26.01.2009
Aux Études
Nonante-neuf, mais oui, c’est ça, c’est cela même. Comme toutes ces dates, là, genre l’an deux mille en '68 bien après doux Jésus, presque vraiment pas du grand n’importe quoi, mais non... Allez hop, dans la nature, une adresse réticulaire pour de toujours possibles nouvelles aventures et ce bon débarras également créé tout spécialement pour ou contre le manque, la crise, l'envie de faire caca avec la tête quand ça nous parle.
Psychiquement vôtre,
nikiLaudanum etc.
Y a d'la joie !
[...] Les premiers sujets des tests furent des corps offerts à la science, utilisés pour déterminer les réactions aux forces et aux chocs subis lors d'un accident de la route. Dans ce but, des roulements à billes furent projetés sur des crânes et des cadavres lâchés du haut de cage d'ascenseurs sur des plaques en acier. D'autres, équipés d'accéléromètres et positionnés dans des automobiles, étaient ensuite soumis à des collisions frontales.

Alors justement, à titre indicatif, histoire de rester constructeur constructif, ces quelques lignes de la mort qui frappe, pour la route :
Sa femme décapitée, les mains gracieusement placées devant sa gorge, roulait contre le tableau de bord. Sa tête tranchée rebondissait sur la housse de vinyle du fauteuil et allait flotter entre les torses des enfants sur la banquette arrière. Brigitte, la plus jeune, levait son visage vers le plafond et tendait les mains comme pour signaler poliment un danger, pendant que la tête de sa mère heurtait la lunette arrière, ricochait à l’intérieur de l’habitacle, quittait le véhicule par la porte arrière gauche. La voiture s’immobilisaient lentement après quelques dernières secousses – ultimes efforts pour s’arracher péniblement au sol. Les quatre occupants se tassaient dans l’habitacle orné d’une dentelle de verre. Leurs membres agités, qui s’obstinaient à émettre tout un catalogue de signaux inutiles, retombaient dans une posture grossièrement humaine. Autour des passagers, les vagues de verre givré ondulaient une dernière fois.
Tonton-le-thon
Á qui d'autre que toi, frère, confier le transfert de ses larmes incendiaires ? peut-être te souviendras-tu vaguement de M., la cadette de ma sœur de sang ?
Magie des ondes incolore, je viens d'apprendre la nouvelle de sa bouche : Sa fille, ma nièce donc, fêtait hier ses dix-sept bougies, au Tag, avec des amies. Malheur à elles : un ex, à peine plus âgé – acteur/réalisateur d'une vieille caméra cachée où on le devinait se faire sucer par qui tu te doutes (lourrrdement sanctionné d'un jour de travaux d'intérêt général pour l'avoir rendue publique sur la toile) –, était également présent sur place, pas prévu. Aussi, devant plusieurs témoins traumatisés, par surprise, pour son anniversaire donc, il lui a éclaté un verre en plein visage, a tourné et retourné le tesson dans la chair, la projetée déjà inconsciente au sol pour la piétiner avant de prendre la fuite.
Il était convenu que sa mère passerait la rechercher à 2h du mat' précises. Environ une demi-heure après les coups de minuit, un des ambulanciers au téléphone tentait de lui faire admettre qu'elle ne se donne pas cette peine...
L’urgentiste a dû lui extraire de la peau de je n’sais où histoire de faire face à l'étendue des dégâts.
Expéditeur:
Strychnine L.
21-nov-2009
13:35:00

Édition Spéciale
Comme dirait le Niki, lire l’url du motel * n’y changera rien, si ce n’est peut-être se rappeler au mauvais souvenir de cet ex-voisin demi-coco pilote parti vivre le reste de sa vie parmi les Sangliers d’Herbiester.
C’est qu’aujourd’hui avait lieu je n’sais quelle manche comptant pour le championnat provincial de mon derrière, Sixième édition du rallye des Hautes-Fagnes renseignait le toute-boîte.
Une épreuve (on ne lui fait pas dire) amateur dont Norman et moi nous nous serions comme à chaque fois passé fort volontiers, dans la mesure où l’on abhorre toute compétition en règle générale ; alors le sport moteur je vous laisse imaginer, à fortiori quand des foufous du volant à bord de groupes N-sandwiches du dimanche passent leur sainte journée à faire trembler vos murs et fenêtres, à douze pieds de votre porte d’entrée côté court, une spéciale ils appellent ça. Part ailleurs, c’est également aujourd’hui que décidé la veille je creusai les fosses devant accueillir les quatre nouveaux fruitiers à planter au cours du toujours fameux week-end prochain, celui de la Toussaint.
Presque tout commence dès lors une bonne heure avant la messe, deux bonshommes en chasuble jaune fluo frappées STEWART arpentent le sentier. Un des deux, pas celui à la coupe d’Iroquois genre Richard 23, l’autre, vient virilement frapper à la porte alors que je surfe comme une bête depuis l’aube. En robe de chambre et sans la moindre touche de maquillage, nature donc, j’ouvre au drôle qui reste sur le seuil, à une distance qui d’aise emplit la créature disons sans défense causant actuellement à la prunelle de vos yeux. Le bougre matte en douce et m’informe que (je traduis) si le besoin pressant de quitter la maison se fait sentir, mieux vaut au préalable les en avertir, afin qu’ils puissent assurer notre couverture. Ah les organisateurs ! ils ne semblent pas avoir lésiné sur le poste sécurité... pas comme au cours de la dernière édition en date, où, abandonnés à notre propre sort, Norman et moi avions dû prendre les choses en main. Une bande de quatre ou cinq sauvageons ayant décidé de profiter du spectacle à même le jardinet surplombant légèrement le chemin, et cela tout naturellement sans nous demander l’autorisation de fouler du pied les plus comateuses de nos vivaces ainsi que les jeunes pousses de lierre pourtant bien visibles quant à elles. Et vas-y que je t’écluse canette sur canette, te grille tarboule sur tarboule ; et tout cela sans la moindre idée de partage avec l’habitant à l’esprit, va sans dire. Après cinq minutes c’en était déjà trop plus qu’assez, j’ai dit à Norman : Détache qui tu sais et va leur demander s’ils ont besoin d’nada… sièges par-ci, café sucré et tartines au porc par là… propose-leur aussi, bien entendu, un petit tour au garage du fond du terrain, entre deux passages, dis-leur pour notre fantastique collection d’ancêtres japonaises.
