas en état de fonctionner.

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e-mail #6 : « 25 kilomètres au sud-ouest de Detroit écrivain retrouvé caché au fond d’un van, moteur calé, sur la bande de séparation d’une autoroute, grattant furieusement croûtes imaginaires. »

e-mail #9 : « Pour raison quelconque écrivain aspergé de gaz lacrymogène lors d’une manifestation antiglobalisation à Chigaco. »

e-mail #13 : « Berkeley – dealer en colère pris en train d’étrangler écrivain pour ‘‘défaut de paiement’’ dans ruelle derrière Barnes & Noble. »

e-mail #18 : « Cleveland – écrivain a dormi jusqu’à 15 heures, ratant interviews du matin et du déjeuner ; retrouvé en train de se gaver dans un fast-food avant d’être contraint de vomir. Vu aussi devant un miroir de l’hôtel sanglotant, ‘‘Je deviens vieux’’. »

e-mail #27 : « Santa Fe – écrivain a soi-disant encouragé un doberman pinscher à faire un cunnilingus à une groupie inconsciente et lorsque ledit animal a manifesté un manque d’intérêt pour ladite groupie, écrivain a donné coup de poing dans la tête dudit animal avant d’être sévèrement mordu. »

e-mail #34 : « Salon du Livre de Miami – écrivain s’est enfermé dans salle de bains d’une librairie hurlant à plusieurs reprises aux employés inquiets, ‘‘Allez-vous en !’’ Écrivain a émergé une heure plus tard, a recommencer à délirer. ‘‘J’ai un serpent sur moi ! hurlait l’écrivain. Il me mord ! Il est DANS MA BOUCHE !’’ Écrivain emmené de force jusqu’à voiture de la sécurité, agrippant un jeune élève d’une école rabbinique stupéfait – que l’écrivain ne cessait de caresser et d’empoigner – jusqu’à arrivée de l’ambulance. Yeux révulsés, derniers mots de l’écrivain – hurlés – avant démarrage du véhicule étaient, je cite, ‘‘Je garde le garçon juif’’, fin de citation. »

 

BEE, Lunar Park

IMG : Les Griefs de la nuit

20.03.2007

La chatte de mon Oncle #1

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15.03.2007

Eckhart et moi

La joie de l’Être, qui est le seul véritable bonheur, ne peut arriver à nous par une forme ou une autre, par une possession, un accomplissement, une personne ou un événement, par quelque chose qui se produit. Cette joie ne peut pas venir à nous, jamais. Pourquoi ? Parce qu’elle émane de la dimension sans forme en nous, de la conscience même et qu’elle fait par conséquent un avec ce que nous sommes.

 
 

13.03.2007

GUEST

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02.03.2007

Ah bon ?

On tenait le maître zen Hakuin en haute estime et bien des gens venaient l’écouter dispenser ses enseignements spirituels. Un jour, la jeune fille de ses voisins tomba enceinte et avoua qu’il était le père de l’enfant qu’elle portait. Les parents, indignés, se précipitèrent chez lui pour l’accuser. Le maître se contenta de répondre : Ah bon ? La rumeur du scandale se répandit aussitôt comme une traînée de poudre. Impassible, le maître perdit brutalement sa réputation au point que plus personne ne chercha à le rencontrer. Quand l’enfant vint au monde, les voisins déshonorés l’abandonnèrent devant sa porte. Hakuin prit grand soin du nouveau-né et un an plus tard, prise de terribles remords, l’adolescente confessa à ses parents que le véritable père était le jeune homme qui travaillait chez le boucher. Affligés, ils se rendirent aussitôt chez Hakuin afin de lui présenter des excuses et demander son pardon. « Notre fille nous a avoué que vous n’y étiez pour rien, aussi sommes-nous profondément désolés. Nous venons reprendre l’enfant. » Ah bon ? répondit le maître en le déposant dans les bras de sa grand-mère.

27.01.2007

zZz

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(...) On retiendra, comme facteur aggravant, la personnalité du soir du client
 

Au nom de tous les leurres

(…) Ce soir-là, il me parla beaucoup de Schellenberg, mais d’une manière curieusement allusive, comme si je devais comprendre par moi-même : Schellenberg avait des doutes, Schellenberg réfléchissait à des alternatives, mais sur quoi portaient ces doutes, en quoi consistaient ces alternatives, il ne voulait pas le dire. Je connaissais un peu Schellenberg, mais je ne peux pas dire que je l’appréciais. Au RSHA*, il avait une position un peu à part, grâce surtout, je pense, à sa relation privilégiée avec le Reichsführer. Pour moi, je ne le considérais pas comme un véritable national-socialiste, mais plutôt comme un technicien du pouvoir, séduit par le pouvoir en soi et non par son objet. En me relisant je me rends compte que, d’après mes propos, vous pouvez penser la même chose de Thomas ; mais Thomas, c’était différent ; même s’il avait une sainte horreur des discussions théoriques et idéologiques – ce  qui expliquait, par exemple, son aversion pour Ohlendorf – et même s’il prenait toujours grand soin de veiller à son avenir personnel, ses moindres actions étaient comme guidées par un national-socialisme instinctif. Schellenberg, lui, était une girouette, et je n’avais aucun mal à l’imaginer travaillant pour le Secret Service britannique ou l’OSS, ce qui dans le cas de Thomas était impensable. Schellenberg avait l’habitude de traiter les gens qu’il n’aimait pas de putes, et ce terme lui convenait bien, et, à y réfléchir, c’est vrai que les insultes que les gens préfèrent, qui leur viennent le plus spontanément aux lèvres, révèlent en fin de compte souvent leurs propres défauts cachés, car ils haïssent naturellement ce à quoi ils ressemblent le plus. Cette idée ne me quitta pas de la soirée et de retour chez moi, tard dans la nuit, un peu gris peut-être, je pris sur une étagère une anthologie des discours du Führer qui appartenait à Frau Gutknecht et me mis à feuilleter, cherchant les passages les plus virulents, surtout sur les Juifs, et en les lisant je me demandais si, en vociférant : Les Juifs manquent de capacités et de créativité dans tous les domaines de la vie sauf un : mentir et tricher, ou bien Le bâtiment entier du Juif s’effondrera si on refuse de le suivre, ou encore Ce sont des menteurs, des faussaires, des fourbes. Ils ne sont arrivés là ou ils sont que grâce à la naïveté de ceux qui les entourent, ou encore Nous pouvons vivre sans le Juif. Mais lui-même ne peut vivre sans nous, le Führer, sans le savoir, ne se décrivait pas lui-même. Or cet homme ne parlait jamais en son propre nom, les accidents de sa personnalité comptaient peu : son rôle était presque celui d’un foyer optique, il captait et concentrait la volonté du Volk pour la diriger sur un point, toujours le plus juste. Ainsi, s’il parlait là de lui-même, ne parlait-il pas de nous tous ? Mais cela, c’est seulement maintenant que je peux le dire.

 
Les Bienveillantes – Menuet (en rondeaux)

*RSHA : Reichsicherheitsdiensthauptamt, « Bureau central pour la sécurité du Reich »

Intermède musical #4

ELLEN ALLIEN : TRASH SCAPES VOC

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11.01.2007

Héroïne[s]

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Justine va mieux, beaucoup mieux. En revanche, pour Katie c’est plus compliqué : la malheureuse vient en effet de se voir retirer son titre de Miss Nevada, et tout cela pour quelques malheureux clichés de fête entre potes.