Nous avons échangé un clin d’œil plein de malice puis Norman, escorté par notre grosse abeille, a fait ce qu’il fallait, sans autre forme de procès. Pas un mot dans la gazette, si ça s’trouve personne n’a réclamé les corps. Non mais c’est vrai quoi, faut pas dépasser les bornes, je t’en ficherai des rally is not a crime, moi. Des psychopathes, oui ! la planète agonise et eux, acteurs comme spectateurs jouissent, tel un essain de hardeurs sous amphés, de l’air purement décoiffant et des teintes cuivrées de nos vertes campagnes. Le, je cite : plus beau circuit du monde, situé à moins d’un quart d’heure d’ici, ne leur suffit guère ; vouer un culte indéfectible à l’Hydre-au-carbure en perturbant violemment la flore intestinale de la faune locale c’est vraiment ça leur dada voyez-vous. Sociétaires de consummation, comme dirait l’antre. Il se trouve même des suiveuses parmi les galopins, c’est dire comme ces dernières peuvent ternir l’image de marque du beau sexe à la vitesse d’un gyrophare.Wikipédia vous le racontera bien mieux que moi : Michèle Mouton, née le 23 juin 1951 à Grasse, est une pilote française. Elle a remporté quatre rallyes de renommée mondiale.
Dans les neuf heures c’est un steward grisonnant qui débarque se poster de l’autre côté du sentier, face à la fenêtre de la salle à manger. Un talkie-walkie dans une main et une espèce de petite corne de brume dans l’autre. Curieux instrument dans lequel inlassablement il souffle comme un débile peu avant chaque passage. Pour prévenir qui, ça est toujours une bonne question... un moment, au tout début de la compétition, j’ai pensé qu’il s’était probablement trompé de battue.
Après cela, dans les environs d’onze heures midi, horaire d’hiver oblige, j’ai introduit des boules de coton dans chacun de mes deux pavillons, enfilé couvre-chef andin et salopette de combat rural, chaussé mes bottes à talons aiguilles en caoutchouc kaki, et en avant toute, en route pour la bataille du schiste. Je vous dis pas le sous-sol d’ici, le bagne, cinq premiers pouces relativement praticables, c’est juste en-dessous que cela se corse, comptez plusieurs heures pour piocher une cavité d’un mètre de diamètre et deux gros pieds de profondeur, évacuer les prisonniers à la brouette etc. Bref, je suais sang et eaux quand Norman eut la délicate attention de m’apporter quelque réconfort : du sirop de cassis bio dilué dans un litre et demi d’eau du barrage. On peut dire qu’il sait faire plaisir à sa vieille mère, le brave petit. Je m’hydratais sous le soleil de la dernière semaine d’octobre, les pieds dans la fosse jusqu’aux mollets quand le stewart grisonnant, aventuré dans le sentier (à plus ou moins dix mètres de mon chantier), a passé la tête par-dessus la haie pour nous interpeller, Norman et moi, prendre contact, se sentir moins seul j’imagine... Alors comme ça on fait des fouilles ? dans l’air a-t-il lancé, joyeux comme un pinson. Sans détour, sourire aux lèvres et de ma voix la plus aigue j’ai répondu : Oui-da monsieur, je cherche des enfants. À son rictus embarrassé et à cette façon qu’il a eu de rondement poursuivre son chemin plutôt que la conversation, j’ai parfaitement compris qu’il ignorait si je parlais de gosses morts ou vifs.
Ritssi ! Ritssi bonito ! Corazón mio ! Ritssi ? criais-je après lui, venimeuse, comme pour enfoncer la tête du clou, me remémorant ce passage tragi-comique d'Amores perros où la malheureuse starlette top-model éplorée en vain rappelle de tous ses vœux son petit con de toutou tombé dans un trou. Norman se serait bien pissé dessus, chouette moment.
Bon, il est l’heure du JT sur TF1, les murs et les fenêtres n’ont pas encore tout à fait fini de trembler, mais de manière drôlement plus sporadique (pour utiliser un terme journalistique) on va dire. Dehors, c’est sombre comme à l’intérieur d’un cul-de-jatte, presque tout et son contraire peuvent encore s’y produire, on entend quelques groupies sous diverses influences brailler dans ce qui furieusement déjà ressemble au cœur de la nuit, de vagues pétarades aussi, on imagine avec force soulagement se déployer les gardiens armés de la paix de la zone. Je dis à Norman : si un de ces cougnets a la très mauvaise idée de périr écrasé devant notre anti-motel, je sors et le tue à mains nues. Où peut-être à coups de lampe-torche, je verrai bien.
La petite sorcière posée sur le frigidaire à droite de la porte d’entrée attend la voiture-balai de circonstance avec la même impatience que celle qui nous habite.
*quelque part par ici
00:00 Publié dans Héroïne[s] | Lien permanent