10.12.2006

Notre-Dame-des-Neiges

(…) Un incident mineur jeta un éclairage cru sur ces fissures qui allaient s’élargissant. Dans le parc enneigé, derrière la statue de Chevtchenko, on menait une jeune partisane à la potence. Une foule d’Allemands se rassemblait : des Landser de la Wehrmacht et des Orpo, mais aussi des hommes de l’organisation Todt, des Goldfanasen de l’Ostministerium, des pilotes de la Luftwaffe. C’était une jeune fille assez maigre, au visage touché par l’hystérie, encadré de lourds cheveux noirs coupés court, très grossièrement, comme au sécateur. Un officier lui lia les mains, la plaça sous la potence et lui mit la corde au cou. Alors les soldats et les officiers présents défilèrent devant elle et l’embrassèrent l’un après l’autre sur la bouche. Elle restait muette et gardait les yeux ouverts. Certains l’embrassaient tendrement, presque chastement, comme des écoliers ; d’autres lui prenaient la tête à deux mains pour lui forcer les lèvres. Lorsque vint mon tour, elle me regarda, un regard clair et lumineux, lavé de tout, et je vis qu’elle, elle comprenait tout, savait tout, et devant ce savoir si pur j’éclatai en flammes. Mes vêtements crépitaient, la peau de mon ventre se fendait, la graisse grésillait, le feu rugissait dans mes orbites et ma bouche et nettoyait l’intérieur de mon crâne. L’embrasement était si intense qu’elle dut détourner la tête. Je me calcinai, mes restes se transformaient en statue de sel ; vite refroidis, des morceaux se détachaient, d’abord une épaule, puis une main, puis la moitié de la tête. Enfin je m’effondrai entièrement à ses pieds et le vent balaya ce tas de sel et le dispersa. Déjà l’officier suivant s’avançait, et quand tous furent passés, on la pendit. Des jours durant je réfléchis à cette scène étrange ; mais ma réflexion se dressait devant moi comme un miroir, et ne me renvoyait jamais que ma propre image, inversée certes, mais fidèle. Le corps de cette fille aussi était pour moi un miroir. La corde s’était cassée ou on l’avait coupée, et elle gisait dans la neige du jardin des Syndicats, la nuque brisée, les lèvres gonflées, un sein dénudé rongé par les chiens. Ses cheveux rêches formaient une crête de méduse autour de sa tête et elle me semblait fabuleusement belle, habitant la mort comme une idole, Notre-Dame-des-Neiges. Quel que fût le chemin que je prenais pour me rendre de l’hôtel à nos bureaux, je la trouvais toujours couchée sur mon passage, une question têtue, bornée, qui me projetait dans un labyrinthe de vaines spéculations et me faisait perdre pied. Cela dura des semaines.
Jonathan Littell in. Les Bienveillantes

07.11.2006

Being Alina Reyes

medium_natrixxirtan.JPGTout juste avant que déjà ne débute la fin de cette brève, les plus curieux d’entre vous m’auront pourquoi pas deviné les yeux fermés, allongé dans l’humus, au pied de mon père adoptif sur la Toile… rêveur quoi ! Au même instant, mais ailleurs (pour faire court), je décompresse jusqu’à en perdre haleine, fringues et connaissance. À peine ai-je le temps de dire ouf qu’aussitôt je recouvre la plupart de mes esprits en présence d’une créature à bon dieu à sang froid à moins d’un mètre. Un bébé couleuvre à collier (NATRIX NATRIX), orphelin au jour de sa naissance, a trouvé refuge à l’ombre de mon plexus solaire et c’est l’estomac criant famine qu’il ingurgite fiévreusement la sève encore chaude abondamment jaillie de ma tige il y a peu. Il y a peu, cela pourrait vouloir signifier à l’instant même où dans presque toute ma tête à moi je réalise combien nous sommes effectivement capables de jouir l’un à la place de l’autre.

 

Inspiré par Le carnet de Rrose

27.10.2006

UNKLE

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22.10.2006

Le Jour du Seigneur

15

 

J’ai été Jésus-Christ pendant une journée entière. Comme événement sortant de l’ordinaire, le fait d’être un doux Jésus c’était quelque chose, et je fus surpris de me sentir devenir si humble, aimant et miséricordieux. Les dés m’avaient ordonné « d’être comme Jésus » et d’être constamment rempli d’amour chrétien (prononcez kré-ti-un) pour tous les gens que je rencontrerais. Ce matin-là, je me portai volontaire pour accompagner à pied les enfants à l’école, et en tenant leurs petites mains, je me sentis paternel, affectueux et bienveillant. Larry me demanda : « Qu’est-ce qui ne va pas, papa, pourquoi tu viens avec nous ? », ce qui ne me troubla pas le moins du monde. De retour à la maison, je relus le Sermon sur la Montagne et la plus grande partie de l’Evangile selon saint Marc, et en disant au revoir à Lil qui partait faire des courses, je la bénis et lui montrai une telle tendresse qu’elle se dit qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Affreux moment : je fus sur le point d’avouer ma liaison avec Arlene et de demander pardon, mais au lieu de cela je décidai qu’il s’agissait d’un autre homme et d’un autre monde. Quand je revis Lil ce soir-là, elle avoua que mon amour l’avait aidée à dépenser trois fois plus d’argent que d’habitude.

(…)

 

Extrait du meilleur livre de l’Univers et de tous les Temps, écrit dans les années septante après Jésus-Christ par le psychiatre américain Luke Rhinehart.

15.09.2006

Commentaires ?

L'option fermer les commentaires était activée, me souviens même pas avoir effectué cette manoeuvre, dites-donc ! plus étrange, voire dérangeant : dans la colonne statut, neuf d'entre-eux sont rejetés, et cela sans que j'y sois pour quoi que ce soit...

 
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14.09.2006

Intermède musical #3

ENNIO MORRICONE EN PERSONNE

12:40 Publié dans | Lien permanent | Commentaires (2)

22.05.2006

I had a dream

Je suis déçu, docteur, je me suis livré de bonne grâce à ce jeu d'investigation psychologique pour me retrouver accusé sans preuve des délits les plus saugrenus. Je vous ai parlé d'un problème que j'avais avec les femmes que je sacralise avec les meilleures intentions du monde en les installant sur un piédestal et vous transformez cette attitude supérieure en une déviance d'une effrayante vulgarité, en me relayant au niveau zéro de l'humanité. Si ce Freud est bien le maître de votre docteur, docteur, il est à ranger dans la catégorie des hommes qui menacent l’Amérique. Il ne manquerait plus que nous ayons un parti freudo-marxiste et la panoplie serait complète. Bien, je crois qu'il est temps d'y aller. Une dernière chose que je ne vous pardonnerai jamais, votre soi-disant psychanalyse ressemble à s'y méprendre à un interrogatoire. Et sachez que personne n'a jamais eu l'audace de m’interroger sur ce mode.


John Edgar Hoover

 

 

16.05.2006

Les couleurs du jour

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15.05.2006

H²O

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10.05.2006

G) LA MUSIQUE

1. ELLE N’EXPRIME PLUS LES IDÉES MAIS LE VOULOIR-VIVRE LUI-MÊME

(…) Mais la musique, qui va au-delà des Idées, est complètement indépendante du monde phénoménal ; elle l’ignore absolument, et pourrait en quelque sorte continuer à exister, alors même que l’univers n’existerait pas : on ne peut pas en dire autant des autres arts. (Monde, I, 267-9.)

 

2. LA NOTE FONDAMENTALE, LA MÉLODIE ET LA VOLONTÉ CONSCIENTE

Il est dans la nature de l’homme de former des vœux, de les réaliser, d’en former aussitôt de nouveaux, et ainsi de suite indéfiniment ; il n’est heureux et calme que si le passage du désir à sa réalisation et celui du succès à un nouveau désir se font rapidement, car le retard de l’une amène la souffrance, et l’absence de l’autre produit une douleur stérile, l’ennui. La mélodie par essence reproduit tout cela : elle erre par mille chemins, et s’éloigne sans cesse du ton fondamental ; elle ne va pas seulement aux intervalles harmoniques, la tierce ou la quinte, mais à tous les autres degrés, comme la septième dissonante et les intervalles augmentés, et elle se termine toujours par un retour final à la tonique ; tous ces écarts de la mélodie représentent les formes diverses du désir humain ; et son retour à un son harmonique, ou mieux encore au ton fondamental, en symbolise la réalisation. (Monde, I, 271.)

 

3. LA MUSIQUE EST UNE MÉTAPHYSIQUE

(…) Elle n’exprime pas telle ou telle joie, telle ou telle affliction, telle ou telle douleur, effroi, enchantement, gaieté ou calme d’esprit. Elle peint la joie même, l’affliction même, et tous ces autres sentiments pour ainsi dire abstraitement.

(…) La musique, en effet, n’exprime de la vie et de ses évènements que la quintessence ; elle est le plus souvent indifférente à toutes les variations qui s’y peuvent présenter. Cette généralité, conciliée avec une rigoureuse précision, est la propriété exclusive de la musique ; c’est là ce qui lui donne une si haute valeur et en fait le remède de tous nos maux

(…) Mais la généralité de la musique ne ressemble en rien à la généralité creuse de l’abstraction ; elle est d’une tout autre nature ; elle s’allie à une précision et à une clarté absolues. Elle ressemble en cela aux figures géométriques et aux nombres ; ceux-ci, en effet, ont beau être les formes générales de tous les objets possibles de l’expérience, applicables à priori à toute chose ; ils n’en sont pas moins nullement abstraits, mais au contraire intuitifs et parfaitement déterminés. Toutes les aspirations de la volonté, tout ce qui la stimule, toutes ses manifestations possibles, tout ce qui agite notre cœur, tout ce que la raison range sous le concept vaste et négatif de « sentiment », peut être exprimé par les innombrables mélodies possibles ; malgré tout, il n’y aura jamais là que la généralité de la forme pure, la matière en sera absente ; cette expression sera fournie toujours quant à la chose en soi, non quant au phénomène ; elle donnera en quelque sorte l’âme sans le corps. Ce rapport étroit entre la musique et l’être vrai des choses nous explique le fait suivant : si, en présence d’un spectacle quelconque, d’une action, d’un événement, de quelque circonstance, nous percevons les sons d’une musique appropriée, cette musique semble nous en révéler le sens le plus profond, nous en donner l’illustration la plus exacte et la plus claire. Car, nous l’avons dit, ce qui distingue la musique des autres arts, c’est qu’elle n’est pas une reproduction du phénomène ou, pour mieux dire, de l’objectivité adéquate de la volonté ; elle exprime ce qu’il y a de métaphysique dans le monde physique, la chose en soi de chaque phénomène . En conséquence, le monde pourrait être appelé une incarnation de la musique tout aussi bien qu’une incarnation de la volonté ; nous comprenons désormais comment il se fait que la musique donne directement à tout tableau, à toute scène de la vie ou du monde réel, un sens plus élevé…
Il y a dans la musique quelque chose d’ineffable et d’intime ; aussi passe-t-elle près de nous semblable à l’image d’un paradis familier quoique éternellement inaccessible ; elle est pour nous à la fois parfaitement intelligible et tout à fait inexplicable ; cela tient à ce qu’elle nous montre tous les mouvements de notre être, même les plus cachés, délivrés désormais de cette réalité qui les déforme et les altère.
(Monde, I, 273-6.)

Arthur Schopenhauer

LE VOULOIR-VIVRE

L’ART ET LA SAGESSE

08.05.2006

Intermède musical #2

Quasimoto : Greenery

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L'HOMME QUI A VU L'HOMME QUI A VU L'HOMME QU'A VU L'OURSE

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F) LA POÉSIE

I. LA POÉSIE ET L’HISTOIRE

La poésie s’étend dans un domaine immense. Toute la nature, les Idées à tous les degrés peuvent être exprimées par elle ; et, selon les Idées qu’elle exprime, elle est tantôt descriptive, tantôt narrative, tantôt purement dramatique. (…) et ici, aucun art n’est capable d’égaler la poésie ; car elle a ce qui manque aux arts plastiques, le développement progressif.

L’expression de l’Idée, qui est le degré le plus haut de l’objectivité de la volonté, c’est-à-dire la peinture de l’homme dans la série continue de ses aspirations et de ses actions, tel est donc le but élevé de la poésie. Sans doute, l’expérience et l’histoire nous apprennent aussi à connaître l’homme : mais elles nous montrent les hommes plutôt que l’homme ; c’est-à-dire qu’elles nous fournissent des notions empiriques sur la façon  dont les hommes se conduisent les uns envers les autres, notions d’où nous pouvons tirer des règles pour notre propre conduite, plutôt qu’elles ne nous ouvrent des vues profondes sur la nature intime de l’humanité. Cependant ce second genre d’études n’est nullement interdit à l’historien ; mais toutes les fois que l’histoire ou l’expérience individuelle nous font connaître la nature de l’humanité, c’est que déjà nous avons envisagé soit les faits d’expérience, soit les faits historiques, en artistes et en poètes, selon l’Idée, non selon le phénomène ; au point de vue absolu, non au point de vue relatif. L’expérience personnelle est une condition nécessaire pour comprendre la poésie, aussi bien que l’histoire, car elle est comme le dictionnaire de la langue qu’elles parlent l’une et l’autre… Aussi, à quiconque veut connaître l’humanité dans son essence, dans son Idée, toujours identique sous ses manifestations et ses développements, les œuvres des grands et immortels poètes en donneront une image beaucoup plus fidèle et plus nette que ne le pourraient faire les historiens : car même les meilleurs parmi ces derniers sont, comme poètes, bien loin d’être les premiers, et de plus n’ont pas les mouvements libres. (Monde, I, 255-7.)

Arthur Schopenhauer

LE VOULOIR-VIVRE

L’ART ET LA SAGESSE

 

En souvenir de vingt-quatre heures de rêve…

01.05.2006

L'appel des fossoyeurs

Aujourd’hui je me suis promené avec mon camarade,
Même s’il est mort,
Je me suis promené avec mon camarade.

Robert Desnos

28.04.2006

Intermède musical #1

Kool Keith : Drugs (Memory Man's "Back In the '70s" Remix)

22:50 Publié dans | Lien permanent | Commentaires (1)

24.04.2006

La forêt interdite

Nu comme un ver poilu pour ainsi dire serti à même la cime d'un bonzaï éléphantesque mi-arbre à came mi-mirador, j'observe la forêt de Moncul à pleines dents. Et malgré qu'il en aille de ma sécurité, qu'il faille même davantage craindre pour ma vie que ma raison, je ne parviens à étouffer dans l'œuf tous ces embryons de fous rires enfantés à l'intérieur même du for de mon minuscule corps de rêve phosphorescent. (...) La culotte de Poupée est pleine de sang et de merde, elle la jette par terre. Elle plie la serviette en deux, et elle se l'enfonce, comme un tampon. Elle est mal à l'aise pour marcher, mais pas pire qu'avant quand ça dégoulinait. Une biche déboule entre les arbres et s'arrête la regardant fixement avec ses gros yeux de rats… Ça fait longtemps qu'elle a mal aux pieds, avec ses sandales à talons. Elles sont pleines de terre et de cailloux, cette forêt est dégueulasse. Des bouts de branches partout, des feuilles, des fleurs sauvages, même. Et des épines. Ras-le-bol, de cette putain de forêt de merde. Avec tous ces oiseaux postés dans leurs nids, l'œil fixe, le bec ouvert, qui la regarde passer en gueulant. Des millions de rats qui courent sous la terre. Elle les entend, les entend, ils ont creusé des galeries, c'est truffé de couloirs à rats la-dessous, des couloirs de la mort.


Extrait revisité du Poupée, anale nationale de ma J.K. Rowling rien qu'à moi-je.